FONCTIONS DE U VIE DE RBUTION. MOTILITÉ
des indications transmises par M. Bartiett, a décrit et figuré ce cocon, page 348, et j*ai pu vérifier l'exactitude des détails qa'il a donnés, ainsi que de ceux dus à H. Krauss (Wurtemb. naturw. Jahreshefte, 1864, p. 128 et suiv.].
C'est une sorte de pocbe à parois minces, soulevées çà et là par les saillies du corps de Tanimal. Celle que j*ai vue dans son entier avait 0".i2 environ de long et 0^.01 de large. Arrondie vers son gros bout, elle était fermée à Textrémité opposée par un opercule de 0^.04 de diamètre, an peu bombé et percé par une petite ouverture centrale.
Au plus léger contact de la surface du cocon, ainsi que je Tai dit dans une communication à TAcadémie des Sciences (C. rendus, 1866, t. LXII, p. 97), Tanimal poussait une sorte de cri assez fort qui avait été déjà entendu à Dublin par M. Mac-Donnell (Thenat. hist.review, 1860, t. VU, p. 96). Le son produit par l'espèce américaine a été comparé par Natterer au miaulement du chat (Ann. Wien. Jlfii«.,1837, p. 170].
L'enroulement du Lépidosiren sur lui-même dans son enveloppe est tel que M. Mac-Donnell Ta représenté (loc. cit., pi. III) avec la queue ramenée au-devant de la tête, mais ne couvrant pas la bouche par où peut pénétrer Tair nécessaire à la respiration qui, dans ces conditions particulières d'existence , est exclusivement pulmonaire.
A une certaine époque, on avait cru que Tensevelissement se faisait au milieu de feuilles qui constituaient Tétui protecteur. Plus tard, on reconnut Tinexactitude de cette supposition. V. Leuckart a émis Topinion que Tépiderme, en se détachant du corps, fournit les matériaux de Tenveloppe (Paulson, Die Epiderm. Protopt. : Bullet. Ac. se. St.-Petersb., 1864, t. VIII, p. 142). Cependant, comme, jusqu'au moment de la réception à la ménagerie du Muséum de blocs provenant de la Gambie, on n'avait été témoin que de l'apparition de l'animal quand il quitte sa demeure souterraine où jamais on ne l'avait vu pénétrer, on en était réduit à des conjectures sur la nature et le mode de formation de cette sorte de cocon.
Deux Lépidosirens revenus à Tétat de liberté par suite du ramollissement lentement obtenu des mottes où ils étaient logés, donnèrent, après un mois d'existence active dans un aquarium, la preuve que le moment était venu pour eux de chercher, dans la terre molle que l*eaa recouvrait, Tabri qui, dans les conditions ordinaires de leur ^ie, est indispensable durant la saison sèche : agitation, sécrétion abondante de mucus, efforts pour fouir, tout annonçait un irrésistible besoin de trouver un milieu autre que celui où ils étaient plongés.
480 iiimiAs.'
le in*ef!brçai donc de les placer dans dés eonditioBS aaalognes i celles qu^îls rencontrent lorsque le sol abandonné par les eaoxse dessèche et finit par se dorcîfw L*eau de raqoariùm fut peu à pes enlevée, dès que les animaux eurent creusé la vase. Trois semaines environ s*étaient à peine écoulées et^ déjà, la terre durcie formait une masse fendillée sur plusieurs points par la dessiccation. Ce sont ces ouvertures qui permettent Tarrivée d'une petite quantité d^air p<nir les besoins de la respiration.
Au bout de 70 jours, j'explorai le sol et je pus constater que les deux animaux avaient trouvé des conditions favorables pour traverser sans danger la saison de sécheresse artificiellement produite, car ils étaient enveloppés dans des cocons et pleins de vie, comme le prouvaient leurs mouvements provoqués par le plus léger attouchement.
Le cocon est donc un étui protecteur produit par une sécrétion muqueuse. Un des cocons venus de la Gambie et d'apparence absolument identique à ceux qui ont été faits dans raquarium où il n'y avait que de Teau et de la terre, n'offrait aucune trace de tissa végétal. Mon confrère, M. le professeur Decaisne, s'en est assuré par Texamen microscopique, et la substance répandait, en brûlant, l'odeur caractéristique des matières animales soumises à la combustion.
