‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 101 sur 216 · Trraxis soyzium, Müll., Henle, Plag., p. 63, pl · texte numérisé non relu

Trraxis soyzium, Müll., Henle, Plag., p. 63, pl

CARACTÈRES. — Museau mousse et arrondi; narines moins rapprochées de son extrémité que de la bouche; dents petites et nombreuses, à pointe médiane un peu dirigée en dehors; 1: dorsale un peu plus rapprochée des ventrales que des pecto-

(1) Zxvlo, Scylliens, oûouc, ovroc, dent. Voy. p.310 et 339. (2) Tout, trois, x, pointe, à cause de la forme tricuspide des dents.

398 PLAGIOSIOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

rales ; 2° dorsale presque égale à la °°, et dont la base.se termine au-dessus du milieu de celle de l’anale; celle-ci plus petite et éloignée des ventrales par un espace double de célui qui la sépare de la caudale; pectorales courtes, triangulaires, à angles arrondis; sur le dos, jusqu'à la 2° dorsale, une trace de carène. |

Teinte générale d’un orangé foncé, avec des taches d’un brun noirâtre sur le dos, et quelques-unes sur les flancs et sur la tête qui, en outre, porte des maculatures rondes, d’une couleur claire; une bande plus foncée sur les côtés.

Habitat. — Mer du Japon. Au Musée de Leyde, un individu long de 0.90 environ, type unique de l'espèce qui est inconnue au Musée de Paris.

2. TRIAKIS SEMIFASCIATUM, Girard, Proceed. Acad. nat. sc. Philad., 1854, t. VIL p. 196.

1d., Gir., Reports of explorations and surveys from Mississipi to the pacific Ocean, Loology, 1859, t. X, Fishes, p. 362. — ? Triakis californica, Gray, Cat. Br. Mus., p. 56, d’après 3 fœtus, sans descript. — Mustelus felis, Ayres, Proceed Californ. acad. nat. sc., 1854, t. I, p. 17, exempl. de 1".939 (identique au Tr. semifasc., selon Putnam, Bullet. Mus. compar. x00l. Cambridge, (Massachusetts, 1863, p. 14).

CARACTÈRES. — Très-analogue au Tr. scyllium dont il se distingue : 1° par la situation de la bouche qui est plus éloignée de l'extrémité du museau, dont la longueur proportionnelle est plus considérable; 2° par la plus grande acuité des scutelles.

Teinte générale d’un gris olivâtre, plus claire en dessous; des bandes transversales noires sur les régions sus-céphalique et dorsale ;, sur les côtés, des taches semblables dont un certain nombre remonte entre les bandes; une seule tache noire sur la base des ventrales etdes pectorales à leur face supérieure, tandis que toutes les autres nageoires sont complétement tachetées.

Habitat. — San-Francisco (Californie). Inconnu au Musée de Paris.

3. Triaxis HeNtEt, Putnam, Bullet. Mus. compar. 3001. Cambrige (Massachusetts), 1863, p. 14.

Rhinotriacis Henlei, Gill, Proceed. Acad. Philad., 1869, 1: XIV, CARACTÈRES. — Museau aplati, pointu, plus long que celui du Tr. semifasc., écailles moins fortement tri-lobées, et point de bandes nide taches.

MUSTÉLIENS. GENRE TRIAKIS, 1-3. GENRE MUSTELUS. 399

Teinte générale d’un gris brunâtre uniforme, plus clair en dessous ; plus rouge dans le jeune âge, avec les régions inférieures blanches ; dorsales et caudale toujours noires à leur sommet.

Taille semblable à celle du précédent, mais formes plus élancées.

Habitat. — Amér. septentr. : côtes de l'Océan pacifique.

NII. TROISIÈME FAMILLE.

MUSTÉLIENS. MUSTELI (1).

CARACTÈRES. — Dents semblables à celles des Raies, c’est-àdire. petites, plates, en pavé, régulièrement disposées comme les pièces d’une mosaïque; portant cependant quelquefois, mais plus particulièrement celles des rangs postérieurs, une pointe médiane courte et une latérale encore moins saillante, d'un seul côté; évents comparativement moins étroits que dans les deux familles précédentes; ouverture de l'œil allongée ; cartilages des lèvres bien prononcés et plis des coins de la bouche profonds, avec un petit lobe; valvules nasales formées par un repli cutané triangtaire, à sommet arrondi et dont la base occupe les 3/4 environ du bord antérieur de la narine; sur l’autre bord, un tubercule peu volumineux; carène médiane très-peu élevée, commençant derrière la tête et se prolongeant jusqu'à la 2° dorsale; un sillon entre l’anale et la base de la queue où il n'y a pas de fossettes; nageoire caudale courte; scutelles triangulaires, à trois carènes ; valvule de l'intestin en spirale.

