DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. CLASSIFICATION
celluleose de la vessie natatoire, quoique cette dernière n*ait point Tappareil vasculaire des poumons?
La GUSsiFicATiON des Amies telle qu'elle est généralement admise aujourd'hui ne remonte pas au«delà de vingt-cinq ans environ ; car alors on reconnut qu'elles appartiennent à la soas-classe des Ganoides.
Linné, tenant compte uniquement de Tapparence extérieure, plaça le Mudfish que Garden lui avait envoyé des Etats-Unis, parmi les. poissons abdominaux (SyKt. nat., 12* edit., t. I, p. 801). Il créa, pour cette forme nouvelle^ le genre Amia dont le nom (voy. p. 398, note 3) avait déjà été appliqué» trois ans auparavant, par Gronovius au poisson acanthoptérygien presque toujours désigné, à Texemple de Lacépède, par le mot Apogon.
Le genre Amia que Linné plaça entre les genres Cobitis et SiluTus^ fut accepté par tous les zoologistes qui Pont suivi, sans qu'ils aient toujours assigné le même rang, parmi les Malacoptérygiens abdominaux, à Tespèce dite, par lui, Amia calva et que Ton croyait être le seul représentant du groupe où plusieurs espèces restaient confondues sous une même dénomination.
En 1801, Schneider (Bloch. Syst. posth., p. 451, pi. 80) intercala, au milieu de son groupe hétégorène des Heptapterygii^ entre les genres Cyprinus et Pœcilia^ le genre Amia auquel il rapporta une Amia immaculata qui ne peut pas entrer dans la même division générique et doit être le Butirin Macari (Albula Parrœ), VaL, Hist. Poiss., t. XIX, p. 320 et 341.
Lacépède [Hist. nat, Poiss., 1803, t. Y, p. XX et 43), quoique s'écartant peu des vues de Linné, fit un rapprochement exact en n'éloignant pas les Amies des Butirins.
Une distinction nécessaire, au point de vue de la méthode naturelle, commença à être établie par Guvier qui, dès 1817 A. an., 1'" édit., t. II, p. 177-182), plaça, entre les Glupes et es Esoces, les genres Elops, ChirocentruSy Erythrinus, Amta, Vastres, LepidosUus. Dans la 2*' édit., 1829, t. II, p. 323-329, il perfectionna sa première tentative, en reléguant à la fin des Malacoptérygiens abdominaux les genres que je viens de nommer et auxquels il ajouta les suivants : Megalops^ Butirinus^ Pyodon^ Osteoglossum^ Polypterus.
Valenciennes (Hist. Poiss.^ t. XIX, nov. 1846) a précisé mieux encore les vues de Cuvier en considérant les Elops et les Megalops comme les types d'une famille, celle des Elopiens (p. 358),
4i4 GANOlDBS aOLOSTÉS. AMlABiS.
et en exposant (p. 440-411) les motifs qai peuvent porter à élever le genre Amia an rang de famille.
G*e8t en 1848, que M. Vogt (Observât, sur les caraet. qui serv, à la classificat. des poiss. Gan.), à la suite de sa trad. du Mèm. de J. MûUer sur les Gan. et la classific. des Poiss. (Ann. se. nat. Zool., 3« série, 1848, t. lY, p. 60) a dit, en parlant de la découverte qu'il avait fiûle des valvules multiples du bulbe artériel : a II est bien vrai que je prends aussi YAnUa pour qd Ganoîde. » La justesse de cette opinion a été confirmée par les recherches anatomiques dont ce poisson devint Tobjet, et particulièrement en 1847 de la part de M. Franque (Anat. Am. calvm avec figures).
