‹ Histoire naturelle des poissons; ou, Ichthyologie généraleChapitre 128 sur 291 · CT P. 19, D. 11, A. 13, C · texte numérisé non relu

CT P. 19, D. 11, A. 13, C

Coloration. — La teinte générale est un brun devenant plos clair sur les flancs et passant au blanc jaunâtre à la région infér. Il n'y a pas de taches, si ce n'est à l'extrémité du pédicule des P. où Too eo voit une.

y. CINQUIÈME FAMILLE (2).

AMIADÉS. AMIADjE&).

Caractères. — Poissons offrant, dans leur conformation générale, quelque ressemblance avec les Ophicéphales ; corps

(i) D'après les différents exemplaires vus par M. Smith et sur lesquels il a constamment compté 9 ou 11 D., leur nombre est abeolumeot indépendant de la taille du poisson, le plus long n*en ayant pas, néoessairooeot plus qu*un individu moinà grand.

(2) Yoy., p. 18, le tableau de la division des Ganoîdes en 3 ordres et en 5 fomilles, et aux pages 1-12 pour renoncé des caraclôres de la sous^lasse.

(3) 'A(iCa, nom d*un poisson cité dans plusieurs passages par Anstote

cahactérbs. .399

allongé, un pcn comprimé, couvert d'écailIes imbriquées assez grandes, & bord postérieur arrondi et portant de nombreuses stries radiées; tète cubique, légèrement voàtée en dessus, à revêtement cutané mince et sans écailles, à faces supérieure et latérales rugueuses et comme striées; les os situés derrière Torbîte couvrant, en grande partie, la joue ; B. unique et trèslongue, atteignant presque la caudale qui est arrondie (1); A. à peu près au milieu de Fintervalle compris entre cette oageoire et les ventrales; m&choires armées de dents pointues, de médiocre longueur, formant un seul rang derrière lequel il y en a un second rang qui précède les dents vomériennes et palatines disposées en 4 petits groupes; au-dolà de celles-ci, des dents en rftpe, ainsi qu'à la mâchoire inférieure, derrière le rang des dents coniques antérieures; des dents pharyngiennes supérieures; à Textrémité de la portion moyenne de Tos hyoïde, 2 plaques osseuses garnies de dents; entre les branches de la mâchoire inférieure, un os médian, plan, beaucoup plus long que large ; pas d'évents, point de branchies accessoires, soit branchies operculaires, àoii branchioles: 10 à iS rayons branchiostèges ; point d'appendices pyloriques, une valvule spirofde dans l'intestin ; vessie natatoire celluleuse.

{Hiii. anim,)y mais tout d*abord (iiv. I, chap. I, édit. Camiis, 1. 1, p. 9>4ui8 l'éDumération des espèces qui vivent en troupes, et tel est le sens du mot formé de a privatif et de i^o, un.

A IMmitation de Rondelet (De pisc, lib. Vin, p. 238), les zoologistes admettent que le poisson dont le naturaliste grec a parlé est le Boniton, Pélamyde commune ou Bonite à dos rayé {Peiamys sarda, Cuv., Val., Hist. Poiss., t. ym, p. 149).

Un autre Soombérolde, du genre Uehia, a reçu la même dénomination : c^est VAmim de Salviani : Aquaf. ùtUm, hisL^ f» fît {Seomber amia, Linn., Sy$t. nat., 12* éd., t. I, p. 495, lÀchia amia, Cut., Val., HUt. PoUs.^ t. Vm, p. 348, pK 217).

En 1783, Gronovius {Zoophylacium, fosc. I, p. 80, pi. IX, flg. 2) a décrit, comme constituant le genre Amia, le Percoïde, devenu, en 1802, pour Lacépède [HisL Poiss,, t. III, p. 411) le type du genre ^pogon accepté depuis cette époque.

Linné {8pst, nat., 12* éd., 1708, p. SSOO) se servit aussi du mot Amia pour le genre fondé par lui sur Tune des espèces de la fkmille dite des imiadéfl qui, d'après la classification actuelle, entre dans la sous-classe des Ganoides. C'est parce qu'elle y a été introduite sous ce dernier nom, que, malgré le droit de priorité en faveur de Gronovius, je lui conserve son appellation habituelle aûn de ne pas m'écaiter de Tezemple donné par M. Ch. Vogt, puis bientôt après par J. Mâller et généralement adopté.

(1) Elle ne diffère en quelque sorte point, par son apparence extérieure, de la caudale des poissons osseux ordinaires; son hétérocercie cependant très-prononcée n'est bien manifeste que sur le squelette (voy. p. 37S9.

