‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 51 sur 216 · IT. POISSONS RÉGULIERS · texte numérisé non relu

IT. POISSONS RÉGULIERS

Ordre XII. THorACIQUES. — Tribu VII. Thons (Tête étroite): Centronotus, Temnodon, Scomber, Xiphias, Vomer, Zeus, Lampris, Equula, Teuthis, Acanthurus, Monoceros, Chætodon et genres voisins. — Tribu VIII. Dorades (Tête lisse) : Coryphæna, Xyrichthys, Brama, Labrus et genres voisins, Mæna, Sparus et genres voisins, Anabas, Polyacanthus, Osphromenus. — Tribu IX. Perches (Tête rude): Glyphisodon, Dascyllus, Lobotes, Pristipoma,Hæmulon, Eques, Sciæna et genres voisins, Acerina, Rypticus, Polyprion, Serranus, Anthias, Mesoprion, Cirrhites, Holocentrum, Perca, Labrax, Lates, Centropomus, Aspro, Lucioperca.

Ordre IV. ABpominaux. — Tribu X. Carpes (Bouche rondé) : Apogon, Pomatomus, Ambassis, Ophicephalus, Tetragonurus, Mugil, Mullus, Polynemus, Cobitis, Anableps, Cyprinus. — Tribu XI. Saumons (Bouche ob- ‘tuse) : Sternoptyx, Gasteropelecus, Serrasalmo, Myletes, Hydrocyon, Citharinus, Saurus, Argentina, Salmo.— Tribu XII. Harengs (Bouche étroite): Atherina, Engraulis, Clupea, Elops, Megalops, Butyrinus, Exocætus, Amia, Osteoglossum, Sudis. —:Tribu XIIL:: Brochets’ (Bouche allongée): Polypterus, Sphyræna, Lepidosteus, Belone, Hemiramphus, Chauliodus:

SWAINSON, 1838. 277

Swainson, dont les hypothèses sont les mêmes que celles de Mac-Leay, a fait connaître son propre plan en ce qui concerne les Poissons, Gans le volume CIX de l'ouvrage publié par Lardner et intitulé : Cabinet Cyclopædia où l’Erpétologie et l’Ichthyologie, sous ce titre : The nat. hist. fish. amphib. and rept. or monocardian animals, forment 2 tomes.

Ici, comme dans la méthode de Mac-Leay, nous retrouvons la supposition de la prédominance du nombre cinq dans chaque division, et celle des affinités circulaires.

Ainsi, pour Swainson, 11 n'y a que cinq groupes principaux dans la classe. Ge sont les suivants (p. 110) :

I. Acanthoptérygiens, groupe typique. — Il. Malacoptérygiens, groupe sous-typique. — TT. Cartilagineux. — IN. Plectognathes. — V. Apodes.

Ces ordres.se rattachant les uns aux autres, forment un grand cercle, et, de cette facon, dit Swainson, leurs affinités se trouvent indiquées; mais ce ne sont pas seulement les affinités qu'il recherche, ce sont encore les analogies. Il signale d’abord celles qui se remarquent entre les poissons et les autres animaux vertébrés, et il en donne (p. 117) le tableau suivant, où les affinités sont exprimées dans les colonnes verticales et les analogies dans les colonnes horizontales.

Cercle de la classe Cercle Cercle Gercle Cercle des Poissons. des Vertébrés. des Reptiles. des Oiseaux. des Mammifères. 1 Acanthoptéryges Quadrupeda Lacertes Insessores Quadrumana 2 Malacoptéryges Aves Ophides Raptores Feræ 3 Cartilagines Reptilia Saures (1) Natatores Cetacea 4 Plectognathes Amphibia Chelonides Grallatores Glires . 5 Apodes Pisces Chæmelides (2) Rasores Ungulata.

Je ne puis pas suivre ce zoologiste dans les longues explications qu'il donne pour motiver ces rapprochements bizarres, qui ne méritent guère d'être pris en considération. Il faudrait également entrer dans des détails dont ce n’est point ici la aus si je voulais énumérer les ressemblances insignifiantes qu'il considère à tort comme établissant des ion entre chacune des cinq divisions secondaires des cinq rdrés ire tifs et ces ordres eux-mêmes.

En voici un exemple pour celui qu'il désigne par la dénomination . Cartilagines :

(1) Reptiles nageurs Ve et genres fossiles).

(2) Caméléons,

Familles, Analogies. : Ordres des Poissons.

Raidæ. Dos armé d’épines. Acanthoptéryges.

