Polyptéridés
B. Amiadés.
Les preuves de la légitimité de ce classement sont fournies par Texamen :
l» Du cœur et surtout du bulbe artériel;
2® Des oignes de la respiration ;
3« De la vessie natatoire ;
4'' Du tube digestif;
K"" Des organes sexuels ;
&" De Tencéphale et surtout de la disposition des nerfs optiques à leur sortie du cerveau.
Nous verrons ensuite (p. 13) par l'énoncé des caractères de la sousH^lasse des Ganoîdes, comment elle se distingue des différentes divisions de la classe des Poissons.
1® Le ccsur^ contrairement à ce qui a lieu chez les autres poissons à branchies protégées par un opercule, est surmonté d'un bulbe artériel musculeux analogue à celui des Plagiestomes (2). Il est constitué chez tous les Ganoîdes, comme chez ces derniers, et même chez les Holocéphales, par des fibres striées (Leydig, Lehrbr. Histologie^ p. 410, où se trouve consigné le même fait relativement au Lepidosiren et aux Batraciens).
(1) Yoy., pour Tétymologie de oe mot proposé par mon père, t I, p. 5, note 4. A la p. 81 de son îchihifoiogiê analyti^ {Mém, Ae. le.» U XXYU), il explique remploi qu'il a fait du mot ostiehiheSy tiré de ioréov, os, et ixIKk, poisson. Pour désigner les osseux, J. MûUer ftiit usage du mot Boîostei^ utilisant ainsi le nom du genre Hohsteus (de ôXo<, tout, entier, et 6otiov, 08) appliqué par H. Agassiz à un poisson de la famille des Esoces. Pour les cartilagineux, il se sert d'une dénomination générique attribuée par le même zoologiste à un Esturgeon, celle de Cfuniratteus (de x^vdpoç, cartilage, et ôtfT^ov), dont il a fait Chondrostêi.
(2) Les Holocéphales ou Chimères munis d'opercules qui sont, H est vrai, membraneux et très-peu développés^ sembleraient faire exception à la règle générale, mais, en réalité, il n'en est pas ainsi, car leur bulbe à deux rangs de replis valvulaires a peu de fibres musculaires (voy. 1. 1 de cet ouvr., p. 100 et 676).
CARAGTÉRBS. 8
Le bulbe des Amies est moins musculeux, cependant il peut être comparé à celui des précédents, en ce que sa base est entourée par une ceinture musculaire. Dans le reste de son étendue, il présente la même teinte grise que chez les poissons osseux, et il a la même structure.
Le bulbe porte, à sa face interne, plusieurs rangées de valvules comparables à celles des Plagiostomes (voy. 1. 1, p. 189- 191) (1).
Leur nombre varie chez les différents Ganoldes :
11 valvules sur 2 rangs (6 au rang antér. et 5 au rang poster.), an niveau de la collerette musculaire extérieure, et, en avant, « 2 forts rideaux musculaires composés chacun d'une lamelle en forme de langue, qui est attachée, par sa base, à la lisière de la collerette et dont les deux côtés sont fixés aux parois du bulbe par une saillie assez prononcée. Une quantité de fils tendineux partent de l'extrémité antérieure de ces rideaux charnus réunis dans deux lisières plus épaisses qui sont attachées en forme de croissant » (Vogt. loc, cit., Ann, se. nat.^ 3' série, t. lY, p. 60^ pi. 9, fig.2), d'après une Amie du Muséum d^histoire naturelle préparée par J. Mûller;
M. Franque {Amiœ ealvœ anatom, descr., etc., 1847, p. 10,fig. 10) en a compté 10 seulement, non compris les 2 grands replis valvulaires dont il vient d'être question;
12 sur 3 rangs horizontaux composés chacun de  valvules : Aci-fenter slurio; quelquefois, comme Hanter Ta constaté {Catal. conpparât, anat. CoUege of Surgeons, t. II, p. 38, préparât. 908), il y a 5 valvules au rang antérieur;
15 sur A rangs horizontaux : Acip. ruihenuSj disposées ainsi: 3 sur le rang le plus rapproché de Torigine du bulbe, i sur le 2* rang, 5 sur le plus antérieur ; puis, à une petite distance en avant, 3 au commencement de l'artère {Koelreuter Obgervat. splanchn. ad Acip. rutkeni anat. spectantes in : Novi Commentant Acad. scient, imper. Petropolit.^ 1T72, t. XVI, pi. XIY^ fig. 5, explication de la pi., p. 523);
12 sur 4 rangs longitudinaux composés, chacun de 3 valvules : P<h lyodon folium (J. Mûll., Veber den Bau und die Grenzen Ganoid. in : Abh. Akad. Berlin [1844] 1846, p. 215), dans l'explicat. des fig. 3 et3'^ représentant le cœur et le.bulbe de l'espèce, mais ce dernier non ouvert.
