‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 109 sur 216 · XII. CINQUIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

XII. CINQUIÈME FAMILLE

RHINODONTES. RHINODONTES (1).

CARACTÈRES.— Tête large et plate, un peu en forme de coin, sans prolongement rostral; bouche tout-à-fait terminale; narines munies d'une valvule triangulaire et ouvertes sur le bord même de la bouche; dents excessivement petites et fort nombreuses, analogues à des pointes de cardes très-fines recourbées en arrière, comparables aux dents en brosse de certains poissons osseux, et formant une bande âpre au toucher sur chacune des mâchoires où la bande est interrompue au niveau de la ligne médiane; évents petits; les trois premières fentes branchiales plus grandes que les deux autres, sont seules placées au-devant des pectorales; 1" dorsale très-reculée; queue à carènes latérales et à fossettes à sa base, en dessus comme en dessous; caudale en forme de croissant, sans entaille à son lobe supérieur; des carènes longitudinales sur le tronc.

GENRE UNIQUE. — RHINODONTE. RHINODON, A. Smith.

CARACTÈRES. — Ceux de la famille.

Espèce unique. — Ruinovon ryricus, À. Smith, [Uustrat. +ool. south Afr., pisces, pl. XXVI.

Id., Müll., Henle, Plag., p.71, pl. 35, fig. 2, dents.

CARACTÈRES. — Tête un peu cunéiforme , par suite de la largeur de son bord libre et de son aplatissement dans la région antérieure; du milieu de sa face supérieure part un pli saillant de la peau, ou carène, prolongé jusqu'à la première dorsale, et qui rend cette portion du tronc en quelque sorte triangulaire ;

(1) ‘Pév, nez, oôwv, dent. — Le mot Rhineodon proposé d’abord par M. Smith et employé par M. Henle dans son Prodrome (Mag. nat. hist., 1838, t. Il, p. 37), doit être rayé de la nomenclature, puisque A. Smith lui-même n’a pas reproduit ce nom dans ses {lustr. zoo. S. Afr.

Le rang à assigner à cette famille ne peut pas être définitivement fixé, comme MM. Müller et Henle le font observer, l'absence de la membrane nictitante étant admise uniquement parce que Smith n’en dit rien. Sur notre spécimen, le seul connu, aucune constatation à cet égard n’est possible aujourd’hui. (Voy. plus haut, p. 310 et p. 340, Tribu IT.)

RHINODONTES. GENRE RHINODON. 499

dans le reste de son étendue, il est à peu près cylindrique; de chaque côté de la carène médiane, deux autres carènes commençant au-dessus de Ja première fente branchiale, très-rapprochées l’une de l’autre à leur origine, mais bientôt écartées : la supérieure se bifurquant et se perdant après avoir dépassé la 1'° dorsale, l'inférieure confondue à sa terminaison avec la carène latérale de la queue, première dorsale commencant presque immédiatement au-devant des ventrales, qui sont fort courtes, et les dépassant à peine par son angle postérieur ; 2° dorsale de moitié plus petite que la 1°, un peu antérieure à l’anale; pectorales égales à l'étendue de l’espace compris entre leur origine et l'angle de la bouche : longueur qui est presque le double de leur largeur; veux petits, dont le diamètre est de 0".04 environ, situés presque immédiatement derrière les angles de la bouche et séparés des évents par un intervalle de 0%.08; ceux-ci ont à peu près 0.02 de diamètre.

La bande dentaire, formée par 12 ou même 15 rangées transversales de dents, a une largeur de 0.03. Dans un carré de 0.03 de côté, on trouve 17 dents sur chacune des 12 rangées ou 204 dents. Or, les deux bandes maxillaires formant ensemble, déduction faite des espaces médians vides, une longueur de 1 mètre (0.45 en haut et 0%.55 en bas), elles comprennent 33 carrés de 0.03 de côté, ou 33 fois 204 dents, c’est-à-dire au moins 6732. Ce chiffre est beaucoup plus considérable que celui dont parlent MM. Müller et Henle, qui, compiant 42 ou 15 rangées à 250 dents chacune, nombre évidemment trop faible, n'arrivent ainsi qu'à 3750.

Les scutelles sont extrêmement petites et presque sans aspérités, de sorte que la peau est à peu près lisse.

Le système de coloration est remarquable par le grand nombre de taches et de lignes blanches dont les nageoires sont couvertes ainsi que les régions supérieure et latérales du tronc où elles forment, par leur disposition régulière, des lignes fines interrompues.

Habitat. — Le seul exemplaire connu de cette espèce, et dont il est le Type, a été pris au cap de B.-Espér., d’où le Muséum l’a reçu par les soins de M. J. Verreaux. Sa longueur totale est de 5 mètres.

A. Smith a décrit les aspérités des ouvertures buccales des branchies et la disposition de l'œsophage (voy. plus haut, p. 149).

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