Jenn. , Anim. vert., p. 4i
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dans leurs Faunes d'Angleterre. M. Yarell l'a aussi très- bien représenté dans son Iclithyologie.
Linné n'a pas fait mention de cette espèce, ce qui n'a pas empêché Blocli de l'introduire dans son Système posthume sous le nom dUEsox sauruSf en disant, d'après Ray, que l'espèce vit sur les côtes de Cornouailles, et qu'on la trouve aussi, mais rarement, dans la Méditerranée. Il confondait les espèces des deux mers, ainsi que les citations de ses prédécesseurs qui peuvent s'y rapporter. La figure de cet ouvrage représente tout aussi bien l'une que l'autre de ces deux espèces de scombrésoces.
Le corps de ce poisson est plus alongé que celui d'un maquereau, auquel il ressemble à plusieurs égards , mais il l'est beaucoup moins que celui de l'orphie. La plus grande hauteur du corps se maintient à peu près égale depuis la tête jusqu'aux nageoires verticales, lesquelles sont opposées l'une à l'autre, comme dans tous les poissons de la famille des Brochets; la hauteur est cependant comprise dix fois dans la longueur totale , ce qui prouve que le corps est beaucoup moins fuslforme que celui du maquereau; la queue, au-delà des pinnules, est tellement rétrécie , que sa hauteur est quatre fois et demie dans celle du tronc. Le bec est droit, extrêmement grêle; en le mesurant jusqu'à l'angle de la commissure, je le trouve toujours un peu plus long
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que le reste de la tête ; car sa longueur atteint toujours au-delà de l'insertion de la pectorale, et est comprise six fois et demie dans la longueur totale. La mâchoire supérieure, plus grêle, plus étroite que l'inférieure, est aussi plus courte, ne faisant à peu près que les trois quarts de l'inférieure : elle peut se cacher dans une petite rainure, dont celle-ci est creusée pour la recevoir. L'alongement du bec supérieur e*|^ formé , comme dans l'orphie, par le prolongement des intermaxillaires, et l'on voit trèsbien la soudure latérale des maxillaires à la base de ce bec, qui est recouvert par le sous-orbitaire : cet os, mince, quadrilatère, sans échancrure ni festons en avant , a sous la narine une entaille étroite et profonde. L'articulation de la mâchoire inférieure dépasse l'angle postérieur de cet os. L'œil est de grandeur médiocre : son diamètre est cinq fois et demie dans la longueur de la joue : il n'est pas recouvert par une paupière adipeuse, comme cela a lieu dans le maquereau, mais cependant un épaississement assez marqué et muqueux de la peau •au-devant de l'oeil s'étend un peu sur le sous-orbitairej le préopercule est très-mince, presque entièrement soudé; un large feuillet operculaire, composé d'un opercule et d'un sous -opercule minces comme une écaille et soudés ensemble ; l'interopercule semble se confondre avec l'angle du préopercule et l'alonge en arrière, tout en le laissant arrondi. L'isthme de la gorge est tellement étroit que les deux branches de la mâchoire inférieure, ainsi que les deux feuillets operculaires , se touchent en
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dessous. Les ouïes sont très-largement fendues, autant certainement que dans la famille des Clupées. La membrane branchiostège est entièrement cachée sous l'opercule : elle est soutenue par treize rayons. Les branchies *elles- mêmes ont des peignes longs et grêles, et le premier feuillet a pour râtelure des lames pectinées, semblables sous tous les rapports à celles de nos harengs, de sorte que, sous ce rapport, le scombrésoce se lie par dgjinouvelles affinités que nos prédécesseurs n'avaient point signalées, à une troisième famille de poissons.
Les dents des deux mâchoires sont d'une trèsgrande petitesse et toutes égales : elles diminuent cependant un peu à mesure que l'on s'approche de l'extrémité du bec : elles sont disposées sur un seul rang. Le palais est tout- à- fait lisse; les dents pharyngiennes sont très-fines et pointues, serrées l'une contre l'autre et un peu inclinées vers le fond. La langue est assez libre dans le fond de la bouche : elle n'a pas de dents. Les narines sont, comme celles de l'orphie, dans un enfoncement triangulaire audevant de l'œil, et me paraissent s'ouvrir sur le bord libre de la papille qui sépare cet enfoncement en deux petites cavités.
