‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 52 sur 216 · I. MULLER · texte numérisé non relu

I. MULLER

Enfin, il a fait rentrer dans son cadre, à l'exemple de M. Agasiz, les poissons fossiles, après s'être livré à un examen des espèces de notre faune, que ce dernier avait cru devoir rapporter à l'ordre des Ganoïdes. Par l’association et la combinaison de ces différents éléments, J. Müller est parvenu à donner un tableau de la classe entière (1).

Les vues qu'il a émises sur le classement des poissons, méritent d'occuper une place importante dans l'histoire de la science.

Moins systématique, il est vrai, que la classification de M. Agassiz, celle-ci néanmoins n’est pas complétement à l'abri des reproches faits à tout arrangement qui s'éloigne plus ou moins de la méthode naturelle. C’est, en effet, d'après un seul caractère, tiré soit de la disposition des os pharyngiens inférieurs, soit de la présence ou de l'absence d'un conduit aérophore de la vessie natatoire, que de grandes coupes ont été établies, mais sans de trop fortes atteintes portées à cette méthode. Je dois cependant faire remarquer, dès à présent, la nécessité où J. Müller s’est trouvé, pour rester fidèle aux principes qui l'ont guidé, de séparer les Ophidiniens (voy. plus loin, p. 287, note 1) des Anguilliformes, et les Scombrésoces des Esoces proprement dits (p. 287, note 2).

N'y a-t-il pas, d’ailleurs, quelque inconvénient à négliger des traits saillants de la physionomie générale de certains genres, et à les éloigner des groupes avec lesquels ils paraissent avoir le plus d’analogie par l’ensemble de leurs caractères

(1) On en trouve l'exposé dans un Mémoire où il commence par présenter de nombreux détails sur la structure des Ganoïdes et sur les limites à assigner à cet ordre: Ueber den Bau und die Grenzen der Ganoiden und über das naturliche System der Fische, 1844, traduit en français par M. Vogt (Ann. des sc. natur. Zool., 3e série, t. IV, p. 5-53).

Ce dernier, à la suite du Mémoire de J. Müller, a présenté Quelques observations sur les caractères qui servent à la classific. des poiss. ganoïdes (Id., p. 53-68). Elles devront être examinées quand nous étudierons les poissons de ce groupe. .

Les vues de M. Vogt sur la classification ont été résumées par lui(p. 68) dans les termes suivants : « Tous les caractères anatomiques tirés des organes de la digestion, de la respiration, de la circulation et de la génération ne sont point des caractères exclusifs, d’après lesquels seuls on pourrait délimiter des ordres et des familles. Ces caractères ont une grande valeur, mais elle n’est que secondaire, et les bases de la classification ichthyologique doivent être cherchées dans des considérations d’un autre ordre de faits, dans l’'embryologie comparée des poissons. »

extérieurs, pour les placer auprès de ceux dont 1ls ne se rapprochent réellement que par une ou deux particularités anatmiques d'organes internes ?

Il divise la classe des Poissons en 6 sous-classes.

SuseLassis I. Drpnoï, Müll. (à, deux, rvéoc, respiration). Poissons ayant deux manières différentes de respirer, ou Lépidosiréniens. — Corps couvert d'écailles ; des branchies et des poumons ; narines perforées. — Ils sont considérés ici, à Juste titre, comme des poissons, ainsi que M. Rich. Owen l'avait déjà proposé.

Sugcrassis Il. Teceosrer, Müll. (vehéoc, parfait, ôctéov, os). — Véritables osseux à branchies libres, munis d’opercules, et dont l'artère, à sa sortie du ventricule, porte deux valvules seulement.

Ordo I. Acanthopteri. — Acanthoptérygiens à os pharyngiens inféricurs doubles ; vessie natatoire sans canal aérien, mais quelquefois elle manque; nageoires paires inférieures situées le plus ordinairement au-dessous des pectorales (thoraciques) (1).

La plus grande analogie se remarque entre cet ordre et le groupe des Acanthoptérygiens d’Artedi, complète par Cuvier. J. Müller en éloigne les Labroïdes, à cause de la réunion sur la ligne médiane, de leurs os pharyngiens inférieurs, particularité anatomique déjà indiquée par le célèbre zoologiste suédois (1chth., 1138, Genera piscium, p. 33, Gen. Labrus), mais dont il n'avait pas été tenu compte jusqu'alors, comme d'un caractère suffisant, pour motiver cette séparation. À la famille des Gobioïdes, J. Müller rattache celle des Discoboles de Cuvier ou des Plécopodes de mon père (Zool. analyt., 1806, p. 109), en se fondant sur certaines considérations inutiles à mentionner à présent. Les Echénéides sont rangés dans la même famulle, à la suite des précédents (Archiv Wiegm., 1843, 9° année, t. I, p. 295 : Beitr. sur Kenntniss der natürl. Famil. Fische, 292-350).

On peut, avec M. Canestrini (Zur Kritik des Müller'schen Syst. der Knochenfische in : Verh. der 200l.-bot. Gesellsch., Wien, 1859, p. 119), faire deux objections à la composition de cet ordre. L'une est relative au déplacement des poissons nommés par J. Müller Pharyngognathes, et j'y reviens plus loin, à l’occasion de l’ordre qu'il désigne ainsi. L'autre porte sur l'inconvénient de laisser parmi les Acanthopières des fa-

(1) Il rapporte à cet ordre 15 familles : Fam. 1, Percoïdei, Cuv.; 2, Cataphracti, Cuv.; 3, Sparoidei, Cuv. (inclus. Mænidei) ; 4, Sciænoidei, Cuy.; 5, Labyrinthiformes, Cuv.; 6, Mugiloidei, Cuv.; 7, Notacanthini, Müll.; 8, Scomberoidei, Cuv.; 9, Squammipennes, Cu. ; 10, Tænioidei, Cuv.; 11, Gobioidei, Müll.; 12, Blennioidei, Müll.; 13, Pediculati, Cuv.; 14, Teuthyes, Cuv. ; 15, Fistulares.

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