27 sur 3 rangs longitudinaux composés chacun de 9 valvules (Polyptems bichii^. Les antérieures sont les pins grandes ; de minces cor- Ci) C^est précisément l'absence de fibres musculaires sur le bulbe artériel qui s'oppose à ce que^ malgré leurs valvules, on rapproche les Butyrins des Ganoldes (Stannius, Bandb. der Zoot., Fisehe, 9* édit.^ 1854, p. 235, et Frinque, Amim caivm imat,^ 1857, p. 11).
6 GANobis;
dons fibreax eonstitnant des sortes de frein se portent, dans cbaqne rang, du bord libre d'one yalvule à la partie inférieure de la ^alToie qui précède, et établissent une solidarité d'action pour tons les replis Talvnlaires dn bnlbe.
Entre les 9 séries complètes de Talvnles^ syonte J. MûUer, qni a décrit cette curieuse disposition {loc. cii., p. 14, trad. Vogt, et Vber den Bau und die Grenzen der Gan,, in : Abhandlung. Akad. Wisseriich. Berlin, 1846, p. 426, pi. II, fig. 3), il y a encore 3 autres séries longitudinales, dont les yalvules sont moins nombreuses et moins grandes ; les séries incomplètes sont placées de manière à s*intercaler entre les séries complètes, et, par conséquent, il y a six séries longitudinales^ qui seraient, en tout, composées deSéyalvules, si toutes étaient déyeloppées au même point; mais, par suite du dé- Tcloppement incomplet des séries complémentaires, on ne trouve que 45 valvules environ.
40 sur 5 rangs longitudinaux comprenant chacun 8 valvules réunies, comme celles du Polyptère, par des cordons fibreux : Lepidosteus osseuSy vel setnùradiatus, Agass. (Mûller, loc. cit. in : Abhandl. Akad., Berlin, 1844 [1846], p. 126, pi. Il, fig. 2).
72 valvules sur 8 rangs longitudinaux à 9 valvules chacun ; 4 de ces rangs à grandes valvules et 4 autres interposés à ceux-ci, composés de valvules plus petites et incomplètes; quelques-unes même manquent, de sorte qu'il n'y en a que 54 à 60: Lepidosteus bison, Dekay, vel Lepid. osseus, Agassiz (MûlL, loc. cit. in : Abkandl. Akad., Berlin [1844], 1846, p. 214, explicat. de la fig. 2 et 2*, pi. V.
Dans les autres familles que M. Agassiz a considérées, mais avec doute (classification de 1857), comme appartenant au groupe des Ganoîdes (Siluroîdes, Plectognathes, Lophobranches), il n'y a que 3 valvules au bulbe. Le mémoire déjà cité de J. Huiler, contient la liste de 35 familles de poissons osseux dont 48 genres examinés soit par lui, soit par Walbaum, Guvier, Tiedemann et Meckel, ont seulement 2 valvules.
2^ Quelques Ganoîdes (Esturgeons, Scaphirhynque, Lépidostées) possèdent un organe supplémentaire de la respiration qui ne se rencontre jamais chez les poissons osseux ordinaires et dont nous avons trouvé Tanalogue dans la demi-branchie antérieure des Plagiostomes (t. I, p. 200). Ges Ganoîdes ont, à la face interne de Topercule, une branchie accessoire où vient passer du sang noir apporté par une des divisions de Tartère branchiale et destiné à y subir le phénomène de Thématose. A sa sortie, il est amené dans le torrent de la circulation artérielle par un vaisseau que reçoit la première artère épibranchiale. La branchie accessoire ou operculaire manque chez TAmie, chez le^ Polyodon et chez le Polyptère ; mais le second
CÀRACTftRBS. 7
est si voisin des Esturgeons et le troisième des Lépidostées, qn*îls ne peuvent point être écartés de ces derniers.
