‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 119 sur 216 · I. Sous-GENRE SCYMNE. SCYMNUS, Müll., Henle, Plag. p · texte numérisé non relu

I. Sous-GENRE SCYMNE. SCYMNUS, Müll., Henle, Plag. p

CARACTÈRES.—Dents supérieures à base fortement échancrée, longues et pointues, un peu convexes sur la face antérieure, légèrement inclinées en arrière et en dehors; les inférieures triangulaires, plus épaisses au milieu que sur les bords qui sont tranchants ou dentelés suivant l'espèce, droites ou à peine inclinées du côté des angles de la bouche; la médiane seule parfaitement droite, un pli cutané formant lèvre supérieure et paraissant être un renflement médian des plis supérieurs des angles de la bouche, lesquels se continuent assez loin en arrière et laissent au-dessous d'eux, précisément au niveau de l’angle buccal, un espace où la peau est nue, sans écailles ; à la mâchoire inférieure, les plis des angles de la bouche se continuant en une lèvre tout-à-fait libre à son bord postérieur, tandis que celle d'en haut est adhérente; pas d’aiguillons aux appendices génitaux des ©.

La base de toutes les dents inférieures est allongée, en forme de quadrilatère plus haut que la portion libre et triangulaire, qui est une dépendance de son bord supérieur où se voit, en outre, de chaque côté, un petit renflement; son bord inférieur est échancré ; au-dessus de l’échanerure, il y a un trou quelquefois confondu avec la fente. Deux sillons règnent, à la face postérieure, sur presque toute la longueur de la base, près des bords latéraux : le sillon interne de chaque dent reçoit le bord externe de la base de la dent en dehors de laquelle elle est placée ; chaque base, ainsi partiellement recouverte, s’applique, par son bord externe, sur celle qui la suit. Il résulte de cette imbrication de la portion adhérente des dents d’une même rangée, que le sillon externe est seul visible, excepté pour l’une des 2 dents médianes, qui, complétement découverte en arrière, s'appuie, à droite comme à gauche, sur le sillon interne de la base de chacune des deux dents entre lesquelles elle est placée. ATLAS, pl. 5, fig. 1-4

raît établir une sorte de passage entre les Scymnes et les Læmargues : c’est le principal motif qui me fait rejeter la division des Leiches en 2 genres, et conserver celle en 2 sous-genres. :

452 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

Tableau de la division du sous-genre Scymnus en 2 espèces.

{ dentelées M Ta IST ATOUT 4. lichia.

Dents. inférieures :

(non dentelées nent. et 2. brasiliensis.

Î. Scymnus (Scymnus) LicxiA, Cuv., R. an., 1"° éd., t. IL, p. 130; 2% éd.,t. Il, p.392; éd.1ll., Potss., pl.115, fig.5, dents.

Liche, Broussonn., Mém. Ac. sc., 1780, p. 677, n° 26.

Id., ou Gatte, Duhamel, Pêches, t. UE, part. Il, sect. IX, p. 328.

Id.,Lacép., Hist. Poiss., t. 1, p.279, pl. 10, fig.3, museau trop long.

Sq. americanus, Linn., Syst. nat., ed. Gmel., t. L pars IL, p. 1503, n° 30 {ainsi nommé, comme Cuvierle fait observer, parce que «Gmelin a confondu lé cap Breton près de Bayonne, avec le cap Breton près de Terre-Neuve »).

Id., BI. Schn., Syst. posth., p. 136.

Sq. nicæensis, Risso, Ichth. Nice, p. 43, pl. IV, fig. 6.

Scymn. nic., Id., Hist. nat. Eur. mérid., t. II, p 136, pl. IL, fig. 4.

Sq. (Acanthorh.) amer., Blainv., Faune franç., p. 63, pl. 45, fig. 2.

Scymnus lichia, Bonap., Iconogr. faun. it., pl. 142.

Scymnorhinus lichia, Xd., Gal. pesci europ., p. 16, n° 54.

