GANOÏDES
J'ai fait connaître (t. I, p. 268-275) la classification des poissons proposée par M. Agassiz, et j'ai exposé les motifs qui Font porté à prendre la structure des écailles comme point de départ pour Farrangement méthodique des espèces fossiles et vivantes. J'ai, en même temps, indiqué les caractères principaux assignés par lui à ses divisions primordiales. Il est donc inutile de revenir sur ces détails, et je dois seulement m'occuper de son groupe des Ganofdes.
Il y avait reconnu d'abord 15 familles déjà énumérées (t. I, p. 274, note 1), et j'ai fait observer combien, par la justesse de ses vues et par l'importance des travaux préparatoires de sa classification, il avait éveillé l'attention des zoologistes sur les principes de la classification des poissons. Aussi, n'est-il pas surprenant que ses travaux en aient provoqué d'autres sur le même sujet.
(i) De T^cvoc, édat, à cause de Taspect brillant des écailles de plusieurs des poissons de ce groupe, lesqneUes semblent couvertes d*nne couche d'émail. —Voyez (p. 1^, à la suite de la discussion des faits sur lesquels est ibndé rétablissement de la sous-classe des GanoTdes, renoncé des caractères de cette sous-classe.
Poiêsont. Tome II. 1
s CA1IO10ES.
J. MôUer, le premier, a soumis à one étade approfondie les divisions proposées par M. Agassi/, el s'est particolièrement attaché à Teiamen des poissons rapportés par ce zoologiste à Tordre des Ganoîdes (1).
n faut d'abord noter qu'une partie des objections de J. Mûl- 1er contre la délimitation trop large du groupe doit être laissée de côté depuis que M. Âgassiz, dans sa classification de 1857 (U I de cette HisL nat. des pou., p. 275), en a éloigné les Lépidosiréniens (2), les Tétragonurides et les Macrourides. Elevant la division des Ganoîdes au rang de classe et des groupes de familles au rang d'ordres, ceux qu'il admet sont au nombre de trois : 1 Ccdacanthes^ S Aàpensérides^ 3 Sonroldes. Il y rattache, avec doute, les Siluroîdes, les Plectognathes et les Lophobranches.
Les Siluroîdes, malgré l'écaillure des Loricaires et la ressemblance de ces derniers avec YAâpenxer [Siwrio) pUUyrhynchus, Rafinesque, type du genre Scaphirkjfnchm ^ Heckel, tiennent, comme M ûUer le fait remarquer, par trop de caractères aux Halacoptérygiens abdominaux pour pouvoir en être détachés.
M. Vogt, il est vrai (Observât, sur la classificat. des poiss.^ in : Afin. se. itol., Zool. 3* série, t. IV, p. 54 et suiv.), a insisté sur la convenance de ranger, parmi les Ganoîdes, la famille des Siluroîdes. Il s'appuie, pour soutenir son opinion, sur l'analogie établie , ditril , entre ceux-ci et les Estui^ons, par la diminution du nombre des pièces operculaires et par la simplification de l'appareil suspenseur de la mâchoire inférieure. La discussion de cette assimilation m'entraînerait trop loin, car elle exigerait une détermination préalable des pièces dont l'appareil suspenseur se compose, et ce n'est pas ici le lieu de traiter une question incidente dont l'examen trouvera naturellement sa place dans l'histoire des Siluroîdes (3). Je la laisse
(1) UébêT den Bau ttnd die Grenzin der GanMen wnd Hber dos natUr' Uehe System der Fische {Abhandl, Kônigi. Akad. WissentduifleH ^ Berlin [1844], 1846, p. 117-216, 6 pi.). ^ Le même mémoire, moins développé, sans pi., se trouve in : Ardiiv /tif Na/iir^Mcfe., Sridison, 1845, 1. 1, p. 91- Ul, et trad. par Yogt in : ifi». w* nai.^ Zoologie, 3> série, 1845, t. lY, p. 5- 53, suivi d'Obstrvat par le traducteur, p. 53-68, pi. 9, fig. 1-4.
(2) En faisant Thistoire de ces poissons, je montrerai comment, malgré leurs analogies avec les Ganoîdes, ils doivent former une sous-classe distincte.
(3) On connaîtra alors de nouveaux types de cette taiille et de beaucoup d^autres non encore décrits, mais que M. Agasaix vient de trouver durant un grand voyage récent (1865-1886) dans le bassin de rimaxone
CARAGTÉIIBS. 3
de côté d'autant plus volontiers, que, d'accord avec la plupart des zoologistes, je ne trouve pas, chez les Siluroîdes, les caractères essentiels des Ganoîdes.
Quant aux Plectognathes, dont quelques-uns seulement, tels que les Ostracions, les Balistes et les Diodons, sembleraient peut-être appartenir aux Ganoîdes par leur revêtement extérieur, ils ont, contrairement à ces derniers, une vessie natatoire close, et sont, en outre, privés de catopes ou nageoires ventrales.
Enfin, les Lophobranches offrent, dans toute leur organisation, des particularités qui, malgré Taspect de leurs téguments, motivent leur classement dans un groupe séparé.
M- Vogt (loc. cit. p. 63) est d'accord avec J. MûUer, et leur opinion est celle de presque tous les zoologistes, sur la nécessité de séparer de la sous-classe, les Plectognathes et les Lophobranches.
Quoique l'aspect et la structure si remarquables des écailles émaillées des Lépidostées et des Polyptëres justifient la dénomination qui sert à désigner les Ganoîdes, Técaillure n'est pa$ le caractère essentiel du groupe. Elle peut se présenter sous des apparences diverses ou même faire défaut, de sorte qu'il y a des Ganoîdes nus : tel est le Polyodonte ou Spatulaire. Il fallait donc chercher ailleurs d'autres traits distinctifs. C'est ce qui a été fait par J. MûUer, dans son Mémoire déjà cité (Ueber den Bau... Ganaiden^ etc.], et par d'autres naturalistes, dont les travaux se trouvent exposés dans les pages suivantes.
Les caractères anatomiques des Ganoîdes sont tirés de certaines particularités trèsHdotables de l'organisation. Les poissons chez lesquels on les a observées forment, ei^ raison même de leurs analogies de structure, un groupe composé de familles qu'on n'avait pas encore réunies avant l'époque où M. Agassiz d'abord, puis J. MûUer, ont appelé raltention sur la convenance d'un rapprochement admis aujourd'hui par presque tous les zoologistes
On doit donc considérer comme formant la sous-classe des Garoîdes les familles suivantes qui ont, les unes, un squelette cartilagineux, les autres, un squelette osseux.
(Agaesix, Uttr$g datées de E^a, 22 sept. 1865, de Manaos, 2S nov. 1865, et de Para, 12 mars 1866 dans les Ann. se, nat, Zool., série Y, t. lY, p. ^,
et t. y, p. 226 et ace).
4 gauoîdbs.
Ordra I. GHOmmOSTÉS ov CHQHDnCHTBES (t).
Fam. 1. Sturanienê ou Acipenséridés.