‹ Histoire naturelle des poissonsChapitre 77 sur 158 · Pallas, Spec. zool , fasc. , 8, p. 50, lab · texte numérisé non relu

Pallas, Spec. zool , fasc. , 8, p. 50, lab

1 68 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

tuellement par M. de Lacépède. M. Cuvier, dans la première édition du Règne animal , ne me paraît pas avoir encore une idée bien nette de ce genre, qu'il prend dans Bloch et dans Lacépède. Il donne des dents coniques à la mâchoire supérieure , et des tranchantes et dentelées à l'inférieure. Il place mieux ce genre dans la seconde édition, en le rapprochant de ses Characins, mais il ne le caractérise pas plus exactement. C'est M. Muller qui a établi avec une grande précision la diagnose de ce genre. Il a très -bien vu que les dents de l'intermaxillaire et de la mâchoire inférieure ont une couronne tricuspide, que la pointe du milieu est plus longue que celle des côtés, qu'elles sont sur deux rangs ; car c'est évidemment par un lapsus calami qu'il les indique unisèriales , attendu qu'il ajoute que les dents du maxillaire sont coniques et sur un seul rang. On conçoit qu'ainsi caractérisées, les Serpes constituent un genre parfaitement distinct dans ce groupe des Characins. Ces petits poissons sont remarquables par la brièveté de leur intestin. J'ai vu, comme M. Muller, qu'il ne fait qu'un seul angle sigmoïdal, et j'ai trouvé sept cœcums autour du pylore. Nous ne connaissons encore qu'une seule espèce de ce genre, originaire de Surinam.

CHAP. XVIII. GASTEROPELECUS. 169

La Serpe.

(Gasteropelecus sternicla, Pallas).

Ce petit poisson

a le corps excessivement étroit et très-haut à l'aplomb des pectorales. Il rappelle, par la forme comprimée et tranchante de son ventre, celle des Prisligastres , dans la famille des Clupées ; mais ici le tranchant du ventre n'a aucune dentelure. La plus grande hauteur des flancs est moitié, ou à peu de chose près, de la longueur totale. J'ai, en effet, un de ces petits poissons, dont la hauteur, portée deux fois sur le corps, n'atteint qu'à la base de la caudale, et j'en ai un autre où elle atteint presque à l'extrémité de la nageoire. Dans l'un et l'autre, l'épaisseur n'est guère que du cinquième de la hauteur. La tête est très-petite, et surtout très-peu élevée ; car sa hauteur, mesurée par le travers de l'œil, ne fait guère que moitié de sa longueur, laquelle est comprise quatre fois et quelque chose dans la longueur totale. L'œil est assez grand. Le premier sous - orbitaire est étroit, le second et le troisième sont plus larges, et couvrent tout le préopercule. L'opercule est triangulaire. Son bord inférieur est très -oblique; son sous-opercule est étroit; on ne voit pas, au dehors, l'interopercule. La fente des ouïes est longue, trèsoblique d'arrière en avant, et de haut en bas, parce que la ceinture numérale se porte entre les deux branches de la mâchoire inférieure plus en avant que l'œil. La bouche est assez largement fendue pour un

\ 70 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

si petit poisson. Les dents sont assez grosses ; il y en a deux rangs sur les intermaxillaires ; un seul sur les maxillaires et sur la mâchoire inférieure. Les premières ont la couronne tricuspide, l'épine du milieu étant plus longue que les deux latérales. Les dents du second rang de l'intermaxillaire sont semblables aux précédentes ; elles sont seulement un peu plus petites; celles de la mâchoire inférieure ont encore la même forme, seulement les mitoyennes sont plus grandes. Les dents du maxillaire sont coniques, très-pointues ; les deux premières, après l'articulation, sont plus grosses que les deux ou trois suivantes. J'ai trouvé sur les deux exemplaires que j'ai à ma disposition cette double rangée de dents à l'intermaxillaire. Il ne me paraît pas, d'ailleurs, possible de croire que j'ai sous les yeux un poisson d'espèce et peut-être même de genre différents de celui de Bloch. Les pharyngiennes sont serrées, fines et en velours; vues à un fort grossissement, il est facile de s'assurer qu'elles sont coniques et pointues. La dorsale est reculée sur le dos, car son premier rayon correspond à peu près aux deux tiers de la longueur du corps, en n'y comprenant pas la caudale. L'adipeuse est très-petite et tombe facilement; cependant, elle existe sur nos individus comme sur ceux de Bloch. L'anale est longue; elle commence au-devant de l'aplomb de la dorsale ; ses derniers rayons touchent au lobe de la caudale; celle-ci est fourchue. La pectorale est très -longue, insérée au tiers supérieur de la hauteur; ses rayons sont arqués. La nageoire atteint l'extrémité de la

CHÀP. XVIII. GASTEROPELECUS. M\

dorsale. Les ventrales sont excessivement petites, insérées très -peu en avant de l'anale.

B. 4; D. 9; A. 33; C. 21$ P. 11} V. 6. Les écailles, au nombre de trente, entre l'ouïe et la caudale, sont assez fermes ; elles ont de nombreuses stries d'accroissement et quelques rares rayons divergents sur leur surface. La couleur est verdâtre sur le dos, argentée au-dessous de la ligne latérale. Une petite bandelette bleuâtre, plus visible vers la queue que sur la région antérieure, suit le trajet de cette ligne.

Les collections du Muséum possèdent deux exemplaires de ce poisson, l'un provenant du cabinet du Stathouder, et l'autre acheté par moi à Amsterdam avec d'autres poissons que le marchand recevait de Surinam.

La longueur de nos exemplaires est de deux pouces.

M. Millier a observé sept appendices pyloriques, un très- court intestin ne faisant pas même de circonvolution. Il a trouvé, dans les exemplaires qu'il a disséqués, des insectes dans l'estomac.

\ 72 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Page 1