‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 64 sur 149 · Atl., Reise in Nord-Afrika , pi. 18, fig · texte numérisé non relu

Atl., Reise in Nord-Afrika , pi. 18, fig

2. Apud Jos. Russegger , Ktise in Europa , Asia und Afrika , p. 99 (1839), lab. VI, fig. 4.

^72 LIVRE XVni. CYPRINOÏDES.

à-fait; la caudale est coupée carrément. M. Heckel ne compte que trois rayons à la membrane branchiostège ; mais je crois ce nombre erroné. Voici ceux des rayons des nageoires.

Le nombre des écailles, le long de la ligne latérale, est de vingt-sept.

Ce petit poisson a le dos brun et le ventre blanc à reflets jaunâtres. Le mâle a les nageoires noires avec des points blancs; elles sont pâles chez les femelles.

Ce poisson est venu de Mossul au Musée de Vienne , sans dénomination particulière. Il est figuré dans le Mémoire de M. Heckel,

pi.vi,fig. 4.

Le même auteur indique en note, sous le nom de lebias cjpris, un autre cyprinodon qui aurait le dos plus élevé au milieu du corps et la tête plus pointue. Les nombres des rayons et des écailles sont peu différens,

D. 11 ou 12; A. 10; C. 26; P. 14; V. 5.

et on compte vingt écailles le long de la ligne latérale. Ce poisson n'est pas suffisamment décrit et me paraît peu différent du cjprinodon mento.

CHAP. XXI. CYPRINODONS. 1 75

Le Cyprinodon varié.

(Cfprinodon variegatus , Lacép.)

On doit à M. de Lacépède la description de ce cyprinodon, tirée des notes manuscrites de M. Bosc.

J'ai fait mention de cette espèce , mais sous un autre nom, dans mon Mémoire sur les poissons d'eau douce de l'Amérique. Peu de temps après, M. Lesueur a donné une description et une figure de ce même poisson, en lui imposant une nouvelle dénomination. Il a ajouté depuis plusieurs renseignemens importans, et enfin le Cabinet du Roi en a reçu de nouveaux exemplaires en fort bon état. C'est avec ces matériaux et ceux que j'ai cités au commencement de ce paragraphe, que je vais donner l'histoire suivante de cette espèce. Commençons par sa description.

La forme du corps ressemble assez bien à celle de notre bouvière {cypr. amarus, Linn.). La courbure du ventre est plus soutenue que celle du dos. La plus grande hauteur du tronc fait deux fois et un tiers celle de la queue, et est contenue deux fois et deux tiers dans la longueur totale. L'épaisseur mesure la moitié de la hauteur. La longueur de la tête est à peu près le quart de celle du corps tout entier. L'œil est sur le haut de la joue,

174 LIVRE XVm. CYPPJNOÏDES.

au milieu de la longueur de la tête. Le cercle de l'orbite touche, mais n'entame pas la ligne du profil. Les quatre pièces operculaires sont grandes et couvertes d'écaillés assez fortes et lisses. Les deux mâchoires sont d'égale longueur; je leur compte vingt dents de cypi'inodon.

L'os de l'épaule fait une large et grande écaille derrière l'ouïe, La pectorale est large et arrondie; la ventrale est petite. L'anale est plus reculée que la dorsale; elle n'atteint pas le quart de la longueur de la queue. La caudale est peu étendue et coupée carrément.

Il y a vingt-huit rangées d'écaillés entre l'ouïe et la caudale, et quinze dans la plus grande hauteur. La ligne latérale est peu distincte. La couleur du corps est un vert rembruni par un sablé excessivement fm de points pigmentaires noirs, et formant des bandes verticales assez larges ou linéaires sur la queue. L'intervalle entre les bandes est argenté. La base de la caudale est brun pâle, et le bord vertical a un gros liséré noir foncé. La dorsale et les pectorales sont vertes assez foncées; les ventrales et l'anale sont plus pâles. Le dessous du corps est argenté.

