‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 127 sur 149 · Will., liv. 4, ch. XIV, p. 23 1, tab. P. 2, fig · texte numérisé non relu

Will., liv. 4, ch. XIV, p. 23 1, tab. P. 2, fig

CHAP. VII. ORPHIES. 401

Bloch et M. de Lacépède, qui ont suivi tout-à-fait les erremens de l'ichthyologiste de Berlin, entassent une synonymie non moins complexe, car ils ajoutent aux citations des auteurs précedens, celles que Marcgrave , Valentin. Renard, Nieuhof et Forskal leur fournissaient en décrivant des espèces tout-à-fait différentes. Cependant Bloch, dans son Système posthume, distinguait d'une manière plus nette et comme variété celle de l'Amérique septentrionale décrite par Schœpf, celle du Japon indiquée par Houltuyn et celle de la mer Rouge, le Chorarn de Forskal. 11 faut de plus remarquer que le savant Schneider dit que l'espèce de la côte de Coromandel, reçue de Tranquebar sous le nom tamoul de Kockminn, caractérisée par une tache noire sur la queue et vivant dans les fleuves ou les lacs, doit être considérée comme une espèce distincte. Mais cette observation était restée sans application jusqu'à nous, et pour en revenir au Belone dont il s'agit, on ne peut pas savoir laquelle des deux orphies européennes a été décrite par Bloch.

Mais avant d'aller plus loin, passons à la description méthodique de fespèce des côtes de la Manche.

402 LIVRE XIX. ÉSOCES.

L'orphie a le corps très-alongé, presque anguilliforme; le dos est un peu aplali, les côtés sont arrondis et le ventre tout- à-fait platj la séparation de la face ventrale d'avec les côtés, est marquée par une carène longitudinale - naissant sous la gorge , et continuée jusqu'à la racine du lobe inférieur de la caudale, en passant par- dessus l'insertion de la ventrale. Le tronçon de queue, au-delà de la dorsale et de l'anale, est aplati en dessous et en dessus et comprimé sur les côtés, de sorte que la queue est véritablement tétraèdre.

La hauteur du corps est presque double de l'épaisseur, et comprise dix- sept fois depifis l'extrémité du museau jusqu'au bout du lobe inférieur de la 'caudale. La tête de l'orphie mesure le tiers de la longueur du corps, la caudale non comprise, et cette même distance contient cinq fois la longueur du bec, pris depuis l'extrémité de la mâchoire inférieure jusqu'à l'angle de la commissure.

La mâchoire supérieure est plus courte d'un huitième que l'inférieure.

Ce sont les interraaxillaires qui forment l'extrémité et la plus grande longueur de ce bec prolongé et remarquable de l'orphie, de sorte que la nature reproduit ici et avec les mêmes élémens, cette forme curieuse et singulière des mâchoires dont elle nous a offert déjà l'exemple dans l'espadon ou dans les gomphoses. A la base de l'intermaxillaire et près de l'angle de cet os, on voit, soudé avec lui, le maxillaire, lequel dépasse un peu le premier de ces deux os, de manière à contribuer, comme dans

CHAP. VII. OBPHIES. 403

les poissons de la famille des Ésoces, à former un peu du bord de la mâchoire supérieure; mais le développement excessif des inlermaxillaires cache en quelque sorte le maxillaire, sur lequel s'avancent en dessus les os propres du nez, qui sont aussi assez alongés. D'ailleurs le talon des maxillaires se trouve recouvert par le sous-orbitaire. Il résulte de la conformation et de la soudure des intermaxillaires entre eux et avec les maxillaires, que la mâchoire supérieure n'a au-devant du crâne qu'un simple mouvement de bascule , qui lui est communiqué par celui de la mâchoire inférieure. Celle-ci a ses deux branches étroites et prolongées, et la symphyse est terminée par une sorte de lèvre en appendice charnu, long de deux à trois lignes. Les deux mâchoires rapprochées forment un bec assez long, déprimé vers l'extrémité, et un peu soutenu vers la base, à partir de trois fois le diamètre de l'œil. Le dessus du crâne est aplati; il y a même une légère cannelure dans le milieu; la surface des os, cachée sous un épidémie très-mince, est diversement et faiblement ciselée; il est profondément échancré en arrière, oii les muscles du dos viennent prendre leur insertion. Les côtés des joues sont plans, un peu inclinés en dedans, de sorte que l'intervalle des deux mâchoires inférieures, ou, si l'on veut, l'isthme, n'a guère que le tiers du dessus du crâne entre les deux yeux.

L'intervalle qui sépare ces deux organes est égal au diamètre longitudinal de l'orbite , lequel est un peu plus grand que le vertical. L'œil est d'ailleurs

Page 1