Scymnus (Sc.) lichia, Müll., Henle, Plag., p. 92.

Dalatias lichia, Gray, Cat. fish. brit. Mus. (Chondropt.), p. 75 (Dalatias, Rafin., Caratt., p. 10), est un genre imaginaire. Le Dal. sparophagus, Id., id., espèce mal déterminée, serait-il le Sc. lichia ?

CARACTÈRES. — Museau peu allongé, comparable, pour la forme, à celui de la Centrine; dents inférieures dentelées; narines presque terminales ; pectorales assez grandes; 1"° dorsale à égale distance des pectorales et des ventrales, arrondie, sans angle postérieur saillant; la 2° un peu plus volumineuse que la première et à angles moins mousses, située immédiatement derrière les ventrales et beaucoup plus éloignée de la 4'° que de l’origine de la caudale, qui n’a pas de lobe inférieur, mais présente, en dessous, une échancrure sur le point correspondant à l’extrémité de la colonne vertébrale; scutelles à base quadrilatère, à pointe aiguë dirigée en arrière et paraissant formée par la réunion de 3 carènes; peau très-rude.

. Teinie générale foncée tirant sur le violet, taches noires éparses.

Taille assez peu considérable, quoique dépassant celle de la Centrine dont la Liche, selon Sténon (De pisce ex canum genere Centerinæ simaili, in Blasius, Anat., p. 272), serait la ®, caractérisée par l'absence d’aiguillons aux dorsales. Le plus grand individu de la collection du Muséum a 1.82. — Habitat. — Méditerranée.

SCYMNIENS. GENRE SCYMNUS, 1, 2. 453

2. Scymnus (SCYMNUS) BRASILIENSIS (Cuv.), Quoy et Gaim., Voy. de l’Uranie, expédit. Freycinet, 1824, p. 198.

Scymnus (Sc.) bras., Müll. Henle, Plag., p. 92.

Dalatias brasiliensis, Gr., Cat. fish. brit. Mus. (Chondropt.), p. 76.

Sq. (Scymn.) fulgens, Fr. Deb. Bennett, À narrat. of a whaling voy. round the globe, 1833-38, t. IL. p. 255. — Id., G. Bennett, Gatherings of a naturalist in Australia, 1859, p. 66.

CARACTÈRES. — Museau analogue à celui du Sc. lichia, mais à narines tout-à-fait terminales, et dents inférieures semblables, non dentelées cependant; pectorales petites; 4° dorsale beaucoup plus reculée, commençant immédiatement au-devant des ventrales et à angle postérieur effilé; 2° dorsale à peu près de . même volume que la 1"°, à angle postérieur aigu, située juste entre la 1" et l'origine de la caudale, qui a un lobe inférieur court; scutelles très-petites, en forme de quadrilatères un pau enfoncés dans leur milieu ; peau presque lisse.

Teinte générale brune, assez foncée.— Var. I. — Uniforme chez un spécimen de 0%.,50, de l'ile Maurice : Liénard, Scymn. unicolor, jEbe MSS (collect. du Muséum).

Var. 11. — Deux individus beaucoup plus petits (0".14 et 0.21) rapportés du Brésil par MM. Quoy et Gaimard, et caractérisés par une teinte moins sombre sur laquelle se détache, à la région inférieure, au-dessous des fentes branchiales, une sorte de demi-anneau plus foncé (Scymn. torquatus, Val. MSS, collect. du Muséum). Ils ont, en outre, les nageoires bordées de blanchâtre.

Ces deux variétés ont été constatées par MM. Bennett sur trois individus qu’ils ont nommés Sgq. (Scymn.) fulgens, et qui ont été pris à des époques différentes, en pleine mer, une fois par M. G. Bennett (2° 45 lat. S., 163° longit. O) et deux fois par son frère (2°1/2 lat. S., 163 longit. O., et 55° lat. N., 110° long. 0).

