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que Gmelin reconnaît en même temps pour le Salmo niloticus d'Hasselquist, par conséquent on doit admettre que le Salmo cegyptius est une espèce bien établie. Elle a été désignée dans l'Encyclopédie méthodique sous le nom de Salmone nefasch, épithète adoptée par M. de Lacépède, quand il a inscrit ce poisson dans son genre des Characins. Cette dernière détermination a été suivie par M. Geoffroy Saint -Hilaire, qui a donné, dans l'ouvrage d'Egypte, une description fort détaillée de ce poisson. Il l'a accompagnée d'une magnifique figure peinte d'après le vivant sur les bords du Nil, par Redouté. Ce characin nefasch est sur la même planche que la Citharine.
M. Cuvier, n'ayant pas assez insisté sur la différence de dentition de ces deux poissons, les a réunis dans son genre des Citharines. C'est M. Muller qui a, dans sa Monographie de la famille des Characins, fondé le genre Distichodus. Il est, en effet, parfaitement caractérisé par un double rang de dents aux deux mâchoires. Elles sont petites, serrées, à couronne un peu comprimée et bifide. Le corps est allongé, comprimé, l'abdomen arrondi. La caudale et l'adipeuse sont couvertes de petites écailles semblables à celles du corps.
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II n'y a guère que le bord qui soit nu. Ces poissons ont un assez long estomac; la branche montante est allongée et très-charnue. Le pylore est pourvu de nombreux ccecums , allonges comme des petits intestins ; on en voit sur une assez longue étendue du duodénum et d'un seul côté. Le canal intestinal est d'ailleurs assez large et fait quatre circonvolutions. Ces Nefasch se nourrissent de plantes 5 on conçoit qu'ils peuvent très -bien les couper au moyen de la forme de leurs dents.
Nous ne connaissons dans ce genre qu'une seule espèce, qui a été parfaitement décrite par Hasselquist , dont Linné n'a pas parlé , que Forskal a assez nettement caractérisée , que M. Geoffroy a fait mieux connaître encore par la belle figure qu'il en a donnée : c'est le Nefasch des Arabes.
En voici la description. Pour éviter cependant toutes les confusions qui résultent de l'emploi des épithètes de niloticus ou dcegyptius données à ces différents Salmonoïdes, je suivrai l'exemple de Lacépède, et j'appellerai le poisson
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Le Nefasch.
(Distichodus nefasch, nob.)
Le Nefasch du Nil est un Salmonoïde
à corps allongé, à profil inférieur droit et oblique, depuis le bout du museau jusqu'au delà des pectorales, à peu près horizontal jusqu'à l'anale, et quia la queue assez grosse • car sa hauteur est deux fois et deux tiers dans celle du tronc. Le profil du dos monte par une ligne courbe, depuis le bout du museau jusqu'à la dorsale; la courbure se continue en s'abaissant un peu jusqu'à la fin de la nageoire du dos ; après quoi la ligne du profil s'abaisse insensiblement en faisant quelques ondulations jusqu'à la caudale. La hauteur est trois fois et quatre cinquièmes dans la longueur totale. La tête est petite et courte ; elle est cinq fois et deux tiers dans la longueur totale. Le museau est déprimé. L'intervalle entre les yeux est convexe et trois fois plus grand que le diamètre de l'œil. Le premier sous-orbitaire est tout à fait couché horizontalement au-devant de l'orbite, et recouvre le haut du maxillaire. Le second est une petite pièce attachée derrière le bord de la mâchoire; il fait, avec le précédent, une échancrure, qui est remplie par la portion visible de cet os. Le troisième sous-orbitaire est étroit et oblong. Les trois autres sont de très- petits osselets qui complètent le cercle de l'orbite. Aucun de ces os ne touche au bord du préopercule, et ne cuirasse, par conséquent, la joue. Le bord montant du préo-
