‹ Histoire naturelle des poissons; ou, Ichthyologie généraleChapitre 14 sur 291 · SENSIBILITÉ. SBNS DU TOUCHER · texte numérisé non relu

SENSIBILITÉ. SBNS DU TOUCHER

nécessité de faire eatrer leur description dans Thistoire de chaque espèce.

La base du crâne porte une grande pièce osseuse déjà décrite (p. 24), plaque buccale de M. Agassiz, prolongée sur chacun des côtés de la face inférieure de la colonne vertébrale. Elle a été quelquefois rapportée au système des os cutanés du cr&ne ; mais il est plus conforme aux analogies de la considérer comme une dépendance du squelette interne.

Les écussons dorsaux^ dont le premier est désigné sous le nom de plaque nuchale, sont nettement délimités sur le plus grand nombre des Esturgeons. Chez quelques-uns, au contraire [Huso Uzvis^ Tosarium, serotiniLs)^ ils semblent manquer. On ne peut pas alors les compter, car on ne trouve plus, sur la ligne médiane, çà et là, que des granulations osseuses. Quand Tî en est ainsi, les écussons latéraux et les ventraux sont également effacés. On a supposé que leur disparition devait être attribuée à la vieillesse des sujets. Ainsi, Linné a dit (Syst. nat.^ 12* éd., 1. 1, p. 404, Acip. huso [Huso ichthyocolla]) : Cor^ poris ossea tubercula senioribus evanescunt. M. Kirtland, après avoir établi une espèce particulière sous la dénomination significative de Acipenser nudus^ Ta regardée plus tard comme fondée sur une modification de Y Acip, rubicundus due à Tâge [Descr. fish. Ohio, Boston Jomm. nat, hist.^^ 1843-44, t. IV, p. 303); mais je pense qu'il ne faut pas généraliser l'observation faite sur Y Acip, huso^ puisqu'on trouve les écussons parfaitement développés sur des sujets dont la taille est le double au moins de celle des exemplaires que je connais des espèces qui viennent d'être nommées, et puisqu'un Esturgeon, plus petit que les Adp. lœvis, etc., n'a, sur certains points, que des vestiges de pièces ventrales [Huso atelaspisy A. Dum.), il faut donc admettre l'absence des grandes plaques osseuses du tronc parmi les caractères de certaines espèces.

Les écussons dorsaux consistent en une pièce osseuse tecliforme, dont Tangle rentrant reçoit la saillie du dos. Les deux portions latérales dont la réunion forme la crête sont moins obliques, dans le jeune âge, qu'elles ne le deviennent plus tard, et, en ménic temps» la carène n'est plus aussi saillante. Elle est fréquemment armée d*une épine, quelquefois précédée et suivie de petites dentelures. Chez beaucoup d^Esturgeons, Tépine part du milieu de la carène qui, ayant sa plus grande élévation sur ce point, s'incline vers le bas en avant et en arrière. €hea d'autres, au contraire, la carène a, dans toute sa longueur, UA^ direction oblique.: e^op extrémité postérieure plus haute

Poiisons. Tome IL Â

que Taiitre se terflikie ffi «ne pointe éfiiteiM^ «I It pliqM «t édum^ crée en arrière. Une différence sî notable sert de moyea de ftialîaelîdn et permet de séparer les Stnrioniens en deux grovpes (Misoonvnis et OpisTHOcsimiss) comprenant chacun nn nombre très-inégal d'espèces, la première disposition étant beanconp pins fréquente qne la seconde (Atl., pi. 19, fig. 4, v, et 20, fig. 3).

La portion de Técnsson saillante an-dessos des tégometits M qni est la pins considérable, M parconme, dn centre à la citconférenee, par des radiations. Ces dernières ne nsetent pas t<Mi(}enrs trè»-di^ tinotes, parce qn*elk» sont fermées par de petites saillies épineuses qni, souvent, s'unissent aux saillies soit de Tune, soii des deux radiations collatérales. Aussi, la surface de Téonsson offre-t-elle un aspect vermicnlé qui serait très-analogue à celui que présentent les os des Tortues molles dites Trionyx, s'ils n^étaîent dépourvus d*épines qui rendent les écussons des Stnrioniens fort rudes quand elles sont très-proéminentes.

AtHlevunt de la portion mguense, tt derrière qmtâqttefois^ une* petite portion lisse de la pièoe osseuse est eacbée dans l'épussenf dn la peau, et si rantérienre pénètre so«s réeusson qui précède, un contact s'établit entre les diven segments de la série dorsale* Duxg ce cas, tantôt la portion frannleuse de diaque plaque touche Oelle qu'elle précède et celle dont elle est suivie ; tantôt, les plaques restent éloignées. Chez plusieura espèces, un intervalle assez grand les sépare, et, presque toujours, Técartement augmente à la région postérieure du dos.