La mucosité abondamment sécrétée, j'en ai eu la preuve, recouvre d'abord et agglutine les parties du sol que le Lépidosiren traverse; aussi les parois du canal souterrain qu'il s'était creusé et qui resta béant, étaient-elles, après la dessiccation, lisses et comme polies; puis, dans le lieu où il s'arrête, la sécrétion devenant plus active encore, la mucosité se dessèche et acquiert la consistance d'une enveloppe membraneuse remarquable par sa structure que j'ai décrite à la page précédente. Ainsi, se trouve confirmé et complété par Tobservation directe des faits, ce que M. Paulson avait conclu [lœ. dt,^ p. 144) de l'étude de la capsule sous le microscope, et ce que M. &. Owei| (Lect. compar. anat,y Fish., 1846, t. H, p. 278, et Compar, onaL Vertebr,^ 1866, 1. 1, p., 498) a dit, mais sans lui attribuer cependant la formation de cette capsule, de l'épaisse couche de mucus qull regarde comme servant, par son abondante sécrétion dans la vase, de revêtement au Protoptère.
Squelette. — L'une des particularités remarquables de Torganisation des Dipnés consiste dans Tétat d'imperfecUon du squelette, en ce sens qu'il est en partie cartilagineux et en partie osseux. Les portions ossifiées offrent, chez l'espèce africaine, une teinte verte comme dans l'Orphie (Bdone tndgaris). M. KôUiker [On the differ. types microscop. struct. iketeton oss. fish, : Proc. roy. Soc. Lond.,18S9) a trouvé, sur celle espèce, des corpuscules osseux.
. La tige centrale du squelette à laquelle convient à peine le nom de Qçionne vertébrale ^. h cause de ^ structure cartiligi*^
FONCTIONS DE LA VIB PB; ABLATION. HOnLITÉ. 4^1
neu69>i consiste en une coriie dprs^e s^s auqune u*ace de segmentation, et qui supporte, sur son envdoppe fibirêuse, des apopbys^set des cdtes osseuses.
M. Ejnl.{Lepiionren paradoxa, 1845, pi. 1, fig« 2) a dessinjé une portion de la tige vertébriile oh Ton voit^ vers la face iofôrieure de sa gaine, les cOtes et des points d'ossification autour de leur insertion. La fig. 4 représente la gaine ouverte. La corde dorsale contenue dans son intérieur y est libre, et, à la face interne, apparaissent les points où se fixent les côtes qui naissent par une base un peu élargie et les pièces latérales des arcs supérieurs ou neurapophyses. Toy. aussi H'Donnell {Nat. hist. rev,, 1860, pi. IV, fig. 3.) #
Celles-ci, par leur réunion en dessus, servent d'abri protecteur pour la moelle épinière en formant un canal rachidien.
Les arcs inférieurs ou hœmapophyses également ossifiés et qui commencent au-delà du cloaque protègent les vaisseaux à la région caudale.
Au-dessus de chaque arc supérieur et au-dessous des inférieurs il y a une apophyse surmontée par une épine qui, ellemême, sert de soutien à un porte-rayon, là où se trouvent les nageoires impaires.
L*arc super, et son apophyse sont représentés par M. Biscboff (Lepidos.parad., pi. Il, fig. 1 et 2; pi. VII, fig. 1 et 2, trad. franc.], et par M. Peters [MCdl. Archiv, 1845, pl. 111, fig. 9 et 9*}.
0.utre les arcs et leurs dépendances, il y a, dans toute la longueur du tronc, jusqu'à Torigine de la queue, des côtes fixées sur les faces latérales de la corde dorsale. Ce sont de petites tiges osseuses courbes, dirigées en dehors et en bas. Elles sont au nombre de 55 paires chez le Lepidosiren paradoxay et j'en compte, dans l'espèce africaine, 35. On les voit dans les deux figures que je viens de citer. .
A son extrémité antérieure, la gaîne de la corde dorsale s'unit à la base du crâne qui est constituée par une pièce osseuse subtriangulaire, nommée, par M. Owen, os basi-occipito-sphénoïdal [Trans. Linn. Soc, 1838, t. XVIII, p. 338, pl. XXIII, fig. 6, fig. S % et XXIY, fig. 2 c), La base de cet os est tournée en avant, son sommet forme une plaque elliptique obliquement dirigée et légèrement déprimée, qui reçoit l'extrémité antérieure et» terminée en pointe de la corde gélatineuse dont l'enveloppe fibreuseest attachée au bord poster, de la dé* pression basi-occipitale et des occipitaux latéraux. Ainsi se fait, sans discontinuité, sans articulatipn et, par conséquent, sans naobilité, la réunion du crâne et de la corde dorsale.
432 DIPNÉS.
Crans. — Il ofire un mélange d'os et de cartilages dont la détermination varie selon les vues des naturalistes qui en ont étudié la structure. Je ne pourrais pas, sans sortir des limites qui me sont imposées, discuter les différentes opinions émises sur cette question purement anatomique. Une grande analogie, au reste, se remarque entre la forme des pièces du crâne chez les individus provenant de TAmérique du sud ou de TÂfrique. Je renvoie donc aux monographies de MM. Rich. Owen, Peters, Sp. Gobbold et Klein pour le Protoptère, et de MM. Bischoff et Hyrtl pour l'espèce américaine, et aux figures qui accompagnent les descriptions.
