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LIVRE XVIII. CYPRINOIDES

L'anale est plus étroite et plus haute que la dorsale j la caudale est arrondie , les nageoires paires sont ordinaires.

B. 6; D. Tj A. 7j C. 24; P. 13 5 V. 6-

Les écailles sont larges, lisses : j'en compte vingtquatre rangées entre l'ouïe et la caudale : avec une très-forte loupe on peut observer les seize rayons de l'éventail sur une écaille du milieu des côtés, et les très-fines stries concentriques dont la surface est rayée. Le bord radical est coupé carrément? l'autre est en demi-cercle.

Je n'ai pu réussir à trouver la ligne latérale, car il ne faut pas prendre pour elle les quatre ou cinq lignes formées de deux stries longitudinales que l'on voit à la loupe et par reflets sur les premières rangées des côte's.

La couleur est verdàtre, plus ou moins dore'e au centre des écailles, dont le bord est vert rembruni, ce qui fait paraître le poisson recouvert d'un réseau noirâtre. Le ventre des femelles pleines devient orangé; la dorsale a une petite tache noirâtre sur les rayons du milieu; le reste est gris, plus ou moins pointillé de noirâtre. C'est aussi la couleur de la caudale, dont le bord supérieur ou inférieur a une tache noire près de l'insertion des rayons : les autres nageoires sont pâles.

Le gonflement du ventre des pœcilies est dû au développement de l'ovaire, à cause de la viviparité de ces poissons; aussi est-on frappé de la grosseur de cet organe unique quand on ouvre l'abdomen. Le conduit oviducal, qui semble lui servir de pédon-

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cule, est assez long pour être facileinenl distingué. L'ovaire occupe toute la longueur de la cavité abdominale : il n'y a qu'un très-petit espace au-devant de lui et derrière le diaphragme.

L'inteslin se porte à gauche de l'ovaire, jusqu'au milieu de la longueur de l'abdomen : il se replie et remonte alors pour passer sous le diaphragme vers l'hypocondre droit, d'oii il se contourne cinq fois sur lui-même en faisant des plis courts. Il constitue alors un petit peloton semblable à celui que nous observons dans un grand nombre de poissons à intestins longs et enroulés, ou à celui des têtards de nos grenouilles.

Ce tube digestif est quatre fois aussi long que le corps quand il est étendu et développé, ainsi que l'a représenté M. Duvernoy^j le foie est très- petit, aplati et divisé en lobules qui s'engagent entre les premiers plis de l'intestin. La rate est très-petite et cachée entre les replis du tube digestif

M. Duvernoy, qui a décrit avec tant de soin les diverses parties du fœtus des pœcilies , a compté quatre-vingts de ces œufs dans l'ovaire disséqué par lui. Ces viscères sont tous contenus dans un repli du péritoine, dont la face interne est recouverte d'un pigment du noir le plus intense, tandis que la face externe brille du plus bel éclat d'argent mât.

En détachant avec soin ce péritoine, on découvre au-dessus de lui et sous la colonne épinière abdominale une grande cavité ovale, dans laquelle on

1. Annales des sciences naturelles, 3.* série, Zoologie, t. I, pi. xvn, fig. 1.

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voit flouer sous l'eau la membrane excessivement mince et argentée de la vessie aérienne, organe simple; et qui ne communique pas, je crois, avec l'intestin ; cependant je ne suis pas sûr du contraire. Au-dessus sont les reins, qui n'occupent que la moitié environ de la longueur de la cavité abdominale, et qui donnent deux longs uretères rapprochés, et formant une dilatation assez sensible avant de déboucher dans la vessie urinaire, qui est petite etbilobée, M. Duvernoy a remarqué que les cornes de la vessie des petits fœtus sont plus longues que celles de la vessie de l'adulte.

J'ai trouvé dans l'intestin des débris de végétaux, mêlés à des portions d'insectes. M. Duvernoy a observé dans son exemplaire des fourmis presque entières.

