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4. Voy. dans- les provinces de Rio de Janeiro et de Min. Ger. , vol.. 2, p. 392.
294 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
redoutable, le poisson qu'on appelle Piranha (poisson-diable, Miletes jjiacropomus1 ,C\ivïeï et Spix). Ce beau poisson atteint à peine deux pieds de longueur; mais il va par bandes, et a les mâchoires armées de dents triangulaires et tranchantes. Lorsqu'un animal ou un homme tombe dans leau, il est ordinairement attaqué, dans l'instant même, par les Piranhas. Leur morsure est tellement prompte et si vive, qu'on la sent aussi peu que la coupure d'un rasoir; c'est du moins ce que m'a assuré le respectable propriétaire de Capâo qui, étant tombé dans un marais, avait été mordu par des poissons - diables en deux endroits différents. Les Piranhas habitent en très -grand nombre, non -seulement le San - Francisco , mais encore les lacs fangeux (lugoas), qui sont si nombreux sur ses bords et où l'eau séjourne toute l'année. La chair de ces poissons est ferme et d'un goût très-délicat; leurs arêtes n'ont point cette ténuité qui rend tant d'autres espèces désagréables à manger. On prend les Piranhas avec le filet ou des lignes dormantes, auxquelles on met pour appât un morceau de viande. Ces poissons ont une telle voracité qu'ils se laissent prendre par la chair
1. Notre cclèbn confrère acceplail celte fausse dénomination . d'après Spix.
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d'autres individus de leur espèce, et l'on assure même qu'ils se mangent entre eux. *
M. de Saint-Hilaire, dans une note qu'il m'a communiquée, dit : «Le Piranha ne se trouve pas seulement à l'orient de la grande chaîne, que j'ai appelée Serra cla San- Francisco e da Paranahyba; il vit aussi dans le ParanahyÎDa qui coule à l'occident, et dont les eaux arrivent, en définitive, à la Plata. D'après M. Spix, j'avais rapporté le dangereux poisson, appelé Piranha , au Mjletes macropomus Cuvîer ; mais il est évident que cette détermination n'est pas exacte , et que le Piranha est le Serrasalnie piraya Cuvier, puisque ce savant a fait sa description du S. piraja d'après un individu que j'ai moi-même envoyé du Brésil. *
Le Pygocentre noirâtre.
(Pygocentrus nigricans , Muller.)
M. Spix l a figuré sous le nom de Serrasahnus nigricans, une espèce qui se distingue de la précédente
par un museau beaucoup plus pointu, concave audessus des yeux, et qui ressemble beaucoup, par les formes générales, au Caribe de M. de Humboldi