Leur séparation est d^autant plus impossible, que le Polyodon et le Polyptère étant, Tun et Tautre, pourvus d*un évent comme les Sturioniens, à Texc^tion du Scaphiriiynque, ils se trouvent, par là môme, éloignés des poissons osseux où jamais révent n'existe. Il manque également chez les Lépidostées (1) et les Amies. Sa présence , pas plus que celle de la brancfaie operculaire, ne constitue donc un caractère général et essentiel.
J*en dirai autant d'un autre organe que possèdent les Esturgeons, les Spatulaires et les Lépidostées , mais que le Polyptère et TÂmie n'ont point. Sa structure et la disposition de son système vasculaire dénotent une relation évidente avec la fonction de la respiration. Je veux parler de l'organe signalé d'abord par Broussonnet sous le nom de pseudobranchie (2), et qui, fixé aux parois de la cavité respiratoire, chez un assez grand nombre de poissons osseux, occupe la région antérieure de l'évent chez les Plagiostomes (t. I, p. 211) (3). lia été étudié, avec beaucoup de soin, par Meckel sur un grand nombre d'espèces , et nommé par lui demirbranchie ou branchie accessoire (Anat. comp.^ trad. fr., t. X, p. 216 et suiv., § 48-51). Cependant , si ce dernier nom est conservé de préférence à la branchie operculaire à laquelle il convient à cause de son rôle physiologique, puisqu'elle est destinée à augmenter l'étendue des surfaces où l'hématose s'accomplit, doit-on adopter, avec J. MûUer, la dénomination de fausse branchie ou de Ihranr chiole^ pour désigner l'organe que Broussonnet a, le premier, signalé à l'attention des anatomistes?
Suivant le professeur de Berlin, cet organe consiste en une
(1) P«at-étre, suivant la supposition de J. HûUer, rêvent exi8te-4-il chez les Lépidostées à Tétat fœtal, comAe il se rencontre, durant la même période, chez les Garchariens où il manque à TAge adulte (Mîlll. loc.cit., Afm, Se. nai.t S* série, t. IV, p. 20).
(9) n en a parlé, pour la première fois, en 1792, dans la Décade I de Tonrra^ commencé sous ce titre : lOithifologia ^tem pisekmi dêscripHoiiât et ieoneM. Il y a donné quelques détails sur les dimensions des pseudo-branchies et sur la position qu*elles occupent chez quatre poissons; mais son Mém. pour servir à ^histoire de la respiration des Poiss. (Mém, Acad, sc.y Paris, 1785, p. 482 et 183) en contient une description détaiUée.
(3) Chez les Seymnus cependant, selon la remarque de J. Huiler (lot, dt. iiM. Se. nat,9 3* série, t. IV, p. 20), la branchiole ne persiste pas au-delà du terme de la vie totale.
8 GANCridiBS.
sorte de réseau vasculaire [reU mirabile] que traverse du sang artériali$é, qui s'y perfectionne encore avant de pénétrer dans Fartère ophthalmique.
J'ai donné un résumé (t. I, p. 211-214) des objections de M. Hyrtl contre cette opinion, fondées sur les résultats de Tétude qu'il a faite de la branchie de Tévent chez les Plagiostomes. Je me borne, par conséquent, à rappeler qu'il considère la brancbiole comme recevant, non pas le sang artériel destiné à Tœil, mais le sang veineux qui en revient.
Des observations semblables dues à M. Rud. Demme, sont consignées dans un travail publié en 1860 (Dos artérielle Gefâsssystem von Adpenser ruthenns). U résulte de sa description détaillée, et avec figures, de la très-petite branchie accessoire de révent (1) (p. 14-19, §4, pi. I et III], qu'elle a pour fonction de revivifier le sang rapporté de Tœil par la veine ophthalmique qui constitue le vaisseau afférent de cette branchie dont le vaisseau efférent chargé du sang hématose se jette dans la veine de la branchie operculaire. Ici, comme dans les recherches de H. Hyrtl, la démonstration a été complétée par la découverte d'une artère ophthalinique émanée de la carotide cérébrale.