Les caractères indiqués sont tout-à-fait ceux du Sc. brasiliensis. Le plus long, dont les dimensions étaient de 0.456, fut pêché pendant la nuit et donna le curieux spectacle d’une vive phosphorescence qui n'émanait que des régions inférieures. Les deux autres ne dépassaient pas 0,137 et 0.253. Celui de 0.137, a également jeté un grand éclat quand le bassin plein d'eau de mer où il vécut durant quatre heures eût été placé dans une cabine obscure, et il ne cessa d’être lumineux que plusieurs heures après la mort. Celui de 0.253 ayant été capturé au milieu du jour, l'attention ne fut point appelée sur la particularité qui, dans deux voyages, se présenta à LE CU des naturalistes que je viens de citer. Voy. plus haut, p. 96.

N. B. Peut-être faut-il rapporter à cette espèce le fœtus Squalis sin-

454 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

gularis très-imparfaitement décrit par Bas. Zuiew (Nova acta Acad. scient. imper. Peiropolitanæ, 1789, t. V, p.239), cité par Müll., Henle, parmi les synon. douteuses (Plag., p. 192).

IT, Sous-GENRE LAIMARGUE. LÆMARGUS, Müll., Henle, Plag., p. 93.

CARACTÈRES. — Dents supérieures très-analogues, pour la forme et la direction, à celles des espèces du sous-genre Scymnus; les inférieures non dirigées verticalement en haut, mais à sommet oblique et rejeté en dehors, de sorte que, ainsi inclinées à partir de la ligne médiane, elles représentent assez bien, de l’un et de l’autre côté, une lame de scie dont chaque dent est acérée, tranchante et sans dentelures (Atlas, pl. 5, fig. 1-4); une lèvre inférieure, de même que chez les Scymnus, mais il n'y en a pas en haut; pli labial supérieur beaucoup plus considérable que l’autre, prolongé assez loin en arrière, sous forme d’une fente, mais ne surmontant pas, au niveau de l’angle de la bouche, contrairement à ce qu’on voit dans le sous-genre précédent, un espace nu, un aiguillon aux appendices génitaux des æ (1).

L’échancrure de la base des dents supérieures semble divisée par un prolongement de la carène médiane; il y a également une carène le long du milieu de la base des dents inférieures, qui portent, en dehors, un talon arrondi séparé par une échancrure de la portion oblique. Tantôt, il y a une dent médiane inférieure, tantôt elle manque, suivant les espèces.

Tableau de la division du sous-genre Læmargus en 4 espèces.

mince et comprimé, beaucoup plus haut que large. . . . . . . .. 2. brevipinna. Gorps très-petites; la 2e plus longue que la 1re; pointe plus ou moïns ar-) des dents inférieures pas très-oblique. . . . . 3. Zabordü. rondi; dorsales { grandes ;(très-rude; pectorales grandes. . . . . . 4. borealis. PEAR presque lisse; museau et lobe caudal supérieur longs et. 20.0 Ne 4. rostralus.

(1) Actuapyoc, glouton, vorace. — Le genre Somniosus a été créé dès 1818 par Lesueur (Journ. Acad. nat. se. Philad., t. I, part. Il, p. 222), pour une espèce du groupe dont il s’agit ici (Somn. hrevipinna). Cependant, il semble difficile d'adopter cette dénomination, car le genre qu’elle désigne est mal défini, puisque Lesueur, qui le compare, non pas aux Leiches, maïs aux Aiguillats, ne fait aucune mention de la disposition du système dentaire, sur laquelle, au contraire, est nettement fondée la distinction entreles deux sous-genres, tels que Müll. et Henle les ont délimités. Il a traduit le nom de dormeur donné par les pêcheurs à ce Squale, à cause de la lenteur de ses mouvements à laquelle la petitesse de ses nageoires doit contribuer. ;

SCYMNIENS. GENRE SCYMNUS (LÆMARGUS), 1. 153

1. Soymnus (LæmarGus) BOREALIS, Fleming, brit. anim., p. 166.

ATLAS, pl. 5, fig. 1 et 2, dents.

