Amu yiridis, Lesueur, MS
1846, Guy. et Val., HUt. Poiss., X. XIX, p. 421 (1).
Caractères. — « Dos et cAtés d'un vert foncé olive ; une tache noire, de chaque cdté, à la G.; régions inférieures blan-< ches ou ocrées. >
p. 18, V. 8, D. ÎÎO, A. 9, C. 25.
« Au sortir de Teau, quand Tanimal est encore couvert de mncus, la couleur verte est brillante et reflète de belles teintes irisées de topaze et d*émeraude. )» — De la Nouvelle-Orléans.
— En terminant l'histoire des Ganoîdes, je dois mentionner nn travail de M. Kner qui n'avait pas encore paru à Tépoque où j*ai rédigé les généralités de Thistoire de cette sous-classe des poissons. Le mémoire a pour titre: Betrachtungen ûber die Ganoiden^ als naturliche Ordnung : Sitzungber. k. Akad. Wis-senseh, Wien, décembre 1866 (1867), t. LIV, p. 519-536.
Passant en revue les différentes définitions qui ont été données des poissons Ganoîdes, il s'attache à montrer la nécessité où se trouvent les zoologistes d'apporter des restrictions dans renoncé des caractères, la plupart de ces derniers n'offrant pas une constance absolue, et, par là même, dit-il, manquant de précision. Parmi ces caractères, plusieurs ne leur sont point
par M. d'Espainville ; Tautre, long de Ob.38, ap|>artient aux collections faites pour le Muséum, par Bosc, dans la Caroline du Sud.
(i) Lesueur n*a pas déposé cette espèce dans la collection du Muséum. J'ai dit (p. 417, note 1) que le défaut d'indications précises sur les caractères spécifiques, n*avait pas permis de lui faire prendre rang dans le tahleac.
tàè GAHélDÉSBOLOSTÉS. AVlABÉS.
spéciaux. Télâ sotrt , diaprés son énumération , les suhants t ouvertures branchiales protégées par des opercules, brancliies libres, nageoires à rayons articulés, ventrales situées h la région abdominale, ovidnctes commençant par une ouverture infundibuliforme et libre.
n fait observer que diverses particularités de rorganisation peuvent être constatées seulement chez les espèces du monde actuel : la présence de fibres musculaires et de valvules multiples, mais en nombre variable, au bulbe artériel, le chiasma des nerfs optiques, la valvule spiroïde de Tintestin, et même, ces derniers caractères, ajoute-t-il, ne sont pas exclusivement propres aux Ganoldes.
Il met aussi en avant les grandes différences du revêtement cutané.
. Je ne puis pas suivre, pas à pas, son argumentation dont il tire, en terminant, les conclusions que voici : Les Ganoîdes tels qu*on les comprend aujourd'hui ne forment point un tout méthodique et ne peuvent, par conséquent, prendre rang dans une classification naturelle, et y admettre, comme sous-classe ou comme ordre, une semblable réunion de poissons^ ce serait se mettre en opposition avec les principes scientifiques d*après lesquels doit être poursuivie Tétude de Tichthyologie.
Des objections avaient déjà été faites contre le rapprochement en un groupe unique des espèces qui , à Texception des Lépidostés et des Polyptères offrent, dans Taspect de leurs té^ guments, de si notables différences avec les Ganoîdes riiombifères ou Rhomboganoîdes fossiles. Elles étaient tirées de IIhh portance trop grande attachée, disait-on (voy. t.I, p. 285, note) à des caractères fourqis par la structure des organes internes, k Texclusion des caractères extérieurs.
Néanmoins, on ne saurait méconnaître la valeur de ceux qu'on trouve dans la disposition si remarquable des nerfs optiques, du bulbe artériel et de la valvule intestinale quoiqu'ils se rencontrent, mais avec d'autres pariicularités essentMement distinctives, chez les Ëlasmobranches.
Enfin, la difficulté de rattacher, d'une façon natureUe, les poissons dont il s'agit à l'une des divisions établies dans la classe est un des motifs, quel que soit le sort ultérieur du groupe des Ganoîdes qui, avant le mémoire de M. Kner, n'avait jamais été aussi vivement attaqué, de suivre, quant à présent du moins, la voie tracée par Âgassiz, J. MûUer et R. Owen.