Je dois cependant signaler une des singularités du crâne. Elle consiste en la présence, à sa région supérieure, de denx longues pièces osseuses qui, assez justement comparées à une paire de cornes, constituent le caractère spécial et le plus remarquable de cette portion du squelette. Elles sont fixées par leur bord antérieur, au moyen de tissu ligamenteux, au premier os de la voûte du crâne, Téthmoîde, à ce qu'il me senible. En avant , par leur bord interne , elles se réunissent sur la ligne médiane, et, par leur bord externe, elles forment le bord supérieur du cercle orbitaire, qui reste incomplet. A leur face inférieure, se voit une crête longitudinale pour Tinsertion du muscle représentant le masseter et le temporal. Elles se prolongent jusqu'à l'extrémité terminale de la boîte crânienne.
Plats, minces, larges en avant, étroits, pointus^ en arrière et parallèles entre eux, ces os, qui surmontent ainsi le crâne, sont-ils des os jugaux (Bischoff) ou des supra-surciliaires (Hyrtl), ou plutôt des frontaux proprement dits (Sp. Gobbold, On the cranial bones Lepidùs. anneetent : Proc %ooL Soc. Lond., 1862, p. 130, pi. XIII, et Kleii^ Beitr&ge %ur Anat. Lepidos, ùnnect, : Wurtemb. wUurw. JakreshêfUy 1864, p. 139), soit des frontaux antérieurs selon Topinion de KOsUis rapportée par Klein sans indication bibliographique, soit des frontaux postérieurs (Rich. Owen), soit, enfin, ceux-ci confondus avec les frontaux proprement dits (Peters). La dernière détermination qui me parait la plus acceptable, se concilie avec la supposition que la voûte du crâne est formée uniquement par les pariétaux^ tandis que celle de M. Rich. Owen, en retrouvant et les frontaux et les pariétaux dans la composition de cette voûte qui est osseuse en dessus, mais cartilagineuse latéralement, ne considère plus les lames osseuses dont il s*agit que comme des frontaux postérieurs, c'esl-À-dire comme des pièces en quelque sorte accessoires.
Nagroires. — Nageoires paires. — Les P. et les V. consistent en un long rayon cartilagineux conique ou un peu aplati*
FOnCTIORS DE LÀ VIE DE RELATION. MOTILITÉ. 433
pointu, effilé à Textrémité et composé de segments articulés bout à bout. Leur longueur proportionnellement plus considérable dans Tespèce américaine varie beaucoup' sur des individus de même taille, suivant que le prolongement est intact ou mutilé. Au bord postérieur des nageoires, et dans une grande portion de leur longueur, il y a un petit repli cutané dont la largeur va en diminuant de la base du membre vers son extrénjité. Il est soutenu, dans Tespèce africaine, par un des rayons cartilagineux fins, non segmentés, ne pénétrant point dans le cartilage du rayon principal et beaucoup plus nombreux que les pièces dont ce dernier se compose.
On les voit sur les fig. 1 et 2 de la pi. 1 du mémoire de M. W. Peters, et les fig. 8 et 8* de la planche 111, montrent d'autres prolonge* ments cartilagineux tertiaires, qui, par leur base bifurquée, emboîtent les extrémités des rayons secondaires.
Quant au mode d*origine des rayons secondaires sur un rayon principal, je dois faire remarquer, avec M. Pcters, que les Polyptères seuls, avec leur singulière D. (voyez plus haut, p. 375), offrent, sous ce rapport, quelque analogie avec les Dipnés.
M. Gill [Catalogue fishes eastem coast N. Amer.^ 1861, p. 17} compare les rayons accessoires à ceux des ventrales du Bregmaceros MXlelandiU Thompson (Calloptilum mirum^ Richardson : Voyage Sulphur^ Fishes^ p. 95, pi. 46, fig. 6].
Les y. portent aussi, à leur bord infér., 2 séries de rayons accessoires, mais plus courts, et ils ne commencent pas avant la fin du premier tiers de Tappendice.
La ceinture scapulaire est extrêmement simple.
Elle est formée par une paire de pièces osseuses allongées, uo peu recourbées, que Ton peut considérer comme représentant chacune le scapulum et le coraco'fde ou la clavicule confondus entre eux. lis se réunissent en bas, sur la ligne médiane, en dessous du péricarde auquel ils envoient quelques fibres ligamenteuses. La portion supérieure ou scapulaire est un peu élargie et offre une cavité cartilagineuse régulière dans laquelle est reçue Textrémité antérieure et arrondie du cartilage pectoral. En haut. Tare scapulaire est suspendu an crâne par Tintermédiaire d*une petite tige osseuse qui y est, ellemême, fixée sur Toccipital latéral et représente le sus-scapulaire (Peters, Mûll. Areh,, 1845, pi. 2, fig. 2, p\ q ; Bisch., pi. II, fig. 4, pi. VII, fig. 3, trad. franc., et R. Owen,pl. XXIII, fig. 4, v).— La réunion des membres an ter. au crâne est un caractère propre aux poissons.
