LIVRE XVIII. CYPRINOIDES
et carré. Sur l'angle que font ces deux plans, on trouve en avant les deux ouvertures de la narine , l'une près de la bouche, l'autre, plus large, tout contre le bord antérieur de l'orbite. Les niâchoires seules sont dépourvues d'écaillés. Le dessus de la tête, ainsi que les joues, en ont d'aussi grandes que celles du corps. On voit cependant sous leur transparence les quatre pièces operculaires, qui ressemblent à celles des cyprins. La membrane branchiostège se replie sous le bord de l'opercule : elle est soutenue par cinq rayons , dont les deux internes sont très -grêles, et les trois autres sont plats. La fente des ouïes est ordinaire; la bouche est petite et fendue en travers, et horizontalement au bout du museau; les intermaxillaires bordent toute la partie supérieure; une lèvre assez épaisse cache le rang de petites dents coniques, pointues et régulières dont cet os est garni ; le maxillaire est petit, caché en partie sous le bord antérieur du sous-orbitaire : on n'en voit, quand la bouche est fermée, que l'extrémité en dessous et à côté de la branche de la mâchoire inférieure; celle-ci a ses branches courtes, aplaties et élargies le long du bord dentaire. La conformation de cette bouche est tout-à-fait celle des muges. Les intermaxillaires et la mandibule inférieure portent seuls des dents de deux natures; celles qui suivent le bord externe de l'os sont toutes égales, serrées Tune contre l'autre, droites à leur base et courbées en crochets à l'extrémité : elles sont mobiles comme celles de beaucoup de poissons de genres et de familles diverses :
CHAP. XXI. POECILIES. '125
telles sont celles des salarias ou des synodontes. Je les ai vues s'abaisser quand on tire sur la lèvre; mais je n'ai pas observé qu'elles se relevassent par une sorte de mouvement de ressort, ainsi que M. Duvernoy l'a décrit. La lèvre qui les recouvre est épaisse, et forme derrière celte rangée externe de dents une sorte de gencive ou bourrelet charnu, garni de papilles, entre lesquelles il y a une seconde bandelette de dents nombreuses en carde très -fine, coniques, pointues à l'extrémité , mais peu acérées et comme grenues; ces dents tombent souvent : elles ont été parfaitement observées par M. Duvernoy ^ dans son Mémoire sur le développement de la Pœcilie.
Cet habile anatomiste a également, bien vu les pharyngiens et leur dentition; les supérieurs forment deux plaques elliptiques, retrécies en avant et portant des petites lames élevées en travers sur là base du pharyngien. Elles sont mobiles et armées de six à huit petites dents aiguës et coniques. Ces petites lamelles, serrées à côté les unes des autres avec peu de régularité, sont minces et jaunâtres. M. Duvernoy les croit subcartilagineuses; par leur aspect fibreux, elles ne me paraissent pas devoir être distinguées du reste des os. Les pharyngiens inférieurs forment, par leur réunion, un triangle conique, dont la pointe est dirigée en avant. Les dents sont semblables aux supérieures.
La dorsale est petite, sa base égale la hauteur du rayon le plus haut; le bord est légèrement convexe.