Le mode d’alimentation est différent de celui des Squales à dents

aiguës ; 1l consiste surtout en zoophytes et crustacés. Ne dépassant guère 1.50; les Must. sont moins voraces que les autres Requins.

GENRE UNIQUE. — ÉMISSOLE (2). MUSTELUS, Cuv., R. an., Aéro TP'p7198;

CARACTÈRES. — Ceux de la famille.

On ne peut admettre avec certitude que 2 espèces. Leur caractère absolument distinctif est tiré de la forme des dents des rangs postérieurs.

RY pas de dentelure du côté externe . .. 1. vulgaris. À leur base

hueldentelure, che Ait RENE 2. lœvis.

(1) Mot employé par Belon, De aquatil., p. 69, comme traduction de yahèoc, chien de mer, yaen étant traduit par mustela. Voy. p.310 et p. 339. + (2) Galeus lœvis a nostris Emissole vocatur, Rondelet, De pisc., p. 375. Mussola, en langue sarde: le mot vient de Mustela (Littré, Dictionn.).

400 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

1. MusreLus vuzçaris, Müll., Henle, Plag., p. 64 et190, pl. 27; fig. 1, et Müll., Ucber den glatten Hai des Aristoteles, 1849, p. 32, pl. IL, fig. 2 (1).

ArLas, pl. 3, fig. 1-3; dents.

Galeus asterias, Rondelet, De pisc., p.376, et éd. fr., p. 295, copiée par Gesner, De aquat. (De mustelis), p. 608, édit. de Francf., 1620.

Mustelus.lævis, Salviani, Hist. aquat., p. 137, pl. 44, copiée par Willughbey, Hist. pisc., p. 60, pl. B5, fig. 2; par Jonston, De pisc., p. 26, t. VIIL, fig. 6, et Ruysch, Th. anim., id., id.

Galeus lœvis, Gesner, De aquat., p. 616, fig., éd. de Francf., 1620, copiée par Aldrovande, p. 3592. |

? Emissole, Brouss., Acad. des sc., 1780, p. 655, n° 5.—?Sq. émiss., Lacép., Hist. poiss., t. 1, p. 242. — Sq. mustelus, Risso, Ichth. Nice, p- 39, 9.— Must. stellaris, Id., Hist. nat. Eur. mérid., t. UE, p. 126.

Emissole tachetée de blanc ou Lentillat, Cuv., R. anim., t. I, p. 390. — M. asterias, Hipp. Cloquet, Dict. sc. nat., t. XIV, p. 407. :

Sq. hinnulus (Lentillat), Blainv., Faune fr., p. 83, pl. 20, fig. 2. — Id., Thompson, Fish. Ireland, Ann. nat. hist., 1839, t. Il, p. 272. — M. plebeïus, Bonap., Fauna, pl. 132, fig. 1, et Cat.met. pesci europ., D: 19 nor

M. vulgaris, Yarr. {d’après Müll.), Brit. fishes, 3° édit., p. 495.

Smooth Hound, Couch, Hist. fishes Br. islands, t. I, p. 47, pl. X.

(4) Si je place, à la suite du nom de chacune des deux Emiss. de nos mers, un certain nombre de synonymies, ce n’est pas que les descriptions des auteurs cités se rapportent, en tout point, à l’une ou à l’autre. Ainsi, le caractère essentiellement distinctif fourni par le système dentaire que J. Müller a signalé et qui empêchera toujours de les confondre, n’avait été indiqué, avant lui, par aucun zoologiste. Souvent, en outre, des détails nécessaires manquent. Cependant les deux planches de Rondelet (p. 275 et 376) ayant été considérées avec raison par J. Müller, comme représentant les deux espèces, j'ai rangé, auprès de chacun de ces types, les descriptions selon qu’elles renvoient plus particulièrement, soit à l’une, soit à l’autre, ou bien qu'elles s’en rapprochent par quelque mention relative à la forme du museau, à la position plus ou moins avancée de la première dorsale ou aux dimensions proportionnelles des pectorales.