A la base de la nageoire dorsale, il y a une plaque généralement plus petite que le dernier écusson, et derrière la nageoire, on voit très-fréquemment, sur la ligne médiane, un on plusieurs écussons quelquefois disposés par paires^ Le cloaque et la nageoire anale sont ordinairement suivis de plaques fort analogues aux supérieures*

Quand les plaques de la r^pon caudale prennent un plus grand développement et s'unissent aux écussons latéraux, de façon à constituer une sorte de gaine osseuse, d'autres particularités distinctives venant se joindre à celle-là, on a affaire au type d^un genre tout-à-fait distinct : le Scaphirkynque.

Le nombre des écussons dorsaux n'est pas absolument constant dans une même espèce, et il peut y en avoir quatre en plus ou en moins chez des sujets d'un même groupe spécifique, comme le Lioniscus glaber en fournit un exemple* C'est là, au reste, un cas rare. Les limites de la variabilité sont, d'ordinaire , moins étendues , et conune on ne s'est pas , jusqu'ici « suffisamment attaché à l'étude des dissemblances que présentent entre eux les Esturgeons, dont les espèces aont en plus grand nombre qu'on ne l'avait supposé , on a trop facilement admis , à ce que je crois , ridentilé d*individus où le nombre

SffiStBlLlti. SKifS DO TOtCHfiR. Bl

des éCQSsons n^est pas le même , et qui ofïîrent , en outre, certains autres caractères distinctife trop négligés.

Les écussons latéraux (Atl., pi. 15, fig. l,aet pi. 19, fig.l,(] sont quelquefois presque effacés et réduits chacun à une petite pièce osseuse ; leur nombre échappe alors à une numération précise, maïs ce sont des exceptions* Presque constamment, de chaque cdté du tronc, au niveau de la ligne latérale plus ou moins apparente» et à partir de la plaque sus-scapnlaire ]usqu*à Toriginede la nageoire caudale, il y a une série d'écussons.

Souvent, ils sont en nombre inégal à droite et à gauche. Tune des rangées ayant une ou deux pièces de plus que Tautre.

Leur forme générale est quelquefois rhomboidâle, mais plus babi* tnellement, ils représentent une sorte de triangle îrréguHer. La base, oblique d'avant en arrière^ est antérieure; quelquefois, elle porte une petite échancnire médiane. Les deux autres côtés forment un angle postérieur; ou bien ils se réunissent de manière à décrire une courbe parfois un peu entaillée au milieu. Les angles supérieur et inférieur sont dissemblables; le supérieur est, chez la plupart des espèces, plus effilé que Finférienr. La forme change suivant la position que les écosKHis occupent dans la série. Le premier est phi» petit que le deuxième, mais à partir de celui*-ci« ils présentent d*aborâ une augmentation, puis une diminution en longueur et en hauteur.

Ils sont parcourus, sur la ligne médiane, d'avant en arrière, par nne crête ou peu élevée ou très-saillante, tantôt non épineuse, tantôt sormontée d'une forte épine dirigée en arrière.

La aurfiaee des écussons est radiée et vermictilée; chacune des sailites de la termiculation, de même que sur les dorsaux, est surmontée par une ou plusieurs épines.

Les écusions ventraux situés sur deux rangées parallèles entre la base des nageoires pectorales et dés ventrales, sont réduits à un très-petit volume chez quelques Esturgeons, ou manquent sur divers points de la région abdominale. Il n*y en a plus aucune trace chez VAdp. rubicundus de Lesueuf,ni chez les espèces qui, selon ce naturaliste, seraient de simples variétés du précédent : tel est en particulier VAcîp. ohiensis conservé dans les collections du muséum. Aussi, Rafinesque avai^il tiré, de la nudité du ventre, le caractère fondamental de son genre Sierletus {lehth, ohiensis, p. 80-82) , et il y rapportait quatre espèces : les deux que je viens de nommer, puis Acip. serotinus tx macroitomus ; mzis le défaut de plaques ventrales est rare.

Leur nombre n^est pas toujours te même des deux côtés, et de même que pour les dorsaux et les latéraux, il n^est pas absolument invariable dans une même espèce.

82 GANOlDES CHORDROSTÉS. AGIPENSiRlDÉS.

Leur forme, quand elle est régulière, rappelle, jusque un certaio point, celle d'un cœur de carte à jouer. La carène médiane, quelquefois très-saillante et surmontée d*une épine dirigée en arrière, ou, d'autres fois, presque nulle et non épineuse, partage^ le plus souvent, •la plaque en deux portions inégales. Tune externe plus grande, Fanire interne et plus petite.

Presque toute leur surface est semblable à celle des dorsaux et des latéraux, car elle est radiée et couverte de petites saillies épineuses. En arrière, il y a une portion nue et anguleuse ; si elle est longue, les écussons se touchent, mais ils restent écartés lorsqu*elle est courte.

Les saillies et les venniculations de toutes les grandes plaques de la tète et du tronc, qui manquent sur les points cachés dans répaisseur de la peau ou placés en contact avec les plaques voisines, n'ont pas Téclat de la couverture des scutelles des Lépidostées et des Polyptères. La couche de la substance ganoide, sorte d'émail, si développée chez ces derniers, est, ici, très-mince. M. Agassiz Ta montrée sur une coupe (Poiss. foss., Atlas, 1. 1, pi. H, fig. 22).