La ceinture pelvienne consiste en un simple cartilage cruciforme indépendant de la tige centrale du squelette.
Paisêons. Tome II. 28
434 DiPfrfSi
Les portions transveraalèa qui eoiit les bkas de lA croix légèrement recourbées de bas en haut, sont, jusqu'à un certain point, les analogues des os iliaques. A la région antérieure du cartilage, à droite comme à gauche, est creusée une cavité articulaire pour la tète du cartilage du membre abdominal (Bisch., pi. II, fig. 5, pi. YIl, fig. 4, trad. frai^ç., et R. Owen, pi. XXIIf, fig. 4, y).
Nageoires impaires. — La D. et TA. se continuant sans inte^ ruption entourent toute rextrémité postérieure du tronc et de la queue à partir du milieu du dos h peu près jusqu'à Touverture cloacale.
Elles sont formées par un pli cutané peu élevé contenant, dans son épaisseur, une série de rayons comparables à ceux des nageoires paires, mais plus volumineux. Composés chacun de deux portions, l'une droite, Tautre gauche, promptement soudées entre elles, ils sont fixés sur les épines surapophysaires qui surmontent les tiges snperspinaies articulées, par leur extrémité infér., avec les apophyses épineuses des arcs vertébraux supérieurs et des arcs vertébraux inférieurs à la région caudale. M. Peters (pi. III, fig. 9) a représenté, sur une coupe verticale de la corde dorsale, un arc vertébral avec ses différentes pièces placées Tune au-dessus de l'autre et la plus élevée avec son rayon à base bifurquée. Elles sont vues de profil sor la fig. 9*, pi. III.
Le système musculaire du tronc, comme M. R. Owen le fait observer (Trans. Linn, Soc^ i848, p. 339), présente la simplicité et l'uniformité caractéristique de la classe des poissons. La ligne latérale de chaque côté, établit la séparation entre la série des muscles dorsaux et celle des muscles du ventre. Cette dernière occupe la place des vrais muscles abdominaux dont on trouve les premières traces chez les Batraciens à respiration pulmonaire et chez les reptiles.
Une description très-détailiée des muscles du Lepidos. parad. a été donnée par M. Hyrtl, § III, p. 617-623.
Sensibilité. — Système nerveux. — Des dessins de Tencéphale de Tespèce africaine ont été donnés, en 1845, par M. Peters [MiUL Arch.y 1845, pi. III, fig. 6 et 7, où Torgane est vu par ses faces supérieure et inférieure). En 1846, ^. Bich.Owen (Lect. campar. anat. andphysioL^ p. 182, fig. 54 reproduite en 1866 in : Anal. ofverUbr.,i. I, p. 282, fig. 186) l'a représenté vu de côté. Déjà, en 1838 (Trans. Linn. Soc, pi. 27, fig. 3 et 4), il Tavait montré en dessus et en dessous, une fois plus grand que dans la nature. Ces deux anatomistes, ainsi que Serres [Rech. organisât, du Lepidos.^ descript. du cerveau : C. rendus Ac. se. 1863, t. LYII, p. 543), et M. Hyrtl [Lepidos. parais, p. 648, pl. lY, fig^ 1) sont d'accord pour La détermination do cervelet et du lobe situé immédiatement aunlevant de ced^
POIIGTIONS DE Vh VIE DE RELATION. '43B
nier ei qui constitue, un lûbe op tique nniqseid'o&'plartctal les nerfs de mëmie nom.
Au-devant de ce lobe et derMère les lobes cérébraux, it y en a un autre de moindre volume, considéré par M. Rich. Owen comme étant la glande piuéale ou canârium. M: Pelers le nomme tubercule du 3? ventricule, lequel, dit-il (f{^«'nacA Mossamb.^ p. 1), avec le lobe optique unique et le chiasma des nerfs optiques, complète Tensemble des caractères distinctifs de la masse cérébrale. '
M. HyrU n'admet pas non plus Inexistence de la glande pinéale dans Tespèce américaine (p. 648). '
M. R. Owen, pour mettre en évidence les analogies qu0Mprésente Tencéphale avec celui des Batraciens urodèles, a fait dessiner le cerveau du Ménopome et du Ménobranche, pL 27vfig* 8 et 6. Chez ce dernier, le cervelet n'offre pas plus de déVelop*pement que celui du Lepidosiren. Par ce caractère et par le volume proportionnel du tubercule du 3* ventricule ou de la glande pinéale, suivant la déterminatiort que Ton adopte, les Dîpnés se distinguent de la plupart des autres poissons cartilagineux ou osseux.