La longueur du plus grand de ces poissons est de trois pouces ou de o",o82 ; mais leur taille ordinaire n'est guère que deux pouces à deux pouces et demi. J'ai trouvé des œufs développés près à éclore dans des individus de quinze lignes seulement.

Le dessus du crâne est toul-à-fait aplati, et l'on voit sur le squelette que l'élargissement du dessus de la tête est dû surtout à la grandeur des os sourciliers des cyprins. H y a une très -petite et trèscourte crête occipitale, deux petits trous occipitaux latéraux et deux petites fosses mastoïdiennes de chaque côté. C'est donc un crâne de cyprin. Je compte quinze vertèbres abdominales et treize caudales.

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Nous possédons dans le Cabinet du Roi les exemplaires de cette pœcilie, rapportes de Surinam par Levaillant. Depuis, il a été trouvé des individus de cette espèce dans une collection de poissons envoyés deBabia au Musée de Genève par M. Blanchet, et dont M. Moricand nous a cédé des doubles. Enfin, plus récemment M. Alexandre Rousseau , l'un des préparateurs des laboratoires de zoologie , cbargé d'une mission à la Martinique, en a rapporté un assez bon nombre pris dans cette île. Comme ils sont frais et bien conservés, ils m'ont donné les moyens de rectifier les omissions de mon premier travail. Ils proviennent des réservoirs d'eau douce du Jardin botanique de cette colonie. On sait dans cet établissement qu'ils y ont été importés de Cayenne. Je dois même faire remarquer à ce sujet qu'on les a confondus avec les gouramy [Osphromenus olfax , Lac), qui, par ordre de M. Clermont-Tonnerre , ministre de la marine 5 ont été transportés des colonies indiennes dans celles d'Amérique. Ce ministre avait donné cette commission à un de nos plus habiles officiers de marine , M. le baron de Mackau, devenu lui-même aujourd'hui ministre de la marine.

Les gouramys furent d'abord importés à

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Cayeiine, et ils ont passé de là dans les îles de la Martinique et de la Guadeloupe. K\ec eux on y a porté des pœcilies, qui ont été prises pour des jeunes du poisson de l'Inde. Je ne fais ces remarques que pour prévenir contre des rapports rédigés par ordre de la marine ou du gouvernement de la colonie de la Martinique. Les personnes instruites qui les ont faits, ne connaissant pas du tout Ticlithyologie, ont confondu les deux poissons, et ont appliqué aux gouramys ce qui ne convient qu'aux pœcilies. Comme l'erreur se répand ordinairement plus vite que la vérité, ces réflexions préviendront peut-être contre la propagation de fausses allégations, si on venait à les tirer de quelques cartons. Nous en concluons, pour l'iclithyologie, que la pœcilie habite aussi à Cayenne, et nous la voyons donc sur la côte depuis la Guyane hollandaise jusqu'à Bahia vers le sud.

La POECILTE A UNE TACHE.

{Pœcila unimaculata , Val. ^) J'ai fait connaître depuis long -temps une seconde espèce de ce genre, très -voisine de la précédente ;

1. Apud Humboldt, Recueil d'observat. de zoologie et d'anatoniie comparée, t. II, p. i58, pi. LI, fig. 2, 1817.

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Elle a cependant le museau un peu plus long et plus gros; la ligne du profil du dos un peu plus convexe ; la dorsale moins reculée ; l'anale plus pointue; d'ailleurs les nombres sont les mêmes, et la forme de la caudale, de la pectorale et de la ventrale sont semblables.

D. 7 j A, 7 , etc.

Je compte vingt-sept rangées d'écaillés le long des flancs; la ligne latérale est assez difficile à voir; le fonds de la couleur du corps est semblable à celui de notre première espèce, mais il y a sur le côté, à la septième ou à la huitième rangée d'écaillés, une tache noire bien marquée; la dorsale, l'anale et la caudale manquent de taches.