La surface interne des plaques est parfaitement lisse. On y voit des lignes concentriques analogues à celles de Tintérieur des coquilles. Elles ne sont pas dues à la superposition successive de couches produisant, comme pour Tenveloppe dure des Mollusques, Faccroissement des dimensions. En réalité, ces lignes concentriques, comme M. Williamson Ta indiqué et figuré sur la coupe verticale de la moitié inférieure d'un écusson latéral [On microsc. struct. scales.... Gan, and Plac. fishes, in : Philos. Tram., 1849, part. II, p. 448, pi. XLI, fig. H), résultent de ce que chacune des nombreuses lames qui constituent la portion inférieure de la plaque, change de direction et forme un angle très-aigu en se portant en haut et en dedans. Cette explication me paraît applicable seulement aux écussons latéraux, et non à ceux des autres régions.

 la face interne des plaques, il y a des orifices de diverses dimensions, mais toujours très-fins. Ils livrent passage à Jes vaisseaux et à des nerfs. C'est surtout dans l'angle rentrant des écussons du tronc, que se voient les trous dont les moins petits sont voisins du point correspondant au centre. Quelquesuns perforent toute la plaque et viennent s'ouvrir à l'extérieur; mais d'autres ne vont pas au-delà du tissu osseux et ne traversent pas la substance ganoïde. Quand on examine, p^ transparence, un écusson devant une vive lumière, on voit une multitude de très-fins canaux extrêmement serrés les uns con-

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tre les autres vers le centre , et s^épanouissant en éventail à mesare qu'ils approchent des bords.

Les trous et les canalicules se voient également sur les écussons céphaliques. Dans toutes les pièces du squelette cutané, le microscope démontre une extrême multiplicité des canaux parcourus par des vaisseaux capillaires et connus sous le nom de canaux de Havers. On y trouve aussi des corpuscules osseux abondants, représentés sur la pi. H, fig. 22, 1. 1 des Poiss. foss. de H. Agassiz.

Les écussons des flancs sont perforés d*avant en arrière sous la crête, et offrent ainsi une cavité tubulaire destinée, de même que chez les poissons osseux, à loger le canal de la ligne latérale , qui trouve une semblable protection non-seulement aux plaques crâniennes qu'il traverse dans son trajet, mais jusque dans la séparation des deux orifices de chaque narine, sorte de pont cutané ob est contenu un petit canal osseux (Voy. p. *2).

Entre les cinq rangées longitudinales des écussons du dos, des flancs et du ventre, la peau est rendue rude par de nombreuses scutelles généralement petites, mais quelquefois assez grandes. Elles se présentent sous un aspect différent suivant les espèces.

Chez les unes, elles sont en forme de petites plaques pectinées, à dents dirigées en arrière et entremêlées de plaques plus grandes dont la configuration est semblable [Lionisci [L. glaber], Atlas^ pi. 17,

Chez d*autres, des plaques étoilées sont entremêlées à des plaques en forme de peigne dont elles dépassent beaucoup les dimensions {Behpes [H. sUllaius]).

D*aatres, encore, n'ont que des plaques en étoiles circulaires ou de fonne variable, mais toutes munies d'un centre d'où partent des rayons couverts par de petites proéminences épineuses très-rapprochées entre elles. Quelquefois, les étoiles les plus grandes forment, aa-dessDs des écussons latéraux, une rangée longitudinale courte et pea régulière {Antacei, Atl.^ pi. 15^ fig. 1 b, pi. 18, fig. 1 a-4a).

Le revêtement cutané est plus simple chez beaucoup d'espèces.

Tantôt, il se compose de granulations formées par de petites squames osseuses à épine terminale peu développée et disposées en quinconce. La peau alors n'est pas très-rude au toucher (Acipen- «erei, Acip. tturio^ pi. 17, fig. 10).

Tantôt, et c'est la disposition la plus fréquente, toutes les scutelles sont de petites épines osseuses acérées [Husones^ Atl., pi. 15, fig. 2k, Zby Ab et pi. 17, fig. 8 et 9), et souvent groupées de telle façon qu'elles représentent de petites rospices.

M GAlfOlMS CBONDROSTte. ACIPSHStelDÉS.

Chez l6s individus âgés, toates les aspéritâs des léguments s'émoussent et quelquefois alors, les épines ainsi usées et réunies par groupes où elles sont en nombre variable, forment des tubercules dont la surface uil peu bosselée porte, çà et là, de légers enfoncements qui sont les intervalles des épines.

Le mode de développement des pièces dures de la peau a été, de la part de M. Agassiz, Tobjet d*observations faites sur de trèsrjeunes sujets [Boiton Proceed. Soc. nat. hist.j 18B6, t. VI, 1856-89, p. 63) et qui établissent un rapport de plus entre les Esturgeons et les Lépidostées chez lesquels il a étalement suivi Tordre d'apparition des écailles, et il Ta trouvé semblable cbet les uns et chez les autres. Elles se montrent tout d'abord sur la ligne médiane supérieure, puis sur Tinférieure* Vers la queue, elles sont très-rapprochées et rhomboîdales, couvrent la région postérieure du corps et s'étendent jusqu'aux rayons de la caudale.

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