Sur la pi. IV de M. HyrU, fîg. i, on a une repréSfttiUtion'dès Âeux premières paires de nerfs rachidiens et des nerfii encéphaliques. Ces derniers sont au nombre de 4 : les nerfs olfactifs, optiques, trijumeaux et vagues ; ce sont les seuls qui se détachent par des racines isolées, sais d*autFes sont fournis par les. 2. derniers qui offrent âiacun, sur leur trajet et non loin du point da.départ, un ganglion. Tels sont : une aorte de nerf facial (comtnunicanê faeiei, dit M, Hyrtl},' le glossophsuTngien, et un récurrent on bypogiosse.
Les n^fs acoustiques, d'ils ne sont pas une dépendance du trijumesn, constitueraient une 5*. paire de nerfs encéphaliques distincts par leur origine. Les à branches principales et le nerf auditif, qui est peut-être p^us indépendant chez Tespèce africaine, sont représentés par M. Peters, pi. 3, fîg. 6 et 7, ainsi que par M. Rich: Owen, pi. 27, fig. Sel 4*
Organes des sens. — Le toucher n'a point d'organe spécial, à moins que Ton ne considère comme pouvant' servir à recevoir quelques sensations tactiles ,' soit les prolongements pa^ pillaires des lèvres (Hyrtl, pi. Il, fig. 3, f, g), soix les membres qiii ont si peu d'utilité pour la natation et deviennent, dans certaines circonstances, des supports pour une sorte de marche quadrupédale.
Le revêtement écailleux des Dipnés est un des caractères qui
436 DIPNÉS.
montrent le mieux leurs aflSnités avec les poissons. M. Bischoff, tout en les séparant de ces derniers, a soin de faire observer que leurs écailles les distinguent de tous les Batraciens, si ce n'est des Gécilies, et, en conséquence, il approuve le nom de Lepidosiren dû à M. Fitzinger, parce que Texception offerte par ranimai se trouve ainsi rappelée. De là, il conclut à Timpropriété de la dénomination de Amphibia nuda appliquée aai Batraciens (p. 21, et tr. franc., p. 144).
Ce ne sont pas de petites pièces perdues dans l'épaisseur des téguments comme celles des Géciloîdes. Ce sont de véritables écailles imbriquées.
Leur forme est presque circulaire ; elles sont situées sons une eoache épidermique épaisse, aussi les bords ne paraissent-ils libres que lorsque cette dernière a été enlevée. Le bord antérieur est logé dsns un petit enfoncement du chorion. Vues sous un faible grossissement, elles présentent des canaux sUrradiant d'un centre rapproché da bord adhérent; des canaux transverses les réunissent : d*où résulte la formation de lignes concentriques un peu irrégulières. Les mailles constituées par Tentrecroisement des canaux sont plus nombreuses et plus régulières sur Tespèce américaine (Natterer, Lejndos..,y pi. X, fig. 4, 5, 6 reproduites par BischofT^ Lepidos.,,^ pi. I, fig. 4-6 et pi. 6, trad. franc., Hyrtl, pi. I, fig. 7 et 8, cop. par M. M*DonnelI : Review,.,,^ pi. 8, fig. 6), que sur Fespèce africaine (R. Owen, Trans,.., pi. 27, fig. 1; Peters, MtUl. Arch.,., pi. III, fig. 10; M'DonneU, pi. 5, fig. 5).
Chacune des pièces de Técaillure est constituée, selon Tobsenration de M. Hyrtl, par de petites scutelles réunies entre elles par leors bords. Il en a compté, sur une grande, jusqu*à 120, et SO-60 seulement sur les plus petites. Toutes ces scutelles ont un aspect granulé tenant à la présence de molécules osseuses, dont le nombre et le volume 8*angmentent beaucoup vers le bord dUnsertion de Técaille, au point de donner à celle-ci de la rudesse. Avec une forte loupe et mieux avec un médiocre grossissement microscopique', j*ai parfaitement constaté la présence des tubercules en nombre variable, mais ne dépassant guère 10, que forme la matière osseuse, dans le voisinage de la portion adhérente de Técaille, sur chaque petit compartiment.
Au caractère essentiellement ichthyque de Técaillure telle que je viens de la décrire, s'en joint un autre non moins remarquable. Ici encore, M. Bischoff qui le signale comme ne se trouvant chez aucun autre reptile, reconnaît qu'il rapproche le Lepidosiren des poissons. Je veux parler de la ligne latérale fort apparente sur tous les individus.
pile est formée par une série de petits pores très-rapproehés les
PONCnONS DR U ▼» DR RBUTION. 487
vns des antres, et chaque écaille en porte plusieurs. On la sait jusqu'à l'extrémité de la queue, et, en avant, elle semble se partager en deux canaux cutanés dont l'un situé au-dessus de l'œil et l'autre, au-dessous, se prolongent jusqu'au bout du museau ; l'inférieur donne naissance à des rameaux qui se subdivisent et s'anastomosent. La disposition de ces canaux rappelle, comme M. Hyrtl l'indique (p. 6), celle qu'on observe chez les Chimères et que j'ai décrite, dans l'histoire de ces poissons (Holocéphales, 1. 1, p. 678).
