‹ Histoire naturelle des poissonsChapitre 66 sur 158 · Cuv., Mém. du Mus., t. IV, p · texte numérisé non relu

Cuv., Mém. du Mus., t. IV, p

I 3G LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Le Tétragonoptère aux pieds roux.

(Tetragonopterus rufipes , nob.)

Ce Tétragonoptère est une espèce trèsvoisine des précédentes; cependant elle s'en distingue un peu par les formes et surtout par les couleurs.

La crête interpariétale s'élève encore assez haut pour rendre la nuque concave; mais les trois exemplaires que j'ai sous les yeux me prouvent que cette concavité est moins profonde que chez les espèces précédentes, parce qu'au-dessus de l'œil le front est un peu convexe. A partir de la crête interpariétale jusqu'à la dorsale, la courbe du profil du dos s'élève obliquement; mais elle est peu convexe. Enfin, la saillie inférieure du profil près de l'anus est un peu plus reculée par rapport à la position de la dorsale. L'œil est aussi plus grand. Les nombres des rayons des nageoires et des écailles sont semblables.

M. d'Orbigny, qui a vu le poisson frais, l'a dessiné olivâtre, rembruni sur le dos et sur la tête. Les opercules sont argentés. La dorsale, à base jaunâtre, a toute sa seconde moitié rembrunie, et sur un de mes exemplaires je vois que les extrémités de la caudale sont aussi plus foncées; les pectorales et l'adipeuse tiennent de la couleur générale du corps ; les ventrales et l'anale sont vivement colorées en orangé.

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Ce poisson a été pris sur le marché de Buénos-Ayres. Nos exemplaires sont longs de cinq pouces.

Le Tétragonoptère de Schomburgk.

( Tetragonopterus Schomburgkii 3 nob.)

Parmi ces espèces à nuque concave , j'en trouve une dans les collections de M. Schomburgk qui se distingue de toutes les précédentes

par la grandeur de l'orbite; car le diamètre n'est qu'une fois et deux tiers dans la longueur de la tête. La hauteur, sous la dorsale, est égale à la moitié de la longueur du corps , en n'y comprenant pas la caudale. Les dents de la mâchoire inférieure sont assez fortes.

La couleur est un olivâtre clair sur le dos, devenant irisé de bleu et de rose sur les flancs. Une large tache noire est sur l'épaule; une autre à la base de la queue, et enfin, je vois que le bout du museau et l'angle sont fort rembrunis. La caudale a une bande verticale effacée ; la dorsale est pâle.

Tel est le poisson pris par M. Schomburgk dans l'Esséquibo, et dont il m'a communiqué le dessin. Ce voyageur a donné aux collections du Muséum un exemplaire de cette espèce; mais l'individu a été blessé, de sorte qu'il n'est pas possible de décrire avec détail

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et d'après nature le contour depuis la nuque jusqu'à la dorsale. Ce que je vois du profil du ventre et de la portion postérieure du corps, me prouve qu'il est différent des espèces voisines , et d'ailleurs sur cet exemplaire il est facile de saisir le caractère de la grandeur de l'orbite. Le poisson est long de six pouces.

Le Tétragonoptère orbiculaire.

(Tetragonopterus orbicularis , nob.)

Je désigne sous ce nom une espèce, qui se distingue des précédentes

par un corps plus arrondi. La hauteur n'est qu'une fois et demie dans la longueur totale. La nuque est un peu moins concave. La dorsale est moins pointue de l'avant. La tête est proportionnellement plus courte ; car elle n'est que le cinquième de la longueur totale. L'œil est contenu deux fois et demie dans cette tète. Le troisième sous-orbitaire a son angle inférieur plus fermé, et le limbe du préopercule, sous lui, est aussi plus anguleux. La caudale est plus fourchue, et ses lobes un peu plus aigus.

B. 4; D. 11; A. 34: C. 21; P. 11; V. 7. La dorsale est moins haute ; l'anale est plus courte. Le nombre des écailles sur les flancs est de trentecinq.

Je possède un exemplaire de cette espèce, rapporté de l'Esséquiho par M. Schombuigk.

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Il a près de quatre pouces de long; sa couleur était olivâtre; une bandelette longitudinale et argentée a laissé des traces sur la queue ; on voit sur les flancs et sous la dorsale une tache noirâtre presque effacée ; il n'y a pas de tache noire à la base de la caudale; mais les rayons mitoyens me paraissent plus foncés dans l'angle de la fourche.

J'ai trois autres individus, rapportés de l'Amazone par M. de Castelnau. Ceux-là n'ont guère que deux pouces et demi ; ils ont conservé le brillant argenté du corps. Le long de la colonne vertébrale, une bandelette argentée, paraissant bleue par reflet, semble limiter la couleur roussâtre ou verdâtre du dos. J'aperçois sur un de ces exemplaires un reste de tache noirâtre, un peu plus avancée que dans celui de M. Schomburgk. Je ne doute pas cependant que tous ces individus n'appartiennent qu'à une seule et même espèce.

Le Tétragonoptère brème.

(Tetragonopteras abramis , Jen.)

M. Jenyns a donné, sous le nom que nous lui conservons, la description et la figure d'une espèce très-voisine de celle-ci.

Elle a cependant la nuque moins concave; le profil.

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en généra], plus régulier et plus semblable à celui du ventre; la couleur d'un argenté bleuâtre, avec une bandelette brillante sur chaque coté. Il y a une tache noire sur l'épaule et une bande de même couleur sur le milieu de la caudale ■ celle-ci paraît s'être effacée dans l'alcool ; mais la tache de l'épaule est restée visible.

M. Jenyns a fait suivre la description trèsdétaillée de son espèce de quelques observations sur ses affinités. En indiquant le Tetragonopterus chalceus de Spix, il remarque que son T. abramis a les écailles beaucoup plus petites.

Ce poisson a été pris en octobre par M. Darwin dans le Rio Parana.

Le Tétragonoptère chalcée.

(Tetragonopterus chalceus, Agassiz1.)

Est une espèce

à nuque très - concave , creusée d'un sillon longitudinal, qui avance jusqu'entre les yeux. Au delà de la nuque, le profil du dos est un peu moins élevé que celui des espèces précédentes. Les nombres, d'après M. Agassiz, sont :

Tout le corps est couvert de grandes écailles

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