Atracttosteus tropigus, Gill, Proceed. Acad. nat. 8C
Philad., 1863, p. 172.
Atlas, pi. 22, fig. 1, la, \b, sous le nom de AtracL Bocourti (1).
Caractères. — Tête, mesurée jusq[u'à son bord postérieur, offrant une longueur triple de sa largeur juste au-devant des opercules, comprise un peu plus de 3 fois 1/3 dans Tintervalle du bout du museau à Torigine de la D., puis, si on la mesure jusqu'au bout de Topercule, 3 fois 1/2 entre l'extrémité du rostre et rorigine inférieure de la G., et un peu plus longue que la distance des P. aux V.; museau plat, dont les dimensions transversales, au niveau des angles de la bouche, n'étant pas tout à fait le double de celles qu'il oflfre en dehors des narines postérieures, représentent presque la 1/2 de la Ionguenr de la. mâchoire supérieure mesurée à partir du même point et sensiUement 1/4 de la face supérieure de la tète; diamètre horizontal de Toeil (2) 2 fois 1/2 dans la largeur de Tes-
(1) Le poisson qui a sermk de modèle pour ce dessin a été pris à Tembouchure, dans l*océan Pacifique, du Nagualate, Tune des rivières du Guatemala, au niveau du 14* degré de latitude N. H provient dtk voyage à travers TAmériqne centrale entrepris par M. F. Bocourt en sa qualité de membre de la Commission scientifique du Mexique.
Considéré d*abor4 comme type d'une espèce nouvelle, ce Lépidosté appvtient à celle que M. Gill a signalée, le premier, en décrivant une collection ichthyologique faite sur la côte occid. de l'Amer, centrale par le capitaine John M. Dow. Pour constater Tidentité en tout point de son spécimen avec le nôtre, il faut, en suppléant au défaut de certaines indications que ne contient pas le texte du zoologiste américain, mesurer la tète jusqn'aQ bord postérieur de Topercule, et le museau à partir du bord antérieur de rœil. — L'individu unique vu par lui n'avait que 16 po. angl. (0'".4i), tandis que le sujet du Muséum'est long de 0>n.57.
Peut-être cependant la différence de taille suiïïrait-elle pour expliquer les petites dissemblances résultant de la comparaison entre notre exemplaire et la description donnée par M. Gill.
(3) L'oBil est un peu trop petit sur la pU 22.
368 GANOlDBS H0L0STÉ8. LÉPIDOSTÉIDÉS.
pace interorbitaire» et remportant un peu sur la 1/2 de ^mte^ valle du bord postérieur de Forbite au bord antérieur de Topercule, et compris 9 fois 1/2 dans la longueur totale du côté de la tète; 54 (M. Gill dit 52) rangées d^écailles à la Ugne latérale qui est faiblement apparente et tout & fait droite; Y. un peu plus rapprochées des P. (0"". 012) que de TA. et du beat du museau (0*.006) que de Textrémité de la G.
De la ligne latérale au rang médian du dos, 8 rangées longitadin. d'écaillés, i2 au-dessous jusqu'à la ligne médiane infér. : en toot, 44 rangées dans le 2' anneau oblique au-devant des V.; 45 précèdent la D. dont la base se termine à la 49* suivie de 5 jusqu'à la C; T. commençant à la 17«, A. à la 35* et se terminant à là 40* derrière laquelle il y en a 14.
Les écailles presque lisses sont, en avant, plus hautes que longues; à bords super, et infér. concave et convexe, mais rec^ilignes dès le milieu de l'intervalle des P. aux V.
Couleur glauque au-dessus de la ligne latérale et jaunâtre en dessous; au-devant de la C, une assez grande tache noire précédée par une autre moins apparente; la G. 'est obscurément tachetée.
A la suite des espèces décrites ci-des^s, je place la suivante, pècfaée dans l'état de Tamaulipas (Mexique), sans avoir pu lui assigner un rang. Je ne trouve pas qu'elle se rapporte à VA tract, tucius d'origine mexicaine. Il est vrai que l'identificalion est rendue difficile par li différence d'âgie, puisque le sujet examiné par H. Girard était un jeune long seulement de 9 pouces 1/2 (0™.243). Voici le résumé sommaire de la description :
— Atract9stevs Berlandieri, Girard, Reports of explorât, and surveys for a rail road from Mississipi tg tke pacif. OceaUj i859, t. X, p. 353. '
Tête contenue 3 fois 1/2 dans la longueur totale, mais 3 fois seolement jusqu'à la hase de la C; mâchoire infér. un peu plus longoe que le reste du cOté de la tête ; diamètre de l'orbite égal à 1/S de la face latérale de la tête ; V. un peu plus près du bord postérieur de la C. que du bout du museau ; dans un anneau oblique sous les ventrales, 63 rangées longitudin. d'écaillés (1); à partir du rang dorsal, 9 au-dessus de la ligue latérale, et 21 au-dessous jusqu'à la ligne
médiane infér.
(i) Le rang précis de Tanneau dont les écailles ont été comptées n'est pas indiqué, de sorte qu*on ne peut pas comparer, d*aoe façon exacte, œ nombre au chiffre indiqué pour VA tract, lucius. Il est cependant trèsanalogue à celui trouvé chez ce dernier. Le jeune animal décrit par M. Girard fournit la preuve que les Atract., dès les premiers temps, peuvent en avoir un nombre considérable.
Caulêwr d'un bran oliye grisâtre en dessus, plus clair en dessons; eorpsnmeolore ainsi que les nageoires, à l'exception de la C. qui a des laehcs peu apparentes.
Aux espèces du genre Lépidosté indiquées, à la p. 345, comme ne se trouvant pas au musée de Paris, il faut ajouter le Lepid. semira^ iiatiUf Agass. (Rech. sur les poiss. foss.^ t. II, part. II, p. 3, pi. A, fig. du milieu et pi. B, fig. 1-14).
rV. QUATRIÈMB FAMILLE (1).
POLYPTÉRIDÉS. POLYPTERIDIW.
Caractères. — Poissons à corps allongé, comprimé ou cylindrique, entièrement revêtu d'écaillés osseuses à surface émaillée; nageoire caudale, arrondie, entourant le bout de la queue et dont Tanale est très-rapprochée ; pectorales à pédicule charnu et écailleux ; ventrales très-reculées ou nulles ; dorsale décomposée, simulant une série de nageoires soutenues chacune par une forte épine qui porte des rayons articulés attachés à sa face postérieure; point de fulcres aux nageoires; tête courte, plate et large; mâchoires non prolongées, munies d'un rang de dents coniques derrière lesquelles il y a des dents en râpe ; des évents couverts par une soupape osseuse ; point de branchies accessoires, soit branchies operculaires, soit branchioles; rayons branchiostèges remplacés par une paire de larges plaques osseuses situées entre les branches de la mâchoire inférieure ; appendice pylorique unique ou double ; une valvule spiroîde dans Fintestin ; vessie natatoire à 2 lobes inégaux, réunis, en avant, dans une cavité commune très-courte, qui s'ouvre à la face ventrale de l'œsophage par une fente longitudinale.
roNcnoifs de la vie de relation. —Motilité. — Selon les renseignements recueillis en Egypte par Et. Geoffroy Saiuv-Hilaire sur les Polyptères et par le missionnaire, H. Robb, dans le Vieux-Galabar, sur le Caiamoichthys calabaricus (J. Alex. Smith, Trans. roy. Soc. Edimburgh, 1866, t. XXIV»
V) Toy., p. 18, le tableau de la classification des GanoTdes, et, à la p. ^1 les caractères de Tordre des Holostés ou Ostîchthes auquel cette fomiUe appartient.
(2) En 1806, Et. Geoffroy Saint-Hilaire a fait usage du mot Polypterw (KoXuRTspo^, qui a beaucoup de nageoires) pour désigner le poisson nommé, par les Egyptiens, bichir ou abwbchir, parce que, dit-il, son port le ferait prendre pour un serpent.
PoUsans. Tome II. 24
370 GA^'ÛÏDES HOLOSTÉS. PO|.TjPTÉIUDte,
p. 4S9), ces poissons se tiennent habituellement au fond des eaux, dans la vase. Ils y rampent à la manière des serpents ou, peu^ètre, comme le suppose le naturaliste français, la progression a-t-elle lieu aussi par une sorte de marche quadrapédale comparable, jusqu'à un certain point, à celle des phoques, en raison de la conformation des nageoires paires quij soutenues par un pédicule, servent' de supports. Chez lé Calatnoichthys^ au reste, il ne pourrait pas en être ainsi à cause de Fabsence des ventrales. Il nage comme un serpent et avec beaucoup de rapidité (1). Ces poissons ne viennent vers la surface que dans la saison de la reproduction.