Le canal intestinal de cette pœcille se montre dans la partie antérieure de l'abdomen sous la masse ovarique, replié cinq fois sur lui-même. Il est plus long que celui de la précédente espèce. Les œufs, développés et prêts à éclore, m'ont aussi paru plus gros; d'ailleurs le péritoine est de même argenté extérieurement, et couvert en dedans d'une couche trèsdense de pigment noir. Il y a aussi une vessie aérienne membraneuse dans la même position et sous les mêmes enveloppes que dans la précédente espèce, mais elle m'a paru plus petite.

Nos plus grands exemplaires n'ont que deux

pouces trois lignes. Ils ont été rapportés des

environs de Rio -Janeiro par M. Delalande.

Depuis, M. Gaudichaud, lors de son passage

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à Rio , a retrouvé des individus de cette espèce qu'il a donnes au Muséum en i832.

La POECILIE A MUSEAU EN COIN.

{Pœcilia sphenops, nob.)

Une troisième espèce, découverte depuis mon premier travail sur ce genre, se distingue des deux autres par

son museau déprimé et lout-à-fait aminci en coin; la ligne du profil du dos est quelquefois droite, quelquefois un peu courbe, selon la contraction du corps par l'alcool. La fente de la bouche est tout -à- fait en dessus; la dorsale, reculée sur le dos de manière à ce que le premier rayon soit au milieu de la longueur totale, a le bord arrondi. L'anale est sous la dorsale ; son premier rayon répond au quatrième de la nageoire supérieure : elle est pointue. La caudale , coupée carrément , a les angles arrondis. La pectorale est ronde; les ventrales sont petites,

Il y a trente -deux rangées d'écaillés : chacune a, comme celles des autres espèces, le bord radical droit, l'autre bord en demi -cercle; l'éventail n'a que onze à douze rayons très -courts; le reste de la surface est marqué de stries concentriques moins fines que dans les deux autres pœcilies. La ligne latérale est facile à voir : elle est un peu convexe

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et tracée par le tiers de la hauteur. La couleur est un vert rembruni, sans bordure aux écailles, dix à douze petits traits verticaux descendent du dos, s'arrêtent à la ligne latérale et deviennent plus visibles de chaque côté de la queue qu'en avant de la dorsale. Cette nageoire et la caudale sont tachetées de petits points noirâtres; les autres nageoires sont incolores.

J'ai trouvé, dans cette pœcilie, l'œsophage se portant dans l'hypocondre gauche jusqu'à moitié de la longueur de la cavité abdominale. Le canal digestif se replie alors et remonte le long de l'œsophage en diminuant de diamètre; il passe dans le côté droit du ventre, s'enroule sur lui-même en faisant cinq tours de droite à gauche et autant en sens inverse, et il se rend ensuite droit à l'anus, entre les premiers pUs , sous les lobes grêles et même du foie. L'ovaire unique, le péritoine, la vessie natatoire, les reins, sont comme dans les autres espèces.

Nous avons reçu, au Cabinet du Roi, un assez grand nombre d'individus de cette espèce pêches près de la Vera-Crux. Leur taille ne dépasse pas deux pouces trois lignes.

La PoEciLiE DE Saint-Domingue {Pœcilia Dominicensis , nob.)

est une quatrième espèce,. également découverte depuis peu de temps.

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Sa tête et son museau ressemblent beaucoup à ces mêmes parties chez notre première pœcilie, mais elle a la queue plus étroite et plus longue; les nageoires sont petites , arrondies.

Je compte vingt- huit rangées d'écaillés entre l'ouïe et la caudale. Une écaille a le bord radical droit avec dix -sept rayons à l'éventail. La partie nue est finement chagrinée, les bords sont plus délicatement striés.

Le fond de la couleur est verdâtre, avec un fin réseau noirâtre. H y a une tache rembrunie sur la dorsale; la caudale a deux bandes verticales grisâtres très-pâles, les autres nageoires sont incolores.