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percuta descend tout droit- puis dans la direction de l'angle de la bouche; il donne un peu au-dessus une sorte de petit talon, qui vient élargir le bas du limbe arrondi. L'interopercule est petit, assez étroit. L'opercule est trapézoïdal et convexe; sa surface est striée; son angle postérieur est arrondi. Le sousopercule est étroit et lisse; le bord membraneux de l'opercule est large. La fente de l'ouïe est assez grande , quoique la membrane soit attachée sous l'isthme dans une assez grande partie de sa longueur. Il y a quatre rayons à la membrane branchiostège. La bouche est fendue horizontalement et un peu sous le museau. L'ouverture n'est pas très-grande, à cause du peu de mobilité des deux mâchoires. La supérieure est formée par les intermaxillaires , qui seuls portent des dents. Le maxillaire n'en a aucune; il est articulé et couché sur les angles de la bouche. La mâchoire inférieure a des dents semblables à celles de la su-* périeure; ses deux branches, courtes et écartées, reçoivent entre elles un isthme assez large et la plus grande partie de la membrane branchiostège. Les dents sont implantées sur deux rangs, et quoiqu'elles ne soient pas attachées uniquement à la lèvre, elles sont cependant encore assez mobiles; elles sont toutes semblables entre elles, serrées les unes contre les autres. Chaque dent est une espèce de lame comprimée, dont la couronne est assez profondément entaillée, de sorte qu'elle est échancrée ou même bifide. Il n'y en a point sur le vomer ni sur la langue. Les dents pharyngiennes sont en fins velours. Le bord de l'opercule et sa large membrane cachent
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presque toute la ceinture numérale. On n'aperçoit que la petite plaque osseuse de l'huméral, au-dessous de laquelle est articulée la pectorale. Le surscapulaire est long et grêle. Le scapulaire est petit, court et étroit. Il est beaucoup moins visible que l'os précédent; mais l'huméral et les deux autres pièces de l'avant-bras, le radial et le cubital, forment une assez grande ceinture osseuse, dont la force est encore augmentée par un gros styléal. La pectorale est courte; la ventrale est un peu plus large et un peu plus longue. Le premier rayon de la dorsale répond à cette nageoire. Elle est allongée et peu haute. L'anale est courte et un peu arrondie. Il en' est de même des deux lobes de la caudale, qui sont, de plus, recouverts d'écaillés, semblables à celles du corps, jusqu'à l'extrémité de leurs rayons. L'adipeuse est aussi entièrement écailleuse.
Les écailles du corps sont petites, tellement ciliées que la surface du poisson est une véritable râpe. Il est impossible de remonter la main de l'extrémité de la queue vers la tête. Ces aspérités, vues à la loupe ou au microscope, rendent le bord libre de chaque écaille hérissé de dentelures assez longues. Tout le reste est marqué de stries concentriques. C'est une véritable écaille de cténoïde par la portion libre, et de cycloïde dans tout le reste. La couleur est un vert uniforme, à reflets argentés. D'après la figure de Redouté, la caudale serait bordée de blanchâtre; d'après celle de M. RifFaut, la base de toutes ces nageoires serait un peu roussâtre.
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J'ai sous les yeux un nombre assez considérable d'individus de cette espèce ; car il n'y en a pas moins de dix -neuf de toute taille, depuis six pouces jusqu'à dix-neuf. Les plus anciens de la collection ont été rapportés du Nil par M. Geoffroy et par M. Olivier. M. Darnaud en a aussi de très-beaux, pris dans le Nil blanc, et enfin il y en a d'autres qui proviennent du Sénégal. Cette multiplicité d'individus me prouve que certains d'entre eux ont une forme plus trapue que la plupart des autres; mais comme je trouve ces variations aussi bien dans le Nil que dans le Sénégal, et que d'ailleurs les exemplaires n'offrent aucune différence spécifique notable, je me crois suffisamment autorisé à dire que le Nefasch est un poisson commun à ces deux grands fleuves de l'Afrique équatoriale ou septentrionale.
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