La COLONNE VERTÉBRALB cst très-analoguc, dans sa structore, à celle des autres poissons.
Elle se compose d*uh nombre de pièces variables suivant les genres et peut-être chez les espèces d^un même genre. Dans le PoL bichir, le seul dont je puisse examiner le squelette, j*en compte, de même que M. Agassiz, 67 (51 abdominales, 16 caudales) tontes creusées, à Texception des 4 ou 5 dernières qui sont presque lisses, d'ezeavations sur la face inférieure et sur les côtés de leur pièce centrale. M. R. H. Traquair, chez le Calamoichthys calaharicus, en a trouvé 110 (100 abdomio., 10 caudales), différences qui sont en rapport avec rallonçrement plu^ considérable du tronc et la brièveté de la quene. Chez ce Polyptéridé, comme chez celui d*Egypie,la première vertèbre n*a pas de corps, mais elle supporte la première paire de côtes et elle commence, par ses neuraphophyses, la formation du canal rachi' dien; chez le Bichir, je ne trouve pas d'apophyse épineuse à cette vertèbre. Dans les suivantes, il y a une particularité signalée par M. Agassiz {Rech,poiss.fos$.<, t. Il, p. Â6, pi. C) et rendue très-évidente par le déplacement d'avant en arrière qne des apophyses épineuses ont subi, en divers points, dans le squelette placé sous mes jpeux: elles sont fixées par une articulation ligamenteuse, mais non sondées au corps de la vertèbre. « C'est une conformation très-singulière, dit-il,
(1) Il est même possible, selon H. Robb (Smith, loc. cU,, p. 4S9 et 460], que le nom de ihnyang par lequel les naturels du pays désignent le poisson soit tiré, à cause de la vivacité de ses mouvements dans Teau ou dans la vase, du verbe nyàng-a qui signifie se remuer violemment, se démeoer, fkire des efforts pour atteindre un objet vivement convoité.
On nomme souvent aussi le poisson Nyang, Or, ce mot est employé quand il 8*agit dos stipules des feuilles d'une espèce le palmier vinifère dit Mimbo, lesquelles semblables à un ruban étroit restent, chaque année, en se desséchant, fixées à Târbre, et ont la forme, ainsi que la couleur du Calamoichthys. Il n*est donc pas impossible qu'on lui ait appliqué le nom de ces stipules ou que celles-ci aient reçu leur dénomination eo raison d'une certaine analogie avec ranimai.
PONCTIONS DB LA VIE DK RELATION. 371
que je n'ai, du reste, ob^rvée dans aucun poisson .vivant, mais qui se reU'Ouve fréquemment dans les poissons fossiles de Tordre des Gaooïdes, et qui rapproche ces animaux des Sauriens chez qui les apophyses sont séparées du corps des vertèbres sous la forme d*os en y, comme chez les Crocodiles' sous la queue. ^
Les apophyses transverses, qui manqueol à.b région caudale, sont sQttdées au corps des vertèbres et horizoqtaljçment. dirigées en de* hors. JSlles portent, à lei^r face inférieure, de petites, tiges osseuses comparables à des arêtes intermusculaires, inclinées en arrière et en bas, et d'autant plus longues qu'elles se rapprochent davantage de la queue où manquent les apophyses. L'insertioû de ces pièces qui représentent, en quelque sorte, des côtes accessoires a lieu, dans la région antérieure, à la base deâ apophyses^ puis elle devient, peu à peu, plus externe, de sorte que ver^ le niveau de la 45® vertèbre environ, elle est presque terminale.
Chez le CalamoichlhySf la série de ces côtes inférieures, selon l'expressiota' de M^ Traqnatr, éist beaucoup moins développée. Outre leur brièveté, elles manquent sir toute la partie antérieure du rachis, puisqu'elles commencent à partir non de la ^ c6te, mais de la 60*.
Sur l'extrémité des apophyses, s'articulent les vraies* côtes. Renflées à leur bout libre et plus longues vers le milieu du tronc que partout ailleurs, elles se dirigent, sans incurvation, en bas et un peu en dehors, si ce n'est à l'arrièhe du tronc où elles commencent à s'infléchir en dedans, vers la région médiane.
Les hœmapophyses, apophyses épineuses inférieures ou caudales, car elles manquent à la région dorsale, ne tiennent aux vertèbres^ comme les supérieures, que par une articulation. Leur base bifurquée forme l'étui protecteur de l'aorte.
L'extrémité du rachis et ses rapports avec la nageoire caudale ont été étudiés par M. KoUiker (Ueber dos Ende WirbeUaiUe Gan., 1860, p. 3, pi. I). Voy.t. I du présent ouvr., p. 9 et 3943.
Cette extrémité reste presque horizontale jusque vers le milieu de la queue, mais cependant avec une certaine inclinaison de bas en haut, d'où résulte que son bout terminal tombe sur le 9" rayon supérieur et sur le 13* ou le 14* inférieur : il y a donc hélérocercie, mais moins prononcée que chez les autres Ganoïdes du monde actuel. Le bout du rachis consiste en une portion cartilagineuse très-ténue qui pénètre entre les moitiés latérales du 9« rayon et fait suite à la dernière vertèbre ; sa base est recouverte, à la région supérieure, par une petite ossifioation rudimentaire. Les pièces osseuses servant de supports aux rayons supérieurs de T^iroptère par une extrémité renflée, sont interposés aux apophyses épineuses qui manquent, en dessus, à partir de la 4® avant-dernière vertèbre et de la 3* en dessous. C'est directement sur les apophyses épineuses, et sans Tintermôdiaire de supports, que sont fixés les rayons inférieurs.
372 GAlfOÏDES HOLOSTÉS. POLTPTÉRIDÉS.
Je n'ai point à m'occuper ici de la structure intime de la colonne vertébrale et de son mode d*ossifi cation, mais des détails sur ce sujet ont été donnés par M. Kôlliker en 1864 [Weitere Beobachtungen ilber die Wirbel , p. 38-40 et 48].
La TÊTE est recouverte, si ce n*est sur la mâchoire inférieure, d'un émail semblable à celui des écailles, mais déposé sans régularité, sous forme de petits grains très-rapprochés les uns des autres.
Dans sa conformation générale, elle offre de la ressemblance,
comme M. Agassiz le fait observer [Rech , t. II, part. II,
p. 36), avec la tète des Ghéloniens, « à cause des grandes voûtes osseuses que les expansions latérales des os du crâne forment avec ceux de la face. ^
La région supérieure du crane représentée sur la pi. G* du t II des Rech. sur les poissons foss., fig. i, et sur la pi. I de J. Mûller [Ueber den Bau.,. Gan. : Abkandl. Akad. Berlin, 1844 (1846), est constitaée par deux paires de pièces osseuses.
1^ Les os de la paire antérieure longs et plus larges que les autres sont les frontaux principaux de Cuvier. Ils fournissent aux orbites leur paroi supérieure ; en arrière, ils portent chacun un petit prolongement vertical comparable au frontal postérieur : c*est le pilier postérieur de la voûte orbitaire. Un autre prolongement beaucoup pins considérable que le précédent, et dirigé en bas, ferme, en dedans, Torbite de son côté et circonscrit latéralement, avec Taréte verticale correspondante de Tautre frontal, un canal dont le plancher est le sphénoïde principal, et dont les frontaux principaux sont, par leur position horizontale, le plafond. Une coupe verticale à travers les orbites représentée par M. Agassiz (Rech., loc. cit., pi. C\ fig. il et 12) montre ce canal interposé aux cavités orbitaires : il est destiné aux nerfs olfactifs.
2^ Derrière les frontaux principaux, il y a 2 os réunis, comme ces derniers, par une suture médiane. Ils forment ensemble une sorte de quadrilatère : ce sont les pariétaux de Cuvier prolongés postérieurement par une épine qui peut être considérée comme étant le snsscapulaire, à cause de son union avec le scapulaire, et qui supporte les plaques émaillées de Tocciput.
Par son bord externe, le pariétal limite en dedans Tévent que je décris plus loin en parlant du mécanisme de la respiration, et snr lequel s'appliquent deux os cutanés qui, fixés par une suture mobile au bord supérieur du préopercule, constituent une véritable valvule.