? Sq. carcharias (1), 0. Müll., Prodr. zoo. dan., p. 38.

?Sq. carchar., Fabric., Fauna groenland. (pector. mazimæ), p.127.

Sq. borealis, Scoresby, Account arctic reg., t. 1, p. 538, pl. 15, fig. 3 et 4 (dessus et dessous).

?Sq. (Scymn.) glacialis, Faber, Naturgesch. fisch. Islands, p. 93 (avec des citations de passages de différents ouvrages où l’on ne peut pas avoir de certitude sur la véritable détermination de l’espèce).

?Sq. glacialis, Nilsson, Prodr., p.116, Skandin. faun., Fisk., p.724.

? Sq. norwegianus, Blainv., Faune franç., p. 61.

Scymnus (Sc.) borealis, Müll., Henle, Plag., p. 93; excluez une partie de la synon. qui se rapporte à l’espèce suivante.

. ?1Id.,Bonap., Cat. pesci europ., p.16, n° 55.— Id., Gaimard, Atlas

du voy. en Islande et au Groënland, Poiss., p. 1, et pl. 22, avec quelques légères différences, surtout dans la coloration. Le système dentaire de la pl. 22 est celui du Se. (L.) brevipinna, mais les nageoires sont plus grandes.

? Dalatias(Somniosus) borealis, Gr., Cat. Br.Mus.(Chondropter.), p.71.

?Sc. microcephalus (B1.), Krôyer, Danmark's Fiske, t. II, p. 914.

? Greenland shark, Couch, Hist. fish. Brit. islands, t. I, p. 57, pl. XIIL, et p. 66, dents.

CARACTÈRES. — Corps plus ou moins arrondi; toutes les nageoires proportionnellement assez développées (2) ; pectorales dépassant, d’une façon notable, par leur angle externe, quand elles sont appliquées contre le tronc, le milieu de l’espace compris entre la ligne médiane du dos et celle du ventre; hauteur des lobes de la caudale assez considérable relativement à leur longueur.

(1) Presque aucune des descriptions que les zoologistes ont données des Squales des mers du Nord qui, par la forme des dents et l’absence de l’anale, appartiennent au sous-genre Laimargue, n’est suffisante pour lever toute incertitude sur l'espèce qu’ils ont eu en vue. Plusieurs de ces descriptions, d’ailleurs, n’ont pas été faites d’après les animaux eux-mêmes, qui sont rares dans les collections. Ainsi, s'explique la fréquence du signe ? devant les citations de synonymes qui précédent l’histoire de chacune des deux espèces dont il me semble impossible de ne pas admettre la distinction, quand on compare entre eux les exemplaires du Muséum, et spécialement deux sujets presque de même taille (4 mètres et 4m.12).

Le type de l’une de ces espèces est le Sq. borealis de Scoresby, et le type de la 2e est le Scymm. micropterus, Val. (Somnios. brevipinna, Les.).

(2) Ce caractère n’a de l'importance que relativement à l’espèce suivante où elles sont moins considérables, car les faibles dimensions des nageoies constituent une des particularités des Scymniens.

456 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

Les mesures suivantes rendent évidentes les différences proportionnelles de dimensions des nageoires :

Sc. (Læm.) borealis. Sc. (Læm.) brev.

Longueur totale, 1.63. Longueur totale, 2",66. Longueur Rapport à celle Longueur des Rapport à celle des nageoires. du poisson. nageoi:es. du poisson. Arodors- OR AG. 22 APE TON ROUES OMIS EE : 11,6

DÉMOS: ee OMAN STE TOO SEE OIDUEEE Caudale:"2#"00:530:: 22 4" 054 Pectorales. 0.14. :: 1 : 11,6 Ventralestra0m ADP ERA SMS RE EREN 0,90.

(=) B co © > px jp à > = CD

Les téguments recouverts de scutelles pointues sont très-rudes. Teinte générale d'un brun jaunâtre plus ou moins foncé. Habitat. — Mers horéales. Le Muséum possède deux exemplaires.

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