400 GANOÎDES HOLOSTiS. AMIADÉS.

roRcnoRs de la vm de relation. — Motilité. —Le genre de vie des Amies qui recherchent de préférence les eaux vaseuses d'od est tiré le nom de Mud-fish sous lequel on les désigne aux Etats-Unis, doit faire supposer que leur nataûoa n'est ni très-active, ni très-rapide.

La COLONNE VERTÉBRALE offre, dans sa région caudale, une disposition remarquable signalée par M. FranquÊ (Anat. Âmiœ calvœ, 1847, p. 6, fig. 2).

Entre deux vertèbres complètes, il y a une vertèbre intercalaire semblable à celles auxquelles elle est interposée, si ce n*est qu'elle n'a point d'apophyses épineuses supérieure et inférieure. La première vertèbre intercalaire se voit après la 6« vertèbre caudale et la dernière entre les 21« et 22« ou entre celle-ci et la 23*. H. Stanniiis a confirmé les faits qui précèdent, et il est entré dans des détails à ce sujet (Handbuch ZooL, 1854, 2« éd., Fi&che, p. 21, § 9, note 1).

H. Hyrll reprenant, en 1860 [Veher Wirbeùynosto$en und Wirhelsuturen bei Fischen : DenkschrifL k. Akad, Wissensch., 1862, t. XI)» Texamen des venèbres intercalaires des Amies sur plusieurs squelettes des espèces dites calva et ocellieaudaj a constaté une certaine irrégolarité dans leur nombre et dans leur position. Elles ne se rencontrent pas, en effet, entre toutes les vertèbres caudales et ne commencent pas à se montrer toujours à la suite de la même. 11 a aossi étudié la fusion des vertèbres véritables entre elles (1) ou avec les iDtircahlires. Ce dernier mode de réunion avait déjà été signalé par

M. Stannius (Handbuch, Zool , p. 21, note 1). M. Hyrll a vu qne

la synostose manque chez VAm. ocellicauda, et que, chez Tantre, elle a lieu sur plusieurs points, mais dont la position varie suivant les sujets. La fig. 3 de la pi. II jointe à son texte montre une vertèbre de la queue plus grande que les autres, formée par la fusion de 2 ve^ tèbrcs ordinaires et portant 2 apophyses supérieures et une inférieure unique, puis, plus loin, une autre où cette dernière apophyse esi double et la supérieure simple. Sur un point enfin, il a renconlré une vertèbre plus allongée que celle qui la précédait immédiatement et surmontée par un prolongement unique en dessus comme en dessous : il a acquis ainsi la preuve qu'il avait sous les yeux la synostose d'une vertèbre normale avec une vertèbre intercalaire.

Les apophyses supérieures de la région dorsale sont articulées non pas directement avec le corps de la vertèbre, mais avec du tissu cai^ tilagineux contenu, de chaque côté, dans une petite fossette et sor lequel reposent les branches de la bifurcation des apophyses. Chacune de ces dernières appartient, en quelque sorte, aux 2 vertèbres

(1) Chez les poissons sans vertèbres intercalaires, il a trouvé sor un certain nombre d'espèces examinées à ce point de vue des synostoses vertébrales, et, parmi les Ganoïdes, je dois signaler lePolyptèrebichir (p-9B, pi. I, fig. 1).

l^OMCTlOnS DE LA VIE DE RELATION. iOÎ

qai se suivent, parce que le cartilage s'étend de Tune à Tautre (Franqne, lœ. cit., p. 6, fig. il).

A la r^on caudale, au contraire, où se trouvent les pièces intercalaires, c*est uniquement sur le corps de chaque vertèbre normale, que Tapophyse est fixée.

Les apophyses transverses manquent seulement aux 3 premières vertèbres; à la 4% on voit, sur chaque face latérale, un petit tubercule qui porte quelquefois une côte, mais sur tout le reste de retendue da la r^on dorsale, les apophyses s'articulent avec des côtes bien développées. Elles disparaissent au commencement de la région caudale où les apophyses s'inclinent en dedans et en bas pour former le canal des vaisseaux et les apophyses épineuses inférieures ou hoemapophyses.