J. Mûller, duis le travail que je viens de citer et qui est ho peu plus abrégé que celui qu'il avait communiqué en 1844 à TAcad. de Berlin, pais inséré dans les Mém. de ^^ette Compagnie savante en 1846, n'avait pas parlé des Amie& à roecasion des Ganofdes. Il se rangea cependaut tout de suite à ToinnioD de M. Vogt, dans un court supplément placé à la fin de son écrit (Mém. de TAcad.). Dans la même année 1846, il publia de nouvelles remarques sur les Ganoldes [Femere Bemerkungen ûber den Bau der Gan. : Bericht Verhandlung. k. Akad, Wissensch. Berlin et confirma (p. 78-60, 81-82) Texactitude de cette vue nouvelle sur le véritable rang des Amies dans la classe des poissons. Il rejeta cependant, contrairement à Topinion de M. Vogt, et comme le font les zoologistes qui acceptent rintroduction de la famille des Amies parmi les Ganoîdes, Tadjonction, au même groupe, des Erythrins, des Vastrès ou Sndis et des Ostéoglosses. Chez ceux-ci, en effet, les caractères anatomiques essentiels de la sous-classe font défaut (1).
Les détails dans lesquels je viens d'entrer et ceux que j'ai donnés (p. 13-18) en exposant l'historique de la classification des
(1) M. Vogt (foc. d^, p. 03) distingue dans ce qu'il appeUe Tocdre des Ganoïdes, si toutefois, dit-il, on veut laisser subsister cet ordre, 3 grospes principaux :
{• Les GanoYdes cuirassés munis de plaques osseuses souvent sans cooche distincte d'émail, tantôt dispersées sur la peau, tantôt rapprochées les nnes des autres (Esturgeons, Spatulaires,Céphalaspide9, Situroîdes). i*ai déjjà parlé, p. 3, de Tassimilation de ces derniers aux Ganoldes proposée par M. Vogt.
3* Ganoîdes à écailles rhomboîdales et fortement émaiUées (Polyptères, Lépidostés).
3» Ganoîdes à écailles arrondies imbriquées (Sudis ou Vastrès, Amies, peut-être Erythrins, puis Célacanthes parmi les fossiles).
CLASSinCATION. 4i|(
poissons aernellemeiit rattschés à la 8oas^lasse.4es Ganoides, mais dont le rang a varié suivanl le point de vue auquel les naturalistes s'étaient placés, me dispensent de m*étendre davantage sur ce qui concerne les Amies. Pour elles, en effet, comme pour les autres Ganc^des, j'ai fait connaître les diffé-* rentes positions qu'on leur avait assignées dans les cadres zoologiques (1).
Parmi les Poissons ganoîdes, les Amiadés constituent évidemment la famille qui, à en juger par les formes extérieures, semble ne pas occuper le rang que devraient lui assigner ses affinités zoologiques. Cependant, alors même, qu'on éprouverait quelque répugnance à faire prévaloir sur les caractères extérieurs les caractères anatomiques , et j'ai déjà lait connaître
(i) Test ici le caa de rappeler, d'une fa«on gommai», comme complément de reiposé des claflsifleatjons des Ganoïdea» les deux auivantee dtmt je n'ai point parlé.
La première eat due à M. Harting (1864, Leer^oêck van dt Grondbegi»sekn der Dkrkundê). U divise tous les poissons d'après Tabsence oq la présence de 1% vessie natatoilre en 3 vastes groupes :
I AcTSTi : 1 SêlaehH, 2 Cyehstomi, 3 Leptocardii.
II CrsTonioRi : 1 Ù^pnoi, t Têiêosiei, 3 Ganoidei partagés en :
I CffdokpiâoH (Fam. Amiini, Cœlacanthini, Holoptychini).
II RhomboUpidoti (Fam. Polypterini, Lepidosteini , Acanthodini, nipte^ riai, PycBodontini). — m Hiif^ùpl$mridêi (Pam. Dercetini). — !▼ macogafioéM (Fam« CooooaUini). — ▼ Qiwrimm» (Fam. Acipenseriai, Spatulartni).
L*aiilre classtflcaUon où beancoup de noms nouveaux sont introdmts est proposée par X. Hasckel (1880, GmêrêUê Morpholoffiê des OrganUmm).
