‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 31 sur 149 · Fische Syriens, p. 97, lab. Xll, fig. 2. 1. Ibidem · texte numérisé non relu

Fische Syriens, p. 97, lab. Xll, fig. 2. 1. Ibidem

Le corps est marbré de taclies noires; la caudale échancrée de noir à la base et traversée par deux bandelettes. On en voit aussi deux sur la dorsale. Les autres nageoires sont sans taches ni rayures.

La longueur varie de trois pouces à trois pouces et demi; le poisson vient de Damas.

La Loche tigrée.

{Cobitis tigris , Heckel.)

La forme du corps ressemble à celle du cobitis frœnata;

mais la têie est moins pointue. La dorsale est plus large, surtout à la base.

Sur les exemplaires encore bien conservés tirés de l'alcool, le fond de la couleur est d'un blanc jaunâtre : quatorze ou seize anneaux verticaux bruns entourent le corps. La caudale a la base noire, et le reste de sa surface ponctué ou rayé; il y a aussi quelques points sur la dorsale.

Le musée de Vienne a reçu cette loche du fleuve Rueik près Alep, oii on la nomme Kehudi, c'est-à-dire, le bleuâtre, ce qui fait présumer à M. Heckel cjue pendant sa vie la couleur de la peau tirait sur le bleu.

Ce zélé naturaliste indique en note une cinquième espèce de loches, de Damas, qu'il

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nomme cobitis leopardus; mais il ne la tlëcrit pas encore avec assez de détails pour en parler ici.

Le MiSGURNE.

{Cobitis Jbssilis y Linn.)

Cette loche est évidemment intermédiaire entre la loche franche, décrite au commencement de ce cliapitre, et la suivante, le cobitis tœnia , que les ichthyologistes modernes ont cru devoir séparer , comme genre , des précédentes. D'autres plus anciens , comme Lacépède, en réunissant le cobitis barbatiila et le cobitis tœnia dans un même genre, les avaient éloignées toutes deux du cobitisfossilis. Rien ne prouve plus l'incertitude, de laquelle on ne peut plus sortir, quand on veut donner de l'importance à des détails, et faire ainsi un trop grand nombre de coupes.

Ce que tous les naturalistes ont négligé de remarquer, faute d'avoir suffisamment étudié la squelette, c'est de reconnaître et de signaler la très-petite fente en forme de pore allongé et étroit, si fou peut s'exprimer ainsi, qui marque sous l'œil la place correspondante à l'extrémité aiguë du sous-orbitaire; premiers rudimens des caractères singuliers de la plupart

des loches. Le reste des détails, tels que la conformation des lèvres et l'insertion des barbillons, la distribution des couleurs, montre combien sont réelles les affinités de ces animaux. Il n'est pas, jusqu'à la tâche caudale, qui ne se trouve ici placée entre les deux lobes.

La hauteur du tronc égale la longueur de la tête, et est comprise sept fois et trois quarts dans la longueur totale. L'épaisseur est des cinq septièmes de cette hauteur. Les côtés sont arrondis, de sorte que la coupe du tronc a la forme d'un ovale assez régulier. La tête est comprimée, mais les joues sont arrondies, ainsi que le dessus du crâne, qui est plus étroit que celui de la loche franche, mais plus large que celui de la loche de rivière. Les yeux sont petits, à peine du sixième de la longueur de la tête , et situés au milieu de la joue, mais un peu vers le haut. Les deux ouvertures de la narine sont près de l'œil, et l'antérieure seule est tubuleuse. Le museau est arrondi, saillant au-dessus et un peu au devant de la bouche.

Il y a quatre tentacules sur le voile, et un plus long à l'angle de la bouche. La lèvre supérieure est d'ailleurs assez charnue. L'inférieure est élargie en une membrane échancrée à la symphyse, et bilobée de manière à simuler de petits barbillons. L'interne est plus court que l'autre, de sorte qu'en observant le poisson vivant quand il fait flotter ses barbillons, on lui en compte aisément dix.

Comme dans les loches, on ne voit de l'appareil

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operculaire que le bord des ouïes, encore soni-elles peu fendues. La membrane branchiosiège n'a que trois rayons comme dans la loche franche. On ne sent à l'extérieur aucune trace de sous- orbilaire ; mais en disséquant avec soin l'on découvre cet os sous les téguments, et l'on trouve un petit osselet en stylet grêle, mobile, qui représente en raccourci et sans développement extérieur, l'épine de la loche de rivière. La bouche n'a pas de dents, et je ne vois pas de langue saillante et libre.

Les pharyngiens sont petits, et armés de dix à douze petites dents crochues.

La dorsale est reculée sur le dos au delà de la moitié du corps; elle répond aux ventrales, qui semblent la dépasser un peu. Ces nageoires sont petites, et éloignées de l'anale à peu près d'une fois leur longueur. Celle-ci ressemble assez à la dorsale, mais elle est un peu moins haute. La caudale est arrondie. Les pectorales sont lancéolées.