Toutes les vertèbres complètes, à Texception des 3 ou 4 premières, ont une même structure qui est semblable à celle que ces os présentent chez les autres poissons ; mais le corps de la plus antérieure est très-solidement uni, d'une part, à l'occipital et, de l'autre, à la deuxième qui, elle-même, se rattache, par un ligament, à la ceinture scapulaire. La 3' n'est point excavée en avant : elle offre même une surface plane, et la région antérieure de la 4^ un peu creuse ne contient qu'une très-petite quantité de la matière gélatineuse de la

corde dorsale.

Relativement au mode de terminaison de la colonne vertébrale de FAmie et à ses relations avec Turoptère, j*ai déjà donné (t. I, p. 9 et 39-43] quelques indications générales que complète la description plus détaillée due à M. Kolliker (Ueber dos Ende Wirbekaûle Gan. und einiger Teleost.^ p. 6, fig. II).

Ce Ganolde qui n'avait pas été examiné par Heckel dont j'ai analysé le travail dans les pages citées, montre, dit M. Kôlliker, une hétérocercie très-prononcée, et un grand développement ^e Textrémité cartilagineuse du rachis. Sur la pièce représentée par la fig. jointe à son texte, la disposition des vertèbres iatcrcalaires indiquée plus haut (p. 400) est très-visible. On y voit aussi fort bien les cartilages sur lesquels s'articulent les apophyses épineuses supérieures.

A la suite des vertèbres caudales bien développées avec leurs arcs et leurs apophyses super, et infér.,il y en a 5 autres plus petites qui, articulées entre elles, se dirigent de bas en haut. Ces dernières sont très-rédttites, car les arcs super, et leurs apophyses manquent, mais les înfér. persistent avec leurs prolongements apophysaires.

Au-delà, le rachis se continue en une tige cartilagineuse très-effilée à sa pointe; se portant également en haut, elle va se terminer dans l'nroptère, en pénétrant entre les moitiés latérales du 21* rayon super. Elle est située ainsi au-dessus de 20 rayons complètement développés et au-dessous de S rayous simples. Par là même, se trouve constituée une hétérocercié très-marquée, mais moins cependant que

Poiisofu. Tome U. i6

408 GANOlDES H01.DSTÉS. iJt)ADk.

chez les poissons où tous les rayons de ruroplère sont aa-dessons èe la tige rachidienne terminale.

C'esst à l'extrémité des apophyses infér. plates et élargies des vertèbres caudales que sont fixés les rayons de la nageoire. Les 4snpér. situés au-dessus de la tige cartilagineuse ne sont pas supportés directement par des apophyses : ce sont des rayons imparfaits comme les premiers du bord infér. de la nageoire, qui n'offrent point non pins de relation avec les apophyses.

La structure intime de la colonne Tertébrale a été étudiée par M. Kôlliker [Weitere Beobachiungen ueber die WirbeL.]; je ne puis que renvoyer à ses descriptions (p. 3840 et 48) concernant les Ganoldes et, en particulier, les Amies.

La TÊTE est recouverte par uns peau mince sur laquelle est répandue, pendant la vie, un mucus abondant. Quand elle est desséchée, elle laisse voir, att*4essous d'elle, les os du crâne qui, d'ailleurs, sont facilement mis à ou pendant les préparations qu'exige le montage des animaux, en raison du peu de résistance de ce revêtement tégumentairc.

Les pièces osseuses dont le crâne se compose sont toujours plus ou moins striées à leur surface externe. M. Franque (loc cit.) les a représentées fig. 1 et les a désignées par des lettres.

Ce sont, à la région supérieure, et d'avant en arrière, les nastox (ci) complétés, en dehors, chacun, par un os plus petit qui, formant le bord externe de la narine antérieure, est nommé, par M. Franqoe, os alaire {d') et semble être le cartilage ossifié du nez. Entre les nasaux, tout à fait en avant, se voit l'extrémité de Tethmoïde (é). En arrière, ils sont séparés, par un petit espace membraneux (^ où est percé Torifice nasal postérieur, des os les plus considérables de la voûte du crâne, les frontaux (a) qui, réunis sur la ligne médiane, représentent, daas leur ensemble, un parallélogramme régulier écfaancré, de chaque côté, en avant, par la cavité orbitaire, dont ils formeat la voûte. Leur bord poster, est en contact, au milieu, avec la limile anlér. des pariétaux [b) et, en dehors, avec celle des mastoïdiens (e).

Ces deux paires d*os Font suivies de deux pièces osseuses (p) articulées entre elles au milieu et qu'on doit considérer conmie des os cutanés comparables, il me semble, à ceux qui se voient à rarrière du crftne des Polyptères. Par son angle poster, et externe, chacune de ces plaques osseuses sert de support à un petit os (n) qui est le sus-scapulaire.

