Scymnus (LÆMARGUS) BREVIPINNA (Somniosus brevipinna
Lesueur, Journ. Acad. sc. nat., Philad., 1818, t. [, part. I, p. 222, pl. 8).
ATLAS, pl. 5, fig. 3 et 4, dents.
?Haa-Skierdingen, Gunner, Det Trondhiemske Selsk. skrifter, 1763, t. Il, p. 330, tab. X et XI (l'animal vu par dessus et par dessous; détails de dents; pectorales proportionnellement un peu trop grandes, mais beaucoup plus petites que chez le Sc. borealis, qui a les dorsales plus grandes et moins effilées qu’elles ne le sont sur ces planches).
?Sq. microcephalus, BI. Schn., Syst., p.135 (capite et pinnis parvis).
Sc. micropterus, Val., Nouv. Ann. du Mus.,t. 1, p. 454, pl. 20.
Sc. brevipinna, Dekay, Faun. N.-York (fish., p.361), pl. 61, fig. 202, copiée de Lesueur, dont la descript. est reproduite par Storer qui ne le connaît pas : Somn. brev., Report on the fish. Massachusets, p. 189.
Sc. brev., Id., Synops. fish. N.-Amer. (Mém. Amer. Acad., nouv. série, t. Il, p. 427, d’après Lesueur.)
Sq. (Sc.) Gunneri, Richards., Faun. bor.-amer. (fish.), t. LL, p. 313.
? Greenland shark, Yarrell, Brit. fishes, 3° éd., t. Il, p. 524 (trèspetites nag.; copie d’un dess. de Hutchinson; n’a pas vu le Squale).
Somn. brev., Gill, Cat. fish. east. coast N.-Amer., p. 60.—?Somn. microceph., 1d., Id.
CARACTÈRES. — Tête et corps singulièrement comprimés; les nageoires très-petites, surtout par comparaison avec le Sc. (Læm.) borealis (1); angle externe des pectorales restant, quand elles sont appliquées contre le tronc, bien au-dessous du milieu de l’espace compris entre la ligne médiane du dos et
(1) Voyez le tableau comparatif des dimensions des nageoires,
SCYMNIENS: GENRE SCYMNUS (LÆMARGUS), 2, 3. 45T
celle du ventre; portion oblique des dents inférieures un peu moins allongée, ne dépassant pas en dehors le tubercule externe du sommet de la base qui est plus volumineux et plus arrondi.
Ces caractères, fournis par le type de l’espèce et par un individu plus petit, suffisent pour établir les différences spécifiques.
Système de coloration très-analogue à celui du Sc. (Læm.) borealis.
Habitat. — Mers du Nord. M. Gaimard a rapporté un exemplaire long de 2.66 et le re du Sc.micropt., Val., échoué à Eure {embouch. de la Seine) venait, selon toute probabilité, des mers boréales; il mesure 4 mètres. Le Muséum possède, en outre, une mâchoire inférieure rapportée du cap nord de Norwège par Le François, et d’après laquelle a été faite la figure de l’Arzas. Les dents du spécimen plus petit sont tout-à-fait semblables à celles qui sont dessinées.
3. LæmarGus LABorDIr, Quoy et Gaim., Voy. de l'Uranie, Expéd. Freycinet, 1824, Zool., p. 197, pl. 44, fig. 1 et 2, sous les noms de Leiche Laborde, Scymnus bispinatus.
Sc.mauritianus, Quoy et Gaim.,Dict. class. hist.nat.,Atl.,pl.114,fig.2. Sc. (Læm.) Labordii, Müll. Henle, Plag., p. 94. Dalatias (Somn.) bispinatus, Gray, Cat.chondr. fish., Brit. Mus.. p.77.
CARACTÈRES. — Museau allongé, à extrémité arrondie; narines terminales etcomme divisées chacune en 2 ouvertures par la valvule nasale interne; évents un peu plus élevés que les yeux, en forme de D, à convexité tournée en avant; dents inférieures inclinées en dehors, mais ayant moins d'obliquité que chez les autres Laimargues; une dent médiane droite, ouvertures branchiales très-courtes et placées comme au fond d’un sillon ; 1"* dorsale extraordinairement petite, située un peu en arrière de la première moitié de la longueur totale, au-devant des ventrales; 2 dorsale commençant juste derrière l'extrémité postérieure de la base des ventrales, longue et très-basse; pectorales arrondies, ainsi que la caudale, dont le lobe postérieur est presque nul.
La longueur de la base de la 1" dorsale est de 0".004, sa hauteur de 0.01 ; la 2 dorsale est longue de 0.095, très-basse (0.005) : ces dimensions sont prises sur deux individus longs de 0.205 etde 0".210, dus à MM. Quoy et Gaimard. Les proportions sont les mêmes sur un sujet de 0.14 dont l’origine est inconnue, semblable, en tout point, aux deux autres et identique, pour le système de coloration, à celui que ces zoologistes ont représenté (pl. 44, fig. 1 et 2).