Au-delà des pariétaux unis en avant aux frontaux principaux et formant, avec ceux-ci, la région supérieure du crâne, se trouvent des pièces émaillées. Elles ne font pas partie de la botte crânienne : ce sont des os cutanés. Il y en a d*abord quatre en forme de quadrilatère
irr^lier, disposées en une bande horizontale. Celle-ci est limitée en dehors, de chaque côté, par une plaqne dont le prolongement postérieur effilé, s'interpose aux pièces osseuses placées en dedans da bord supérieur de Topercule et à une grande plaque deux fois environ aussi longue que large et ayant, pour soutien, Tépine postérieure du pariétal signalée plus haut. L'espace intermédiaire aux deux grandes plaques est rempli par des écailles du tronc.
La description des autres os cutanés de la tête se rattache à celle de la fiftce et de l'appareil operculalre.
2^ En bas et en arrière, le pariétal s'appuie sur un os assez compliqué représentant, dans son ensemble, le mastoïdien et le rocher. M. Agassiz qui l'a dessiné {n^ 12, fig. 4 et K de sa pi. C), le désigne sons le nom de mastoïdien adopté par J. Huiler {loc. cit., pi. I, fij.2, t. ).
4° La région inférieure du crâne (pi. C du t. H des Rech. sur les poiêsons fossiles, fig. 6) est formée presque complètement par le sphénoïde qui, dans son ensemble, représente, à peu près, une croix (n^ 6). Sa portion postérieure constituant le plancher de la cavité crânienne est un peu étroite ; derrière les orbites, ses prolongements latéraux simulent les bras de la croix. Ce sont des ailes triangulaires correspondant aux os nommés grandes ailes; elles se dirigent en haut (fig. S, loc. cit. y 6], forment, de chaque côté, une portion de la face externe du crâne et vont se rattacher, en arrière, au mastoïdien, CD avant, au processus du frontal qui est l'analogue du frontal postérieur. Après avoir fourni ces expansions latérales, le sphénoïde se rétrécit de nouveau entre les orbites et se prolonge, en s'arrondissant à son extrémité antérieure, jusqu'au pourtour de la mâchoire. Il occupe la région moyenne du plafond de la bouche, et supporte de très-petites dents. La face inférieure de cet os amsi armée étant un peu séparée du corps môme de l'os médian serait-elle, en quelque sorte, un vomer presque confondu avec le sphénoïde? Il est difficile de le démontrer, comme M. Agassiz le fait observer, mais si l'on parvenait à en acquérir la certitude, la présence des dents sur cette région du palais se trouverait naturellement expliquée, puisque ce serait un appareil dentaire vomérien peut-être indépendant du sphénoïde dans le jeune âge. Voy., pour le sphénoïde et le vomer, J. Mûll. loc. cit.f pi. I, fig. 2, p et q.
^ La région inférieure du crâne est complétée par une petite portion triangulaire de l'os basilaire ou occipital, laquelle remplit l'écartement des arêtes postérieures du sphénoïde. Le basilaire présente, en dessous, Touverture médiane (J. Mûll., loc. cit.y r'), qui livre passage à la carotide impaire résultant de la réunion des deux premiers vaisseaux efférents des branchies, et, en arrière, la cavité glénoïdale destinée à s'articuler avec la cavité antérieure de la première vertèbre. Au-dessous de la surface articulaire, se voit le trou occipital par où passe la moelle épinière (J. Mûll., r). Cet os enfin se porte en haut
374 CkKfAiin HÔLOSTis. k^ÔLTPTÉRroiB.
où n rejoint, âë chaque c^té, le niastoTdien, et il complète ainsi la cavité du crâne.
On peut dire avec M. Agassiz, j'en ai acquis la certitude par mes propres obsenrations : a Le crftae du Polypt. est d'une étonnante simplicité, nous n'y avons trouvé que 2 frontaux, 2 pariétaux, 2 mastoïdiens, un sphénoïde: et un basilaire. Tous les autres os qu'on a signalés dans le erAne'des^ poissons, savoir: le sphénoïde antérieur, les occipitaux stfpér., externes et latéraux, les frontaux an ter. et poster., les rod^^ers, les grandes ailes, les ailes orbitaires manquent complètement ou sont réunis aux os principaux dont ils ne sont que des démembrements » {loc. ct^, p. 38].
En achevant Tétude du crâne faite d'après le Polyptère Bichir,jedois rappeler que M. Traquair, dans son travail anatomique sur le Calamoichthys [Proceed. roy. Soc,^ Edinburgb, 1865-66, t. V, p. 657), dit que, relativement à la forme et à l'arrangement des os du crftne et de la face, il y a la plus complète analogie entre ce poisson et celui du Nil. La seule différence consiste en l'absence du sous-opercule et de petites pièces osseuses au-dessous du préopercule.
Nageoires. (Atlas, pi. 23.) — Les pectorales qui, avec les ventrales, selon la supposition déjà mentionnée de Et. Geoffroy Saint-Hilaire, servent peut-être de supports pour une sorte de marche quadrupédale, ont un long pédicule libre.
Détaché de la masse du corps et soutenu par le carpe, il consiste en trois os dont le médian est plus large que les deux autres, ainsi que par les os du métacarpe qui, disposés en éventail, donnent insertion à beaucoup de rayons ; les petites écailles dont il est cevétu sur sa face externe diminuent graduellement et ne présentent plus que de très-faibles dimensions près de Torigine des rayons, si ce n'est dans la dernière rangée où elles sont plus grandes et en forme de lames à bord terminal arrondi. Cette écaillure, comme M. Agassiz le fait observer, rappelle celle des petites pattes des Seps, et Ton peut ajouter, de tous les Sauriens à membres courts et atrophiés compris dans la famille des Scincoldiens. Plusieurs exemples d*une semblable structure, ajoutc-t-il, sont fournis par différents poissons fossiles da groupe des Ganoldes.
L*aisselle de la nageoire est nue, ainsi que la face interne da pédicule où Ton voit, seulement sur ses bords et à la base des rayons, une rangée d*écailles semblables à celles qui, du côté opposé, limi* tent, au niveau de Torigine de ces rayons, la surface recouverte <le scutelles.
Les os du carpe sont supportés par 2 pièces courtes et larges qai,
représentant Te radius et le cubitus (J. Môil., loe, ciL^ pi. I, fig. 3 et 4, cp), sont elles-mêmes attachées à un os ^ c courbe, robuste, assez allongé : c*est Thumerus de Cuvier ; par son extrémité interne et supérieure, il tient à Tos scapulaire s' s. Ce dernier se joint à la tige osseuse s$ dont fai déjà parlé à Toccasion des pariétaux, et qui, avec la plaque osseuse dont elle est recouverte, est le sus-scapulaire; par son autre extrémité, il s*articule avec Tangle externe d*un grand os cutané triangulaire ff réuni, sur la ligne médiane, à son semblable, et complétant ainsi, en dessous, la ceinture thoracique. Je dois ajouter qu*il y a» au niveau de Textrémité supérieure de Thumerus et de sa jonction avec le scapulaire, 2 petits os surnuméraires dont on ne trouve point les analogues chez les autres poissons osseux.
Les ventrales dont Tabsence constitue le caractère générique essentiel du Calamoichthys^ ont, dans le genre Polyptère^ comme les pectorales, un pédicule, mais beaucoup plus court et dont les écailles bien moins nombreuses qui le recouvrent, offrent une apparence analogue.
Leurs rayons sont attachés à quatre ou cinq os métacarpiens dont le volume et la longueur vont en diminuant du plus interne au plus externe et qui sont fixés, par leur bout antérieur, sur la base de la palette triangulaire que forme la portion terminale très-élargie de Tos pelvien. Rétréci dans sa région moyenne, cet os présente un léger aplatissement à son extrémité antérieure qui, s'articulant avec celai du cOté opposé, circonscrit, sur la ligne médiane, un angle aigu assez ouvert, à sommet dirigé en avant.
La dorsah offre une structure toute particulière. Elle est, on peut le dire, décomposée en un nombre de petites nageoires variable suivant les espèces.
Chacune de ces nageoires consiste en un rayon osseux aplati, divisé à son extrémité libre en deux petites pointes, dMnégale longueur (Atlas, pi. 23, fig. Id et 2fr), et fixé, par son bout inférieur, au moyen d'une articulation mobile, sar le sommet d'un os interapophysaire. A la face postérieure du rayon épineux, sont attachés obliquement de petits rayons mous et articulés soutenant un repli membraneux.