De là, résulte que, contrairement à l'opinion émise par J. MûUer sur la difTérence de rAles attribuée à ces organes vasculaires, il y a, chez les Esturgeons, deux branchies accessoires, mais non pas une branchie accessoire ou respiratoire et une fausse branchie ou branchiole traversée par du sang artériel destiné à l'œil.
En est-il de même pour la branchiole du Lépidostée décrite et représentée par J. MûUer (UeberdenBau^ etc., in : Abhandl. Akai. Wissenschaft. [1844], 1846, p. 133, pi. II, fig. 1). Je n'ai pas été à même de faire des recherches sur ce sujet et il n'a rien été publié, à ce que je sache, qui s'y rapporte ; mais le rôle physiologique de la branchiole s'expliquant bien mieux si elle constitue un organe de respiration plutôt qu'une sorte de réseau vasculaire, je suis porté à penser qu'elle a pour fonction, comme chez les Raies et comme chez les Esturgeons, de modifier le sang veineux à son retour de l'œil.
Le tableau suivant résume les difTérences que présentent les Ganoldes relativement aux organes dont il vient d'être question.
(1) L'évent du St«rlet a édiappé à H. R. Demme. D est fort petit, mais oependant il ne manque pas. — Le Scaphirhynqae ii*a pas d'érent.
CARAGTiRBS. 9
i Brtnehie operenUdre, brinchiole, 6Tent Ettargeon.
2 ^ — — sanBérent. . . Lépidosièe.
3 — — sans branchiole, sans érenU Scaphirhynque.
4 Pas de branehie opercul., branchiole et évelit. Spalnlaîre.
5 pas de branchiole, iveni. Polyptère.
6 — sansévent. Amie.
3* La veuie natatoire ne manque à aucun Ganolde, et toujours, elle est munie d*un conduit aérophore. Tantôt, elle constitue un simple sac (Esturgeons, Scaphirhynque et Spatulaire). Tantôt, au contraire, elle a une structure beaucoup pins compliquée. Les différences qu'elle présente sous ce rapport, ainsi que dans sa conformation générale, et dans la disposition du canal qui la met en communication avec Tair extérieur, exigent une description particulière pour chacun des groupes dont la sous-classe se compose.
La constance de sa présence et sa communication avec Textérienr sont donc les seuls faits nécessaires à rappeler dans des considérations générales sur les Ganoides dont quelquesuns, en raison de la structure celluleuse de la vessie natatoire, semblent être munis d'organes pulmonaires.
4** Les Esturgeons, les Spatulaires, les Polyptères ont une valvule fpirale de Vintestin^ comme les Plagiostomes. La description du tube digestif que j'ai donnée (t. I, p. 153 et 154) me dispense de revenir sur ce sujet. La valvule est beaucoup moins développée chez les Lépidostées et chez V Amie (Franque, Amiœ calvœ anat. descr.^ p. 11, fig. 4, d) que chez les autres Ganoîdes. Elle ne s'y trouve, pour ainsi dire, qu'en rudiment.
5* Les organes génitaux offrent, chez les Ganoides, une disposition tout-à-fait remarquable : il y a communication entre ces organes et ceux qui reçoivent l'urine à sa sortie des reins.
Dans l'Esturgeon, Baêr l'a constaté en 1819 (Zweiter Bericht anatom. Anstalt zu Kœnisberg^ p. 40 et addition à la PhysioL Burdach, tr. fr. Jourdan, 1. 1, p. 287), il y a un conduit déférent séparé du testicule, commençant, de même que l'oviducte, par un orifice libre infundibuliforme, et se terminant dans l'uretère.
Rathke, le premier (Beitràge zur Geschichte der ThierweUj t. II, p. 125), comme il le fait remarquer dans une addition à la PhysioL de Burdach, tr. fr. Jourdan, 1. 1, p. 219, a décrit la connexion qui, analogue à celle qu'on voit sur le mâle, a lieu, chez la femelle, entre les oviductes et les uretères. Dans chacun de ces derniers organes, *s'ouvre, à peu près vers la
10 CAHOtoU*
portion moyenne de la cavité abdominale, un entonnoir formé, en grande partie, par le péritoine, et son orifice, dans l'uretère, est garni d'une valvule disposée de manière à permettre le passage de la cavité abdominale dans ce conduit, mais à s'opposer au mouvement en sens inverse. A Tépoque du frai, les entonnoirs se tuméfient considérablement, ainsi que la portion des uretères située derrière eux, et reçoivent alors les œufs qui sont tombés des ovaii^s dans la cavité abdominale.