Les os de la base du crâne ont été représentés par M. Franque (loc. cit,, fig. 3). Si nous procédons d'avant en arrière, comme nous venons de le faire pour la région super., nous trouvons un vonier double {x) soudé, sur la ligue méd., à son congénère, recouvert, â Tcxtrémité antérieure, d'un groupe de dents semblables à celles de

l'ÎDtermaziUairo, et nni, en arriôre, au sphénoïde (y) dont la grande aile (y*) s*articale avec le temporal (r) et avec Toccipital latéral («*) qui est, en même temps, nni an basilaire ou occipital inférieur {%) sitaé à la suite du sphénoïde.

Le plafond de la cavité buccale est constitué, sur la ligne médiane, en a^ant par les vomers doubles ici comme chez lés Lépidostéidés, puis par le sphénoïde : ils ont, pour bordure externe, le palatin (u) armé de dentM sa région antérieure et limité, lui-même, en dehors, par le ptérygoTdien interne (I).

Celui-ci et le précédent donnent attache, par leur bord postérieur, au ptérygoldien exténue {$) qui a une rangée de dents à son bord extérieur, et sa 9urface, de même que celle des os dont je viens faire mention comme formant la paroi supérieure de la cavité buccale, est couverte de dents beaucoup plus petites : elles présentent Taspect de fines scabrosités.

An bord postérieur du ptérygoldien externe (s), se 0xe Tes jugal ou quadrato-jugal (m) sur Tangle antérieur duquel est appliquée la facette articulaire du maxillaire inférieur (p).

Les os qui, avec les frontaux, forment le cercle de Tœil, sont volumineux, n y a 2 grands postorbitaires : ils couvrent presque toute la joue. Les dimensions du préorbitaire placé entre l'os alaire et le maxillaire àupér. sont également assez considérables. Enfin, le sousorbitaire complétant la ceinture osseuse est long, mais étroit.

Les NAGEOIRES tout à fait analogues par leur conformation et par leur mode d'union avec le squelette à celles des poissons osseux ordinaires, n'offrent point de particularités nécessaires à mentionner ici. Je rappelle que les catopes, comme chez tous les autres Ganoîdes, à l'exception du Galamoicbthys parmi les Polyptéridés qui est apode, sont à la région ventrale. J'ai déjà parlé de Turoptère en décrivant Textrémité terminale de la colonne vertébrale, je n'ai donc point à y revenir.

La vessie natatoire, de dimensions assez considérables, consiste en un sac membraneux divisé en 2 courts prolongements antérieurs, situé au-dessous du rachis et des reins, au-dessus du tube intestinal. Guvier [Règne anim.^ 1'' éd., 1817, t. II, p. 181) paraît être le premier qui ait signalé la structure celluleuse de cet organe que rend évidente son insufflation par Tcesophage. Valenciennes [Hist. Poiss., t. XIX, pi. 578) et Frauque (Anat. Am., fig. 4) Tout représentée. L'apparence de cet organe est celle d'un poumon de serpent à parois celluleuses dans sa région antérieure et lisse au contraire vers son autre extrémité où les vacuoles finissent, après être devenues de plus en plus grandes, par disparaître tout à fait.

404 garoIdes holostés. amudés.

Les cellnles d*un côté de Torgane ne communiquent paa avec celles du côté opposé, parce que sur la ligne médiane adhérente à la paroi supérieure de Tcesophage, il y a une bride fibreuse de laquelle partent les trabécules qui forment les parois des cellules. Entre la tnniqae propre de la vessie et son enveloppe péritonéale, se répandent des fibres musculaires provenant de Tœsophage et qui» examinées u microécope, comme M. Franque Va d'abord constaté, sont, ainsi que tous les muscles de la vie animale^ striées en travers.

Le genre de vie de TAinie qui, durant les sécheresses de Tété, reste enfouie dans la vase pourrait porter à croire que cette vessie natatoire celluleuse joue, comme chez les Lépidosiréniens, le rôle d'un organe de respiration aérienne, mais rétude de son système vasculaire a prouvé à M. Franque Tinexactitude d'une semblable supposition.

Ici, en effet, la disposition anatomique est semblable à celle qii*oo trouve chez les Lépidostés (voy. plus haut, p. 299) et chez les ErythrinsCJ.Mûller.Uefrer Lungen und Schwimblas. : Àrchiv ÀnaL^ 1841, p. 325).