L'épaule est en parlie couverte par le bord operculaire. La pectorale est attachée à peu près vers le milieu de la hauteur, et à la hauteur de l'angle de la fente des ouïes; le surscapulaire forme une pièce . irrégulièrement trapézoïdale, couchée au-dessus de l'opercule.
Le dessus du crâne offre, de la nuque aux yeux,
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une surface à peu près plane; il s'arrondli au-devant, ainsi que les deux côtes formées par les mastoïdiens, qui, dépassant de chaque côté la nuque, laissent, comme dans l'orphie, une échancrure assez profonde remplie par les muscles du dos.
La dorsale est insérée sur le dernier tiers de la longueur du tronc; cette nageoire est basse, à bords coupés droit, mais inchnés: le dernier rayon semble s'élargir déjà un peu et ressembler aux pinnules. L'anale commence un peu au-devant du premier rayon de la dorsale-: elle est plus basse qu'elle, mais de même forme ; en arrière de ces deux nageoires on voit, sur le dos et sous la face inférieure de la queue, une suite de petites pinnules semblables à celles des scombéroïdes, et en nombre inégal, comme cela a lieu dans les espèces de cette famille; on en compte cinq en dessus et sept en dessous. Il faut toutefois faire attention que le dernier rayon de la dorsale s'élargit un peu en éventail; que son filet postérieur s'alonge un peu, de façon qu'il ressemble assez bien à une fausse plnnule. Je l'aurais même compté comme une fausse nageoire, s'il n'était réuni par une membrane aux autres rayons de la dorsale. D'ailleurs, en me tenant au nombre de cinq et de sept pour les pinnules comptées sur un de ces individus, je suis d'accord avec Donovan , Jennyns , Yarrell et Pennant. Mais M. de Lacépède a donné, d'après Camper, six pinnules en haut; Flemming ne compte en dessus comme en dessous que six pinnules, mais il fait observer que ce nombre en est variable. La caudale est profondément fourchue et tous ses rayons sont très-distinctement articulés.
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Tout le corps est couvert de petites écailles égales, caduques. Il y a, comme dans les orphies, sous le ventre deux carènes formées d'écaillés peu résistantes : elles sont rapprochées l'une de l'autre beaucoup plus que dans l'orphie commune; mais comme on l'observe dans plusieurs espèces étrangères, ces carènes s'évanouissent à la quatrième fausse pinnule : je les crois, comme dans l'orphie, distinctes de la ligne latérale; car je puis suivre celle-ci du haut de l'angle de l'opercule jusqu'à la queue par le milieu du corps du poisson.
La couleur, qui se conserve encore assez bien dans les individus de la collection, est un beau bleu d'outre-mer sur le dos et un argenté très-brillant sur les côtés et le ventre; la caudale et les pinnules dorsales sont bleues.
La dorsale et la pectorale sont plus pâles; on voit une tache bleue assez foncée à l'aisselle de cette dernière; l'anale, les pinnules inférieures et les ventrales sont teintes du plus léger bleuâtre.
En ouvrant le poisson pour en étudier la splanchnologie, j'ai trouvé
un canal intestinal formé d'un simple tube membraneux, se rendant directement de la gorge à l'anus, sans faire aucun repli, aucune boursoufflure , mais se rétrécissant graduellement et régulièrement : cela est exactement la forme du canal intestinal des stomias , avec un peu plus d'épaisseur dans les parois. Le foie est très -petit; au-dessus de ce canal existe, dans toute la longueur de la cavité abdominale, une
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vessie aérienne fusiforme, à parois excessivement minces, brillantes, d'un argenté bleuâtre, et qui, à cause de cette couleur et de sa capacité, ne peut être un seul instant méconnue ou révoquée en doute. Les reins sont assez épais : ils occupent toute la longueur de la portion abdominale de la colonne vertébrale j ils sont maintenus en dessous par une sorte de réseau à mailles assez larges et composé de brides que je crois fournies par le péritoine. C'est une fort singulière disposition que je n'ai encore observée dans aucun autre poisson.
