‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 59 sur 149 · LIVRE XVIII. CYPRINOIDES · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. CYPRINOIDES

queue rougeâtre, le ventre argenté et les flancs traversés par de petits traits verticaux noirs, qui, ne s'élevant pas jusqu'au dos, dépassent peu la ligne latérale et ne descendent pas sous le ventre ou la queue. Le nombre de ces traits varie, selon les individus, de dix à seize et même dix-huit; et ils alternent aussi de longueur : sur l'insertion des rayons de la caudale il y a un, deux ou quelquefois trois points noirs. Les nageoires sont incolores.

La splanchnologie des Cyprinodons ressemble beaucoup à celle des Pœcilies; elle prouve que ces espèces sont aussi vivipares. Il n'y a qu'un seul ovaire dans lequel j'ai déjà vu des œufs contenant des fœtus formés. Ils sont plus petits et moins nombreux que ceux des Pœcilies.

Le canal intestinal est moins long; d'ailleurs il est de même formé d'un œsophage se portant d'abord vers le côté gauche , puis revenant vers le diaphragme toujours dans ce même hypocondre; quand il est sous la cloison, il se contourne un peu vers la droite, descend le long des parois musculaires abdominales, se recourbe en dessus, fait deux plis brusques, puis il se contourne pour embrasser dans son anse la masse de l'ovaire sur laquelle il passe pour se rendre à l'anus. Le foie est petit et sur les deux premiers replis de l'intestin. Il y a une vessie aérienne unique à parois argentés, mais minces comme une membrane hyaloide. Le péritoine est

CHAP. XXI. CYPRINODONS. '1^»

d'un noir très - profond en dedans et argenté contre les muscles du corps.

Le squelette ne diffère pas non plus d'une manière essentielle de celui des Pœcilies. Il y a treize vertèbres abdominales et quinze caudales. Les trois premières ont une apophyse épineuse comprimée en lame basse, qui rappelle ce que nous voyons dans la grande vertèbre des cyprins; mais en dessous je ne trouve rien de ce qui forme cette grande vertèbre , et la disposition de la vessie aérienne devait faire présumer qu'il en était ainsi.

La longueur de tous nos exemplaires est d'environ un pouce neuf lignes à deux pouces.

Cette description est faite sur des individus très-bien conserves, et donnés au Cabinet du Roi par M. le chevalier de la Marmora, géologue piémontais, si connu par ses travaux sur la Sardaigne. Il les avait pris au cap Cagliari ; nous en avions reçu d'autres auparavant, donnés à M. Cuvier par M. Bonelli.

Mais l'espèce habite encore différentes parties de l'Italie : ainsi, M. Costa l'a trouvée dans le royaume de Naples , et dans les lacs ou petits ruisseaux qui communiquent avec la mer. Ce naturaliste ' en a publié une description sous le nom qui lui avait déjà été imposé par Bonelli. Il l'a accompagnée d'une excellente

Page 1