Par rinsufflation de Tartère de la. vessie natatoire de rAmie,etpar son injection à Taide du mercure, M. Franque s*est assuré qu'elle naît d'une veine branchiale, c'est-à-dire d'une veine artérieuse oa, en d'autres termes, d'un vaisseau efférent des branchies et contenant du sang artérialisé. De plus> il a vu les veines de l'organe s'oaTrir dans les veines qui ramènent au cœur le sang des différentes parties du corps. Sur la fig. 4, il a représenté la préparation qui démontre nettement les relations que je viens d'indiquer entre l'artère de U vessie natatoire et lé système vasculaire à sang rouge.

. La communication avec Tœsophage a lieu vers le commencement de. ce conduit et à sa paroi postérieure par une sorte de glotte consistant en une ouverture un peu oblongue,à bords légèrement renflés.

Ce n'est donc pas par son mode de communication avec la première portion du tube digestif, que la vessie Qalatoire offre des analogies avec les organes pulmonaires, mais par sa structure celluleuse, et cependant chez les Amies, comme cbei les Polyptères, il ne peut point y avoir assimilation au point de vue de la physiologie.

Sensibilité. — Système nerveux. — L'encéphale vu par ses faces super, et infér. a été représenté par M. Franque [loc. ciL, fig. 5 et 6); ses dessin^, ainsi que la courte description qui j est jointe (p. 9) montrent qu'il n'y a rien de spécial à noter. Les fig. 7 et 8 permettent de bien comprendre uue disposition particulière du çhiasma des nerfs optiques (Atlas, pi. 28, fig. *)•

PONCTiOlfS DB LA tIE DB RBLATION. 40B

On voit, comme M. Pranqne le fait observer^ que chaenn des nerfs qni le forment offre ]*apparence d'une membrane plissée dont quelques-uns des plis n'entrent pas dans la composition du chiasma» car se courbant en arc, ceux d'un c6lé vont rejoindre, sans passer par cet entrelacement, le nerf du côté opposé. Ces plis arqués occupent les faces super, et infér. du chiasma, mais sur ses faces latérales^ on en voit très-nettement plusieurs qui, tout en étant réunis à la masse des fibres entrecroisées, ne s'y mêlent pas et se portent directement de l'une des racines cérébrales du chiasma dans le nerf optique du même côté«

Organes des sens. — Le sens du toucher n'a point d'organe spécial.

Le revêtement cutané diffère tellement, avec ses écailles à nombreuses stries rayonnées et analogues à celles des poissons osseux malacoptérygiens ordinaires, de ce que nous avons vu dans les deux familles précédentes, et chez les Âcipenséridés et les Polyodontidés, qu'il est bon de rappeler l'importance secondaire de la forme et de la structure de ces organes comparativement aux caractères fondamentaux de la sous-classe des Ganoîdes. Je l'ai déjà dit, au reste, p. 3, en en commençant l'histoire, c'est en raison de l'ensemble des caractères fournis par leur structure, qu'ils doivent être considérés comme appartenant à un seul et même groupe.

Les Amies, au reste, ne forment pas une exception aussi tranchée qu'on serait, tout d'abord, porté à le supposer. L'étude des poissons fossiles, en effet, a démontré que, parmi les Ganoîdes, c'est-à-dire parmi les espèces des terrains antérieurs à la craie, munis de pièces operculaires, et chez lesquels il y a hétérocercie avec des vertèbres incomplètement ossifiées à rextrémité du rachis (voy. plus haut, p. 12 et 1. 1, p. 41], on en trouve dont les écailles imbriquées sont semblables, pour la forme, à celle des Amies. Aussi, a-t-on nommé ces poissons Ganoîdes cydifères ou à écailles arrondies et libres du côté postérieur comme Celles des Cycloîdes. C'est sous le premier de ces noms qu'ils constituent un sous-ordre de la sous-classe qui nous occupe, dans le Traité de paléontologie de M. Pictet, t. II, p. 130-152. Les genres Leptolepis et Megalurus décrits d'abord parM. Agassiz (Rech. Poiss. foss.^ t. II, part. II, p. 129 et 294, 145 et 295] avaient été indiqués, dès 1846, par J. Mûller comme établissant une analogie entre les Ganoîdes et les Amies (Femere Bemerkung fiait Gan, : Bericht Akad. Berlin, p. 79]. Ij est vrai qu'une couche d'émail recouvre leurs