B. 3; D. 1; A. 6; C. 16; P. lOj V. 6.

Le corps est couvert de petites écailles bien plus visibles dans cette espèce, à cause de la taille des individus, que dans nos petites loches. On peut en estimer le nombre à cent trente-cinq ou cent quarante rangées. Il y a sous la poitrine comme un petit plastron nu, et sous le ventre comme des plis obliques et en chevron.

La couleur est un gris plus ou moins vaseux, sur lequel se trouvent semées des lâches, ou plutôt des points formés eux-mêmes de la réunion nombreuse de points pigmentaires d'un brun verdâtre

plus OU moins intense. De ces points plusieurs sont serrés de manière à former quatre lignes longitudinales brunes plus ou moins foncées : l'une sur le dos, deux autres moyennes réunies par des points bruns plus pâles, et une quatrième sur le bord du ventre. Le dessus du crâne, les joues, les lèvres, les barbillons, la dorsale et la caudale en portent de nombreux. L'anale est sablée de quelques petits. Il y en a quelques-uns sur les pectorales. Les ventrales seules me paraissent blanches.

Les viscères de ce cobitis apparaissent d'une simplicité remarquable, à cause de l'absence de replis du tube digestif et de la petitesse du foie. L'œsophage et l'estomac, dilatés et cylindriques, égalent le tiers de l'intestin. Après le pylore il fait de suite un coude, et se rend ensuite droit, et sans la plus légère ondulation, à l'anus, et se tenant entre les deux ovaires. Le foie enveloppe l'estomac. Il est divisé en deux lobes. Le plus épais des deux est le droit; il loge dans son échancrurela vésicule du fiel. Le lobe gauche est plus mince et plus court. Les deux ovaires étaient pleins. Les œufs, petits comme de la graine de pavot, formaient une masse remplissant toute la longueur de la cavité abdominale. Les reins sont deux longs rubans festonnés ou comme divisés à chaque articulation des vertèbres depuis la grande jusqu'à la fin de l'abdomen.

La description du squelette va compléter les rapprochements existant entre cette loche et la loche de rivière.

Le misgurne a le crâne semblable à celui de celle

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dernière espèce. Les frontaux sont étroits entre les yeux. Le trou interpariétal, ou, comme l'appellent quelques anatomistes, le forarnen Honiianum , est oblong et très-étroit. L'interpariétal ne donne pas de crête saillante. Les mastoïdiens sont également sans crêtes. L'arrière du crâne est donc à peu près lisse et arrondi. L'occipital supérieur se porte en arrière, et a de chaque côté, entre les mastoïdiens et audessus des occipitaux latéraux, deux trous mastoïdiens ronds et assez grands. L'ethmoïde s'élève en avant par une lame mince et tranchante sur le devant du crâne. Le sous-orbitaire se prolonge en arrière en une épine au delà de la moitié de l'orbite; et elle donne de sa base une petite épine courte et aiguè qui reste cachée sous les téguments; de sorte, qu'à la longueur près, c'est tout à fait l'osselet épineux de la loche de rivière. L'angle externe du frontal antérieur a aussi une petite pointe dirigée à peu près dans le même sens que l'épine du sous-orbitaire. La caisse est également épineuse. Son épine est au bord postérieur, le long du préopercule.

On voit donc que le cobllis fossilis , placé dans le genre des cobitis et éloigné des prétendus acanthopsis, est une des loches dont les os de la face sont des plus épineux.

L'appareil operculaire ne se montre aussi que dans le squelette. L'opercule a son angle articulaire saillant et assez large, son bord supérieur droit, son angle arrondi et très-obtus. Le bord antérieur descend verticalement et est tout droit; l'inférieur est très-concave, ce qui rend l'angle très-aigu et en fait

presque une épine. Le sous-opercule est petit et remplit l'arc du bord inférieur de l'opercule. Son bord libre est presque droit. Le préopercule est plus compacte, plus épais, eta la forme d'une grande lame arquée qui se rejoint à celle du côté opposé sous l'isthme de la gorge. L'interopercule est petit et étroit. C'est aussi sur le squelette qu'il faut étudier les maxillaires pour se faire une juste idée de leur forme. Ce sont deux larges plaques en losanges, dont l'angle obtus et inférieur se termine en une petite épine j les intermaxillaires ont les branches horizontales minces, et la verticale termine le bout du museau. Revenons maintenant vers l'arrière du crâne. Le basilaire donne en arrière deux petites languettes apophysaires qui laissent entre elles un petit irou ovale , correspondant par sa direction au trou du renflement de la grande vertèbre, trèsremarquable par sa composition. A cause de la grandeur de toutes les parties dans lesquelles on peut la décomposer ces pièces se voient mieux. La première a, comme toutes les vertèbres, un corps allongé, au-dessus duquel est l'anneau vertébral qui donne passage à la moelle épinière. La voûte de cet anneau est formée par les deux pédicules de l'apophyse épineuse, qui est ici une large lame simulant une crête osseuse. Les deux pédoncules s'élargissent en une plaque osseuse composée de trois pièces, dont une va s'articuler près du bord supérieur du trou occipital avec l'occipital même; les deux autres pièces se portent sur les côtés et laissent entre elles et les apophyses iransverses un vide dans lequel

