Édit. de Schneider, liv. XII, ch. 25, p. 392 et p
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l'adipeuse d'une autre espèce dont il donne, pour le reste, une figure assez reconnaissante, et il établit sur elle le genre Synodus ; d'où il faut conclure, que la première pensée du genre Synodus, que Blocli et Lacépède ont composé d'une réunion d'espèces tout à fait disparates, a été celle du genre Saurus de M. Cuvier. Quant aux espèces qui entrent dans le genre Saurus y nous verrons l'espèce de la Méditerranée mal déterminée. Nous prouverons que le Salmo fœtens de Linné n'est pas le même que \e Salmo fœtens àeVAoch. M.de Lacépède nous donnera de nouveaux exemples de la facilité avec laquelle il faisait des doubles emplois; car il avait dans les collections nationales les moyens de reconnaître YEsox synodus de Linné dont il fait son. 'Synode fascié , et qu'il reproduit ensuite parmi les Osmères d'après des documents de Commerson. Il donne parmi ses Corégones, et d'après une figure mal coloriée, le Salmo fœtens de Linné sous le nom de Corégone rouge ; ce qui ne l'empêche pas de l'inscrire de nouveau dans la liste des Osmères. Quant au Salmo fœtens de Bloch, il reparaît une seconde fois d'après une figure de Plumier. J'espère avoir débrouillé toutes ces confusions et avoir rendu à chaque espèce sa véritable synonymie , ainsi qu'on va le voir dans les descriptions suivantes :
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Du Saurus ordinaire.
(Saurus lacerta , Risso.)
Nous commençons la description des espèces de ce genre par celle qui vit dans la Méditerranée et qui a été figurée par Salviani l d'une manière très-reconnaissable. Cette figure est une des meilleures de cet ouvrage, quoique l'auteur ait oublié la nageoire adipeuse de cette espèce. C'est, on peut le dire, la seule bonne figure donnée jusqu'à présent d'un poisson qui, sans être commun, n'est cependant pas très-rare; car on va voir que les autres citations indiquées dans tous les auteurs à la suite du Salmo saurus, appartiennent à des espèces différentes ; mais avant d'entrer dans cette discussion, je vais faire la description du poisson de Salviani, en désignant l'espèce sous le nom que M. Risso a inscrit dans la seconde édition de son Ichthyologie de Nice.
Ce poisson a le corps allongé et arrondi. La plus grande hauteur du corps est sept fois dans la longueur totale , et l'épaisseur du tronc mesure à peu près les deux tiers de la hauteur. La tête est allongée; elle est comprise cinq fois dans la longueur totale. Les deux mâchoires sont égales; cependant, quand
1 Saurus Salviani, de aquat., fol. 142, pi. 99.
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la gueule est ouverte, la mâchoire inférieure paraît dépasser la supérieure. Le dessus du crâne est un peu concave. Autour de l'orbite et derrière les yeux les os sont plus ou moins profondément ciselés. Les yeux sont petits, avancés et placés tout à fait sur le haut de la joue, tellement que le cercle de l'orbite entame sur le plan supérieur du crâne. L'ouverture de l'orbite semble tétragonale. Le plus grand diamètre est environ le septième de la longueur de la tête, et l'œil est éloigné du bout du museau d'une fois et deux tiers ce diamètre. L'intervalle qui sépare les deux yeux est égal à ce diamètre. Le sous-orbitaire est très-étroit au-dessus du maxillaire; il n'avance pas vers l'extrémité du museau au delà de la narine. Cette première pièce est suivie d'une seconde, triangulaire, étalée sur la joue, et qui paraît surtout se prolonger par les écailles oblongues qui couvrent toute la joue. Je ne vois d'ailleurs que deux osselets sous-orbitaires. Au-dessus et en avant de l'œil il y a un large sourcilier triangulaire, convexe, rugueux, un peu dentelé; il contribue à l'élévation de l'arcade sourciliaire et à rendre, par conséquent, plus creuse la gouttière frontale. Les deux ouvertures de la narine sont petites, rapprochées l'une de l'autre et placées au-devant de ce sourcilier. La gueule est extrêmement fendue. L'angle de la mâchoire atteint un peu au delà de la moitié de la longueur de la tète ; elle dépasse donc considérablement l'orbite. C'est là ce qui fait que le préopercule est rejeté fort loin sur la joue. Son bord est arqué; c'est à peine si l'on peut reconnaître une portion horizontale. Les trois autres pièces
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de l'appareil operculaire sont cachées sous des écailles oblongues, de sorte qu'on ne peut les voir sans la dissection; elles sont remarquables. L'opercule est une petite plaque triangulaire, placée tout à fait sur le haut de la fente de l'ouïe. Il se termine inférieurement par un angle arrondi. Tout le bord postérieur est régulièrement arqué. Au-dessous, nous voyons le sous -opercule former une plaque plus grande que l'opercule, et embrasser l'ogive de cet os, de manière à remonter le long du bord arqué du préopercule. L'angle aigu, qui le termine, est beaucoup plus haut que le bord antérieur de l'opercule. C'est au-dessous et au-devant de ce sousopercule qu'on trouve une petite plaque triangulaire, touchant à la fois à la mâchoire inférieure et au bas du préopercule ; c'est le quatrième os de l'appareil operculaire ou l'interopercule. Toutes ces pièces sont munies d'un bord membraneux large, et prolongé tout le long de la crête des os de la mâchoire inférieure. J'ai déjà signalé la grandeur de la fente de la bouche. L'arcade supérieure est entièrement bordée parles intermaxillaires, qui s'étendent depuis l'extrémité du museau jusqu'à l'angle de la mâchoire. Ils sont épais, robustes, et recouverts d'une peau simulant une lèvre mince, appliquée sur eux et cachant dans son épaisseur le maxillaire, os qu'on ne peut voir que par la dissection. Il est si mince qu'on l'enlève facilement avec la peau lorsqu'on veut préparer le squelette de ces poissons; mais on retrouve cependant sur l'intermaxillaire la petite rainure dans laquelle était logée cette pièce.