C'est une très-petite espèce : les individus très-nombreux, que j'ai vus, ne dépassent pas vingt lignes.

Les viscères de cette pœcilie ressemblent à ceux des autres espèces. L'individu, long de quinze lignes, que j'ai ouvert, avait déjà les œufs développés, de manière à montrer des petits tout formés.

Ils ont été envoyés au Cabinet du Roi par M. Ricord, qui les a recueillis à Saint-Domingue.

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La POECILIE PONCTUÉE.

{Pœcilia punctata , nob.)

M. d'Oibigny a recueilli aux environs de Montevideo une petite pœcilie

dont la queue est alongée, l'anale longue et pointue, la caudale coupée carrément. Le corps est brun, avec quatre ou cinq rangées longitudinales de petits points noirs.

D. 9; A. 6; C. 19, etc.

Il y a trente et une écailles sur les côtés.

C'est un petit poisson long de quinze lignes, et bien caractérisé par ses points et par son anale.

La POECILIE GRÊLE.

{Pœcilia gracilis j nob.)

Le même voyageur a aussi rapporté de ces contrées une autre petite espèce

à queue un peu plus longue, plus grêle et plus étroite que celle des précédentes. Elle a la dorsale et l'anale courtes, la caudale en ovale alongé.

D. 7 ; A. 9 , etc.

Le corps est vert, avec une série de neuf points noirs par le milieu des flancs : le dernier est à la base de la caudale.

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J'ai trois individus de la taille de quinze lignes, qui ont tous les mêmes caractères; je crois donc qu'ils sont d'une espèce réellement distincte par les formes et par les couleurs.

La Pœcilie a plusieurs raies.

{Pœcilia midtilineata , Lesueur.)

M. Lesueur a fait connaître une autre espèce de ce genre, observée dans les eaux douces des environs de la Nouvelle-Orléans.

Elle a le corps comprimé, le dos peu élevé, la queue longue, assez haute; l'abdomen gros et saillant dans les femelles; la tête, aplatie en dessus, est assez courte; la dorsale plus longue que haute; la caudale large ; l'anale courte.

La couleur est jaune. Une tache à la base de chaque écaille forme plusieurs séries de lignes , plus foncées dans les mâles que dans les femelles. Le dos est plus rembruni, et le ventre est pâle et souvent irisé. La dorsale, jaunâtre, offre plusieurs lignes couleur terre d'ombre, réunies souvent en mailles hexagonales près du dos. Les pectorales, les ventrales et l'anale sont blanches dans les mâles et jaunâtres chez les femelles. La caudale, ronde, est variée de teintes légères de jaune et de bleuâtre, et avec plusieurs séries de taches brunes dans les mâles.

Ces petits poissons vivipares se tiennent en

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troupes assez nombreuses, à l'entrée du canal qui communique au lac Pontcbartrain, sur les fonds sablonneux ; ils s'éloignent peu du rivage et des racines qui peuvent leur servir de retraite. Ils sont aussi très -communs dans les Bayons. Ils troublent l'eau en agitant la vase à la moindre peur: ils se cachent parmi les herbes; après quelques instans on les voit reparaître, souvent poursuivis par une MoUiénisie. Ils ne dépassent pas un pouce et demi ou deux pouces.

Long-temps avant d'étudier les mœurs de ces petits poissons , M. Lesueur avait, en 1 82 1 , fait connaître cette espèce dans le Journal de Philadelphie ^ d'après des individus rapportés de l'est de la Floride par MM. Machère, Ord, Say et T. Féale.

La PoECiLiE DE Schneider.

{Pœcilia Schneideri, Val.)

Est-ce bien une pœcilie que le poisson décrit et figuré par Bloch dans l'édition de Schneider^ sous le nom de Pœcilia vivipara ? Je n'en suis pas certain; mais ne sachant où le

1. Lesueur, Journ. of the acad. of ncii. se. of phil. Janv. 1821, pi. I.

"2. Bloch et Sclineidei , p. 452, pi. lxxxvi . fig. 2.