Squalidæ. Dos à nageoires molles. Malacoptéryges. Polyodonidæ. Essentiellement cartilagineux. Cartilagines. Sturionidæ. Corps cuirassé, bouche très-petite. Plectognathes. Chimeridæ. Queue très-longue. Apodes.

Swainson va plus loin encore, et il croit trouver des analogies entre ces 5 familles et les 5 classes de l’embranchement des vertébrés (p. 154).

Familles. Analogies. Cercle des Vertébrés.

Squalidæ. Ressemblant le plus par toute leur Quadrupeda. structure aux vertébrés. Vivipares.

Raïdæ. Pectorales aliformes. Tous ovipa- Aves. res ({).

Chimeridæ. Partie postérieure du corps ou la Reptilia. queue graduellement amincies et

pointues.

Slurionidæ. Les plus différents entre eux dans Amphibia. leurs cercles respectifs. — Pas de dents.

Polyonidæ. Ouvertures branchiales très-gran- Pisces.

des; branchies pectinées.

Par le même procédé, il compare, sans utilité, les 5 familles ci-dessus à celles de la classe des oiseaux (p. 157).

Les sous-familles, au nombre de 5, de l’une des familles de l’ordre des Cartilagineux sont, d’après des analogies, aussi peu importantes que celles qui viennent d’être signalées, placées en regard des 5 familles de cet ordre.

Je ne pousserai pas plus loin l'examen de cet arrangement qui, en réalité, est essentiellement systématique, bien que l’auteur ait eu en vue la démonstration des affinités naturelles. On ne peut méconnaître combien est forte une objection qu’il a lui-même soulevée pour la combattre, mais sans y avoir réussi (p.111). Elle peut être formulée dans ces termes : La ressemblance entre deux groupes que l’on suppose se représenter l’un par l’autre, est tirée d’un seul caractère ou quelquefois de deux, et presque insignifiants, comme on en a la preuve par les tableaux qui précédent, tandis que pour Le reste de la structure, ils sont très-différents l’un de l’autre.

La classification des poissons proposée par Mac-Leay (2),

(1) Il y a erreur relativement à la viviparité et à l'ovoviviparité (Voy. plus haut p. 244-46), et à l'absence de dents chez les Amphibiens.

(2) On the natural arrangement of Fishes in a letter to J. M'Cleland (Ann. and Mag. of nat. hist., 1842, t. IX, p. 197-207).

MAC-LEAY, 1849. 279

n'est qu'une application particulière de ses vues philosophiques sur la distribution naturelle du règne animal dans son ensemble (1). Le but qu'il a poursuivi, mais sans être parvenu à l’atteindre, est la démonstration de ce fait fondamental, suivant lui, que chaque groupe naturel d'animaux se présente ioujours à l'observateur capable de reconnaître les véritables affinités et de les distinguer des simples analogies, sous la forme d’un cercle passant par quatre points disposés autour d'un cinquième, pris comme type du groupe, et qui en est le cenire. Ainsi, les poissons, pour montrer une application de cette hypothèse, comprennent cinq ordres, parmi lesquels celui des Cyclostomes devient le point central, parce que, en raison même de la dégradation de leur structure organique, ils sont le véritable type de la classe des poissons, qui se compose des animaux vertébrés les plus imparfaits. Chacun des cinq ordres consiste en la réunion de cinq tribus, formées ellesmêmes par cinq familles, et toute famille renferme cinq genres.

Ainsi se multiplient les groupes circulaires, devenant chacun le point de départ de cinq nouveaux groupes de même forme. Le lien des différents points d’un même cercle est l’affinité naturelle des animaux dont il se compose, mais la simple analogie est le lien des cercles qui se touchent par leur circonférence, au moyen des groupes que Mac-Leay nomme osculants.

La démonstration de l'exactitude d’un tel arrangement pourra être donnée et acceptée, seulement à partir du jour où l’on parviendra à établir que cette division de cinq en cinq est constante pour tous les groupes.