Plusieurs synonymies sont tout-à-fait douteuses. Telles sont :

Mustelus stellaris, Salviani, Hist. aquat., p. 138, pas de fig. — Galeus stellaris seu stellatus, Jonston, De pisc., p. 26, t. VIII, fig. 8, et Ruysch, Th. anim.s id., id., fort mauvaise, mais très-probablement M. vulgaris. — Galeus lœvis, Blasius, Anat. anim., p. 276. — Must. lœvis, Ray, Synops. pisc., p.22. — Galeus lœvis, Klein, Missus, IL, p.19, fig. 7, très-mauvaise. — Jd., Gronovius, Mus. ichth., t. I, p. 62, 135. — Must. dentibus obtusis, Oth. Müller, Prodr. zoo. danicæ, p: 38, 317. — SG. mustelus, Bloch, Schn., Syst. posth., p. 128. — Galeus lœvis et G. asterias, Rond, Et. Geoffroy St.-Hilaire, Note sur deux espèces d'Emissole (Ann. du Mus., XVII, p. 160- 163). FRS IG 7: HS

MUSTÉLIENS. GENRE MUSTELUS, À, 2. 401

CARAGTÈRES.—Dents antérieures plates; sur celles des rangs postérieurs cependant, une petite saillie médiane droite et unique ; pectorales larges, non échancrées en arrière, et dont l'angle externe s'étend au-delà de l’origine de la 1"° dorsale, laquelle est un peu au-devant de leur bord postérieur; ventrales commençant plus loin que l'extrémité terminale de cette nageoire; tête plate, et, par suite, œil très-rapproché de la région sus-Céphalique; espace compris entre l’angle antérieur de l'œil et le bout du museau égal à celui qui sépare l’un de l’autre les deux yeux, au niveau de cet angle antérieur.

Fœtus acotylédone, c’est-à-dire sans placenta, par suite du défaut de vascularisation de la vésicule ombilicale, et à duodénum (Bursa Entiana) muni d’un petit renflement (vésicule ombilicale interne).

Ces derniers caractères et ceux que fournit le système dentaire sont les plus essentiels ; les autres n’ont qu'une importance secondaire, parce qu'ils ne sont pas parfaitement évidents. Néanmoins, la brièveté comparative du museau chez le M. vulgaris, sa forme plus arrondie, la position plus élevée de l'œil et la plus grande longueur proportionnelle des pectorales, surtout celles du &, doivent être prises en considération. Il y avait eu confusion entre les deux espèces jusqu'au moment où J. Müller a appelé l'attention sur les différences offertes par le système dentaire et par la vésicule ombilicale.

Le prince Ch. Bonap. avait déjà montré, mais d’une façon insuffisante, que le Mustel. des auteurs comprend 2 espèces distinctes, décrites et figurées par lui sous les noms de M. plebeius et M. equestris.

Système de coloration. — Var. I. Un gris blanchâtre uniforme (M. lævis de certains zoolog.).— Var. Il. Sur les côtés, de petites taches blanches (Galeus asterias, Rond., Lentillat ou Emiss. tach. de blanc).

Habitat. — Méditerr., Océan, Manche; Brésil (Mus. de Paris); cap de B.-Espér. (Id.) : Quoy et Gaimard; Nouv.-Zélande (Mus. britann.).

2. Musrecus Lævis, Müll., Henle, Plag., p. 190, pl. 27, fig. 2, et Müll., Ueber den glatten Hai des Aristoteles, 1842, p. 31, pl. IT, fig. 1.

ArLas, pl. 3, fig. 4-6, dents.

Galeus hinnulus, Belon, De aquatilibus, p. 71 et 72. La Nissole, Id., La nat. et diversité des poiss., p. 63.

Galeus lævis, Rondelet, De pisc., p. 375, et éd. fr., p. 294, fig. copiée par Gesner, De aquat., p. 608, éd. Francf., 1620.

? Smooth shark, Pennant, Br. x0ol., Fishes, p. 151, éd. de 1812.

Sq.mustelus, Linn., Syst. nat., Sq. n° 13, et éd. Gmelin, p. 1492.

Sqg. dentibus obtusis seu granulosis, Art., Genera piscium, p. 66, n°2, etédit. Walbaum, p. 505.

Poissons. Tome I. 26

402 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

Mustelus lœvis, Risso, Hist. nat. Eur. mérid., t. II, p. 127.

M. punctulatus, Risso (Nissole), var. à taches noires, Id., p.198.

M. vulgaris, Hipp. Cloquet, Dict. sc. nat., t. XIV, p. 406.

Emissole commune, Cuv., R.an.,t.1l, p. 390.— M. equestris, Bonap., Fauna, pl. 132, fig. 1, et Cat. pesci europ., p. 19, n° 76.