A ces observations de Baër et de Ratbke, J. Mûller en a ajouté une autre. Elle est relative à la fermeture complète des entonnoirs hors le temps de la reproduction. Ce sont alors, dit le professeur de Berlin, de véritables cul&<le-sac dont l'ouverture n'a lieu qu'à Tépoque du frai. Une grande femelle, avec des entonnoirs fermés, qui fut prise, en été, dans TOder, n'avait, dans Tovaire, que de très-petits ovules visibles seulement à la loupe (Mém. sur les Ganoîdes et sur la elassifUuU. natur. des poiss.^ trad. Vogt in : Ann. se. naU ZooL^ 3* série, t. IV, p. 23).
M. Leydig (Anatùtn.'histolog. Vntersuch. Fischer p. 33) sur un Acip. Naccarii d*, long seulement de 1 pied 1/2 (0^.408), a trouvé l'entonnoir que forme le canal déférent et qui s'abouche dans l'uretère fermé à son extrémité postérieure tant à droite qu'à gauche, comme il s'en est assuré par l'insufflation ; mais il suppose, avec J. Mûller, que l'occlusion n'est pas constante.
M. Hyril a fait, de cette question d'anatomie, l'objet d'un travail spécial (Veber ien Zusammenhang der Geschlechts-^nd Hamwerkzeuge bei den Ganoiden^ in : Denkschr. Akademie Wien, 1884, t. VIII, avec pi.). Il a confirmé, pour les Sturioniens, sur les espèces dites Adp, brevirostris et ruthenus et Scaphirhynchus platyrhynchus, l'exactitude des faits signalés par les anatomistes que je viens de nommer; mais, contrairement à Mûller, il a obtenu, par le passage d'une goutte de mercure, la preuve que l'ouverture del'oviducte dans l'uretère, quoique très-fine, reste toujours béante.
Il a décrit (p. 1-4 du tirage à part) et représenté pi. 1, fig. 1, la commanication des ovidoctes du Spatularia {Polyodon folium) avec les prolongemeiits de la vessie urinairé qui se réunissent pour fonner un sac médian. Les oviductes, au-delà des entonnoirs, se rétrécissant beaucoup, pénètrent dans Tépaisseur des parois des cornes vésicales et s'ouvrent à leur intérieur.
Chez le mâle (pi. I, fig. 2), chaque canal déférent, après avoir formé rentonnoir où est re^u le sperme, pénètre dans la corne vésicale
CAUctten. 11
eorrespondantet et, après on certain Utyet, sa divise. L*ane des bran** ches de la bifureatioa offre» à son eitrémité, une petite onTertare, mais Tautre est fermée.
Cette observation rectifie, par conséquent, ce que A. Wagner, dans sa description, d^ailleurs exacte, des organes génitaux (De Spatularium anatame^ Berlin, 1848) a dit (p. 13 et 14) du défaut de communication, à certaines époques de Tannée, entre les uretères et les oignes génitaux (voy. la pi. de Wagner, fig. B).
Les OTÎductes du Lepidost. os$eu$ (HyrtI, loe. dt., p. 5^ pi. II, fig. i) sont reçus comme dans un étui par les prolongements antérieurs de la vessie, et se terminent dans la partie élargie de ces prolongementSi avant qu'ils se réunissent en une poche médiane. L'extrémité des oviductes n'est pas la même des deux cétés. A gauche, il y a deux petits diverticules aveugles entre lesquels se voit le bout de l'ovidncte percé d'un trou. A droite, le diverticnle est unique, et perforé comme Foviducte lui-même.