L'épiderme de Tespèce africaine a été, de la part de M. 0. Paulson, Tobjet d'une étude particulière [Die Epid. Protopt. annectens : BulleU Ac. Sc.^ StrPétersb., 1864, p. 142, avec 1 pi.). J'ai déjà mentionné ce travail en parlant (p. 439) de la formation du cocon au moment où Tanimal, avant la saison sèche, s'enfouit dans la vase.
Quant à la structure de la membrane, l'anatomiste russe en donne une description faite d*après des préparations microsco* piques facilitées par l'emploi de divers réactifs chimiques, et qu'il a représentées sur ses dessins.
Il a pu s'assurer ainsi que l'épiderme qui est passablement épais consiste en 3 couches superposées de cellules à noyau et de configuration différente dans chaque couche.
Outre les cellules superposées, on en trouve d'autres à noyau, trèsgrosses, élégamment ramifiées et chargées de pigment.
Enfin, entre les cellules, il y a des glandes en forme de bouteille qui s'ouvrent à l'extérieur. M. Paulson suppose qu'elles sécrètent le mucus dont la peau est couverte.
Les couleurs ont peu d'éclat. L'espèce découverte par Natterer était, dit-il (Lepidos. parad. Ann. Wien. Mus.y 1837, p. 169), d'an gris-brun foncé passant à la couleur olive avec des taches rondes, irrégulières et moins sombres que le fond. La teinte générale est très^nalogue chez l'espèce africaine, mais les taches sont brunes ou noires. M. Peters [Reise nach Mossamb.^ p. 4) fait observer que chez les sujets adultes, on ne trouve plus sur les membres les anneaux foncés qu'ils portent dans le jeune âge.
Sens de l'olfaction. — Les narines sont logées dans des cap* suies formées par les cartilages nasaux, véritables attributs des poissons et non des Batraciens, qui, situés de chaque cdté de l'os intermaxillaire, ont été représentés dans l'espèce américaine par MM. Bischoflf (pi. II, fig. 1, pi. III, fig. 1 et 4; pi. VU, fig. 1 et 5, trad. franc.) et HyrtU pi. I, fig. 1, puis, dans l'autre espèce, par M. Peters (pi. II, fig. 1-4). Ils sont remarquables
par. leur* ferme ^n voftte et surtout par leurs 4 ouvertures latèrâîes î d'où Résulte, lÈOttnn'e'M.'Bischoffle fait observer, qpi'îls ressemblent à la' visière rabattue d'un casque. Un prolongement du cartilage dirigé en dessous et dessiné par M. Peters (Mûll., Arch.\ 1845, pi. H, fig. 3 et 4, t et pi. III, fig. 2) établit la séparation entre la narine antérieure et la postérieure.
La membrane pituitaire qui tapisse Fintérieur des cavités nasales; rappelle^ par la disposition de la double série de ses plis transversaux et parallèles (Owen, pi. 27, fig. 2), l'aspect des fosses nasales des Squales ou des Raies..
Les 2 orifices de chacune des narines sont situés, comme le montre la fig. 3 de la pi. II de M. Hyrtl c et d, sous le pli labial supérieur. '
Le premier de ces orifices, rantérieur,est percé presque sur le bord de la lèvre dans le point où la membrane muqueuse se continue avec le tégument extérieur, et au voisinage des petites dents intennaul^ laires. Par conséquent, on le voit, de chaque côté près de la ligne médiane quand la bouche est à peine entr^ouverte ou môme fermée, comme elle Test durant rensevelissement dans le cocon (M*Donndl, Descr. Lepidos. annecU : NaL hùL remew, 1860, pi. III, fig. I), et Peters (Mail. Arch.,.,, pi. III, fig. i et 2).
Le 2* onfice, beaucoup plus grand, arrondi, situé vers le bord adhérent de la lèvre super, près de Tacgle de la bouche, s^ouvre ainsi à rentrée de la cavité buccale. Une disposition de Torgane presque identique se retrouve chez le Protoptère, et M. Peters Ta représentée (Mail. Arch,, 1845, pi. III, fig. 2, a et w).
Ainsi, contrairement à ce qui a lieu chez les autres poissons, si ce n^est chez les Myxino!des où, du fond de la capsule nasale, part un canal naso-palatin passant sous le crftne et terminé dans la bouche à la région palatite, les narines ne constituent pas une cavité indépendante de celle de la bouche.