La caudale quie j'ai décrite (p. 371] en parlant du mode de terminaison du rachis et sur la structure de laquelle je n*ai point à revenir, semble être, en quelque sorte, la continuation de la dorsale. >
Vanale plus ou moins rapprochée de l'origine inférieure de la caudale, et de dimensions variables suivant les sexes, n'est pas supportée par des pièces interapophysaires, et c'est encore une des particularités de Torganisation à signaler.
376 GAIfOTDBS H0L0STÉ8. POLTPTÉRIBÉS.
Elle est indirectement rattachée à la colonne yertébrale par denx séries d*08selets placés bout à bout. Ceux de la première série placés au-devant de la première hœmapophyse ont leur extrémité supérieure dirigée vers le corps des vertèbres; par leur extrémité opposée, ils sont fixés aux osselets de la seconde série qui portent les rayons, dont la disposition est telle que, à Texception des derniers, ils semblent formés par une lame ployée en deux d*avant en arrière; de là, résulte un emboîtement réciproque : le 1*' reçoit le 2*, où est reçu le 3* et ainsi de suite.
Ybssie natatoire. — Beaucoup plus simple dans sa structure que chez les Lépidostéidés, puisqu'elle n'a point de cellules, et analogue, par conséquent, à celle des Polyodontidés et des Acipenséridés, elle offre cependant chez les Polyptères, comme chez le Calamoichthys des particularités très-intéressantes à étudier :
1® Elle consiste en deux sacs cylindriques et d'inégale longueur.
2^ Les lobes se réunissent dans une cavité commune trèscourte, dont la communication avec Toesophage a lieu à la face ventrale de ce conduit par une fente longitudinale, sorte de glotte, munie d'un muscle constricteur.
La position exceptionnelle de Touverture de la vessie natatoire dans les organes digestifs a été indiquée d*abord par J. Mûller [Ueber Lungen und SchwimbL in : Arehiv fur Anat.^ 4841, p. 224) (l).il est revenu sur ce sujet (Arch.^ 1842, p. 310 et 311).
Les Lépidosiréniens nous offrent un second exemple de la même disposition anatomique; mais si, chez ces derniers, il faut admettre que les poches à air jouent un rôle dans Tacte de la respiration, il n*en est pas ainsi chez les Polyptères, car le système circulatoire de la vessie n*est pas celui des appareils destinés à faire subir au sang les phénomènes de Thématose. J. Mûller a eu soin de le noter, c Ces organes, dit-il (Sur les Ganùides el la classification des Paissent, in : Ann. Se. nal, ZooL, 1845, 3* série, t. IV, p. 35, trad. par Yogi, d'après le Mém. contenu dans les Arehiv. fur Naturgesch,, 1845, p. 122), ne peuvent être considérés comme des poumons^ car ils reçoivent du sang artériel de même que toutes les autres parties du corps. Leur artère est une branche de la dernière veine branchiale (veine artérieuse ou artère efTérente) qui se sépare du milieu du tronc,
(1) Il ne faut pas perdre de vue la conclusion tirée par J. H^ler et de ce fait et de Tobservation consignée dans la même lettre à Yan der Hoeven, sur le singulier mode d*abouchement de la vessie natatoire chez las Erythrins où elle 8*ouvre à la face latérale de TcBsophage. La oommunica' tien avec la face dorsale de ce conduit, hien qu'elle soit presque constante, ne constitue donc pas, dit-il, un des caractères essentiels des poissons.
poar se ]»orter yen le sac aérien de son côté. Les veines de la vessie natatoire se réunissent, comme les autres veines du corps, à la veine hépatique. » La disposition du système vasculaire est donc la même que chez les Lépidostéidés (voy. plus haut, p. 299).
Pour Tanatomiste, comme M. Milne Edwards le fait observer {Leç. physiol. et anal,, t. II, p. 368), les vessies natat. des Polyptér. sont donc évidemment les homologues ou représentants organiques des poumons; mais pour le physiologiste, elles ont perdu les caractères essentiels de Torgane spécial de la respiration aérienne.
Les parois des lobes sont formées par une couche musculaire à fibres striées et par une membrane muqueuse à plis très-fins, peu saillants, fort serrés les uns contre les autres, parallèles et longitudinaux. Leydig (HUtolog. Bemerk. PolypL Biehir in : Zeitschrift fur Wiisensch. Zool.y Sieb. und Kôllik., 1854, t. V, p. 64) y a constaté la présence d*un épithélium à cils vibratiles. C'est une analogie avec les Acipenséridés (voy. plus haut, p. 34). Elle porte à considérer une semblable structure de la face interne de la vessie natatoire comme Tnn des caractères généraux des Ganoldes.
L'absence de cellules et, par suite, des petits faisceaux musculaires qui ont été décrits p. 298, sous le nom de trabécules est la preuve, comme M. Valentin le fait observer {Veber die OrganUat. Trabeeulœ eameœ Schwimblase in : Repertor. fur AnaU, 1840, p. 394), que la disposition celluleuse de la paroi interne n*est point un caractère commun à tous les poissons de la sous-classe.
Sensibilité. — Système nerveux. — J. MûUer a donné une description de rencéphale du Polyptère Biehir [Ueber den Bau und Grenzen der Gan. : Abhandl. Akad. Berlin, 1844 (1846), p. 140, pi. II, fig. 4-7, et in Wiegmann*s ArcA. fur ncUurgeêch. 1845, p. 111). M. Yogt (Ann. se. nat. ZooL, 3 série, t. lY, p. 25) a traduit ainsi :
« Ce cerveau ressemble à celui de TEsturgeon. Il est composé, en arrière, d*une moelle allongée très-longue, ayant un grand sinus rhomboldal, du cervelet et des lobes optiques relalivemevt très-petits, dont la cavité se continue par une ouverture supérieure dans le 3* ventricule. Viennent ensuite les hémisphères très-grands et profondément divisés, au-dessous desquels le cerveau se continue dans les lobes olfactifs et leurs nerfs. »
Gomme chez tous les Ganoïdes, les nerfs optiques, au lieu de s'entrecroiser et de passer librement l'un au-dessus de l'autre, sont réunis en un chiasma.
Une belle préparation des nerfs encéphaliques a été représentée par J. MûUer à la suite de son grand travail inséré dans les Mém. de FAcad. Berlin, 1844 (1846) que j'ai cité plus haut, pj. III, fig. 1.
S78 OÂlfOtDBB HOLOSTtiS. iPOLTPT«RIDiS^
Orgaives D8S SEiffc. •— Le sens du toucher est encore plus obtus que chez les autres Ganoldes, en raison de l'absence de barbillons et de la forme arrondie du museau, qui ne présente pas, comme chez les Esturgeons, les Polyodontes on la plupart des Lépidostëidës, un prolongement apte, peut-être, à recevoir quelques sensations tactiles.
Ecailles. — Le revêtement cutané, si remarquable par sa surface émaillée, offre la plus grande analogie avec celui des Lëpidostés, et constitue le caractère, qui a motivé, pour ces derniers et pour les Polyptères, le nom de Rhombagofioides (voy. plus haut, p. 301 et 302).
La disposition des écailles du tronc ressemble beaucoup à celle qui se voit chez les Lépidostês. Elles forment des rangées obliques décrivant, à partir du milieu du dos jusqu*à la ligne médiane du ventre, un trajet sinueux, un peu conve&e en arrière, dans la portion supérieure, puis, dans la portion in* férieure, convexe en sens opposé. Le rang médio-dorsal forme une série continue beaucoup plus courte que chez les précédents, puisque la dorsale commence toujours bien moins loin du bord terminal de la tête. Â la base de chaque épine, il y a une large écaille à bord postérieur échancré, et aux diverses portions de cette nageoire décomposée sont interposées 1, 2 on 3 écailles impaires plus petites. Il y en a également, en des* sous, un rang médian interrompu au niveau du cloaque dont le pourtour est bordé par des écailles de forme différente.
Celles qui entourent le tronc, à surface plus ou moins lisse ou striée, ont une forme rhomboïdale, avec le bord supérieur un peu concave et Tinfërieur faiblement convexe.
Mode (Tunion des écailles les unes aux autres. — Quoiqu'elles constituent, dans leur ensemble, une armure où chaque rangée oblique esV mobile, les écailles d'une même rangée sontréu* nies entre elles à peu près comme chez les Lépidostês. Ainsi, chaque anneau est un peu recouvert en avant par le bord postérieur de celui qui précède, et chacune de ses écailles empiète légèrement, par son bord inférieur, sur la pièce au-dessus de laquelle elle est placée.