Dans le Polypterus bichir (Hyrtl, loc. cit.^ p. 6, pi. III, fig. 1), les oviductes ont une ouverture en entonnoir semblable à celle de l'Estnrgeon, et, de même que chez les Sturioniens et les Lépidostées, la communication entre les organes génitaux et urinaires existe, mais la disposition est inverse. Il n'y a pas de vessie bicorne; du bord externe de chaque rein sort un uretère d'un petit diamètre qui se réunit vers la région postérieure de l'abdomen, à celui du côté opposé pour former un urèthre court et étroit, qui a son ouverture dans la portion terminale et moyenne des oviductes formée par la jonction de ces organes. Ce sont eux, par conséquent, qui reçoivent les uretères an lieu d'être reçus par ces derniers.
Enfin, VAmie (Hyrtl, loc. cii., p. 7, pi. 111, fig. 2) a de larges oviductes qui s'ouvrent séparément, par un vaste orifice, dans les deux lobes inégaux d'une grande vessie non prolongée comme celle des Sturioniens et des Lépidostées. Près de l'orifice vésical de l'ovidncte, se voit celui de l'uretère. Cette description, M. Hyrtl le fait remarquer, modifie un peu le passage de la dissertation de M. Franque [AnaU Amvz calvœ) relatif (p. 7) à la communication des organes génitaux et urinaires.
Chez tous les Ganoïdes, l'ouverture extérieure du système urof énital se voit derrière Torifice anal dont elle est distincte. Tous ont, de chaque cAté de Tanus, un pore abdominal extrêmement petit, surtout chez le Polyptère et chez l'Amie (Hyrtl, loc, cit. pi. I, II et III). Ces pores constituent une analogie avec les Plagiostomes (t. I, p. 1S8-1K9 où j'ai signalé la communication du péritoine avec l'extérieur au moyen des pores anaux).
1S gakoIdss.
J'ajoute comme complément des observations sur les organes génitaux des Ganotdes que M. Leydig {AnaUm.-kUtolog. Vntermch. Fische, und Rept.^ p. 33) a trouvé, à la surface interne de Tentonnoir, dans les deux sexes, chez YAcip. Naccarti^ des cellules d'épitbélium à cils vibratiles. Chez la femelle, il a vu cet épithélium à la paroi antérieure du ventre, sur le bord de Tovaire et à Tentour de Toviducte. Les cils vibratiles en sont très-longs et très-épais.
6* Vencéphale offre, dans chacun des groupes de la sousclasse des Ganoîdes, certaines particularités dont l'indication appartient à Thistoire spéciale des divers groupes ; mais il importe de signaler, en ce moment, que chez tous, même chez ceux dont Tencéphale s'éloigne le moins du type des poissons osseux, comme les Polyptères, Lépidostées et Amies, il y a réunioù des nerfs optiques en un chiasma.
Les faits qui précèdent peuvent être résumés dans les termes suivants.
GAnACTÉass des Ganoîdes. — Poissons à squelette cartilagineux ou osseux, à bulbe artériel entouré de fibres musculaires et muni de plusieurs séries de valvules ; à nerfs optiques non croisés et ne passant pas librement Tun au-dessus de l'autre, mais réunis en un chiasma ; à branchies libres recouvertes par un opercule ; à valvule intestinale spiroîde ; à organes génitaux communiquant avec ceux qui reçoivent Turine à sa sortie des reins ; à vessie natatoire simple ou celluleuse, pourvue d'un conduit aérophore ; à catopes situés à la région abdominale.
Tels sont les caractères propres à tous les Ganoîdes.
Il convient d'y joindre les suivants :
Téguments tantôt recouverts de squames osseuses quelquefois brillantes comme si elles étaient protégées par une couche d'émail, ou d'écaillés ordinaires, tantôt nus; queue, le plus souvent, hétérocerque; nageoires impaires protégées, chez un certain nombre, par des fulcres ; chez quelques-uns, des branchies operculaires, des branchioles et des évents qui manquent chez d'autres.
Après avoir exposé les motifs sur lesquels est fondée la réunion, dans la sous-classe des Ganoîdes, des familles des Sturioniens, des Spatulariées, des Lépidostées, des Polyptères et des Amies, je dois faire connaître le rang qui leur était assigné avant l'établissement de cette sous-classe, celui que leur attribuent encore les zoologistes placés à un autre point de vue
CLASSlPlCATIOflS. 13
que M. Âgassiz et J. Mûller, et enfin, les dassifications les plus récentes.
