‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 191 sur 216 · REPRODUCTION. APPENDICES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

REPRODUCTION. APPENDICES GÉNITAUX

Geux des Gallorhynques en particulier, à en juger d’après le seul adulte © conservé au musée de Paris, consistent en des prolongements cutanés, enroulés de manière à former une paire de cylindres creux etirréguliers que soutiennent des cartilages flexibles.

Les parties molles, au contraire, ne se voient dans les appendices des Chimères que sur les points où ils sont épineux, et ce sont elles qui forment des gouttières contournées, un peu analogues aux canaux plus compliqués des Sélaciens.

Ces organes ont 0".07 de longueur chez un individu mesurant 0®.48, de l’extrémité du museau, jusqu’à l'origine du filament caudal. Ils sont grêles, et leur structure est simple.

Chaque apperdice est composé de trois tiges, si ce n’est chez l'espèce dite Chim. Colliei où il n'y en a que deux, réunies à leur base, dans un court espace, mais ensuite séparées et disnctes. La médiane, saillante en dedans, est reçue dans la gouttière dont est creusée la tige interne qui est plus grêle que les deux autres; mais par sa face externe toute couverte d’épines et un peu creuse, cette tige médiane s'applique sur le bord également épineux de la tige externe. Celle-ci est renflée à son extrémité, qui est toute couverte d’épines, ainsi que la face supérieure de la tige médiane.

Au devant du bord ext. de la base des ventr., il ya, de chaque côté, chez les ©’, une fente longitudinale un peu oblique de dedans en dehors, longue de 0".017 sur un Callorh. antarct. dont la ventrale mesure, d'avant en arrière, dans sa plus grande étendue, 0.08. Au fond de l'ouverture, on trouve une plaque épineuse qu’on peut faire sortir en partie, de la cavité qui la renferme. Quand, par la dissection, on a mis à nu la plaque et la pièce de la ceinture pelvienne où elle est logée, et qui, correspondant à l’ischion, forme, chez les Raiïes, par sa soudure, sur la ligne médiane, avec celle du côté opposé, la barre transversale (p. 87), on constate la transformation curieuse que cette pièce a subie. Non-seulement, elle a contracté une adhérence solide avec celle du côté opposé, mais elle a changé de forme, ainsi qu’on peut le voir par la comparaison des figures 1, 2 et3 de la pl. 14.

Elle s’allonge considérablement, s’élargit, se creuse et se transforme ainsi en un cuilleron, dont la longueur est de 0".04, la largeur, à sa base, de 0.035, mais de 0".020 seulement à son sommet, et la profondeur de 0".012.

A l'extrémité antérieure de la cavité qui est obliquement

dirigée en dehors, est fixé, par une articulation à surfaces étendues, un cartilage long de 0.035, recourbé, à convexité tournée en dehors; épais et étroit d’abord, il s'étale bientôt en forme de lame transversale, large de 0.012, à contours arrondis. La face ventrale de la lame est couverte de 90 à 100 épines larges, convexes, disposées avec régularité, toutes dirigées en avant, et terminées chacune par 3 ou 5 dentelures, dont la médiane est la plus longue (Arras, pl. 14, fig. 24).

À sa face supérieure, adhèrent deux cartilages mous, enroulés sur eux-mêmes, contre lesquels la pièce mobile s’applique lorsqu'elle rentre dans la cavité qui est tapissée par une membrane fibreuse et sans doute lubrifiée par une sécrétion particulière.

Pendant le rapprochement des sexes, l’appendice singulier dont 1l s'agit, et qui est si bien armé pour rendre solide le contact des deux animaux, peut être sorti de sa loge protecirice par la contraction de fibres musculaires, insérées sur sa face ventrale, au niveau et en arrière de son articulation.

En outre, les @ ont un organe accessoire qui leur est également tout à fait spécial. Il consiste en un cartilage sus-céphalique, situé dans un enfoncement que présente la ligne médiane du crâne au devant des yeux (Arras, pl. 14, fig. 4 a).

Long de 0".021 (1), large de 0.012 à son extrémité antérieure, et de 0.008 à l'extrémité opposée, il fait à peine saillie au-dessus de la surface du crâne; quand. on le fait mouvoir sur l'articulation qui l'unit, en arrière, au bord postérieur de la petite cavité dans laquelle il est reçu, on voit qu'il est muni, en dessous et à son bout libre, de fortes épines très-acérées à pointe recourbée en arrière.

Le fond de la cavité est lisse, mais son bord antérieur avec lequel le bout du cartilage n'entre point en contact, poïte un bouquet d’épines plus robustes encore que les précédentes, et à pointe également dirigée en arrière.

Les appendices ventraux antérieurs et les sus-céphaliques du © sont plus simples chez la Chimère (Ch. monstr.), voy. l’Arcas, pl. 14, fig. 1 et 1 a.

La femelle des Holocéphales n’a point d'organes externes, mais dans la saison de l'accouplement, l’orifice des oviductes et le cloaque subissent des modifications qui ont été décrites chez la Chimère par M. Costa (p. 93, pl. IT, fig. 2).

. (1) Le Callorh: sur lequel je prends cette mesure est le même qua celui dont il vient d’être question.

Elles sont dues à une turgescence vasculaire, produisant le gonflement des orifices des oviductes qui font un peu saillie au dehors (pl. XX du Voy. en fslande et au Groënland, par Gaimard), et entrent mieux en contact alors avec les papilles gémitales du mâle. L'afflux plus abondant du sang produit aussi une sorte de prolapsus du bout de l'intestin (1).

Les œufs des Holocéphales ont un aspect tout à fait étrange, en raison de leur forme ovalaire très-allongée, et du revêtement soyeux de leurs bords. Jen ai fait représenter un aux 2/3 de la grandeur naturelle sur la pl. 8 de l’Arzas, fig. 8. Les dimensions en sont considérables, car ce dernier à une longueur de 0.27 ou de 0.21, si l’on ne compte pas le filament terminal, sur une largeur de 0".065 au niveau de la plus grande étendue transversale. Le prolongement effilé qu’il porte à l’une de ses extrémités, ou les deux petits crochets qui se voient au bout opposé, doivent être, on n’en saurait douter, des organes de suspension analogues à ceux dont les œufs de Roussette sont munis.

Le contact de l’eau est, à ce qu'il paraît, indispensable au développement de l'embryon, puisque vers les extrémités, sur les deux faces, mais en sens opposé, on trouve, comme le montre la fig.9 de l’ArLas, des fentes étroites, comparables à celles qui seremarquent sur l'étui des œufs de Sélaciens {p. 252).Kllessont également indiquées sur l'œuf dont J. Müller a donné la figure (Ueber den glatten Haie Aristoteles, 1842, pl. VI, Akad. Wissensch. Berlin) (2).

(1) C’est la proéminence au dehors de l'intestin ou de l’un des oviductes, que la planche de la Faune d'Italie de Ch. Bonap. représente.

(2) J. Müller signale cet œuf comme étant celui d’une Chimère ou d’un Callorhynque. Je n’ai pas de renseignements plus positifs sur l'œuf des collections du Muséum que notre ArLas représente, mais la comparaison des deux figures démontre qu'ils proviennent d'animaux appartenant à des espèces différentes.

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