Cette description du Scombrésoce campërien a été faite d'après un individu long d'un pied environ, qui a été envoyé d'Abbeville au Musée d'histoire naturelle par M. Bâillon. Il avait été pris dans le fond de la baie de Saint-Valéri sur Somme , c'est le seul exemplaire que nous ayons reçu de la Manche, quoique depuis plus de trente ans l'on recherche avec suite et activité les poissons de nos côtes, que les divers zoologistes du Jardin des plantes ont toujours été empressés à mettre dans le Cabinet du Roi.
Nous en avons un autre exemplaire de même taille, mais d'origine inconnue, que M. Cuvier s'était procuré en Hollande. Puisque le scombrésoce ne paraît que «i rarement sur nos côtes, et qu'il ne s'est offert sur celles de Cornouailles ou d'Ecosse qu'à la suite de grandes
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tempêtes, nous devons croire, avec M. Yarell, qu'il est un poisson voyageur. Il serait, au contraire, plus abondant, d'après le témoignage de M. Low, vers les Orcades et aussi dans le détroit de Forth, où il en paraît des troupes nombreuses à l'automne.
Le SCOMBRÉSOCE DE RoNDELET.
{Scombresox Rondeletii, nob.)
Nous croyons juste de suivre l'exemple qui nous a été donné par M. de Lacépède, en désignant par le nom du célèbre ichthyologiste du seizième siècle, l'espèce de la Méditerranée que nous distinguons aujourd'hui. Ce n'est pas que nous trouverons, soit dans Rondelet, soit dans les auteurs postérieurs même les plus récens le caractère distinctif de notre poisson^ mais la figure du Saurus, que nous devons au naturaliste de Montpellier, doit être nécessairement appliquée à l'espèce de la Méditerranée qu'il décrivait. Elle parait rare aux environs de Cette. Rondelet le dit positivement, en ajoutant que le scombrésoce lui a été apporté par les pêcheurs de son pays comme un poisson nouveau. Après Rondelet nous sommes obligés d'arriver jusqu'à Rloch, qui indique aussi le scombrésoce comme un pois-
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son rare de la mer Méditerranée. Cependant M. Risso, dès sa première édition, citant notre poisson sous le nom que lui a donné M. de Lacépède, le mentionne comme une des espèces de passage dans la mer de Nice, dont la migration se ferait régulièrement chaque année en Juillet et en Octobre : à cette époque on en prend des légions nombreuses dans la madrague de ce port. Il répète la même chose dans la seconde édition.
M. Rafinesque n'ayant pas voulu, comme il l'avoue, adopter le nom composé de M. de Lacépède, qu'il trouvait complètement contraire aux lois de la nomenclature zoologique, s'est donné le tort de changer la dénomination significative du zoologiste français en celle de Sajris: c'est un pur néologisme toutà-fait inutile. Ce qui est plus mauvais encore , c'est que cet auteur a établi cinq espèces nominales sur de simples variétés de ce même poisson , et que la figure qui représente Tune d'elles, le Sajris liians, est même si défectueuse que l'auteur a oublié la nageoire dorsale. M. le prince de Canino , qui a préféré le nom du naturaliste sicilien à celui que tous les autres zoologistes avaient accepté de M. de Lacépède, a parfaitement reconnu cette inutile multiplication d'espèces j mais ce savant
zoologiste, croyant encore a l'identitë spécifique du poisson de la Méditerranée et de celui de l'Océan, a fait entrer dans sa synonymie les citations de Pennant et de Lacépède, qui ne se rapportent pas cependant aux individus des mers d'Italie.
La ligure de la Faune italienne est une des meilleures que l'on ait de ce poisson. Nous en avons aussi donné une figure dans l'Iconographie du Règne animal, pi. 98, n.° i, sous le nom de Scomhresox saurus.