Souvent, dans cette revue, je me borne à renvoyer à la partie du tome I du présent ouvrage (p. S6S-308) relative aux amn* gements proposés depuis 18S8, époque où Guvier a consacré à rhistoîre de Tichthyologie le premier volume de son Hist. natur. des Poiss. En exposant les travaux de taxonomie concernant la classe tout entière, je ne devais pas remonter en deçà de la limite où Guvier s'est arrêté, mais il ne peut plus en être de même quand je dois rappeler des distributions partielles dont Guvier n'avait point à faire mention.
i815. Rafinesque (Analyse de la nature ou TabL de l'univers et des corps organisés^ p. 81) a divisé les poissons en
S aoos-dasses : I Holobranehia^ II AteUosia (MXtic, MXctoç, imparfait). Dans la dernière, il forme, sous le nom de EUropomia (corruption sans doute du mot Eleuthéropomes proposé par mon père en i806, un ordre ainsi caractérisé :c Branchies dépourvues de membrane branchiale et munies seulement d'un opercule. » — L*ordre renferme une famille unique (p. 92), celle des Pomanchia (ndiM, opercule, «YX^ fente) partagée en 2 sons-familles : i®5<emopty^ta,2geDres, StemoptyxeiMelanietis ; îf^Sturiana^ 3 genres, Polypterus, Acipemert Pegasus.
Je cite cette division pour ne point laisser des lacunes, mais on voit combien est hétérogène la réunion des poissons qui forment la famille des Pomandiia^ les deux premiers genres qu'elle renferme étant voisins des Scopèles.
1825. Dans les Familles naturelles du règne antm., Latreille met en tête de la section I (Anomaux) Tordre des Sturioniens composé de deux familles :
IGymnorhynques (Esturgeons)^UPhyUorhynques (Polyodons).
Les Polyptères, les Lépidostées et les Amies constituentp avec les Erythrins et les Vastrès, la tribu des Armiceps dans la famille des Clupéides (p. 120).
18S9. M. Swainson (Nat.hist.Fish. Amph. Rept., t.II,p. 322), place, dans son 3* ordre : CartUagines^ parmi les cinq familles dont Tordre se compose (Yoy. notre 1. 1 , p. 277) , celle des Prionidœ ayant pour type le Polyodon , et celle des Sturionidœ fondée pour le genre Adpenser. Quant aux Lépidostées , il les laisse près des Esoces^t. II, p. 297).
Le prince Gh. Bonaparte avait d'abord considéré (Syst. iduhyolog.^ 1839, puis, Prodromus system ichth.^ 1840, p. 7) Tordre des Esturgeons divisé en 2 familles : Polyodontidœ et
14 «ÀNOlDBS.
Adpmseridœ^ comme formant, dans la sous -classe de ses Pomatobranches , une section particulière (Micrognathi). — A Tordre des Ganoides, au milieu des familles des Loricaires, des Silures , des Tétragonures et des Macroures, il rapportait celle des Lepidoslées ^jqffidosteidœ) partagée en 2 sous4amilles : Lepidoiteini et Polypterinû — En 1850 (Conspectus systenuUis ichtkiologiœ^ Leyde, in-folio), généralisant ce qu*il avait &it déjà pour les espèces de nos mers en. 1846 (CatcU. metod. pesa eurap.y p. 20-22), il sort de la sous-classe des Pomatobranches, et pour les ériger en une sous-classe (Epibranchii)^ les Ganoîdes qui y constituent une section unique (Voy. notre 1. 1, p. 295) d*où sont éliminés les Silures , les Loricaires , les Tétragonures et Macroures.
Cette section unique comprend 2 ordres :
a. Sturianes divisés en 2 familles : i PolyodotUidœ ;%A dpenseridm ;
b. Lepidostei:^ familles:! LepUosteidœ y 2 Polypteridœ^ 3 Amiidœ; et des familles renfermant uniquement des espèces fossiles : 4 Sanrodantidœ, 5 Pycnoiontidœj 6 CcUacanlhidœ.