Du milieu du bord supérieur de Técaille, 8*élève un petit tabercole pointu : il est la continuatiou extérieure d'un soulèvement médian de la face interne portant, à son bout opposé, une échancrure angulaire destinée à loger le tubercule de Técaille suivante. L*angle antérieur du bord supérieur est saillant et contourne Tangle correspondant du bord inférieur de la pièce située immédiatement ao-
vmetm^w la vn M'RUAtioMv S19
dessts. Les particnlarités qixe je viens d^iadîqver sont fort ôette-^ ment représentées sur les fig. 4 et 5, très-amplifiées, de la pi. XXXII, jointe par M. J. Alex. Smith à sa Descr* Calamoichthys in : Trans^ ray. Soc.y Edimb., 1866, t XXIV, et décrites p. 464. Sur le PolypL bichir, je trouve une conformation à peine différente et qui est, d'ailleurs, très-analogue à celle qu^on rencontre chez les Lépidostés (voy. plus haut, p. 303).
Les écailles du rang médian du dos au-devant de la dorsale ont, en avant, 2 tubercules semblables au tubercule unique des pièces latérales. Ils sont reçus dans une double échancrure creusée sur la bifurcation terminal^ de la saillie longitudinale de la face interne; mais la série impaire de Tabdomen est composée de pièces munies» en avant, d*une pointe unique dirigée en avant (Voy. Smith, loc, cit., pi. XXXn, pi. 7-10).
Ce n'est pas sur le tronc seulement que se trouvent les écailles émaillées. Elles revêtent, sous des dimensions beaucoup moindres, les rayons des nageoires, en formant des rangées longitudinales..
Kelativement à la structure des écailles, je renvoie à ce que j'ai dit (p. 303) en parlant des Lépidostés dont Tarmure cutanée offre la plus grande ressemblance avec celle des Polyptères. Des études microscopiques auxquelles elles ont été soumises, ou peut tirer uxte conclusion intéressante rappelée par W. G. Williamson, [MicrosçQpic stru^t. scaJes and dermal bones : Philosopha Trans.^ part. II, 1849, p. 460], Elle est relative à Tanalogie frappante que présentent, dans leur structure, les écailles des Ganoïdes du monde actuel et celles de la plupart des espèces fossiles de la même sous-çlasse.
Des écailles, en assez grand nombre, à la région antérieure et supérieure du tronc, sont percées d'un pore surtout appa- ^ rent, de chaque côté du dos, sur la rangée qui bottle la base de la dorsale. Il semble qu'il y ait là une seconde ligne la*^ térale supérieure à la ligne latérale véritable. Cette dernière, comme chez certains poissons osseux, a son trajet interrompu. Elle occupe d'abord, sur les S ou 6 premiers rangs obliques d'écaillés, une position supérieure à celle du reste de son étendue, car après avoir parcouru 2 ou 3 écailles de la rangée longitudinale au-dessus de laquelle sa première portion est située, elle se continue, jusqu'à son extrémité terminale, sur le rang immédiatement inférieur au précédent, de sorte qu'elle appartient successivement à trois rangées superposées. Cette particularité, non indiquée sur la pi. 23 de I'âtlas, ni sur la pi. G de M. Agassiz (t. Il), l'est, au contraire, par Heckel
380 GAIfOlDBS HOLOSTiS. P0LTPTÉR1DÉ8.
(FUche, Russegger's, Reise, 1843, Ail. pi. XXII, où est représentée, en outre, la rangée de pores le long de la dorsale). De chaque côté de la face supérieure de la tète, on voit de nombreux pores muqueux très-apparents sur les pièces osseuses. Ce sont les orifices des canaux muqueux continuant le canal de la ligne latérale. Par la disposition des canaux muqueni, les Polyptéridés ressemblent beaucoup aux Poissons osseux ordinaires.
Sens de rolfactwn. — Gomme dans le plus grand nombre des poissons osseux, la narine a deux orifices séparés Tun de Fautre par un assez grand intervalle et dont le plus externe se prolonge eu un petit tentacule tubulé.
Chaque cavité nasale est recouverte par une plaque osseuse émaillée, unie à Textrémité antérieure du frontal. On peut, avec M. Âgassiz [Rech...^ t. II, part. II, p. 38, pi. G\ n^ 3, fig. 1 et2), et avec J. Mûller (Ueber den Eau... Gan. : AbhanJ^. Akad. 1844 (1846), pi. I, fig. 1 et 4, c, explic. de la pi., p. 209), considérer ces deux os qui correspondent à Fetlunoîde de Cuvier, comme étant les nasaux. Selon la même interprétation, on est amené à voir les cartilages du nez ossifiés, il est vrai, dans la paire d'os lenticulaires (pi. C\ n" 20, fig. 1, 2 et 8, et J. Mûller, e) qui sont, pour Cuvier, les nasaux. Appliqués contre une petite échancrure antérieure des os dont il \ient d*ètre question , ils ouvrent ou ferment en partie les narines par leurs mouvements d'élévation ou d'abaissement.
La cavité cartilagineuse des narines offre, dans sa structure, plus de complication que chez les autres poissons.
J. Mûller ra.décrite. Chaque narine^ dit-il, consiste en un labyrinthe formé par 8 canaux membraneux qui, placés parallèlement autour d*un axe, représentent , dans leur ensemble , un prisme en forme d*étoiIe. Chacun de ces canaux renferme, dans sa cavité, des replis semblables aux lames branchiales {Ueber den Bau wid dû Crenzen der Gan. in Abhandl. Akad,j Berlin, 1844 (1846), p. iSOi pi. il, fig. 8 et 9, et in : Arch. naturgesch,^ 1845, 1. 1, p. 122, trad. Ann. Se. nat. 3« série, t. IV, p. 3S, où^ par erreur, il est parlé de 3 canaux au lieu de K).
M. Leydig {Histolog. Bemerk. PolypU bichir in: ZekUekr. Wis^ sensch. Zool.. Siebold, Kôlliker, i854, t. V, pi. II, ûg. 2) a représenté, telle qu*elle est vue sous le microscope, une coupe transversale de la capsule.
Le nerf occupe le centre de l'étoile, et donne, dans chaque canal, des rameaux d^autant plus apparents qu^ils ont un pigment noir. Il
rORGTIONS DE LA VtE DE NUtRITlON. 381
arrive à la capsule après avoir parcouru, en sYloignant de Tencéphale, le canal nasal dont j*ai déjà parlé.
A la surface interne du labyrinthe, il y a des cils vibratiles longs et délicats.
Le sens du goût est peut-être un peu plus développé que chez beaucoup d'autres poissons, car la langue épaisse, libre, est couverte de papilles. Elle est représentée, par Geoffroy, avec tout Tintérieur de la cavité buccale (Descr. Egypte^ Poiss.^ pi. 3, fig. 6).
Relativement au sens de la vue^ il importe de noter la situation des yeux qui, très-obliquement dirigés de bas en haut et de dehors en dedans, occupent la position caractéristique d*un genre de vie spécial. Gomme tous les poissons habitant les fonds sablonneux ou vaseux, dans lesquels ils se tiennent souvent cachés et en embuscade, les Polyptéridés peuvent voir ce qui se passe au-dessus d'eux et se jeter, à Timproviste, sur la proie au moment où elle vient à passer. Les yeux sont médiocrement développés et situés à mi-chemin du bord du museau et de Textrémité antérieure du préopercule. Ce dernier os et les osselets cutanés qui le bordent en dessus et en avant contribuent, ainsi que le maxillaire supérieur qui limite en dehors la cavité orbitaire, à la faire paraître plus petite qu*ell6 ne Test en réalité, quand elle est débarrassée de ce revêtement osseux qui n'en fait pas partie, comme le montre la fig. Kde la pi. C de M. Âgassiz. Elle communique librement, en arrière, avec la fosse temporale destinée à recevoir le grand muscle masticateur.
Je n'ai point de détails particuliers à donner sur l'organe de Toute. Je dois cependant rappeler que M. Leydig [Histolog. Bmerk. ûber Polypt. bichir in : Zeitschr. wissensch. Zool. Siebold und RôUiker, 1854, t. V, p. 66) a trouvé, dans chaque oreille, 2 gros otolitbes ayant l'apparence de porcelaine; l'un était long de près de 0".014 et large de 0*".007, l'autre était un peu plus petit. Il y avait, en outre, un amas d'otolithes microscopiques.