Jusqu'à présent, les preuves n’en ont pas été fournies, et, à vrai dire, la complication de ce système qui a pour base des appréciations d’affinités et d’analogies sur lesquelles les z00logistes peuvent n'être pas d'accord, ont détourné d’en faire des applications aux différentes classes du règne animal. Ces applications, du reste, sont-elles toujours possibles? La question est trop générale pour qu'il y ait lieu de la discuter ici. D'ailleurs, afin de bien juger, dans son ensemble, cette manière d'envisager la distribution des animaux et leurs rapports mutuels, il faudrait la comparer aux vues émises sur ce même

(1) Horæ entomologicæ, 1819-21. Les cinq premiers chapitres de la part. Il du tome I, le seul qui ait paru, sont consacrés à l'exposition de ses idées sur le mode de classification qu’il considère comme le seul propre à exprimer, selon sa manière de les comprendre, d'une part, les affinités, et, de l’autre, les simples analogies des êtres organisés entre eux.

sujet par les zoologistes qui, comme Bonnet, et après lui Blainville, n'ont admis qu’une série continue là où d’autres, à l'exemple de Linné, ont vu uniquement des séries divergentes dont la disposition générale, en raison des points de contact établis çà et là, et sans ordre, représente jusqu'à un certaim point, celle des différents pays dont les contours sont tracés sur les cartes géographiques (1). Il serait également nécessaire d'examiner si les divisions dichotomiques sont aussi artificielles que Mac-Leay l’a prétendu (2).

Un court extrait relatif à une seule tribu de poissons osseux fait comprendre comment ce naturaliste qui, dans ses déductions philosophiques, déploie des connaissances zoologiques très-étendues, conçoit les affinités et les analogies des animaux de cette classe.

Je dois indiquer, d’abord, quels sont les cinq premières grandes divisions qu'il y établit, en prenant pour type, comme je l’ai dit, l'ordre des Cyclostomes, qui est le centre, un peu excentrique, autour duquel se placent, en s’en éloignant, d'une part les Plagiostomes qui, par les Squales vivipares et le Pélerin, tendent, dit:il, à rattacher les poissons aux Cétacés, et, d'autre part, les poissons osseux, dont les analogies avec les Batraciens lui semblent surtout manifestes chez les Baudroies et les Malthées :

Groupe qui s'éloigne du type (aberrant group).

CrenoBrANCHI (branchies pectinées) : 1 Plagiostomi. — 2 Sturiones. — 3 Ostinopterygii, Mac-Leay (ôoréivos, osseux, Trégué, nagcoire).

(1) Selon la remarque très-juste de M. Agassiz (Essay on classif. in : Contrib. nat. hist. Unit.-States, t. I, p. 216), la distinction entre les affinités et les analogies, trop souvent confondues, constitue le principal mérite des vues émises par Mac-Leay et par Swainson. Il fait, en outre, observer avec raison (id. p. 220) que leurs efforts pour arriver à donner une bonne représentation graphique des rapports complexes des animaux entre eux, ont produit ce résultat utile, qu’ils ont amené à diminuer la confiance à l’exactitude du classement uni-sérial comme expression fidèle des affinités, et à construire des tableaux où sont indiquées, plus ou moins complétement, les relations multiples des groupes naturels les uns avec les autres:

(2) On the dying struggle of the dicholomous system (Philos. Mag., 1830, t. VII, p. 431-445; t. VIII, p. 53-57, 134-140, 200-207). Dans ces extraits d’une lettre écrite de la Havane, et qui ont pour objet, non-seulement la critique des opinions que Fleming a exposées dans son livre intitulé Philosophy ‘of Zoology, 1822, mais la réponse aux critiques de ce dernier, M. Mac-Leay a donné de nouveaux développements sur sa méthode; et il a présenté des observations sur la distinction qu’il établit entre les affinités et les simples analogies dans une lettre que renferme le Zoolog. journal, 1828-29, t. IV, p. 47-51.

MAC-LEAY, 1849. 281 Groupe normal.

AGTENOBRANCHII (branchies non pectinées) : 4 Lophobranchii. — 3 Cyclostomi.

Par conséquent, les familles les plus nombreuses, comme Mac-Leay le fait observer lui-même, ne représentent, en quelque sorte, que des formes anormales; maïs, dit-il, c’est la structure des animaux d’un groupe et non pas le nombre des espèces qu'il renferme, qui motive le véritable rang de ce groupe dans la nature.

Les poissons osseux (OSTINOPTERYGN) sont distribués de la manière suivante :

Groupe qui s'éloigne du type.

ACANTHOPTERYGN : Trib.1 Balistina (Plectognathi) (Fam. 1 Balistidæ, 2 Ostraciontidæ, 3 Cephalaspis ? Agass., 4 Orthragoricidæ, 5 Diodontidæ).— Trib. 2 Percina (Fam. 1 Chetodontidæ, 2 Percidæ, 3 Scorpenidæ, 4 Cirrhidæ, 5 Sparidæ). — Trib. 3 Fistularina, distincts des précédents par l'absence de dentelures aux pièces opereulaires (Fam. 1 Scombride, 2 Fistularidæ, 3 Gobioidæ, 4 Lophiidæ, 5 Labridæ).