Une forte épine se voit au côté externe des appendices du œ.
458 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.
Les scutelles sont presque quadrilatères, non pointues. Teinte générale : un brun-violet foncé; bout des nag. plus clair. Habitat.—Ile Maurice : Quoy et Gaim,, et un sujet d’orig. inconnue.
4. SoymNUS (LÆMARGUS) ROSTRATUS, Risso,; Hist. nat. Eur. mérid., t. IT, p. 138, pl. 5, fig. 7.
Se. (Lœm.) rostr., Müll. Henle, Plag., p. 93.—Dalatias (Somniosus) rostratus, Gray, Cat. chondropt. fish., Brit. Mus., p. 77.
CARACTÈRES. — « Corps effilé; tête grande; museau deux fois plus prolongé que celui du Sc. lichia; bouche très-arquée; dents inférieures courbées latéralement; pectorales arrondies; 1" dorsale entre elles et les ventrales; 2° dorsale un peu en arrière de ces dernières ; lobe supérieur de la caudale fortlong et beaucoup plus développé que l’inférieur ; d’un gris bleuûtre ; peau presque lisse. »
Je me borne à cette simple reproduction des caractères principaux de l’espèce que Risso paraît avoir été le seul à observer, d’après un sujet unique, long seulement de 0.031. — Le prince Ch. Bonap. (Faun. ital.) dit, à la fin de l’histoire du Sc. Lichia, ne lavoir jamais vue.
IT. GENRE ECHINORHINE. ECHINORHINUS, Blainv., Prodr. : Bull. sc., 1816, p. 121.
CARAGTÈRES. — Tête aplatie; 1° dorsale fort reculée, située au-dessus des ventrales ; la 2° très-rapprochée de la première, placée au-dessus du milieu de l'intervalle compris entre les ventrales et la caudale qui n’a pas de lobe inférieur; évents irès- petits, derrière les yeux, un peu au-delà des angles de la bouche où se voit un profond sillon; tout Le corps parsemé d’aiguillons pointus, supportés par une base très-élargie et circulaire, un peu comparables aux boucles de raie; dents semblables aux deux mâchoires, fort larges, à bord libre presque horizontal et tranchant par suite de sa très-grande obliquité de dedans en dehors; munies, à leur base, de fortes dentelures : une au côté externe, quelquefois accompagnée d’une autre plus petite, et deux au côté interne, toutes dirigées transversalement, les premières en dehors et les secondes en dé-
(4) Exivoc, hérisson, fùv, nez, terminaison adoptée par Blainville pour, les noms de Squales.
SCYMNIENS. GENRE ECHINORHINUS, 1. 459
dans (1); à la mâchoire inférieure seulement, une dent médiane petite, triangulaire et pointue.
EcHINORHINUS SPINOSUS, Blainv., Bullet. des Sciences, 1816, p. 121, ei Faune fr., p. 66, pas de fig.
ATLAS, pl, 12, fig. 16-20, épines.
Le Bouclé, Brouss., Mém. Ac. des sc., 1780, p. 672, n° 21.
Sqg. brucus, Bonnat., Encycl., p. 11, n° 2 {épithète, synonyme de gravis, employée, comme le rapporte Broussonnet, par les membres de l’Académie des sciences qui désignèrent sous ce nom, sans doute à cause de ses formes lourdes, le Squale dont il s’agit, qu'ils firent dessiner sur les côtes de l'Océan vers la fin du 47 siècle. Schneider, au contraire (Syst. posth. B1., p. 136), attribue cette déno- mination à Vicq-d’'Azyr, MSS).
Sq. spin., Linn., Syst. nat., ed. Gmel., t. I, pars HE, p. 1500, 27.
Sq. bouclé, Lacép., Hist. Poiss., t. I, p. 283, pl. IT, fig. 2. — Sa. spinosus, BI. Schn., Syst. posth., p. 136. — Id., Risso, Ichth. Nice, p. 42.—Scymnus spin., Cuv., R. an., t. U, p. 393.—TId., Risso, Hist. nat. Eur. mérid., t. UN, p. 136. — 1d., H. Cloq., Dict. des sc. nat., t. XXV, p. 434, pl. 28, fig. 2.
Echinorhinus spin., Bonap., Iconogr. faun. it., pl. 138, et Cat. met. pesci Eur., p. 16, n° 57.
Echin. obesus, À. Smith, Illustr. xool. S. Afr., pisces, pl. I.
Echin. spinosus (spinous shark), Yarrell, Brit. fish., 3° édit., t. IT, p. 529, 2 figures, dont l’une est la copie de celle de Smith; détails de dents et de boucles.—I4d., Müll. Henle, Plagiost., p.96, pl.60, boucles. — Id., Strickland, On the occurrence of Sq. spin. on the coast of Yorkshire (Ann. of nat. hist., 1840, t. IV, p. 315).—Id., Cocks, Ann. nat. hist., second series, t. V, p. 71, 1850 (plus de 2.50).