Je ne saurais signaler en lui de caractères extérieurs fort apparens, malgré l'étude minutieuse et comparative que j'ai faite sur vingt-quatre individus; tous cependant me paraissent avoir les dents plus fines que celles du scombrésoce de l'Océan : j'appelle même l'attention sur cette particularité; car nous avons trouvé comme différence extérieure à peu près appréciable entre le maquereau commun et le scomber pneumalophorus ^ que ce dernier a les dents plus fines; mais nous avons à signaler une différence anatomique fort curieuse, et qui est tout-àfait inverse de celle qui existe entre le maquereau de l'Océan et celui de la Méditerranée. Tandis que le scombrésoce campérien, celui de l'Océan, a une longue vessie natatoire, il n'en existe aucun vestige dans l'espèce de la Méditerranée, du moins je n'ai pu en voir la trace dans cinq individus de différentes tailles que j'ai ouverts dans le but de rechercher cette vessie, que j'ai trouvée si longue et si apparente dans noire première espèce.
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Quant aux pinnules, je les vois extrêmement variables dans nos difFérens individus : ainsi, ceux de Naples m'ont donné le plus généralement cinq pinnules en haut et six en bas ; mais j'en ai qui ont quatre et six -, un autre six et six ; et enfin un a six et sept : ceux de Sardaigne ont cinq et six; ou six et sept; ceux de Nice avaient cinq, septj cinq, six; six, six; et six, sept : mais je n'ai jamais compté, comme M. Risso, un nombre égal en haut et en bas, et seulement de cinq. M. le prince de Canino a retrouvé les mêmes nombres que M. Risso, que je n'ai pas observé sur nos individus de Messine qui m'ont offert cinq, sept; et six , six. La citation de ces nombres prouve avec quel soin j'ai étudié ces poissons, afin de connaître les variations qu'ils peuvent nous offrir.
Nos plus grands individus sont longs de treize pouces: ils ont été rapportés de Naples par M. Savigny. Nous en avons reçu d'autres de Nice, par M. Laurillard ; de Sardaigne, par M. Bonelli; de Messine, par M. Bibron. Nous voyons l'espèce s'avancer jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Nous en avons des individus qui nous ont été envoyés de cette pointe australe de l'Afrique par M. Jules Verreaux.
Cette observation est assez importante , car elle sert à expliquer la figure que l'on trouve dans Barbot' sous le nom de Balahow^ poisson
1. Collect. of travels and vojages , vol. 5, pi. 19, p". 224.
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qu'il dit être peu commun sur la côte de Guinée. Il ne faut pas d'ailleurs oublier que ce nom de Balahow est celui des hëmiramphes chez. tous nos colons; et c'est là ce qui peut expliquer l'observation que ce voyageur a ajoutée à la suite de l'indication sur l'origine de son poisson, quand il dit que ce Balaliow, rare sur la côte d'Afrique, est commun aux Antilles et dans les mers américaines. D'ailleurs, Barbot avait sous les yeux un individu dont les branches des deux mâchoires s'étaient séparées suivant leur longueur, ce qui lui a fait croire que le poisson avait le bec divisé en fourche.
Le nom vulgaire du scombrésoce est à Nice, suivant M. Risso, Gastodello ou bien Gastandela. Cet auteur dit que sa chair est coriace; que ce poisson se tient entre deux eaux; qu'apparaissant sur les côtes de Nice en Juillet, il les quitte en automne ; que les femelles sont pleines d'œufs pendant l'été. Les noms siciliens donnés par M. Rafinesque et par le prince de Canino sont : Testareda , Cristareda , Cristardedda , Tristaredda et Ristardedda.
CHAP. Vlir. SCOMBRÉSOCES. Ml
Le SCOMBRÉSOCE COUTELET.
{Scombresooc scutellatus , Lesueur).
Ce zoologiste a publié, dans le Journal des sciences de Philadelphie, la description de deux espèces de ce genre, dont celle qui va faire le sujet de cet article, lui a été fournie dans les circonstances semblables à celles qui ont procuré à M. Dussumier l'individu que nous allons décrire.
Le caractère le plus saillant de cette espèce consiste dans la forme comprimée du corps, qui ressemble, comme la très-bien exprimé M. Lesueur, à une petite lame de couteau.
