T. 11. Un. 6. chap. 18, p. 224, cdit. in-4.° Paris, Mas
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« Depuis notre départ de San - Fernando nous n'avons pas rencontré un canot sur cette belle rivière. Tout annonce la plus profonde solitude. Nos Indiens avaient pris dans la matinée, à l'hameçon, le poisson qu'on nomme dans le pays Caribe ou Caribito, parce qu'aucun autre poisson n'est plus avide de sang. Il attaque les baigneurs et les nageurs, auxquels il emporte souvent des morceaux de chair considérables. Lorsqu'on n'est que légèrement blessé, on a de la peine à sortir de l'eau avant de recevoir les blessures les plus graves. Les Indiens craignent prodigieusement les poissons Caribes , et plusieurs d'entre eux nous ont montré au mollet et à la cuisse des plaies cicatrisées, mais très-profondes, faites par ces petits animaux, que les May pures appellent Umati. Ils vivent au fond des rivières; mais dès que quelques gouttes de sang ont été répandues dans l'eau, ils arrivent par milliers à la surface. Lorsqu'on réfléchit sur le nombre de ces poissons, dont les plus voraces et les plus cruels n'ont que quatre à cinq pouces de long, sur la forme triangulaire de leurs dents tranchantes et pointues et sur l'ampleur de leur bouche, on ne doit pas être surpris de la crainte que le Caribe inspire aux habitants des rives de l'Apure et de l'Orénoque.
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Dans les endroits où la rivière était très-limpide, et où aucun poisson ne se montrait, nous avons jeté dans l'eau de petits morceaux de chair couverts de sang; en peu de minutes une nuée de Caribes est venue se disputer la proie. Cette expérience est une preuve nouvelle de la finesse et de la puissance de l'odorat chez les poissons. *
La voracité des Pyraïas avait déjà été signalée à Linné; car, en introduisant le Salmo rhombeus dans la douzième édition du Sjstema naturœ, il dit qu'il coupe les pieds des Palmipèdes.
On ne peut avoir de doute sur le Salmo rhombeus de Linné, parce qu'il lui a donné cette épithète , à cause de sa ressemblance avec son Chœtodon rhombeus.
Adoptant l'excellent travail de M. Muller sur ce groupe, je réserverai le nom de Serrasalme aux espèces qui portent des dents palatines. Dans la monographie que je cite, l'auteur n'a admis que deux espèces, le S. rhombeus de Lacépède et le S. aureus de Spix.
L'espèce du S. marginatus que j'ai établie dans le travail que je me proposais de faire sur les poissons rapportés par M. d'Orbigny, et qu'il n'a pas dépendu de moi de publier, doit être conservée. Je l'ai de nouveau comparée
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aux poissons de Surinam; il n'y a pas de doute qu'elle ne soit différente; enfin, j'ajouterai, d'après M. de Humboldt , le Serrasalme de l'Orénoque.
Je ne puis malheureusement parler qu'avec beaucoup de doute des poissons indiqués par M. Schomburgk comme appartenant au genre Serrasalme. Il me paraît cependant que son S. pirahna l est un Pygopristis; je crois plus volontiers que le & punctatus* est un vrai Serrasalme, et. les taches que je trouve sur cette espèce me ferait pencher à la rapprocher de notre S. rhombeus , si le trait n'en était tout à fait différent. Il m'est plus difficile de parler du S. stagnalis, undulatus et scotopterus, dont il n'a pas donné de figure. Quant au S. emarginatus, je ne serais pas étonné qu'il ne fût une nouvelle espèce de Catoprion. Comme les observations faites sur les habitudes de ces poissons rentrent dans tout ce que les autres voyageurs ont rapporté sur sa voracité , je ne citerai pas de nouveau ce qu'il a pu y ajouter de curieux. Je renverrai à son ouvrage ; seulement les travaux de M. Schomburgk prouvent, que l'ichthyologiste qui explorera ces grands fleuves de l'Amérique