Id. (Spinous shark), Hamilton, Brit. fish., part. Il, p. 347, pl. 28.
Id., Jon. Couch, Hist. fish. brit. islands, t. L, p.54, pl. XIL.
CARACTÈRES. — Formes plus ou moins lourdes, suivant l’âge ou le sexe; tête plate; museau large et assez arrondi, dont la portion pré-oculaire est moins étendue que l'intervalle compris entre les yeux; narines plus éloignées du milieu du contour de la tête que du bord antérieur de la bouche qui est peu
(1) Il résulte de cette disposition que chaque dent, et particulièrement vers le milieu des mâchoires, est plus large que haute et a deux bords à peu près parallèles, le bord adhérent à la base et le bord libre qui se relève cependant toujours un peu à son bout interne; les bords latéraux de cette sorte de parallélogramme sont dentelés. Le nom générique de Goniodus (ywyia, angle, doc, dent, Agassiz, Poiss. foss., t. IIL, p. 94) rappelle cette forme anguleuse si remarquable.
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arquée et, par là même, beaucoup plus large que son ouverture n’est longue; pectorales de médiocre grandeur, à angles arrondis; tubercules très-irrégulièrement dispersés; le long de la ligne latérale, il y a deux rangées parallèles d’épines, trèstines, à peine visibles à l'œil nu.
Les saillies du derme disposées sans ordre, sur toutes les parties du corps, consistent, soit en pointes aiguës, plus ou moins espacées et formant, çà et là, de petits groupes entre lesquels il y a des places nues; soit en tubercules volumineux entremélés à ces épines, et offrant à considérer : 1° un disque régulièrement circulaire d'un diamètre de 0,004 à 0.010 ou même 0".016, quelquefois réuni à un ou deux autres disques avec lesquels il se confond ; 2 un aiguillon partant du centre, à pointe un peu dirigée en arrière, haut de 0.006 ou 0.007 sur les plus grands disques et subissant une diminution de hauteur proportionnelle au rétrécissement du support. De la base de l’aiguillon, partent, en rayonnant, des stries prolongées jusqu’à la circonférence du disque où elles forment de fines dentelures donnant à ce dernier une certaine ressemblance avec une scie circulaire. Entre les boucles, la peau est complétement nue et lisse.
Teinte générale d'un gris foncé, tirant sur le violet et devenant presque noire sur les sujets conservés en peau, plus claire en dessous, avec des taches noirâtres nombreuses (pl. de l’Iconogr. du prince Ch. Bonaparte). Je ne retrouve point ces taches sur les exemplaires du Muséum. La description des couleurs donnée par A. Smith et dont se rapproche celle de M. Couch mentionne des teintes rougeâtres et un fond d'un gris clair qui, à la suite du desséchement, sont remplacés par une couleur plus sombre.
Le Muséum ne possède pas de Squale bouclé très-gros et à formes lourdes telles que les représentent les dessins de ces deux naturalistes ; mais il n'y a probablement qu'une seule espèce.
Habitat. — Méditerranée, Océan, cap de B.-Espér. d’où M. J. Verreaux a adressé un sujet qui, par sa conformation générale et par sa couleur d’un violet foncé, ressemble tout-à-fait à un exemplaire de Nice. De deux autres conservés sans indication d’origine, et décolorés, l’un, fort ancien, est probablement le type du Bouclé de Broussonnet déerit par lui, dit-il, au cabinet du Roi.
N. B. C’est dans la tribu IV que doit prendre rang le Squale désigné ainsi par Gronovius (Mus. ichth., t. 1, p. 61, n° 133, et Zoophyl., p. 150, n° 150 : Sg. dentibus acutis, dorso vario inermi, pinna ani carens. La situation de la 1"° dorsale qui est plus reculée que les ventrales, et la présence d’un seul lobe à la caudale établissent quelque analogie avec le genre Echinorhinus, mais les dents sont pointues et il n’y a pas de boucles, la peau est simplement rude.
Malgré des données si imparfaites, Gmelin a introduit ce poisson dans le Syst. nat., Linn. (t.1, pars III, p. 1503, n° 29), sous le nom de
PRISTIOPHORES. GENRE PRISTIOPHORUS. 464 Sq. indicus ; Lacépède (Hist. Poiss., t. 1, p. 280), en a fait le Sgq. gronovien, puis Schneider a repris la dénomination de Sg. indicus (Syst. posth. BI., p.137). Is ont ainsi ajouté aux catalogues une espèce inconnue, qu'il faut mettre, ainsi que l'ont fait MM. Müller et Henle (Plag., p.97), hors rang, à la place que j'indique ici.