Cependant M. Lesueur nous apprend dans ses notes, que le poisson frais a pour teinte générale une couleur plus ou moins orangée à reflets métalliques, et les bandes verticales d'un bleu grisâtre beaucoup plus pâles dans le mâle que sur les femelles. Les nageoires, plus développées dans le mâle, sont

CHAP. XXI. CYPRINODONS. 175

jaunes , et la caudale a une bande noire sur le bord et brune sur sa base. Les femelles, dont le corps est plus ventru, ont de treize à quatorze bandes, sur un fond quelquefois jaune soufre.

L'intestin est fort long ; il s'enroule neuf fois sur lui-même; son diamètre est assez fort, La vessie aérienne est grande. Je n'ai pas pu voir les organes génitaux ; mais Lesueur dit que les femelles sont vivipares. Le péritoine est noir.

Nos plus grands individus sont longs de deux pouces et quelque chose. Ils viennent du lac Pontchartrain , d'où ils ont été envoyés en i83o sous le nom àe petit casse burgo; nom qui leur est donné à cause de la ressemblance de leur corps avec celui du grand sargue des États-Unis {sargus owis^ nob.) que les habitans appellent casse burgo. La forme et la grandeur de ses dents incisives comparées aux dents du mouton, l'ont fait de même nommer sheep head. On donne aussi quelquefois le nom de gros ventre aux femelles. Il paraît qu'il y a plus d'individus de ce sexe que de mâles.

Ce cyprinodon vit en troupes et en société avec la pœcilie à plusieurs raies : on le prend presque toujours avec elle. Il aime les endroits où il y a peu d'eau, dont le fond est sablonneux et où croissent les racines des vieux cyprès, des touffes de joncs, de sagittaria,

176 LIVRE XVIII. CYPRINOÏDES.

afin de pouvoir s'y réfugier à la première alerte. C'est un des poissons les plus communs dans le lac Pontcliartrain.

M. Lesueur ne les y a observés qu'en i83o; mais plusieurs années auparavant ce naturaliste avait publié cette espèce sous le nom de lehias ellipsoidea dans le Journal de l'Académie des sciences de Philadelphie* d'après des exemplaires rapportés de l'est des Florides par MM. Machère, Ord, Say et T. Féale.

La figure noire jointe à sa description, est fort exacte pour le contour du corps, pour les détails de la dentition; mais je lui trouve la caudale trop courte, et il faut croire, que les exemplaires confiés à cet habile artiste n'étaient pas mieux conservés que les premiers dont je pouvais disposer; car M. Lesueur ne parle pas dans sa description, ni n'indique sur sa figure, soit la bande noire fort caractéristique du bord de la caudale , soit les bandes pâles, mais fort visibles, qui entourent le corps.

L'ouvrage de zoologie dans lequel je publiai ces descriptions, paraissant par livraisons à des intervalles assez éloignés, j'ai pu citer à la fin de mon travail les publications de M. Lesueur, quoique le mien soit antérieur de quatre ans,

1. Journ. of the acad. of nat. scienc. of Philad. , t. II, p. 2, pi. II, fig. 1 et 2 , cah. de Janvier 1821.

CHAP. XXI. CYPRINODONS. 177

puisqu'il date de 1817. Les exemplaires conservés alors dans le Cabinet du Roi étaient entièrement décolorés, de sorte que la figure' de mon mémoire n'a d'exact que le trait.

Le nom de sheep head, que ce poisson porte sur le marché de New -York, a déterminé le docteur Mitchill à donner à notre cyprinodon , placé dans le genre Esox, l'épithète diO^inus; il a induit les naturalistes en erreur sur le nombre des rayons de la membrane brancbiostège, en les portant à six, et aussi en négligeant de décrire les dents. Malgré cela , en comparant la figure de ce naturaliste avec le dessin de M. Bosc, on ne peut conserver de doutes sur l'identité de ces deux espèces nominales.

M. Dekay a bien reconnu à Nev^-York cet esox ovinuSy et il en a fait son lehias Oi^inus^, soupçonnant que mon lebias rhomhoidalis pouvait en être rapproché mais il n'a pas cru que le lehias ellipsoidea de Lesueur fût synonyme.

Tous ces noms doivent d'ailleurs être eft'acés de nos catalogues ichthyologiques , qui ne

1. Val. apud Hamb., Rec. d'observ. d'anat. et de zool. comp., t. II, pi. LI, fig. 3.

Page 1