Squalus mustelus, Blainv., Faune fr., Poiss., p. 81, pl. 20, fig. 1.

M. megalopterus, Smith, Ilustr. xool. S. Afr., Pisces, pl. I.

CarAcrÈRESs.— Dents antérieures presque sembables à celles de l'espèce précédente, quoique moins lisses; mais sur les dents des rangs postérieurs, une pette saillie médiane obliquement dirigée en dehors, et au côté externe de celle-ci, une autre pointe plus courte; pectorales plus étroites et dont l'angle externe se prolonge moins loin en arrière; origine de la 1"° dorsale ne dépassant pas leur bord postérieur quin’estpas échancré,; tête moins plate que dans le M. vulgaris, et, par suite, les yeux paraissent moins élevés; espace compris entre l’angle antérieur de l'œil et le bout du museau plus considérable que celui qui sépare l’un de l’autre les deux yeux au niveau de cet angle.

Fœtus cotylophore, c’est-à-dire à placenta formé par l’abondante vascularisation de la vésicule ombilicale et à duodenum (Bursa Entiana) privé du petit renflement qu’on peut considérer comme une vésicule ombilicale interne (voy. p. 258-261, ce qui concerne Les Squales vivipares cotylophores).

… Système de coloration.

Var. I. Teinte d’un gris blanchâtre uniforme ou teinté de rouge audevant des pectorales et au-dessus des ventrales, si, comme on peut le supposer, le Must. megalopterus, Smith, du cap de B.-Espér., ne représente qu'une variété locale; à l'extrémité de la queue, chez les jeunes individus, une petite tache noire sous forme de bordure, disparaissant plus tard.

Var. II. Taches noires plus ou moins nombreuses sur les différentes parties du corps (M. punctulatus, Risso). La même variété rapportée par M. Smith à son M. melagopt., se trouve au Cap.

Habitat. — Océan, Manche; Méditerranée; cap de B.-Espér.

Cette Emiss. est représentée au Musée de Paris par moins d’individus que le M. vulgaris. Le plus grand, 1".48, vient du Cap.

— À la suite des deux espèces ci-dessus, je me borne à signaler les suivantes :

I. So. canis, Mitchill, Trans. litter. and philos. Soc. N.-York, t. I, p. 486. — M. canis, Dekay, N.-York, Fauna pisces, p. 355, pl. 64, fig. 209. — Jd., Storer, Synops. fish. N.-Amer. (Mém. amer. Acad., nouv. série, t. IE, p. 505).—Id., Gill, Cat. fish. east. coast N.-Amer., p. 59.—Id., Putnam, Bullet, Mus. comp. 400. our ere 1863, p. 10,

LAMNIENS. 403

CaracrÈres.— Dents de Mustelus dont le bord postérieur est légèrement relevé, de manière à produire une rudesse manifeste sous le doigt dirigé d’arrière en avant; d’un gris cendré sans taches; anale bordée de blanc, selon Mitehill, ainsi que les dorsales, de noir, selon Dekay.

IT. M. manazo, Blkr, Nieuwe Nalexingen Ichth. Japan, p. 126.

M. vulgaris, Temm. Schl., Fauna japon., Poiss., p. 303, pl. 134.

Cette espèce est éloignée des M. vulgaris et lœvis, parce que, sur trois individus reçus du Japon et parfaitement identiques au M. figuré dans cette Faune, M. Blecker a trouvé, entre les deux dorsales, une distance triple de l’espace occupé par la base de la 2 dorsale, tandis que cette distance est double seulement sur la planche 27 de Müller et Henle (Plag.), et sur la pl. 3 du mémoire de Müller (Ueber den glatten Haï, etc.).

Des mesures comparatives prises sur les exemplaires du Musée de Paris m'ont donné des résultats variables. Ainsi, chez le M. lœvis, j'ai trouvé le rapport de 2 ou 2 1/2 à 1, et chez le M. vulgaris, tantôt ce même rapport, tantôt celui de 3 à 1. Il n’y a donc là rien de bien constant. M. Bleeker ne mentionne pas d’autres particularités distinctives, et ne considére pas comme définitivement établie l'espèce qu'il nomme M. manaxo.

SOUS-TRIBU HEX.

Deux dorsales, dont la première est située entre les pectorales et les ventrales ; une anale ; pas de membrane nictitante; des évents; la dernière ouverture branchiale au-devant ou audessus de la pectorale.

Cinq familles : Lamniens, Odontaspides, Alopéciens, Cestracontes, Rhinodontes. (Noy. le tableau général, p. 310 et p.340, la division de la Tribu I.)

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