DIPNES DIPNOI
Caractères. — Paissons anguilliformesy à squelette en partie osseux, en partie cartilagineux, dont la colonne dorsale non ossifiée et non divisée en vertèbres, se réunit, sans interrup^ tion, au crâne ; nageoires impaires non séparées, et entourant la queue dont Textrémité est pointue ; pectorales et ventrales en forme de stylet, très-éloignées les unes des autres ; écailles cycloîdes; cloaque non médian, mais ouvert sur le côté delà ligne du milieu de Tabdomen ; narines doubles, situées en dessous et dont les postérieures débouchent en arrière, d'une façon peu apparente, vers le bord postérieur de la lèvre supérieure ; mâchoires sans véritables dents, à proéminences revêtues d'émail ; ouverture branchiale extérieure unique de chaque côté et étroite ; appareil operculaire incomplet; arcs branchiaux non tous pourvus de branchies ; ligne latérale apparente ; canaux muqueux bien développés sur la tète ; intestin à valvule spipoïde ; cœur à ventricule unique, dont le bulbe ab-
(i) IMpnoi, de dùo, deux, qui, dans les mots composés, se transforme en ^ et de 1CVÔQC, soafQe, respiration ; dénomination imaginée par J. MiiUer {Ueber den Bau und die Grenaten Gan. und uber naturt, SysL Fitthê : Arch, fur naturgesch,^ 1845, p. 129). Elle exprime le caractère essentiel de ces poissons organisés pour respirer dans l'eau et dans l'air.
En 1821^ M. S. F. Leuckart {Binigts Hher diê fUchartige Amph. : bis, l9S^^Beridit,p, 259) avait proposé le nom de Dipnoa pour les Batraciens, en raison de leur genre de vie d'abord aquatique, puis terrestre. Il les distinguait ainsi des Reptiles ou Monofnoa, à respiration uniquement pulmonaire. A l'exception de M. Fitzinger (Nmm classif, Rept., 1826, p. 3), les Krpétoiogistes n'ont point adopté ces dénominations, ce qui rend inutile remploi du mot DtpneiuH employé par M. Haeckel, en léiSG, pour désigner les Lépidosiréniens. (Yoy. p. 415, note.) — En 1843, J. Huiler (Wiegm. Arch., p. 2Sn) les avait nommés Sirenoidei, pour rappeler leur ressembiance avee les Batraciens urodèles pérennibranobes du genre Sfren. — Dans le même but, M. de Castelnau a créé le mot IchthyoHréniens {Anim, rares ou nouv. Amer, S,, Poiss., 1855, p. 104), et Duvernoy celui de Ich^ thy<hbatraciens {Leç, hist. nat, corps organ,, dfi et 4« fasc. p. 130).
— M. Hyrtl (Lepidos. parad. : Abhandl. ÔÔhm, GeseUsch, Wissensdh,, t. III, p. 663, 1845) rappeUe qu'il s'était servi du terme de Fneumomehtkyi,
438 DIPNÉS.
tériel est parcouru par deux replis longitudinaux saillants, et k oreillette divisée par une cloison musculaire en réseau et incomplète en deux cavités dont la droite reçoit le sang veioenx du corps, et la gauche celui en retour de la vessie natatoire celluleuse cpii joue le rôle de poumon et s'ouvre à la foce ventrale de Foesophage derrière une pièce cartilagineuse; lobe optique simple ; nerfs optiques réunis en un cbiasma ; extrémité antérieure et libre des oviductes en entonnoir.
MoTiLiTi. — Les organes de la locomotion sont disposés uniquement pour la vie aquatique et non pour la progression, si ce n'est daiiis Teau, quand Tanimal, se soulevant au-dessus du fond, avance par une sorte de marche quadrupédale & Taide de ses membres. Il prend alors la position que M. Ford a représentée (Proceed. zooL Soc, 1856, pi. XI).
La natation est rapide, grâce à Ténergie des mouvements de la queue, mais elle peut être comparée, comme M. Gray le fait observer (Jd., p. 342], et comme j'ai pu le remarquer sur les individus conservés en captivité, à celle d'un triton, plus encore qu'à celle d'un poisson.
Une partie de la vie, au reste, se passe dans une immobilité presque absolue, car l'instinct des Lépidosirens les entraîne à se cacher, vers la fin du temps des pluies avant la saison sèobe, en s'enfouissant dans la vase qui se durcit après la disparition de Teau et sous Tinfluence des rayons solaires.
Depuis quelques années, on apporte de la Gambie en Europe des mottes de terre d'une grosseur variable, mais qui ne dépasse pas le volume des deux poings ; elles contiennent toutes un Protoptère. Elles proviennent des rizières, des marais, des étangs ou des rivières qui se dessèchent et dont les eaux sont habitées en abondance par ce poisson. De semblables mottes ont été vues à différentes reprises et plusieurs observateurs ont pu étudier, à l'état de vie, les animaux qu'elles contenaient.
A la ménagerie des reptiles du Muséum d'histoire naturelle, il m'a été donné d'assister aux manœuvres qu'ils exécutent pour se creuser leur demeure souterraine.
On connaissait bien Tenveloppo dans laquelle ils sont entermes. Dès 1841, Jardine (Ann. and. Magaz. nat. hisL^ t. VII, p. 25) avait fourni quelques renseignements à ce sujet et représenté, d'après Weir, le Lépidos. enroulé dans son cocon en partie détruit. M. Gray (Proceed. zool. Soc., 1886), en s'aidanl