1889. M. Guichenot [Magas. de zoologie)^ acceptant la famille des Lépidostéides établie par le prince, en a donné une monographie où'il a remplacé le nom qui précède par celui de Ostéospmes. Il Ta placée a comme une ramification à la suite des Glupéoldes, donnant naissance aui Esoces de Guvier, ou Siagonotes de Duméril dont elle ne peut faire partie, dit-Il, à cause des caractères qui lui sont propres. y>
1851. M. Gray (List tpecim. fish. brit. Mus., Part. I, Chonirapterygu) divise ainsi les poissons cartilagineux :
1 ChandropUrygii = f sous ordre ELeutheropomi — Sectio A. Sturiona, Fam. I Acipenseridœ, Fam. II Polyodontidœ. — Sectio B. Chimeriay Fam. Chimeridœ. «= 2" sous-ordre Trematopnea renfermant les Plsgiostomes et les Gyclostomes.
1854. M. Stannius, en tète du volume où il traite des poissons (Handbuch der Zoolomie)^ i^ édit., a placé une classification.
La sous-classe des Ganoîdes, qui est la quatrième est partagée, comme J. MûUer Ta proposé, en deux ordres :
I Ghondrostei. — II HoLOSTEi, mais aux familles que ce dernier y a rangées il ajoute celle des Amies.
1856. Mon père n'a point accepté le groupe des Ganoîdes. Les poissons qui y sont rangés par les zoologistes rattachés aux idées de M, Agassiz et de Mûller, font partie de 3 familles différentes dans son Ichthyologie analif tique.
CLASSIFICàTIONS. 18
i^ Les EsiurgêonSf en raûoo de la stnictnre de leur squelette, appartiennent à la sous-classe des Chondrottichlhês on Cfaondrostés (voy . notre 1. 1, p. 209) et sont rangés, ainsi qne les Spatnlaires, dans la famille des Hypostomates caractérisés par la situation de la bouche an-dessoas du museau. Cette famille comprend, en outre, les Chimères et les Pégases (Ichth. analyt. p. i55).
Je dois rappeler, parce qu'il s'agit d'un progrès dans la classification des poissonSi que mon père, en 1806 (ZooL analyt.^ p. 105), a, le premier, démontré la nécessité de séparer les Esturgeons des GhironecteSv des Baudroies et des Balistes auprès desquels Lacépède les avait laissés. En raison du peu de développement de Tappareil operculaire, il considéra les genres Acipensère, Polyodon et Pégase comme les types de la famille des Eleuthéropomes , dont le nom rappelle qne Topercule est libre par suite du peu de développement de la membrane opei^ culaire, et de Fabsence des rayons branchiostèges.
2* Comme poissons osseux abdominaux, les Lépidostées et les Polyptères ont rang dans la famille des Opisthoptères [loc. cit.f p. 430- 34).
3« Les Amies font partie de la famille des ScutocéphaUs.
Ces poissons appartiennent à Tordre des OpUthopodes (/d., p. 490).
1859. M. Van der Hoeven [Handboek der Dierkunde, II, p. 262) adopte les divisions de J. Huiler (voy. notre 1. 1, p. 297); mais il crée, pour la section, le nom de GanolepidotUeii\ change les dénominations des 2 ordres ainsi :
I. SUmone$ [Chondrostêiy Mfill.)'; Fam. i, Sturiones : genre Àcùpenser (2 s.-genr.^ Scaphirhynchus, Àeipenser); Fam. 2, Spatulariœ : genre Spatularia, Shaw.
II. Ganolêpidoti {Holosteij MûU.); Fam. Sauroidei, Agass. : genres Lepidosteus, Polypterus, Amia.
1859. MM. P. Gervais et Van Beneden (Zoologie médicale^ 1. 1, p. 233) divisent ainsi leur sous-classe des Ganoîdes :
Rhombifères ou Ganoîdes proprement dits, comprenapt les 2 familles suivantes : i Léfisosiéidés^ 2 Polyptéridés.
Sturioniens divisés en 2 familles : 1 Acipenséridés, 2 Polyodon^ tidés.
Les Amies, genre intermédiaire, disent-ils, aux poissons rhombifères et aux poissons écailleux, forment leur famille des AnUadés (1).
(1) A Texposé des diverses classifications de la classe entière des poissons ({ae j*ai présenté, dans le tome I, il fsut joindre, comme se rapportant à