Ici, néanmoins, la disposition est beaucoup plus simple, el à cause même de la position de Vouverture postérieure à Tanglc de la bouche et non à la région palatine, il n'y a pas lieu de s*ètonher de la divergence d'opinions qui s'est produite à ce sujet entre les zoologistes. Dès son premier travail (Trans. Linn. Sàc.^ 1838^ 4. XYIII, p. 340), M. Ricfa. Owen a nié la communication des narines avec la cavité buccale, et dans la diagnose de Tordre des^ Protoptères (Compar. Anal, and Phys. Yertebr,, 1866, 1. 1, p. 14), il signale, comme Tun des caractères, la situation extra^buccale des narines.
Sans attacher à cette particularité plus d'importance qu'elle n'en mérite, puisque la isrme en cul-<lie-sac des fosses nasales
FONCTIONS DE U VIB DE RELAHON. 439
ne eonstilae pas, en réalité,' un caractère essentiel des poissons, je dois faire remarquer, avec M. M'Donnell [Nat. hût. review^ 1860, p. 108) que l'air nécessaire à la respiration pulmonaire pendant la saison sèche doit pénétrer par les orifices nasaux antérieurs si bien situés pour le recevoir. JDe là, il peut arriver très-facilement à la bouche, car selon Tobservation du naturaliste irlandais, il est possible, si Torifice buccal est complètement fermé, de poisser par l'insuflQation , à Taide d*un tube introduit dans Touverture antérieure, une certaine quantité d'air que laissent échapper les ouvertures branchiales. Il n'est pas vraisemblable, ajoute-tril, que, durant Tétat d'engourdissement, la bouche soit constamment ouverte pour la respiration, puisque le passage est libre à travers les narines, dont l'ouverture postérieure doit agir à la manière d'une valvule s'opposant,au moment de la fermeture des ouïes, à la sortie de l'air ainsi forcé d'entrer dans la trachée artère. Peut-être même, comme M. Gray le dit (Proc. zooL soc, 18S6, p. 344), l'eau traverse-t-elle les narines?
Chacun des nerfs olfactifs naît du lobe de même nom dit par M. R. Owen rhinencéphale.
Celui-ci, chez un certain nombre de poissons énomérés par cet anatomiste {Comp. Anai,^ 1866, t. I, p. 297) est placé à Textrémité d*un processus plus ou moins long (crus rhinencephali , Ow.) trèsprès de la cavité nasale où pénètre, par des filets nombreux et courts, le nerf sensoriel.
Chez d*aiilrcs également cités (même page), et le Lepidosiren est du nombre, le lobe olfactif reste en contiguité avec Tencéphale; de son extrémité antér., naît le nerf dont la longueur est variable; il se termine par de petites branches destinées à Torgane (Owen, Comp, Ànat.^ pi. 186, p. 282 et Trai»...., pi. 27, fig. 3 et 4, Peters, Mflll. Arck...., pi. III, fig. 6 et 7).
Les pi. 2 et 20 de TAtlas montrent des exemples des difiérences signalées par Tanatomiste anglais touchant la situation des lobules plfactiCs.
Sens du goût. — Peut-être, les saveurs peuvent-elles être mieux perçues que chez beaucoup d'autres poissons, car il y a, derrière les plaques dentaires supérieures, de nombreuses papilles au palais (Owen, Trans,^ p. 341, pi. 24, fig, 2, g) et sur le plancher de la bouche, un repli à surface lisse de la membrane muqueuse, suivi de papilles (Jd., pi. 26, fig. 1, (, et BischoCr, Lepidos..,.^ pi. V, fig. 1, A; pi. Vlïl, fig. 1, trad. franc.). C'est une sorte de langue.
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Qaant aux prolongements papillaires de la face interne des lèvres, j*ai déjà dit qu'ils servent probablement comme organes de tact.
Sens de la vue. — Beaucoup plus petits chez Tespèce américaine que chez le Protoptëre, où ils ne sont pas grands et pins ou moins couverts par la peau, les yeux n'offrent, dans leur structure, rien de très-spécial à noter.
M. Hyrtl, Lepidos...,, p. 6!S5, § 30, en a donné nne description détaillée. Il les a montrés dans leur enveloppe fibreuse en forme d*entonnoir (pi. IV, fig. 1 a, -r), avec le nerf optique p et des branches tj émanées du tri-jumeau dont Tune est le nerf ciliaire et Tantre, probablement, un nerf ocnlo-moteur.
Les nerfs optiques ne sont pas simplement croisés, mais réunis dans un chiasma, comme chez les Ëlasmobranches et les Ganoldes.
