‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 133 sur 149 · Faun. pont., p. 5i4, pi. 25, fig. i · texte numérisé non relu

Faun. pont., p. 5i4, pi. 25, fig. i

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espèce, mais Pallas dit que les Russes riverains de la mer Noire la nomment veretenizay et les Grecs d'aujourd'hui Belanida. MM. Risso etBrùnnich disent A^uio ou y4guglia, Aguillo ou Nagoj'o ; les noms italiens, cites par le prince Charles Bonaparte, paraissent tous dérivés de la même étymologie; il y ajoute celui de Beccasino fie mare.

iL'OaPHiE DE Cantraine.

(Belone Cantrainii, nob.)

M. Cocco a découvert dans le chinai de Messine une espèce particulière, dont quelques-uns des caractères rappellent ceux que nous verrons se reproduire dans plusieurs orphies des mers de l'Inde.

Ce poisson a la forme générale de nos orphies. La longueur de la tête est comprise trois fols et demie dans la longueur totale. Les dents, coniques et pointues, sont alternativement petites et grandes. La dorsale, reculée comme dans les orphies ordinaires, a d'abord une sorte de lobe anlérieur, puis une profonde échancrure , à la suite de laquelle les rayons s'alongent pour former une sorte de voile arrondie, dont la hauteur est double du lobe antérieur. L'anale a aussi un lobe antérieur plus aigu et un peu plus haut que celui de la dorsale; puis, elle se maintient toujours basse, de manière à n'avoir

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au plus que le quart de la hauteur de la nageoire du dos. Son bord se dessine aussi par une légère courbe, La caudale, profondément fourchue, a le lobe inférieur plus long que le supérieur. Le tronçon de la queue porte de chaque coté une carène assez marquée; nous reverrons aussi ce caractère, ainsi que l'inégalité des lobes de la caudale, reproduit dans plusieurs autres espèces étrangères.

La couleur est bleue, à reflets verdàtres sur le dos; une ligne bleu foncé suit jusqu'à l'extrémité de la dorsale; les côtés sont azurés, et irisés de brun, de rose, de doré et d'argenté; les opercules, brillant d'argent, sont finement ponctués de brun; l'iris de l'œil est blanc comme le platine. La dorsale a l'extrémité des plus longs rayons noirâtre; les autres nageoires ont des teintes jaunâtres ou verdàtres claires.

Tel est ce poisson, qui paraît propre à la mer de Sicile où il n'est pas cependant trèscommun. On le péclie en Août dans les mêmes filets que le Belone acus, au milieu desquels il vit. Les pécheurs assurent qu'on en prend du poids de huit à neuf livres 5 sa chair est d'un goût beaucoup plus délicat que celle de l'orphie ; c'est ce qui l'a fait nommer A^iija impériale y ou A^u^lio reale par les gens de mer. M. le docteur Cocco % qui a fait connaître dans le journal des sciences et lettres

1. Giorn. se. lett. Sicil. , XLII, n.° 12/,, p. 18, tab. i , fig-. 4-

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de Sicile plusieurs espèces Fort remarquables de poissons de cette mer, a aussi décrit et figuré cette orphie; mais comme il ne pouvait la comparer qu'au Belone acus, avec lequel il la prenait, il fut frappé de l'inégalité des dents et de la carène de la queue, qui lui donne la forme d'un clou ou d'une petite cheville quadrangulaire. Il fit de ce poisson un genre distinct , qu'il appela Tjlosurus , et dédiant cette espèce à notre ami M. Cantraine, cette nouvelle orphie parut sous le nom de lyiosurus Cantrainii. En lisant la suite de cette monographie, on verra que l'inégalité des dents, la hauteur de la dorsale et les carènes de la queue ne peuvent être considérées que comme des caractères spécifiques. C'est ce qui nous a déterminé à ne pas adopter ce nouveau genre et à signaler la découverte de M. Cocco comme une nouvelle et très-intéressante orphie. Nous regrettons toutefois de ne pas savoir si elle a des dents au palais, mais cela ne me parait pas probable.

M. le prince de Canino a publié, dans sa Faune italienne, une très -belle figure de ce poisson, accompagnée d'une description trèsdétaillée : il compte quatorze rayons à la membrane branchiostège. Le genre Tylosurus a été accepté par cet habile zoologiste. Il croit

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que l'on doit, à cause de l'identité de la dénomination vulgaire , considérer \Esox imperialis de Rafinesque ' comme de la même espèce que le poisson de M. Cocco. Je me range très-volontiers de l'avis de M. le prince Charles Bonaparte, qui a étudié avec tant de soin les poissons des mers italiennes, et dont l'autorité en cette matière est certainement considérable.

L'Orphie du Sénégal.

{Belone Senegalensis , nob.)

Nous trouvons parmi les poissons envoyés du Sénégal trois individus malheureusement assez mal conservés d'une orphie qui doit être d'une espèce distincte.

La longueur de la pectorale, la hauteur de la dorsale et surtout celle de l'anale, la largeur du lobe antérieur de cette nageoire, distinguent comme espèce cette orphie.

Ses dents coniques sont plus fortes : il y a des dents en cardes à la mâchoire inférieure comme à la supérieure, et elles sont plus nombreuses que dans l'espèce de la Méditerranée; comme dans celleci, le palais est lisse. Le corps me paraît plus trapu; les nombres des rayons sont un peu différens.

D. 15; A. 16; etc.

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