406 OAlfOlDBS HOIiOSliS. akiadAs.

écailles, « mais, comme M. Pictet le fait observer, p. 13S, cette couche se trouve*t*elle chez toutes les espèces? Telle est une question qui ii*est pas résolue de même par tous les observateurs. L'existence de cette couche d'émail est souvent difficile à constater; il n*est pas démontré qu'elle existe toujours. »

Les écailles des Amies sont assez grandes, disposées en rangéesobliques imbriquées et enveloppées par une peau molle qui 8*étend ao peu au-delà de leur bord libre. Elles portent des lignes concentriques et des lignes radiées fines et nombreuses. Le bord poster, est Ûsse (Franque, fig. 9). Celles de la ligne latérale plus étroites el de forme un peu différente, offrent chacune un petit soulèvement tubultire, quelquefois peu apparent à la région antér. du tronc.

Les couleurs ne sont pas vives. Sur un fond verdâtre plus ou moins foncé, il y a des taches ou de petites bandes noires diversement disposées, qui ne se retrouvent pas toujours surtout après le dessèchement, et même paraissent manquer chez certaines espèces. Souvent, il y a sur la nageoire caudale, soit vers son bord super., soit vers Tinfér., une tache noire ronde, simple ou ocellée.

Comme chez tous les poissons de vase, les téguments sont recouverts d'une épaisse mucosité.

Sens de T olfaction. — L'orifice antérieur de la narine se prolonge en un tube sous forme de tentacule effilé. L'ouverture postérieure séparée de l'autre par toute la long, de l'os nasal, se voit dans l'espace membraneux qui sépare cet os du frontal; elle ne porte pas de prolongement 'tentaculaire.

Le sens du goût doit être assez développé, car la langue est charnue, sans dents et revêtue de papilles.

Quant au sens de la vue^ l'œil ne di£fère point de celui des poissons osseux ordinaires.

Je dois faire observer que la présence d'une glande choroîdale, d'un rudiment de processus falciforme et d'une petite fissure de la rétine (Franque, Anat. Am., p. 9 et p. 10, dernier alinéa) ne justifient pas la supposition émise par J. Mûll. [Fer-

nere Bemerkung Bàu Ga7i.^ p. Si) que ces caractères ne

se rencontreraient sans doute pas chez VAmie, puisque, par le reste de son organisation, elle appartient k la sous-classe des Ganoîdes où ils manquent..

M. Franque a constaté contre la sclérotique formée par un cartilage rouge, la présence d'une glande choroldale qui embrasse près-

POMCnOlfS DE LA V» DE IfOTRITION. 407

que tonl le bidbe œalaire. De pliis^ il y a «n radiment de jprocessas faldfonne proloogé jusqa'à 1* rétine.

POMCTiOlffl DE LA TIE DE NUTRlTIOli. — DIGESTION. —

Cuvier, en parlant (R. an,, 1" éd., t. II, p. 180) de la seule espèce dont il ait été longtemps question (Àmia ca/va), dit qu'elle se nourrit d^écrevisses. Dans les individus qu'il a ouverts, Valenclenne^ [Hkt. Paiss., t. XIX, p. 4i0) a trouvé des poisons et, en assez grande quantité, des insectes aquatiques dont rabondéiice fournit, durant la saison chaude, une alimentation très-recherchée par beaucoup d'espèces.

Mâchoires et système dentaire. — La gueule est largement fendue. L^arcade de la inâchoire supérieure est formée, au milieu, par les intermaxillaires et; au-delà, par les maxillaires qui continuent, sans interruption, la courbe médiane des premiers. M. Vogt [Observai, sur les caract. qui serv. à la classif. des Poiss. : Ann. se. nat. Zool., 3* série, t. IV, p. 68) a appelé rattentïon sur ce caractère qui sépare assez nettement, dit-il, les Clupes à grandes écailles de ceux qu'il nomme les Ganoîdes clupéofdes et qui sont, pour lui, je l'explique plus loin dans l'exposé des classifications, les Sudis ou Vastrès, les Amies et lesErythrins.

Chez les Clupes à grandes écailles, ajoule-t-il, « le maxillaire fait toujours un angle plus ou moins obtus avec le bord de rinterma^illaire, de sorte que la fente de la bouche, quand celle-ci est fermée, D*est visible que jusqu'au point de Tinsertion du maxillaire. Celui-ci, en partant sous un angle plus ou moins prononcé, cache la continuation de la fente buccale en glissant par-dessus la mâchoire inférieure. U en est autrement dans les Sudis^ les Amia et les Erythrinus : ici, le maxillaire continue, en ligne droite, le bord de Tintermaxillaire, de «orte que la fente de la bouche et les deux bords dentifères des mâchoires sont visibles dans toute leur longueur, même quand le poisson a la bouche fermée. » *

Le maxillaire est en contact, par la seconde moitié de son bord super., avec une petite pièce osseuse qui en augmente la hauteur et semble quelquefois lui être soudée.