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La mâchoire inférieure a des branches fort larges, sur lesquelles il est facile de voir les quatre os qui entrent dans leur composition. Deux petites fossettes sont creusées dans l'intérieur de la bouche, derrière l'extrémité des intermaxillaires, et près du voile du palais. Cette gueule, si large, est armée de dents en grosse herse, pointues, coniques. Les deux mâchoires en portent plusieurs rangs, et elles offrent cette singulière disposition que les dents internes sont les plus grandes, et que celles du rang externe sont les plus petites. Il y a ensuite une seconde bande de dents semblables , implantées sur les palatins ; mais il n'y en a aucune sur le vomer ni sur les ptérygoïdiens. La langue, les os du corps de l'hyoïde et les pharyngiens supérieurs et inférieurs en sont aussi hérissés, mais les dents y deviennent plus petites. Les ouïes sont très-largement fendues. La membrane branchiostège est très-lâche, très-grande ; il est facile d'y compter les treize rayons qui la soutiennent de chaque côté; les derniers remontent jusqu'au haut de l'opercule, tout à fait sous le bord membraneux de l'os; ce qui montre bien que la membrane branchiostège est un organe distinct de ce bord membraneux, quoique dans beaucoup de poissons elle semble se confondre avec lui. Nous retrouvons ici un nouvel exemple du prolongement de la membrane de l'isthme formant sous la gorge une sorte de sac qui embrasse la base de l'hyoïde. Toute cette membrane, si grande et si lâche, se cache entièrement entre les branches de la mâchoire et sous les deux appareils operculaires, de telle façon que,
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quand la gueule est fermée, les deux branches de la mâchoire sont rapprochées l'une de l'autre, et se touchent dans toute leur étendue. La dorsale est placée srr le devant du corps, très -peu en arrière du tiers de la longueur totale; elle est cependant beaucoup moins avancée que les ventrales. La nageoire du dos n'a pas tout à fait autant de longueur que le tronc a de hauteur, mesuré sous elle; ses premiers rayons sont un peu moins hauts qu'elle n'est longue; les derniers ont moitié de la hauteur des premiers. La nageoire adipeuse est remarquablement petite, couchée sur le tronçon de la queue, qui est méplat. L'anus est aux deux tiers postérieurs du corps. L'anale qui le suit est courte, et ses rayons, quoique grêles, ne sont pas très-hauts. La caudale est fourchue, et elle a sur chaque lobe un appendice écailleux , prolongé en une petite palette. La ceinture numérale est assez large; on ne peut en bien connaître la disposition qu'en l'étudiant sur le squelette. Les pectorales sont courtes et tronquées ; les ventrales sont assez larges et remarquables , parce qu'elles ont les premiers rayons courts et le dernier presque triple du premier ; ce qui est le contraire de ce que l'on observe dans la plupart des autres poissons.
Les écailles sont grandes et fortes ; il y en a soixantecinq rangées le long de la ligne latérale; celle-ci est droite et marquée par des petites tubulures aplaties, formant une sorte de petit écusson sur l'écaillé,
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traversée par le tube. La couleur est un gris verdâtre plus ou moins argenté.
INous avons reçu ce poisson de Toulon, par M. Banon et par M. Reynaud; de Corse, par M. Peyraudeau; d'Iviça, par M. Delaroche; de Naples, par M. Savigny; de Messine, par M. Bibron, et d'Athènes, par M. Donnando.
Le plus grand de tous ces individus est long de quatorze pouces. Je vois cette espèce se porter jusqu'aux Canaries, car je la trouve dans les collections de MM. Webb et Berthelot sous le nom de Lagarto de tierra. L'espèce existe aussi sur nos côtes de l'Algérie. M. Guichenot en a rapporté de bons exemplaires péchés sur ces côtes.
Après Salviani , qui a bien fait connaître le Tarentola des Romains, nous trouvons dans Willughby \ une assez bonne description du Saurus. C'est sur ces matériaux qu'Artedi a établi sa seconde espèce d'Osmerus, caractérisée d'une manière assez vague par les onze rayons de l'anale. Après avoir rapporté, avec quelque doute , les synonymies grecques que lui indiquait l'historien des poissons de Rome, Artedi ajoute aussi, mais avec doute, le La-