FONCnOlfS BE LA VIE BE NITTlimOlf . — DiGESTION.— On
manque de renseignements sur le mode d'alimentation du Bichir. Et. Geoffroy, chez les 3 individus ouverts par lui, a trouvé l'estomac tout-à-fait vide (Descr. Polypt. in :Ann, Mus.^ t.I,p.67).
M. J. Alex. Smith a retiré de celui du Galamoichthys, des Termites arrivées à l'état parfait, et des larves- présentant tous
les différents dâgrés de la mëiamorplio^ qu'elles subissrat pendant leur évolution. S'il est facile deconcev<)ir oomment les insectes complètement développés peurent être saisis par le poisson quand ils viennent voler, souvent en bandes nom* breuses, k la surfiuse de Teau^ on comprend moins bien qu'il puisse s'emparer des larves privées d'aile. Peut-ètrep au moment des pluies, les constructions si remarquables des Termites sontrelles en partie détruites et entraînées dans les eaux avec leur contenu. Un petit crustacé, incomplètement digéré, est le seul aliment qui, avec les insectes, ait été rencontre chez les différents sujets dont le tube- digestif a été ^Laminé. (Trans. roy. Soc. Edinb. t. XXIV, p. 474).
La bouche large et horizontale est bordée par des replis cor tanés assez développèsi formant des lèvres soutenues, à teon commissures, par des cartilages labiaux*
Mâchoites et système detttaire^ -r- Les m&cboires offrent une légère inégalité de longueur^ tantôt^ et c'est le cas le plus ordinaire, la supérieure n'atteint pas; le bord de nnfërieure, tantôt, au contraire» celle-ci est un peu dépassée par l'autre.
La portion moyenne du pourtour de la bouche est formée, ea haut, par 2 os intermaxillaires réti&is l'un à l'autre sur la ligne médiane. L'arcade est continuée en ^rrlère^ de chaque côté, par le maxillaire .supérieur, qui porte « con^n^e les os précédents, une rangée de dents fortes et coniques sur son bord externe; mais de plus, sur une lame osseuse horizontale, il est recouvert par une bande de dents en. brosse qui sont séparées du rang externe par une sorte de gouttière. Cette {irmure commence derrière rinter^maxillaire, où elle est beaucoup plus large qu'ià s6n extrémité postérieure.
Des dents en velours, plus fines que celles du bord, ne constituant même, sur quelques, points, que de simples aspérités, couvrent, à la voûte du palais, l"" Tos palatin qui 8*unit eu dehors à la lame horizonjtale du maxillaire^ et 2^, le ptérygoîdieu interne, intercalé entre le palatin, en dedans duquel il ^ placé, et le sphénoïde qui occupe la région médiane de la voûte.
J'ai déjà appelé l'attention (p. 373) sur la possibilité de considérer la face inférieure du prolongement sphénoïdal revêtue de petits grains dentaires, et qui complète, au milieu, la voûie palatine, comme un vomer soudé au sphénoïde chez Tadulte, mais non adhérent dans le jeune âge.
Les maxillaires inférieurs portent, sur le bord libre de leur portion dentaire^ une série de dents trèa-analogues à celles de
Fefianôlis i>b -la- v»; db: mmiiTiêH. 888
la miichoire sapérl On en Yt»it tl^autres beaucoup plus petites et eD brosse derrière la symphyse, et, etifin, sur la lace inlerne eu elles forment une bande en velours très-ras, fixée à une kune osseuse, qui n^appartient ni an dentaire, ni à Taagulaire, et qui répond^ Guvier le dit (HisL P(nss.\ 1. 1, p. 348), à Topeiv cnlaire des Reptiles, parce qu^elle ferme, en le complétant, le canal maxillaire.
Entre la rangée extérieure de dents et les.pluç internés, il y a, comme à la mâchoire, d'en haut, un enfoncement, une sorte dé gouttière où se logent les grandes dents lorsque la bouche est fermée. *•
Chaque dent, on peut le constater pour les plus volumineuses, adhère à la mâchoire par un petit, cdne oaseux sur lequel elle est implantée.
On peut résumer ainsi, avec M. Agassiz (Rech.,.^ p. 4S) ce qui se rapporte à la structure intime des dents.
« La présence» à Tintéiiieiir de la dent, d*une cavité pulpaire simple, sans ramifications et de caliaux calcifères presque rectilignes et dirigés direcleiçent vers Textérieur, éloigne évidemment le Polypt., ainsi que plusieurs autres genres, de la plupart des autres poissons et les rapproche davantage des Reptiles. Cependant, c*est encore avec soa analogue des rivières américaines, le Lépidosté, que le Polyp-r tére a aussi, sous ce rapport, la plus grande analogie. »
Le tube digestif n'offre pas d'autres particularités notables que celles qui sont signalées dans la diagoose de la famille : savoir, la présence d'une valvule en spirale et d'un appendice cœcal unique ou exceptionnellement double. Ayres, dans sa description du Pol. palmas (Boston, Journ. naU hist.^ 1850, t VI, p. 245), a indiqué et représenté pi. VI, fig, 9, c, un second appendice beaucoup plus court que l'autre, et ce d.ernier ne dépasse pas O^.OIS. Ils s'ouvrent, tous les deux, comme à l'ordinaire, au-dessus du commencement de la valvule dans la petite portion de l'intestin comparable au duodénum [bursa Entiana des Plagiostomes, t. I, p. 153). Dans le fiicbir, la valvule forme 8 tours de spire (Duvernoy, in : Cuv. Leç. anal, comp., 2« édit., t. IV, 2* part., p. 381) et 5 seulement dans le Galamoichthys. La portion de l'intestin qui la^uit estle rectum. A partir de son origine jusqu'à Tanus, l'intestin ne subit aucun changement de direction. Dans sa première portion, il y a, entre la couche musculaire et la membrane muqueuse, un épaississement des parois dû à la présence d'une couche glanduleuse.
384 GÀNOlDBS HOLOSTÉS. POLTPTÉRU>iS«
Organes annexes du tube digestif. — Le foie du Kchir est composé de deux lobes grêles et inégaux; le droit est le plus court. Et. Geoffroy (Descr. Egypte^ Poiss. du NUj Ta montré pi. 3, fig. 7 et 8 f). Chez le Galamoichthys, il n*est ni trèsvolumineux, ni très-allongé, selon la description de M. Traquair où il n'est point fait mention de la division de Torgane en deux lobes. Celle-ci, chez le PoL pahuas^ Âyres (toc. à(., p. 248, pi. YI, fig. 8 b) n*a lieu que toul-à-fait à rextrémité de Torgane qui se termine par une bifurcation très-peu profonde. Le canal de la vésicule biliaire s'ouvre dans l'intestin près da point d'insertion de Tappendice cœcal.
La rate, très allongée et étroite, est située le long du grand lobe de la vessie natatoire.
Circulation. — Le cœur, comme chez les Lépidostés, est pyriforme. J. Mûller Ta représenté (Veber dm Bau und Crem. Gan. : Abhandl. Akad. Berlin, 1844 (1846), pi. 3, fig. S).
Les valvules multiples du bolbe artériel du Bichir ont été décrites plus haut (p. 5 et 6). Celles du Galamoichthys, dit M. Traquair, sont nombreuses et d'inégale grandeur. Chez le premier de ces Poissons, M. Leydig [loc. cit.^ p. 69) a observé le caractère commun à tous les Ganoldes, consistant en ce que les fibres musculaires du bulbe sont striées en travers et fo^ mées par des faisceaux de fibres primitives, disposées entt% elles de façon à constituer des réseaux charnus semblables à ceux des parois du cœur.
Le mode d'origine des artères qui vont aux branchies a été trouvé, par M. Traquair, semblable chez le Calamoichthys à ce qu'il est chez le Bichir d'après lequel J. Mûller l'a dessiné (Ueber Bau... Gan. : Abhandl. Akad., Berlin, 1844 (1846),pL3, fig. 2).
L*anatomiste écossais, en effet, comme ce dernier, a vu le tronc de Tarière branchiale donner, de chaque côté, une branche qui se divise en 3 rameaux destinés aux 3 branchies, puis le tronc se bifurquer pour fournir, à droite et à gauche, un vaisseau à la brandiie antérieure.
Une particularité anatomique intéressante à consigner ici et observée par J. Mûller, est relative à la présence d*une carotide interne impaire formée par la réunion des artères efférentes des branchies et qui traverse, à la région médiane, la base de Tos occipital {F^^ nere Bermek.,, Gan, : Bericht Akad., Berlin, 1846, p. 72).