Le bord libre de la mâchoire constitué comme nous venons de le voir, porte, sur toute son étendue, une rangé^e de dents coniques un peu recourbées en arrière. Les mtermaxillaires sont plus fortes que les maxillaires qui sont courtes, nombreuses et très-serrées les unes contre les autres. (Pour l'armure buccale, voy. Atlas, pi. 38, fig. 3.)

Derrière la rangée antérieure, il y a, de chaque côté de la

POlfCTIOlIft DB LA TIB DB BWTBITIOlf. 40B

3* série, 184Bi, t. IV, pL 9, fig. 1), « la ceinture nuscnlaire entourant, à rextérieur, k base du bulbe, qni se termine, par une timite tranchée, à peu près au premier tiers de la long, de ce bulbe » (p. 60).

n a également fait voir (fig. 2) t les deux rangées transversales de vahrales correspondantes à la collerette musculaire extérieure : il y a 6 nindes dans la rangée antér., tt settlement dans la rangée posiér., les a yalvoles médianes du côté dorsal étant confondues en une seule poche ». Cette même fig. et la fig. 3 montrent « au-dessus de ces val- Tules, 2 forts rideaux musculaires composés chacun d*une lamelle en forme de langue qui est attachée^ par sa base, à la lisière de la collerette musculaire du bulbe et dont les 2 côtés sont fixés aux parois du halhe par une saillie assez prononcée. Une quantité de fil^ tendineux partent de Textrémité antér. libre de ces rideaux charnus, et, tout en formant un réseau très-élégant, ils vont se réunir dans 2 lisières plus épaisses qui sont attachées en forme de croissant (fig. 3). JLa partie amer, du bulbe contient ainsi, dans son intérieur, 2 fortes valvules charnues, qni partagent le bulbe en 3 compartiments : une cavité moyenne pour le passage du sang et 2 poches énormes en proportion, une dorsale et une ventrale, qui se trouvent comprises entre ces valvules et les parois du bulbe. Les dernières présentent, au-dessus de la collerette, la teinte grise et la structure ordinaire du bulbe des poissons osseux » (p. Si).

n y a donc, en réalité, 3 rangées de valvules, comme M. Franque le fait observer [AncU. Am. calvœ^ bas de la p. 7), puisque les 2 grandes valvules forment le 1^' rang. Il montre ces dernières en entier (fig. 10), tandis que, dans la pièce représentée par M. Yogt, la coupe n'ayant pas été pratiquée sur la même face du bulbe, on voit une des deux grandes valvules seulement, et même pour la rendre bien visible et faire comprendre qu'il y en a 2, Tautrc a dû être incisée dans le sens de la longueur, aVec ses bords renversés.

Quant à la différence dans le nombre des petites valvules qui, dit M. Franque contrairement à M. Vogt, est, non de 6, mais de 4 à chaque rang où il y en a une petite entre deux plus grandes, elle a peu d'importance. Sur l-une des Amies de la collection, je vois très-nettement les 2 grandes valvules et audessous d'elles les petites sur 2 rangs disposées comme M. Franq[ue les a représentées.

M. Stannius (Handb. Zoot., 2« édit., 1854, Fische, p. 23S, note 3) se borne à renvoyer à la dissertation de ce dernier (1).

(i) Par erreur, p. 5, j*ai dit que M. Franque indiqae 10 valvules non compris les 2 grandes, car c'est en comptant celles^, qu*ii arrive à ce noabrs.

FONGTIOHS m U VIB DB RUTIUTION. 411

Am, etUvas^Ëuée la p. 10) de découvrir, je Tai déjà dit p. 280, la branche artéridle de Topercule qui, selon J. MûUer (dans le passage cité à cette page), devrait se rencontrer chez ce poisson, en sa qualité de Çanelde.

L*orifice extérieur de la cavité branchiale quijBst vaste, est recouvert par up appareil opereuiaire assez considérable et dont les 3 pièces postérieures & surface rugueuse et ciselée comme celle des os du crftne, sont unies entre elles par des sutures serrées (AtLas, pi. 25, fig. 1).