Sens de Vouîe. — Les parties constituantes de Toreille qui sont bien celles d'un poisson, ont, pour enveloppe, une capsule cartilagineuse. Â son intérieur, il y a trois canaux 1/2 circulaires munis de leurs ampoules et s'ouvrant dans le vestibule avec lequel communique une plus petite cavité ; Tun et Tautre contiennent des otolithes (Hyrtl, Lepidos....^ pi. I, fig. 5).
Sur la pi. IV, fig. i, on voit: 1® le nerf acoustique n accompagné d'un petit nerf accessoire ; 2^ le filet do communication m entre le ganglion i du nerf vague et celui du trijumeau q entourant la capsule auriculaire cartilagineuse ; 3® le vestibule o, avec son sac accessoire p, enfin, pi. f, fig. 6, les otolithes. Le labyrinthe et les parties dont il se compose, ainsi que la capsule cartilagineuse où il est logé sont représentées par M. R. Owen {Trans.,..^ pi. 27, fig. 3 et 4).
FONCnONg DE LA VIE DE «UTBITIOW. — DiGBSTIOlf. —
On ne possède pas de renseignements sur le mode d'alimentation des Lépidosirens. On sait seulement et je Tai, moi-même, constaté durant leur captivité, qu*ils mangent volontiers des vers de terre. M. Krauss (Ueber lebendiger Lungenfische^ Protopt. annecL: Wurtemb.naturw. Jahreshefie^ 1864, p. 131) s'est servi avec succès, pour nourrir Tindividu qu*il observait, des petits Crustacés d'eau douce du genre Gammarus. Il lui a vq manger un coléoptère et refuser les poissons très-peu volumineux qu'on lui offrait. Il est probable cependant que tous les animaux qui nagent dans la profondeur ou à la surface des eaux et même les racines dures des végétaux, suivant la supposition de'Heckel (Ueber..., Protopt.(jUhiopicu9:Sitzungsber.
Akad. Wien, 4851, t. YII, p. 689), doivent être recherchés par UD poisson dont Tappareil masticateur est si développé.
Mâchoire et système dentaire. — Il est impossible de séparer rétude des dents de celle des os qui les supportent, puisqu'elles ne consistent pas en pièces distinctes.
La région antérieure et médiane de la face est formée par une pièce osseuse unique, un peu mobile, qui représente les intermaxillaires, et c'est par la même dénomination qu*on doit désigner les deux petites dents médianes, tout à fait antérieures, coniques et pointues dont cet os est armé. A cette opinion, se range maintenant, avec M. Huxley, M. Peters {Reise nach. Mossamb.^ p. 4) qui, en 1845, les nommait dents labiales. Quand on a détaché les deux capsules nasales situées en avant et sur les côtés du museau, on voit que les inter-maxillaires font un peu saillie en avant.
II n*y a pas d*os maxillaires supérieurs proprement dits ou plutôt, ils sont confondus, par suite d'une union intime, avec Tsxtrémité antér. des deux os latéraux de la voûte du palais qui convergent en avant. Ils forment une pièce palato-maxillaire, comme M. Peters la nomme, si Ton admet, avec lui et avec MM. BischofT et Hyrtl que les deux os dont il s*agit (Peters, Mûll. Arch...., pi. II, fig. 3^1) sont des palatins. C'est, au contraire, une pièce ptérygo-maxillaire, si Ton accepte la détermination de M. Owen (Trans.,,., p. 335) qui la considère comme formée par les maxillaires, les ptérygoldiens et les palatins. Quoi qu'il en soit, cette pièce est très-singulière par sa conformation. La fig. 2 des pi. 3 et 4 de M. BischofT (pi. 1, fig. 6 de la trad. franc.) et la fig. 3 de la pi. II de M. Peters (MfiU. Arch....) en donnent une représentation. Elle offre des saillies d'inégale étendue et des sillons intermédiaires ; disposées sur 3 rangs, elles se suivent d'arrière en avant. La substance dentaire , couverte d'émail, y est si intimement soudée à l'os, qu'il n'y a pas de dents séparées.
Les 2 saillies antérieures, et, en môme temps, les moins volumineuses, réunies sur la ligne médiane représentent, en quelque sorte, 2 dents incisives en forme de pyramide triangulaire, à sommet pointu dirigé en bas et adhérentes en arrière aux saillies du 2* rang. Cellesci se prolongent plus en dehors et ont un bord dentaire tranchant avec deux petites proéminences médianes pointues. Les saillies du 3* rang disposées en arc et se dirigeant en dehors, de chaque côté^ ont également, à leur portion interne et au niveau de leur afTrontement, un revêtement semblable à celui des deux autres et représentent ainsi, à droite et à gauche^ une dent tranchante. Cette grande pièce armée comme je viens de le dire est fixée, au moyen d'un double prolongement latéral dirigé en arrière et en haut, à l'inter-maxillaire et au frontal.
La mâchoire inférieure, non moins étrange dans son aspect