Respiration. — L^appareil respiratoire est moins considérable que chez beaucoup de poissons. Il se compose, comme
dans un certain nombre d*espèces, de 3 paires d^arcs branchiaux à double série de lamelles membraneuses et d'une paire de demi-branchies qui n'en ont qu'une seule série. Les OS pharyngiens inférieurs et la fente entre Tare pharyngien et le dernier arc branchial manquent.
L'os hyoïde et les arcs branchiaux avec les fines dentelures de leur bord concave, ont été très-nettement représentés par J. Mûiler. (Mém. déjà cité de l'Ac. de Berlin, 1844 (1846), pi. I, fig. 3 et 6, et p. 149-150, avec explicat. détaillée, p. 209).
V appareil operculairese compose il'* de l'opercule en forme de triangle un peu bombé, à sommet dirigé en haut et en avant, k angles émcTussés et k bord postérieur arrondi ; 2* du sousopercule beaucoup plus petit, également triangulaire, k sommet aigu et supérieur. 11 complète le précédent, en bas et en avant, mais il manque chez le Calamoichthys. Dans les autres espèces, ce dernier os et l'opercule sont en contact avec le bord postérieur d'une grande pièce osseuse, étendue jusqu'au maxillaire supérieur avec lequel elle se soude , et séparée du bord postérieur de l'orbite seulement par deux petits os cutanés. Emaillée sur presque toute sa surface, elle se termine, en arrière et en bas, par une bande où l'os n'est point recouvert d'émail. Cette dernière portion si peu considérable de l'os représenterait-elle le préopercule, tandis que tout ce qui la précède serait l'analogue des pièces écailleuses de la joue que nous avons vues si nombreuses chez lesLépidosléidés, mais ici, réunies entre elles sans ligne de démarcation? Une semblable supposition, M. Agassiz le fait observer [Rech,.., p. 40), rendrait moins étranges les rapports de celte volumineuse plaque osseuse qu'il faut bien cependant, en définitive, considérer comme étant, tout entière, le véritable préopercule, mais atteignant le maxillaire supérieur et recouvrant la fosse temporale ainsi que le grand muscle masticateur correspondant au crotapbyte, logé dans cette fosse, d'où résulte, je l'ai déjà dit, une ressemblance avec la tête des Tortues.
A la face interne du préopercule , au niveau de son contact avec l'opercule, est appliqué un os étroit, un peu courbe , irès-nettement représenté par M. Agass. {Rech...^\oc. cit., pi. C\ fig. 6, 8, 9, n*»- 23 et 23'), décrit p. 40. C-est le temporal de Cuvicr qui, p^r une apophyse articQlaire de sa portion postérieure, reçue dans Id cavité glénoîdale de l'opercule, permet les mouvements de ce dernier. On le voit très-bien en s sur la fig. 2 de la pi. 1 du Mém. déjà cité de J. Mûller {Àbhandl. Akad.y 1844 (1846).
aimons. Tome II. 25
386 garpIpbs HOiosT^s. potYrrÉRipis.
A rextrémité inférieare du temporal, se trouve le jngal de Cavier, n^ 96 in: Agass.; on ne peut pas se refuser à le considérer comme tel, puisqull s'articule, par en bas, avec la mâchoire inférieure, et il représente véritablement un o$ carré ou intra-articulaire (voy. i. Huiler, dans le Mém. que je viens de rappeler, pi. I, fig. 2, n).
Revenant maintenant à la description de la face externe de Tappareil operculaire, j'ai à mentionner, les os cutanés ou plaques émaillées qui se voient dans cette région, n y en a deux en bas, le long du bord inférieur du préopercule. Elles manquent chez le Calamoichthys. Une seconde série, qui est supérieure, s'interpose, à partir de Tangle postérieur de Torbite jusqu'à rextrémité terminale de la tète, au préopercule d'une part, et, de Tautra, au frontal principal ainsi qu'au pariétal, puis, plus en arrière, à Topercule et aux grandes plaques couvertes d'émail de la région occipitale.
Deux de ces pièces supplémentaires de la face externe du crftne offrent la particularité remarquable que, unies par une suture mobile de leur bord externe au préopercule, elles sont libres par leur bord opposé et forment une valvule osseuse pour Yévent^ fente assez large et allongée, entre le pariétal et le préopercule, mettant en communication avec l'extérieur, à la volonté de l'animal, la cavité branchiale. Et. Geoffroy en a bien expliqué le rôle. « Il arrive, dit-il, que Teau qui s'est portée sur les branchies se trouve fortement comprimée, tant par les pièces de l'opercule que par la longue plaque qui tient lieu des rayons branchiostèges, que le liquide soulève les deux petites pièces mobiles, et s'ouvre un passage par où il s'échappe comme par une véritable soupape [Descr... du PolypL : Ann. Mus.^ 1802, t. I, p. 62). Aucun muscle ne leur donne de ressort; elles sont seulement bridées par leurs ligaments articulaires, de manière que l'eau pressée dans la cavité des branchies est la force qui les soulève et les fait entrebailler. Si cet effort cesse, elles se ferment d'elles-mêmes en vertu de l'élasticité propre de leurs ligaments. » (Id., Le Polypt, in : Hist. luU. des Poiss. du iVt/, p. 11 : Descr. de l'Egypte.)
L'impossibilité pour l'eau de sortir en totalité par les fentes branchiales, comme chez les autres poissons à opercules, est due au peu de mobilité des battants operculaires. Solidement retenus par la membrane branchiostège^ ils ne laissent échapper qu'une petite partie du liquide.
La paire de grandes pièces osseuses émaillées comme les os du crâne situées à la région gulaire entre les branches de U
F4HIGTI0NS DE LA VIE DE NUTRITIOn. 387
michoire inférieure, représente les rayons branchiostèges. Ce sont elles qui s'opposent à la mobilité de la membrane et des opercules.
Elles paraissaient être une exception unique dans la classe des poissons, jusqu'à ce que Tétude des espèces fossiles eût démontré que si les Polyptéridés sont les seuls poissons du monde actuel où une large plaque osseuse remplace, de chaque côté, les rayons de la membrane des branchies, ils présentent cependant une disposition anatomique propre à plusieurs genres de la famille des Sauroldcs, dont ils sont aujourd'hui, avec les Lépidostéidés, les rares représentants dans les eaux de notre globe.
On ne voit, je Tai déjà mentionné dans la diagnose de la famille, ni brandûole^ ni branchie operculaire.
Malgré Tabsence de cette dernière, Topercule, comme chez les Lépidostéidés (p. 280), reçoit une division de Tartère branchiale. Selon la remarque de i. Mûller (Ftmere Bemerk. ueberdenRauder Gan. : ManaUber. Akad. Berlin, i846, p. 69, et Femere Bemerk,,,, Ber. Akad,, Berlin, 1846, p. 69), on est amené à se demander si ce rameau ne pourrait pas être considéré comme un équivalent de la branchie ou comme un arc aortique.
Tout récemment, dans un voyage qu'il vient de faire au Sénégal, M. Frantz Steindachner a observé une disposition très-intéressante de l'appareil respiratoire chez de jeunes individus de llespèce dite Polypterus senegalus. Il leur a trouvé des branchies extérieures, mais ils les perdent, quand ils ont atteint la longueur de 8 pouces de Vienne. Dans une autre espèce (PolypL Lapradei) qui m'est inconnue et dont il a 3 exemplaires de 7 à 8 pouces, il y a également des branchies externes : trois tiges, de Tun et de Tautre côté, supportent, chacune, deux rangs de lamelles branchiales si rapprochées, que le milieu de la tige, comme chez les Axolotls, est à peine visible au milieu de ces panaches. Ce fait curieux qu'il m'a communiqué, à son retour en Europe, doit être prochainement, de sa part, l'objet d'une publication spéciale.
C'est une heureuse confirmation de la supposition émise par J. Mûller (voy. plus haut, p. 280), qui pensait que, chez les Ganoïdes où la branchie operculaire manque à l'état adulte, on doit la trouver lorsqu'ils sont encore à l'état fœtal.