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placer mieux, je le maintiens provisoirement à la suite du genre.

Il a le corps comprimé; la tête couverte d'écaillés , plate et large en dessus ; la bouche étroite ; une rangée de dents petites et fines comme des soies; la caudale est fourchue.

Le nombre des rayons branchiostèges et même ceux de la dorsale et de l'anale ne sont pas de nos pœcilies.

Bloch le colore de jaunâtre, avec cinq larges bandes transversales brunes.

C'est un poisson long de deux pouces, qui vit dans les eaux douces de Surinam.

Dès 1817 , dans mon travail publie dans le Recueil des observations de zoologie de M. de Humboldt, j'ai changé l'ëpithète de vivipara en celle de Schneideri, parce que toutes les espèces de ce genre sont vivipares.

Si le poisson décrit par Bloch n'est pas une pœcilie, ce qui est probable , il en est au moins fort voisin, et Bloch s'est bien assuré que son poisson est vivipare. Il faut espérer que nous le recevrons un jour.

Je ne trouve dans l'Ichthyologie de la Guyane, du chevalier Robert H. Schomburgk, aucun poisson qui lui ressemble.

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La MOLLIÉNISIE.

{Mollienisia , Lesueur.)

M. Lesueur observa et décrivit le premier ce curieux et intéressant poisson des eaux douces des États du sud de l'Amérique septentrionale. Ayant reconnu qu'il devait constituer un genre nouveau, et étant toujours prêt à épancher les sentimens de sa tendre et constante amitié pour Pérou , partout où sa vie de voyageur infatigable le portait, il le dédia à M. Mollien , l'un des ministres des finances de Napoléon qui, concurremment avec Gaudin, a tant contribué à établir l'ordre admirable de cette partie de l'administration. A l'époque de ce voyage en Amérique, M.Mollien n'était plus un des conseillers du gouvernement. Mais ce n'est pas au ministre puissant et possesseur d'un haut crédit que M. Lesueur a voulu donner une preuve de son souvenir reconnaissant; c'est au seul protecteur de l'ami qu'il a perdu que notre naturaliste a envoyé d'un autre hémisphère le gage de sa gratitude.

Ayant bien vu les caractères génériques du poisson, l'ayant décrit avec exactitude, quoique d'une manière un peu concise, et ayant joint à sa description une figure fort exacte,

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M. Lesueur a laisse un travail assez complet; aussi le genre qu'il a créé , a-t-il été adopté par les naturalistes.

Les Molliénisies sont voisines des pœcilies; elles en ont les dents, la bouche, les rayons branchiostcges, le canal intestinal; mais elles en différent par plusieurs caractères faciles à saisir. Le plus remarquable est la position de l'anale avancée entre les ventrales, qui sont peu reculées en arrière. Cependant, comme les os du bassin sont libres et sans attache avec la ceinture humérale, ces poissons sont encore des abdominaux. Ils auraient pu être considérés comme des thoraciques par des observateurs qui nauraient tenu compte que de l'insertion des nageoires paires inférieures. Une large et longue dorsale , une caudale dilatée, complètent les caractères extérieurs des Molliénisies. La position avancée de l'anale a rendu la cavité abdominale très-courte; par ' conséquent elle n'est pas grande. Cependant la nature y a placé un intestin alongé et enroulé sur lui-même un plus grand nombre de fois que celui des pœcilies. Pour arriver à cette constitution, elle a rejeté en arrière la plus grande partie de la vessie aérienne, en la rendant fourchue, et en faisant pénétrer entre les muscles coccygiens inférieurs les

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deux grosses cornes de cet organe. Nous avons déjà eu d'autres exemples de cette forme remarquable. N'ayant ouvert que deux mâles, je n'ai pu savoir si ce poisson est vivipare.

On ne connaît encore qu'une espèce de ce genre, que le naturaliste, à qui on en doit l'établissement, a nommée

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