Je vois sa hauteur comprise près de neuf fois dans la longueur totale; la brièveté du museau est aussi non moins remarquable; car la longueur du bec n'est guère que moitié du reste de la tête; le bec supérieur lui-même n'est pas beaucoup plus prolongé que celui de plusieurs hémiramphes.
Les dents sont très-petites; la pectorale est attachée sur le haut du côté : elle est très-courte; la caudale me paraît fourchue.
Je ne compte que cinq pinnules au-dessus de la queue et que six en bas.
D. 10; A. 12, etc.
La couleur est d'un beau vert sur le dos et le reste du corps est argenté.
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Ce petit poisson, long de deux pouces neuf lignes , a été recueilli par M. Dussumier en le retirant de l'estomac d'une coryphène {Corjpliœna eqidsetis) qu'il préparait pour ses grandes collections et qu'il venait de pécher à vingt-cinq lieues au nord de Sainte-Hélène.
Nous avons un second exemplaire de la même espèce, qui n'a, comme le précédent, que cinq pinnules en haut et six en bas. Il est de même taille; celui-là provient des collections que M. Mathieu, colonel d'artillerie, fit à l'Isle-de-France ou pendant sa traversée de retour.
Ces deux exemplaires me confirment dans l'opinion que nous avons là sous les yeux l'espèce de M. Lesueur, quoique son individu ait été pris fort loin des deux précédens; car celui-ci a été retiré de festomac d'une morue au banc de Terre-Neuve.
Je vois bien que M. Lesueur compte six pinnules en haut et sept en bas; mais comme il y a plusieurs autres erreurs * dans cette description, imprimée sans doute à la hâte, je ne puis attacher une grande importance à ces
1. Ainsi la caudale est, par erreur typographique, marquée de l'initiale de l'anale; le nom spécifique de son poisson, qu'il voulait appeler avec raison cultellus (petit couteau), est écrit scutellatum , épitliète que l'on ne peut appliquer à ce poisson.
CHAP. VIII. SCOMBRÉSOCES. 479
différences , et je préfère m'en rapporter à la ressemblance générale que m'offre le dessin. D'ailleurs nous voyons varier tellement le nombre des pinnules de l'espèce de nos mers, que nous pouvons bien croire à de semblables variations dans les espèces étrangères.
Le SCOMBRÉSOCE ÉQUIROSTRE.
{Scomhresox equirostrum , Lesueur).
Nous retrouvons la seconde espèce, décrite par M. Lesueur sous le nom que nous lui conservons, dans un individu que M. Gay a rapporté du Chili, et que ce savant voyageur a bien voulu déposer dans le Cabinet du Roi.
Ce poisson a les deux mâchoires égales, étroites, grêles et un peu recourbées vers le haut; les dents sont d'une finesse extrême; la longueur du bec fait la moitié de celle de la tête entière, laquelle est comprise trois fois et demie dans la longueur totale.
La hauteur du corps n'est que trois fois et demie dans celle de la tête; l'œil est de grandeur médiocre; le sous-orbitaire est mince, étroit, arrondi en avant et en dessous; la pectorale est courte, échancrée; la ventrale est petite; la dorsale est basse; l'anale l'est davantage; la caudale est fourchue.
La couleur est un beau bleu d'outre-mer sur le dos, devenant verdâtre sur le dessus du crâne; une
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bande plus pâle sépare, sous la forme d'une large raie, cette teinte foncée de celle un peu moins intense, qui commence à la ligne latérale et qui se fond insensiblement dans le blanc du ventre.
Les nageoires, ainsi que le dessous de la mâchoire inférieure, ont du brun verdâlre, mêlé à la teinte bleue générale du poisson.
L'individu que je décris ici est long de neuf pouces; je le dois à l'obligeante communication que m'en a faite M. Gay. Il a bien voulu me laisser prendre un calque du dessin qu'il en a fait sur le frais, et m'a donné ainsi la possibilité de compléter ma description. En comparant cet exemplaire à la figure de M. Lesueur, il est impossible de douter de leur identité spécifique. Si d'ailleurs le texte de la description insérée dans le Journal des sciences de Philadelphie offre quelques différences, elles dépendent sans aucun doute de ce qu'elle a été faite d'après un individu desséché et conservé dans le cabinet de Boston; et M. Lesueur ne dit pas que le poisson eût été péché sur les côtes des États-Unis.