Groupe normal.

MazacopteryGn : Trib. 4 Pleuronectina, Apodes et Subbrachiens de Cuvier (Fam. 4 Anguillidæ, 2 Echeneidæ, 5 Cyclopteridæ , À Pleuronectidæ, 5 Gadidæ). — Trib. 5 Clupeina, abdominaux (Fam. 1 Siluridæ, 2 Cyprinidæ, 3 Esocidæ, 4 Clupeidæ, 5 Salmonidæ).

Dans cette énumération, où sont compris autant de cercles qu'il y à de tribus, les affinités naturelles sont respectées, comme le démontre l’ordre sérial des numéros qui précèdent chaque nom; mais les dénominations des tribus sont simgulièrement choisies. Pourquoi adopter, entre autres, celles de Fistularina et de Pleuronectina qui rappellent des particularités tout-à-fait spéciales d'organisation, pour désigner, d’une part, avec la famille des Fistularidæ, les quatre suivantes : Scombridæ, Gobioidæ, Lophiidæ, Labridæ; et, d'autre part, avec les Pleuronectidæ, celles dites : Anguillidæ, Echeneide, Cyclopteridæ, Gadide ?

Chacune des 5 tribus de l’ordre des Ostinoptérygiens réunit 5 familles, dont l'une est le centre autour duquel peuvent être placées circulairement les quatre autres. Ainsi, par exemple, dans la tribu des Percina, la famille dont il est d’abord question, est la 3° : Scorpænidæ composée des 5 genres suivants :

Groupe qui s'éloigne du type. — Tête tuberculeuse ou épineuse : 4 Monocentris, Linn., 1° dorsale remplacée par des épines libres; 2

Trigla, Linn., deux dorsales distinctes; 3 Scorpæna, Linn., deux dorsales plus ou moins confondues.

Groupe typique. — Tête sans tubereules ni épines : 4 Oreosoma, Cuy., ventrales complètes, 1" dorsale remplacée par des cônes saillants; 5 Gasterosteus, Linn., ventrales réduites à une ou plusieurs épines, 1'° dorsale remplacée par des épines libres.

Le genre Scorpæna conduit par le sous-genre Sebastes à la famille des Percidæ, caractérisée par la présence de sept rayons branchiostèges et de dents au palais, l'absence d’écailles sur les nageoires, et par ce fait que les joues ne sont pas cuirassées.

Les genres de cette famille sont ainsi nommés :

Groupe qui s'éloigne du type. — Deux dorsales distinetes : 1 Perca, Linn., dorsales rapprochées, dents petites, préopercule sans dentelures; 2 Apogon, Lacép., dorsales séparées, quelques dents allongées ; 3 Enoplosus, Cuv., dorsales rapprochées, préopercule dentelé.

Groupe typique. — Peux dorsales réunies : 4 Serranus, Cuv., dents crochues, préopercule dentelé; 5 Acerina, Cuv., dents petites, non crochues , préopercule non dentelé.

Par le genre Enoplosus, on gagne le genre Ephippus de la famille des Chætodontidæ où Squamipennes, Guv., qui paraît se composer de » genres...

Ainsi se poursuit, et souvent avec bonheur, l’enchaînement des familles; mais il est inutile de pousser plus loin l'étude de ce procédé de classification. Les citations qui précèdent suffsent pour montrer le rôle exagéré que l'auteur fait jouer à la prétendue loi numérique, en vertu de laquelle Le nombre 5 doit toujours se retrouver dans chaque groupe.

Si l’on rejette de sa classification cette supposition inutile et en même temps inexacte, on voit qu'il a quelquefois bien mis en lumière les rapports naturels des familles ou des genres; mais son mode de classement est absolument inapplicable à la classe entière des poissons.

En février 1844, M. Milne Edwards a consacré un assez long mémoire au développement de cette thèse, dont l'importance est incontestable, que le zoologiste doit prendre en grande considération les diverses phases du développement pendant l'état embryonaire, lorsqu'il veut connaitre les affinités respectives des différents groupes du règne animal (1).