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est caché l'osselet de Webber. Les apophyses épineuses s'élargissent en dessous en deux lames caverneuses à plusieurs points d'ossification, et remontant sur les côtés pour aller rejoindre les lames de l'apophyse épineuse , elles complètent l'anneau osseux de la vertèbre entre le crâne et le bord antérieur des lames osseuses. Il y a de chaque côté un trou pour le passage des nerfs. Les lames des apophyses transverses portent elles-mêmes des apophyses styliformes assez longues, que l'on prendrait aisément pour des côtes. Elles ne m'ont pas paru être un os distinct.

La seconde vertèbre a pour apophyse épineuse une crête beaucoup plus étroite. Les deux arêtes postérieures s'élargissent de chaque côté en une petite lame qui se porte en avant, y devient un os celluleux étendu sur les apophyses iransverses. Celles-ci s'arrondissent par une lame osseuse, criblée d'un nombre considérable de petits trous, ce qui lui donne l'apparence d'un réseau des plus élégants. Une dépression médiane, à la face inférieure, semble la diviser en deux parties, comme pour rappeler la symétrie de ces pièces osseuses; car il n'y a qu'une seule cavité. Sur les côtés l'on voit saillir une petite pointe, vestige d'apophyses transverses.

Le corps de la vertèbre est engagé en dessous dans ce réseau osseux, mais deux faces articulaires sont complètement libres. Au-dessous de l'antérieure est un trou rond qui va communiquer avec deux autres pratiqués de chaque côté de la face articulaire postérieure; mais il n'y a pas de trou immédiatement sous le corps vertébral. De chaque côté du trou de

la face antérieure, il y a un autre petit qui communique dans la boule. Celle-ci est plus largement ouverte sur le côté. En arrière il y a trois autres petites ouvertures, une médiane, et deux latérales qui s'ouvrent aussi dans la boule.

L'osselet de Webber a la forme d'un petit hameçon: il est plat, courbé en arrière et en dedans, et donne en avant deux apophyses pointues et divergentes. Il est petit, et on ne peut le voir qu'après avoir séparé l'apophyse épineuse de la première vertèbre et de ses dépendances.

La troisième vertèbre ressemble aux suivantes. On en compte trente et une, portant des côtes et constituées en vertèbres abdominales. Pour compléter cette colonne épinière, il faut y ajouter les dix-sept caudales. Ces vertèbres ont les deux cônes articulaires assez longs, et très-rétrécis à leur point de réunion pour former le corps de l'os.

C'est dans le renflement qu'existe la vessie aérienne , globuleuse, formée par ses deux membranes : l'une externe fibreuse, l'autre interne membraneuse, donnant par le trou médian de la face postérieure de la vertèbre un petit conduit allant à l'œsophage. Schneider a donc bien observé cet appareil ; mais ni lui, ni aucun autre naturaliste, n'avait encore décrit la complication osseuse des apophyses vertébrales qui renferment cette vessie.

On voit que cette grande vertèbre rappelle ce que la nature nous a déjà montré dans les silures et dans les carpes; mais avec des différences qui prouvent qu'il n'y a aucune espèce d'unité de composition.

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Fish^urn; il le décrit assez bien après l'avoir vu à Nuremberg et ensuite à Ratisbonne; mais je ne sais pas trop pourquoi il i'a comparé aux lamproies, ce qui a empêché son esprit de saisir les vrais rapports de ce poisson. La plus fidèle représentation de cette espèce est une des meilleures figures de Marsigli ' , il l'appelle Pissgurn, d'après les Allemands, riverains du Danube, et il ajoute que d'autres disent Peisker ou Beisecker, ou Pfeifer, ce qu'il fait venir de pfeifen [ûiïiex) ^ parce que, quand on prend ce poisson, il se contourne et il fait entendre un bruit semblable à une sorte de sifflet. Il est très-vrai que, quand on prend notre misgurne vivant, il fait toujours entendre un bruit très-distinct; mais je dois ajouter que nos petites loches rubannées [cohitis tœnia) font la même chose.

Après qu'Artedi et Linné eurent introduit l'espèce sous le nom de cohitisfossilis, à cause de son habitude de s'enfouir sous la vase, ce qui avait été raconté à Gesner, avec un peu d'exagération et de merveilleux, par un médecin de son temps, le D.' Fabricius, Bloch est venu en publier une très-bonne figure^.

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