Dans sa grande et importante Faune de New-York, M. Dekay a réuni les deux espèces de Lesueur en une seule. Je ne partage pas cette opinion, après l'inspection des individus de la collection du Muséum. Le scombrésoce
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ëquirostie est appelé par ce savant et par M. Storer, Billfish. Ne croyant pas devoir adopter la dénomination de M. Lesueur, il a désigné son poisson sons le nom de Scomhresox Storeri. Il lui donne cinq pinnules au-dessus et au-dessous de la queue. La figure, d'un jaune verdâtre sur le dos et blanche ou légèrement jaunâtre sur les côtés, offre une ligne bleue longitudinale.
M. Storer donne plus de détails sur le Scomb. équirostre que son compatriote, parce que le poisson est plus abondant sur les côtes du Massachussets que sur celles de New-York: il arrive au cap Cod aux environs d'Octobre , un peu plus tôt ou un peu plus tard, suivant la saison: il y est l'objet d'une pêche considérable, parce que les riverains de ce cap l'estiment comme une nourriture fort agréable au goût.
Le SCOIVIBRÉSOCE DE FoRSTER.
{Scomhresooc Foj^steri, iiob.)
Forster nous a Tait connaître , depuis longtemps, qu'il existe sur les côtes de la Nouvelle-Zélande un scombrésoce très-voisin des précédens : quoique ce voyageur nous en ait laissé une description très-détaillée, elle ne peut servir à établir les caractères de l'espèce 18. 3i^^
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dont il avait donné une synonymie exacte pour l'époque où il écrivait.
Voici ce que ce voyageur en dit :
,( Le corps de ce poisson est comprimé et comme lancéolé , couvert de petites écailles ; la tête , peu carrée, est pointue en avant; le bec est alongé en alêne; la mâchoire inférieure est un peu plus longue que l'autre; les dents sont petites, pointues et serrées; les narines sont grandes, ouvertes, placées près des yeux et au-dessous d'eux; ceux-ci sont grands, sur le haut de la joue; la membrane branchioslège a douze rayons : il y a cinq pinnules sur le haut de la queue et sept dessous.
B. 12; D. 11 ; A. 12 ; Pin. V. et Vil; C 14 ; P. 13; V. 6.
«La couleur est un bleu noirâtre sur le dos et argenté sur le reste du corps; les pinnules dorsales sont noires et les dorsales sont blanches; la caudale est d'un bleu verdâtre. ''
Fors ter a vu ce poisson rejeté sur le rivage après des tempêtes. Ce poisson des mers australes a donc autant de ressemblance dans ses mœurs que dans ses formes avec le sconibrésoce de notre pôle.
ADDITION au genre LOCHE.
Après la Loche aux petites ventrales
{Cohitis micropus , nob.), page 52 de ce volume, ajoutez :
La Loche a queue d'anguille.
{Cobitis anguillicaudala j Cantor.)
Je veux réparer ici l'oubli que j'ai fait lors de la rédaction de l'histoire des Loches. Je trouve dans l'Ichthyologie du voyage du capitaine Edw. Belcher, rédigée par le J).^ Richardson *, la description et la figure d'une Loche qui avoisine notre Cohitis micropus , en même temps que la forme de sa caudale rappelle à certains égards celle de notre Coh, malapterura.
C'est une espèce
à corps un peu plus raccourci que le Misgurne , ayant dix barbillons, point d'épines au-dessous de l'œil, environ cent dix rangées d'écaillés entre l'ouverture de l'ouïe et la caudale; la dorsale, audessus des ventrales, insérée sur le milieu de la longueur totale; l'anale aux trois quarts de la longueur; la caudale arrondie, précédée d'un nombre assez considérable de petits rayons soutenus par une peau épaisse.