Les ORGANES GÉNiTO-uRiriAiRES offrent la disposition que j'ai décrite p. 10 et 11, d'après les indications fournies par M. Hyrtl dans un travail, accompagné de fig., dont une analyse se trouve aux pages citées, et modifiant un peu la description des ovaires
388 GANOlDES HOLOSTÉS. POLTPTÉRIDÉS.
et des oviductes donnée par J. MùWer [UeberdenBau.., Gan.: Abhandl. Akad., 1844 (1846), p. 136); Wiegm. Archiv., 1845, p. 108, et trad. Vogt : Ann. se. naî., 3* série, t. IV, p. 22. Ici, en effet, comme chez les autres Ganoîdes, il y a communication entre les organes génitaux et ceux qui servent au passage de l'urine.
Les uretères ne se réuuissent pas pour former une vessie urinaire, mais de leur jonction, résulte un urèlhre court et étroit qui s^aboache dans la petite portion commune des oviductes ouverte derrière ruos par un pore génital.
M. Traquair (Proc, ray. Soc. Edinb., 1866, p. 659) a constaté, chez le Calamoicbthys mâle, la réunion des uretères et des canaux déférents que M. Hyrtl n*avait point eu occasion d'observer, et, de même que ce dernier, il a vu, chez la femelle, les uretères pénétrer dans les oviductes presque au niveau du pore génital..
Outre le caractère distinctif extérieur des sexes fourni par Tanale qui est plus grande chez led" que chez la 9, il en a trouvé un autre consistant en ce que, chez cette dernière, le pore uro-génital situé immédiatement derrière Tanus et qui donne issue à Turine et aux œufs a des dimensions plus considérables.
H. Hyrtl, sur la fig. 1 de la pi. III annexée à son travail, a représenté cette ouverture f, ainsi que les pores anaux, sortes de papilles sur lesquelles s'ouvrent les canaux péritonéaux dont la présence est un des caractères généraux des Ganoîdes.
On n'a pu examiner, jusqu'à présent, que des œufs peu développés. Ceux du BichîT, dit Et. Geoffroy, sont d'un vert pré semblables à des grains de millet. C'est aux grdines de chenevis que M. Hyrtl les a comparés.
M. J. Alex. Smith en a vu de plus volumineux chez le Calamoichthys qui ne sort de la vase où il vit habituellement et ne vient à la surface que pour l'époque du frai, c'est-à-dire au temps des pluies dont la durée, dans le Yieux-Calabar, est de 4 mois depuis le commencement de juin jusqu'à la fin de septembre. C'est alors seulement qu'on peut le pêcher.
Distribution géographique. — Les différents Polyptères observés jusqu'à ce jour vivent tous dans les eaux douces du continent africain, soit à l'est, soit à l'ouest. Le fait est d'autant plus intéressant à constater que les Lépidostéidés, au contraire, habitent exclusivement les fleuves, les rivières et les grands lacs de l'Amérique du Nord. On connaît trop peu les Polyptères pour savoir si, comme pour ces derniers, chaque espèce reste entre des limites assez étroites. Cependant, la présence d'une
même espèce [Polypt. senegalus) dans le Sénégal et dans le Nil blanc vient ajouter une preuve nouvelle à celles que, déjà. Ton possédait relativement à la remarquable extension de la zAhe d'habitation des animaux africains. Dans une Etude sur les Rept. et les Poiss. de l* Afrique occident. [Arch. Mus.^ t. X,* p. 152 et 153] j'ai présenté quelques considérations sur la similitude des faunes de Test et de Touest de TAirique. Je renvoie donc à ce travail, sans insister davantage.
Le Bichir et ses congénères étant, avec les Lépidostéidés, les seuls représentants, à Tépoque actuelle, d'une faune ichthyologique complètement éteinte, peut-être, pourrait-on supposer, ainsi que M. Agassiz Ta fait en parlant de TÂmérique septentrionale (voy. plus haut, p. 318), une sorte 4'immutabilité de l'Afrique depuis les tempi^nciens où les eaux étaient peuplées par d'abondantes espèces à cuirasse osseuse et émaillée. On ne saurait se prononcer à cet égard, mais malgré l'impossibilité de répondre à une telle question, il ne me paraît pas inopportun de la soulever ici, car elle est, en quelque sorte, la conséquence de nos études sur de si singuliers poissons qui diffèrent, sous tant de rapports, du plus grand nombre des animaux de la même classe.
Classification. — L'exposé que j'ai présenté (p. 12-19 et p. 318-319) des classifications relatives aux Ganoîdes revêtus d^écailles émaillées dits Rhomboganoldes ou Ganolépidotes me dispense de longs détails sur les Polyptéridës. En raison de leur analogie avec les Lépidostéidés, tirée de la similitude de l'écaillure, ils ont été, le plus souvent, rapprochés de ces derniers, et, par conséquent» dans mon historique, j'ai eu à m'oc- CQper des uns en même temps que des autres.
Je dois cependant, sans revenir sur ce que j'ai déjà dit, faire observer que Et. Geoffroy Saint-Hilaire, en décrivant le Bichir en 1802, se trouva forcément amené, à cause de ses caractères extérieurs si singuliers et de la présence d'une valvule spirolde dans l'intestin, k le considérer comme le type d'un genre nouveau tout à fait distinct, il est vrai, des Esoces, mais dont il s'éloigne moins, disait-il, que des autres groupes. Tous les zoologistes et^Lacépède, le premier, ci) 1803 (Hist. Poiss,^ X. V, p. 341), ont adopté la coupe générique proposée par le savant français.
Dès 1806, mon père (Zool. analyt., p. 149) réunissait les Lépidostés et le Polyptère aux Esoces, aux Scombrésoces, aux Elops, aux Mégalops et aux Sphyrènes. Il considérait ces pois-
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sons comme appartenant à une même famille qu'il désignait par le nom de Siagonotes (de oia^ùv, m&choire), en raison de rallongement du museau dans plusieurs genres. Complétant ce groupe, en 18S6, par l'addition de plusieurs genres [Ichth. analyL : Mém. Acad, des 5C., t. XXVII, p. 426], il en remplaça le nom par un autre qui s^applique mieux à. toutes les espèces. La famille ainsi agrandie devint celle des Opisthoptères (ômofk, en arrière, icnpà, les nageoires), à cause de la situation reculée soit de la D. unique, soit de la dernière quand il y en a plusieurs et de sa situation juste au-dessus de TA.
Tel était le rang assigné aux Polyptères, jusqu*à ce que la valeur exceptionnelle des particularités de l'organisation qui ont motivé la séparation des poissons dits Ganoïdes en une sous-classe, mise en relief par M. Agassiz et bientôt après démontrée plus complètement encore par J. MûUer, eût fait accepter cette division.
Seulement alors, le Polyptère n*a plus été considéré comme une sorte d'anomalie, ainsi que les Lépidostés, dans le groupe dont il semblait impossible de les faire sortir, et ils sont devenus les principaux types de la sous-classe.
Je mentionne ici, mais sans qu'il soit nécessaire de la discuter, Topinion émise par Swainson qui considérait le Polyptère comme représentant le S* type de la famille des Plectognathes telle qu'il la comprenait (Natur. hist. Fish.^ Amphih. and Rept. or Monocardian anim., 1839, 1. 1, p. 207-212, n"188 et 184).
M. Âgassiz éprouvait, dit-il, « de la répugnance à admettre une nouvelle famille pour un genre qui en serait probablement resté l'unique représentant dans la création actuelle, tandis que toutes ses affinités paraissent le rattacher aux êtres éteints dont nous trouvons les débris dans les couches de la terre » (Recft. sur les poiss. foss.^ t. II, part. II, p. 34).
Sans se laisser arrêter par une semblable considération, J. MûUer a érigé, en une famille distincte, le Polyptère Bichir auprès duquel sont venues se grouper d'autres espèces.
Les différences considérables qui les distinguent des Lèpidostéidés motivaient ce rang assigné au poisson du Nil, mais Texactitude des vues du naturaliste allemand se trouve, aujourd'hui, tout à fait justifiée par la découverte récente d'un Polyptère nouveau qui, en raison de l'absence des nageoires ventrales, devient le type d'un second genre dans la famille.
Le classement des Polyptéridés est fort simple et très-naturel.
Au genre Poltptére se rapportent, avec le Bicfair, les lespè€es à ventrales.
An genre apode dit €alaipoichthts et dont la conformation génénâe rappelle celle des Angniltiformes, appartient, au contraire, la seule espèce }usqu*ici découverte. Si Ton néglige cette différence, tout importante qu'elle est, à la vérité, et quelques autres d'une valeur également secondaire, on trouve trop de remarquables analogies entre ces poissons, pour ne pas les considérer comme étant deux formes génériques d'une même famille.