LIEUX D'IMPORTATION. KILOG. |VALEUR. ANNÉES
fr.
Emoui, par navires anglais. .| 5,500! 6,000/1855.
Canton dde si Hi] 300,000!636,000/1847.
Id. DL Ag has EEA 280,000[590,000/1855.
Id. PR 215,000|530,000/1856.
Shang-Haï ONE + AS ER 25,000! 21,000 1855.
Id. sous tous pavillons.| 98,000,290,000/1856. Id. par navires anglais.| 14,000! 78,000/1857, ailerons blancs.
Id. NEA RER 17,000! 42,000! » DIMENOITS:
Id. ARRET POSE HEEE 29,000|1108,000/1858 » blancs. Id. Id ROSE 31,000! 40,000! » » noirs.
Id. sous tous pavillons.| 42,000! 92,000 1859 » blanes. Id. DUIÈRS LA 112,0001125,000|. » » noirs.
En mettant, d’après le chiffre qui représente en 1847 sur ce tableau, l'importation à Canton, 650 à 700,000 kilog. par an pour tous les ports et sous tous les pavillons (valeur de 1 million à 1,200,000 fr.), M. Rondot pense qu'on est encore au-dessous de la vérité, parce que tous les navires étrangers, anglais, americains, hollandais, espagnols, français, fournissent des nageoires à tous les ports de la Chine ouverts au commerce. Il croit même que les quantités indiquées sont bien inférieures à celle qui est consommée dans ce vaste pays, car il faut considérer que nous n'avons aucune notion, dit-il dans la note manuscrite qu'il m'a remise, sur les approvisionnements fournis par les jonques chinoises, cochinchinoises, siamoises, etc., c’est-à-dire par les bâtiments construits à l’asiatique, dont les ailerons de requin constituent un des articles ordinaires de cargaison.
La valeur des aïlerons est assez variable. Ainsi, d’après le premier tableau ci-dessus, emprunté à M. Buist, 229,240 kilog. étant estimés à 239,877 fr., on a pour 100 kilog. environ 105fr., où à peine au-delà de 1 fr. par kilog. Ce sont presque les prix les plus bas, car précisément à cette même époque, à Canton, en 1844, et à Emoui en 1845, M. Rondot a vu vendre les sortes les plus communes de Gfr.60 a 2 fr. le kilog., et les ailerons noirs qui sont peu estimés, de Ofr.80 à 1fr.70. Les ailerons de 2 et 3° qualités coûtaient 3 fr.50 à 3fr.75, et ceux de qualité supérieure 4fr.75, 4fr.80, et même G fr. Il y a, par kilog., 8 ou 9 aïlerons réduits à un état de siccité complète.
Préparées pour être mangées, et les collections du Muséum renferment une de ces nageoires qui a subi la préparation en
64 ORGANISATION DES PLAGIOSTOMES.
Chine, elles sont dépouillées et représentent une touffe de filaments minces, flexueux, d’inégale longueur, adhérents à la base de la nageoire qui est d’un brun jaunâtre foncé, tandis qu'ils ont une teinte Jaune d'or brillante; ils offrent une demitransparence et un aspect corné.
On prépare avec les ailerons, comme avec les nids de Salanganes (Hirundo esculenta), une sorte de vermicelle. On les fait cuire dans différents bouillons, ou dans de l’eau pure, mais alors il faut ajouter un assaisonnement pour relever la saveur du mets.
Cet aliment passe pour être tonique et stimulant, et peutêtre même aphrodisiaque. Les Chinois font un très-grand usage, en outre des ailerons, de poissons secs et particulièrement de poissons cartilagineux.
Les questions que soulève l'étude de D du par le poisson, relativement à la fécondité ou à la santé de ceux qui en font usage, offrent un grand intérêt, mais je n’ai point à m'en occuper ici (1). Je dois cependant citer un intéressant travail de M. J. Davy (Some observat. on Fish in relation to diet, in : Trans. roy. Soc. Edimb., 1853, t. XX, p. 599), parce qu'il s’y trouve une indication sur la comparaison qui peut être faite, au point de vue de leur emploi snene enire les Plagiostomes et les autres poissons.
La chair de poissons de mer et d'eau douce, un à 18 espèces différentes, a été soumise à la dessiccation par cet habile chimiste. [| a pu constater ainsi combien elle contient de parties solides pour 100. La proportion est bien en rapport avec ce que l’on sait sur la digesübilité relative des divers poissons habituellement servis sur nos tables. Ainsi, tandis que la chair des Gades, connus sous les noms de Merlucius vulgaris, Merlangus pollachius, Morrhua vulgaris, et de l'Eperlan (Osmerus eperlanus), n'a donné pour 100 que 17,4 à 19,5, celle de l’une de nos anguilles ordinaires (Ang. latirostris) a laissé 33,6, et celle du Scomber scombrus 31,9. Quant à la Raïe bouclée, sa chair renferme autant de parties sèches, à quelques dixièmes près, que le Salmo umbla, le Fario argenteus, c’est-à-dire 22,2 pour 100.
(1) Je les ai plusieurs fois abordées dans mes cours et particulièrement dans ceux de 1855 et de 1857, dont les premières leçons ont été reproduites par le journal la Science (30 avril, — 14 juillet 1855) et dans la Revue des Cours publics (22 février, — 29 mars 1857).
On y trouve quelques REV bements sur ce sujet et sur les différentes applications pratiques de la science qui a pour objet l'étude des poissons.
Ces chiffres indiquent également le pouvoir nutritif. Par conséquent, sous ce rapport, la Raïe est plus éloignée des poissons dont la chair est très-nourrissante que de ceux où elle l’est à un plus faible degré.