La supérieure, et, en même temps, la plus grande (opercule)^ est limitée, à son bord inférieur, par Yinteraperàde en avant duquel est situé le sous-opercule. Ces 3 os, dans leur ensemble, en représentent, en quelque sorte, un seul à bord poster, convexe et à bord antér. concave. Par ce dernier, ils sont en contact avec le préopercule, dont le limbe seul est apparent, tout le reste de sa surface étant recouvert par une peau assez épaisse, percée de pores muqueul, et lisse chez les individus conservés dans Talcool. Chez les sujets desséchés, elle s^applique exactement sur Tos dont elle laisse paraître alors les stries, comme le montre la fig. de TAtlas. Le préopercule s'étend jusqu'aux os de grandes dimensions situés derrière l'orbite.

Yalendennes a appelé Tattention [Hi$t. Poiss.y t. XIX, p. 407 et p. 41 SQ sur la présence, à la face interne des opercules^ d*épines d*un volume très-peu considérable qu'il compare aux petites dents pharyngiennes; mais on ne peut pas supposer avec lui que ce soit, en quelque sorte, « un reste de ratelures dentées de la brenchie opereuiaire qui manque. » Sur plusieurs espèces, je trouve ces petites saillies très-fines disposées sans ordre, formant des lignes ondulées, et dont la pointe est dirigée du côté de l'ouverture extérieure des branchies.

Par sa limite infér., l'appareil opereuiaire est en contact avec le rayon branchiostège le plus externe et le plus élevé, dont il recouvre même un peu le l>ord super. Ce rayon, large et ciselé à sa surface externe comme les pièces qui viennent d'être décrites, est le premier d'urne série de 10 à 12 rayons robustes, plats et élargis, destinés, d'un côté comme de l'autre, à soutenir la membrane branchiostège et à en faciliter les mouvements pendant la respiration.

Cette membrane et les rayons les plus internes, par leur extrémité antér., sont en contact avec )e bord terminal .d'une pièce osseuse beaucoup plus longue que large, de forme un

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peu variable suivant les espèces. Arrondie en avant où eUe touche à la symphyse et au bord interne des os sous-maxillaires, elle e^t recouverte par la peau qui se prolonge en un petit repli le long de son bord postérieur. EUe remplit presque complètement Tintervalle que laissent entre elles, dans leurs 2/3 antér., les branches de la mâchoire. Le reste de cet intervalle, en arrière, est occupé et par la membrane et par le bout des rayons branchiostèges.

En raison de la présence simultanée de ces rayons et de la plaque dont il s*agit, on ne peut pas admettre, comme on le &it pour les Polyptères chez lesquels nous avons vu, dans la même région, deux grands os aplatis (p. 386), qu'il y ait là une sorte de transformation des rayons branchiostèges. C'est une pièce accessoire du squelette. Telle est Topinion très-juste émise par M. Stannius [Handb, Zoot.y 2* éd., Fische, i8S4, p. 74] qui pense qu'elle peut bien remplir un certain rôle dans les mouvements respiratoires.

Elle est, du reste, fort analogue à celle beaucoup moins considérable qu'on voit, à la même région et dans de semblables rapports avec les parties environnantes, chez des poissons à rayons branchiostèges encore bien plus nombreux que ceux des Amies, chez les Elopes et les Mégalopes.

Les ORGANES GÉNIT0-UR1NAIRES, commc chcz Ics autres Ganoîdes, sont réunis entre eux, mais avec la particularité déjà signalée p. 11 d'après un travail de M. Hyrtl : elle consiste en ce que c'est la vessie urinaire qui, outre les uretères, reçoit les conduits excréteurs des organes génitaux. Il a montré cette disposition anatomique chez une Amie 9 sur la pi. III, fig. 9 jointe à son mémoire.

Distribution géographique. — Les Amies ne se rencontrent que dans les eaux douces de l'Amérique septentrionale qui parcourent la grande vallée limitée à l'est par les monts Alleghany, et, à l'ouest, par les montagnes rocheuses. Elles vivent dans le Mississipi et dans les lacs septentrionaux, ainsi que dans les régions méridionales des Etats-Unis. Ce Vest pas seulement au milieu des eaux vives et courantes qu'elles habitent; elles semblent même leur préférer les marais, où, quand les chaleurs de l'été déterminent Tévaporation des eaux, elles restent dans la vase desséchée, habitude qui leur a fait donner le nom, je l'ai déjà dit (p. 400), de Poisson de vase Mndfisk, Y a-t-il quelque relation entre ce genre de vie et la structure

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