Un premier groupe, celai deeXsavocunaia mu Aaaumuk {AmpKioams) est séparé ù$ tous les antres vertébrée qui sont dits FAOBVUjkBHa S9u
Ces derniers sont groupés ainsi :
Cladus I, MoNORBiNA sen Cyclostoha (Myxine, Petromyzon).
Cladus II, Anphirhiiia (animaux à narines paires) :
1 snbcladus, Ànamnia (sans amnios) formant 3 classes :
A Pisces. B Dipneusti (Lepidosiren). C Amphibia.
3 sabcladns, Anmioia (pourvus d'une amnios) comprenant 3 classes :
n Reptilia. É Atos. F Hammalia.
La classe des Mssons se divise en 8 sous-classes : Sous-classe I Selachifi. Légion aniqae : Plagiostomi. a ordres : a, Sqnalaoei, b, Bajacei, e, Holocepbali.
Sous-classe H Ganoidei. 3 Légions :
Ire Légion, Tabuliferi (6an. cuirassés) :
3 ordres : a, Pamphracti (Poiss. tortues), b, Sturiones.
^ Légictn, Rbombiferi.— 3oadre0 : a^Efulcri, b, Fulcrati« e, SemsK^teri.
3* Légion, Cycliferi.— 2 ordres : ^, CœloscoIopeSy b, Pycnoscolopes.
Sous-classe III Teleostei : 2 Légions : — 1 Physostomi. 2 Physoclosti.
416 GAIIOlOBS H0L08TÉS. AMIADÉS.
(p. 28B, Ilote) les objections présentées par M. Vogt contre les classifications basées sur les ressemblances de rorganisation interne, on ne peut méeonnaltre Timportance des particnlarités de la stracture des Poissons dont il s'agit. Il ne me semble donc pas possible de séparer les Amies de la sous^lasse à bufuelle je les rapporte, k l'exemple de presque tous les zoologistes de répoque actuelle.
GmM AMIE. AMIA, Linn.
1766, Syst. nat., 12* éd., 1. 1, p. SOO (1).
Caractères. — Ceux de la famille.
Au-dessus de la ligne latérale, dans la rangée oblique située andevant de la racine des V., 8 rangées d'écaiUes; Il ou 12 et, eiceptionnellement, 10 ou 13 au-dessous jusqu'à une ligne horizontale passant juste au niveau de Taugle externe de la racine de ces nageoires.
A la ligne latérale, presque toujours 68 rangées d*écailles ; sur 2 sujets, 66, sur 2 autres 67, et une seule fois, 69 et 70.
Nageoire dorsale précédée de 20 rangées d*écailles le plus habituellement ou d'un nombre un peu moindre par exception, mais jamais au-dessous de 17.
V. toujours beaucoup plus rapprochées des P. que de rorigine inférieure de la C. Il n'y a qu'une exception : cfaes VAmie oceidentûk, Dekay, selon la figure jointe à son texte, elles M>nt juste au milieu de l'espace compris entre les points que je viens d'indiquer.
Toutes les espèces jusqu'à ce jour connues, et j'en ajoute deux, d'après les collections du Muséum; à celles que Lesueur, Richardson, Kirtiand, Dekay, Zadock Thompson et Valenciennes ont décrites, se ressemblent beaucoup entre elles. Les mensurations que {^indique fournissent de très-bons caractères distinctifs, dont nul zoologiste n'avait tenu compte.
De même que Valenciennes, je ne parle point de l'espèce dite par Linné Amia calva. Il est impossible, en effet, de savoir laquelle il a désignée ainsi parmi celles qui ont une tache noire à la C.
Le genre de vie des Amies qui préfèrent les lagunes ^vaseuses aux cours d'eau rapides, doit faire supposer que les espèces sput eantouQées dans des limites géographique^ <^ssea étroits et que, par conséquent, celles du N. des ItatSrUnis diffèrent de celles des Etats du Sud ou même du Centre.
(i) Yoy. p. 396, note 3, ce que j ai dit sur l'origine de ee noin et sur remploi que Gronovius en a fait pour désigner un autre genre.
GVUKt AMIA.
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418 GANOlOBS IMHLÔSyAtf. iMlADiS