Je ne puis pas le suivre sur ce terrain, puisqu'il s’agit ici d’une classification de tout l’ensemble du règne animal; je

(1) Considéral. sur quelques principes relatifs à la classif. natur. des anim. et, plus particulièrement, sur la distribut. inéth. des mummif.: Ann. Sc. nat., 3e série, t. I, p. 65-99.

MILNE EDWARDS, 1844 et 1855. 283

-dois cependant signaler le rang qui y est assigné aux poissons. Elle est basée sur le principe suivant : « Les différences zoologiques les plus fondamentales, c'est-à-dire les traits distinetifs des grands embranchements, se prononcent au début de la vie embryonaire (loc. cit., p. 83); ce qui signifie, en d’autres termes, qu'il y a concordance entre la marche des phénomènes génésiques et les divisions naturelles du règne animal. » La première grande coupe fondée sur les différences observées dès que le développement du germe commence à se manifester est celle des animaux en vertébrés, où se montre tout d'abord le sillon rachidien médian, et en invertébrés, où nulle trace du sillon ne se manifeste. Parmi les premiers, s'établit bientôt une divergence profonde, résultant de la nature même du milieu ambiant. Si les phénomènes respiratoires, chez l'embryon, doivent s'accomplir par l'intermédiaire de l’eau, la membrane caractéristique de l’œuf des espèces aériennes, c'est-à-dire l’allantoïde, manque. De là, résulte le partage des vertébrés en deux groupes, les Anallantoïdiens et les Allantoïdiens. C'est particulièrement à la distribution de ceux-ci, ‘d’après le mode d'union entre la mère et Le fœtus, à l’aide des liens vasculaires, que M. Milne Edwards a consacré la seconde partie de son travail : il y a montré la possibilité, pour le classificateur, de tirer un très-bon parti de l'étude du placenta.

VERTÉBRÉS ANALLANTOÏIDIENS.

BATRACIENS. Cécilies| [Anoures| POISSONS. ER Urodèles |Chondroptérygiens| ——|—

|Pérennibr. |

ILepidosiren |

[P: ml

|Cyclostomes| | [Amphioxus|

Le tableau qui précède n’est que lareproduction d'une partie de celui où M. Milne Edwards a fait figurer tous les vertébrés. Il a cherché, comme il le dit lui-même, « à représenter par la position relative des groupes et par les lignes qui unissent ceux-ci, les divers degrés d’affinité que les animaux offrent entre eux et la place qui leur appartient, à raison de la perfection plus où moins considérable de leur organisation. »

Dans la 7° édit. de son Cours élément. d'hist. nat., 1855, M. Milne Edwards admet les divisions suivantes : CLASSE DES Poissons, 1° Osseux, Ordres : Acanthoptérygiens, Abdominaux, Subbrachiens, Apodes, Lophobranches et Plectognathes. — % Chondroptérygiens, Ordres : Esturgeons, Sélaciens et Cyclostomes.

L'ordre chronologique m'amène à parler maintenant de la classification exposée, en décembre 4844, par J. Müller, à qui ses études approfondies sur l’organisation des poissons ont permis de donner, en partie, satisfaction à un vœu exprimé par Guvier, dans ces termes :

« Pour disposer avec quelque ordre les genres et les familles naturelles qu'il est aisé de reconnaître dans cette classe d'animaux, il aurait été nécessaire ‘de saisir un petit nombre de caractères importants d’où il résultàt quelques grandes divisions qui, sans rompre les rapports naturels, fussent assez précises pour ne laisser aucun doute sur la place de chaque poisson ; et c’est à quoi l’on n’est point encore parvenu d’une manière suffisamment détaillée. » (Hist. nat. des Poiss., t. [, p.552):

En vue de la détermination de ces caractères, le professeur de Berlin a exécuté une série de travaux importants, dont l’anatomie des Myxinoïdes a été le point de départ (1). Arrivant ainsi à une connaissance plus exacte de l’organisation des poissons, il à proposé une classification essentiellement fondée sur des bases anatomiques. Il a pris à quelques-uns des ichthyologistes qui l’ont précédé, certaines divisions naturelles, quand elles lui ont semblé, par suite des analogies de structure, pouvoir être conservées, et il en a établi de nouvelles.

(1) Ces travaux, pour la plupart, sont consignés dans cinq mémoires insérés parmi ceux de l’Acad. de Berlin (1834-1843), puis tirés à part. Ils ont pour titre général : Vergleichende Anat. der Myxinoiden, der Cyclostomen mit durchbohrtem Gaumen. Ils traitent des os, des muscles, des organes des sens, de la névrologie, du système vasculaire de la splanchnologie.

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