‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 53 sur 216 · J. MULLER · texte numérisé non relu

J. MULLER

Ad

milles qui n'ont pas de rayon solide et non articulé aux ventrales, c'est-à-dire les Tœnioides, les Blennoïdes, les Gobioïdes et Les Fistulaires. Il semble donc convenable de les éliminer, puisque, par la structure même de leurs dorsales, ils méritent si peu la dénomination d'Acanthoptérygiens. On est, à la vérité, embarrassé sur le rang à leur assigner, ctil n’est pas bien démontré que M. Canestrini aittrouvé la véritable place des trois premières de ces familles en les réunissant aux Helmichthydes{ aux Ophidiniens, aux Batrachoïdes et aux Pleuronectides dans l’ordre qu'il a fondé sous le nom de Haplopteri pour les poissons à rayons des dorsales articulés, mais non ramifiés (voyez

plus loin l’analyse de sa classification d’après les rayons des nageoires).

Ordo IT. Anacanthini. — Malacoptérygiens semblables, par leur structure, si ce n’est celle des nageoires, aux Acanthoptérygiens; privés ou munis d’une vessie natatoire sans conduit aérophore; à nageoires paires inférieures jugulaires ou thoraciques [une partie des subhrachiens de Cuvier) ou nulles (1). Selon les divisions proposées par M. Canestrini, cet ordre devrait rentrer dans ses Haploptères.

Ordo HE. Pharyngognathi (à mâchoire pharyngienne). — Acanthoptérygiens et Malacoptérygiens à os pharyngiens inférieurs réunis par une suture sur la ligne médiane ; à nageoires paires inférieures pectorales ou abdominales ; à vessie natatoire sans canal aérien (2).

On a fait observer, avec raison, que le caractère essentiel et

(4) Fam. 1, Gadoidei, Cuv.; 2, Ophidini, Müll.; 3, Pleuronectides, Cuv..

Les Ophidiniens sont écartés des Anguilles, malgré certains rapports de conformation générale, et rapprochés des Gadoïdes, quoique privés de ventrales, parce qu'ils ressemblent, par l'allongement du tronc et par leurs barbillons, aux Gades aniguilliformes, tels que les Molves et les Motelles, mais surtout aux Brotules à dorsale et anale confondues avec l'uroptère. Comme ceux-ci, d’ailleurs, ils ont une vessie hydrostatique complètement close. On ne saurait méconnaitre également que les Ophidiniens se rap- -prochent un peu de certains Blennoïdes, et, en particulier, du genre Lycodes, Reinh. Il résulte de ces assimilations, qui paraissent pouvoir être faites sous différents rapports, entre les Ophidiniens et des poissons de diverses familles, que le véritable rang de celle dont il s’agit ici est difficile à déterminer, comme le reconnaissent, au reste, les zoologistes qui la laissent auprès des Anguilliformes, tels que M. Kaup : Uebersicht der Aale: Eïiniges über die Unterfamilie Ophidinæ, in : Archiv. fur Naturgesch., 1856, p.93; M. Van der Hoeven, Handoek der Dierkunde, 1859, 2e édit., t. I, p. 325 et Yarrell et Richardson, British fishes, 3e édit., 1859, t. I, p.77.

(2) Cet ordre comprend 4 familles ainsi groupées : Subordu I. PHARYN- ‘GOGNATHI ACANTHOPTERYGII. Fam. 1, Labroidei cycloidei, Müll. ; 2, Labr. ctcnoidei, Id.; 3, Chromides, Id. — Subordo II. PHARYNGOGNATRI MALACOPTE- RYGII, Fam. 4, Scombresoces, Müll., seu Belonini, Bonap.

exclusif de cet ordre n'a pas une grande importance. M. Th. Gill (voy. plus loin sa classificat.) le néglige. De plus, on a dit que si l’on s’en tient à ce seul caractère, il n’y à pas dermotifs pour ne pas placer dans cet ordre les Pogonias (Sciænoïdes), qui ont les pharyngiens inférieurs soudés sur la ligne médiane. Chez les Chromides, d’ailleurs, la réunion des pièces osseuses du pharynx n'est pas aussi complète que chez les Labres, et, par conséquent, s’il ne fallait s’en tenir qu'à la particularité anatomique d’après laquelle l’ordre est fondé, le rapprochement des deux familles ne serait peut-être pas suffisamment justifié. Notons enfin que M. Canestrini (loc. cit., p. 125) ne trouve pas conforme aux affinités naturelles de réunir dans un même ordre, uniquement parce qu'ils ont en commun un caractère anatomique d’une importance secondaire, des Acanthoptérygiens (Labroïdes et Chromides) d’une part, et de l’autre des Malacoptérygiens (Scombrésoces).

Ces critiques ne sont pas sans valeur; néanmoins l'ordre des Pharyngognathes, sans les Scombrésoces, est admis par la plupart des zoologistes.

Ordo IV. Physostomi (gÿ6a, vessie, otoux, bouche). — Malacoptérygiens abdominaux ou apodes, à vessie natatoire toujours munie d’un canal aérophore (1).

Tantôt, la vessie natatoire manque dans diverses espèces qui appartiennent à des genres où, d'ordinaire, elle est bien développée, comme, par exemple, chez les Loricaires et certains Pimélodes parmi les Siluroïdes, et chez le Sciénoïde dit Umbrina alburnus; tantôt, au contraire, elle se trouve dans des espèces très-voisines de celles qui en sont privées (Scomber preumatophorus, Sc. grex, etc.), ou bien elle n'existe pas chez un poisson très-peu différent d’un autre pourvu de cet organe. Il semblerait donc préférable de ne pas prendre un caractère tiré de sa conformation, comme point de départ pour la délimitation d’un groupe d'ordre supérieur, d'autant plus qu'il y a dans les Physostomes de J. Müller, des poissons où la vessie fait défaut. Cette objection n’a cependant pas une très-grande portée, car tous ceux qui sont munis de ce réservoir à air, et

(1) Subordo 1. PHxsosTomr ABDOMINALES. Fam. Î, Siuroidei, Cuv.; 2, Cyprinoidei, Agass.; 3, Characini, Müll.; #4, Cyprinodontes, Agass.; 5, Mormyrei, Cuv.; 6, Esoces, Müll.; 7, Galawiæ, Müll.; 8, Salmones, Müll.; 9, Scopelini, Müll.; 10, Clupeoidei, Cuv.; 11, Heleropygiüi, (Telkampf), Müll, — Subordo IT. Paysosrou: APODESs. Fam. 12, Murænoidei, Müll.; 13, Gymnofini, IA. ; 14, Symbranchi, ld, r oi ,

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