Schomb., Fish. of Guyan. , part. 1, p. 218, pi
CHAP. XIV. HÉMIODONTES. \ 23
légère faite sur l'inspection du dessin; car, je tiens de M.Schomburgk que cette publication n'a pas été faite d'après ses objets eux-mêmes, mais seulement d'après ses dessins et ses notes, et on voit que l'auteur anglais n'ajoutait pas une grande importance au caractère de la dentition , puisqu'il place , à la vérité avec un point de doute, une espèce à laquelle il attribue des dents à chaque mâchoire dans un genre dont la diagnose transcrite par lui-même porte l'expression de dentés nulli. Je suis d'autant plus certain de ma détermination, que le célèbre voyageur à la Guyane m'a permis de calquer ses dessins originaux, et il est facile de voir qu'il n'a point indiqué de dents à la mâchoire inférieure. Les couleurs sont un olive pâle, devenant jaunâtre sur l'opercule; le dos est d'un gris bleuâtre avec quelques marbrures pâles; la dorsale est verdâtre, et les autres nageoires ont quelques teintes jaunes ; les barres de la caudale sont d'un vert bleuâtre trèsfoncé. M. Schomburgk s'est procuré ce poisson en passant sur un fond de sable du Rio Négro. Il observe qu'il ne mord pas à l'hameçon.
Z/HÉMIODONTE A UNE TACHE.
{Hemiodus unimaculalus , Mull.)
Ce n'est qu'avec beaucoup de doute que je présente, comme une espèce distincte de la précédente, le poisson décrit et figuré par Bloch sous le nom de Salmo unimaculatus. Il ressemble, en effet, sous presque tous les rapports à l'espèce que je viens de faire connaître ;
mais il n'y a aucune trace de tache sur la caudale. Cette nageoire a ses lobes beaucoup plus longs et plus pointus ; la dorsale et l'anale sont proportionnellement plus hautes 5 les pectorales plus longues et les ventrales plus petites. Enfin toutes les écailles sont d'égale grandeur au-dessus comme au-dessous de la ligne latérale. Il me semble que ce caractère est si frappant qu'il n'aurait pas échappé à Bloch ni à son dessinateur, pour peu qu'ils aient considéré le poisson avec la moindre attention.
Je me serais volontiers rangé à l'opinion de considérer le poisson de Bloch comme de la même espèce que le précédent, si M. Muller ne me paraissait pas avoir décrit d'après nature X Hemiodus , qu'il rapporte sans hésiter au Salmo unimaculatus de Bloch. Or, M. Muller ne parle que de la couleur argentée du poisson et de la tache noire marquée sur le milieu
CHAP. XIV. HÉMIODONTES. \ 25
des côtés. J'ai peine à croire que deux observateurs aussi exacts que MM. Muller et Troschel, aient négligé de citer les bandelettes de la caudale. D'un autre coté, je ne puis admettre qu'elles se détruisent par l'action de l'alcool, puisque je les trouve encore aussi visibles que la tache sur l'exemplaire conservé dans l'alcool, et rapporté de Surinam par Levaillant en 1788. Ces raisons me font croire que ÏHemiodus unimaculatus de MM. Muller et Troschel est un poisson d'une espèce particulière et déjà connue de Bloch.
Le poisson de M. Muller a les mêmes nombres que le nôtre.
Bloch avait reçu ses exemplaires de Surinam.
126 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.