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III. RESPIRATION

La dénomination de Ghondroptérygiens à branchies libres employée par Cuvier pour désigner les Sturioniens et les Chimères ou Holocéphales indique immédiatement la différence qui les distingue des Plagiostomes qu'il nommait, par opposition, Ghondroptérygiens à branchies fixes.

Les Chimères cependant, par la disposition de leur appareil respiratoire, se rapprochent plus de ces derniers que des Esturgeons et des Spatulaires (t. I, p. 197). Aussi, appartiennentelles à la sous-classe des Elasmobranches, où elles forment Tordre des Holocéphales (t. I, p. 663).

Les Esturgeons, au contraire, comme les autres familles de la sous-classe des Ganoîdes, offrent, dans la structure générale de leurs organes respiratoires, beaucoup de ressemblance avec les poissons ordinaires. Cependant leur cavité branchiale, si ce n'est chez le Scaphirhynque, est munie d'un éventa et des organes vasculaires dits branchiole et branchie de l'opercule. Tous les détails nécessaires ont été donnés, sur ce sujet, dans rénmnération et la discussion des caractères propres aux Ganoîdes (Voy. plus haut, p. 6-9).

J'ajoute seulement, que Yévent très-petit, décrit d'abord par Lacépède [HisL natur. Pois., t. I, 1798, p. CXX), se trouve à la partie supérieure de la cavité branchiale, sous le bord externe de la plaque temporale (âtl., pi. 19, fig. 1, u). Il est l'origine d'un court canal tapissé par une membrane muqueuse

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i pigmeot noir, et dont Tembouchore inférieure a une couronne de plis semblable à celle de la cavité nasale (Baer, Zweiter Bericht anat. Anstalt Kônisberg^ 1819, p. 34). Ils sont destinés à laisser sortir une partie de Veau contenue dans la bouche.

£d dehors de la cavité branchiale, il y a ua battant opereu* laire qui s'applique exactement contre le pourtour de son ourerture quand Feau, durant le premier temps de la respiration, pénètre dans la bouche. L'opercule consiste en une pièce unique assimilée par Cuvier au pré-opercule des poissons osseux (Leç. anat. comp,, ^ édit., t. IV, partie I, p. 164 et t. VII, p. 296). On peut cependant, comme M. Stannius le fait remarquer [Eanib. ZooL, Fische, 2* édit. p. 78, § 37), y reconnaître trois points d'ossifications représentant les trois pièces principales de Topercule réunies ; mais ce qui constitue un autre caractère essentiellement distinctif, c*est qu'il est indépendant du suspenseur des mftchoires : il se fixe aux téguments.

La membrane branchiostège est très-peu développée et les rayons branchiostèges manquent complètement.

C'est d'après le double caractère tiré de la conformation de Topercule et de Tétat rudimentaire de la membrane branchiost%e, que mon père (Zool. analyt., 1806, p. 105) a distingué la famille des Eleuthéropomes (cXeu6ep<K« libre, et «â|t«, opercule), dont il a, plus tard, modifié la composition (voy. plus haut, p. 14) ; mais le terme par lequel il désignait les Esturgeons et les Spatulaires ofFire l'avantage de rappeler le caractère essentiel de l'appareil de la respiration.

La communication entre la bouche et la cavité respiratoire se fait au moyen de cinq fentes branchiales. La première est entre Thyoîde et la branchie operculaire d'une part, et, de Tautre, le premier arc branchial ; la deuxième fente est entre le {Nremier et le deuxième arc, et ainsi de suite ; enfin, la cinquième et dernière est entre le quatrième arc et les pièces cartilagineuses qui représentent les os pharyngiens inférieurs. La fermeture des fentes est complétée, quand les arcs se rapprochent, par des prolongements effilés qui garnissent le bord concave des arcs.

Les quatre arcs branchiaux sont fixés inférieurement, par leur extrémité interne, sur la pièce médiane dite copula^ en raison du rôle qu'elle joue comme moyen de réunion des arcs. Elle supporte aussi, en avant, le bout interne de chacune des branches de l'hyoïde et, en arrière, celui des cartilages qui représentent les os pharyngiens.

74 GANOlDES CHOUBROSTÉS; ACIPE5SÉRIDÉS.

Telle est la disposition que je constate sur TEsturg. ordinaire (Ac. sturio). Elle est représentée par M. Brûhl [Anfangsgrûnde vergl. AnaU, pi. 13, fig. 2).

Chez le Sterlet^ l'os hyotde et les trois premiers arcs branchiaux se fixent à la pièce médiane, mais la 4* paire d'arcs et les os pharyngiens ne sontréanis à leur extrémité inférieure que par des ligaments. IL Molin, qui a donné «ne description des trois premiers arcs des branchies, de l'hyoïde et de la tige impaire qni lenr sert de soutien inférieur {SuUo sdieletro dell'Ac. ruth. in : Siitungsber. Akêd. Wien, 1851, t. YII, p. 370-373), les a représentés (pi. XV, fig. lY).

La grande différence entre les branchies des Chimères et celles des Esturgeons, consiste en ce qu'il n'y a plus, ici, une cloison interposée, dans toute leur hauteur, aux deux séries de lamelles membraneuses et vasculaires que porte chacun des arcs (t. I, p. 197 et 208). Cependant, il y a beaucoup moins d'indépendance de ces lamelles que chez les autres poissons à branchies libres.

LerebouUet (Anat. camp, appar. respir,^ Dissert, inang., 4838, p. 133) en adonné une description succincte d'après ses propres recherches sur ce sujet et celles de Duvernoy ; mais ce dernier (Ann. se. nal., Zool., ?• série, 4839, t. VI, p.76-82, pi. Si fig. 4-3 et Leç. anat. comp. Cuvier, t. VII, 4840, p. 329-335) a fait connaître, d'une façon beaucoup plus complète, la disposition anatomique dont il s'agit, et qui est comme une sorte d'exagération de celle que l'on connaît chez le Congre, le Saumon et le poisson-lune [Orthragoriscus mola).

Les deux séries parallèles des lames branchiales de chacun des arcs, ont, dans leur intervalle, sur les 2/3 ou les 3/4 de leur hauteur, un diaphragme composé :

i^ d*une cloison fibro-élastique ; elle enveloppe et assujettit les lames en leur fournissant une gaine ; au niveau du dernier tiers ou du dernier quart de chaque paire de lames, elle se bifurque et se continue, par ses deux branches, en s'amincissant beaucoup, jusqu'à leur extrémité libre ;

2® de deux séries de muscles.

a Les uns, les plus longs, dits mwcles de la rangée basilaire^ V^J' tent de la convexité de Tare branchial. C*estune série unique de faisceaux lombricoïdes terminés, au niveau de la réunion de son ^P moyen avec le 1/3 inférieur, par des tendons qui se perdent dans la cloison en se subdivisant. Ils n*ont aucun rapport de nombre ni d'attache directe avec les lames branchiales sur lesquelles ils n'exercent une action que par Tintermédiaire de la cloison.

b Les autres (muscles marginaux) sont beaucoup plus nombreux

sÉciiÉmoiis. TB

et plus courts que les précédents; ils commencent avec le dernier tiers de la cloison dont le tissu sert d'attache à leur tendon supérieur et à l'inférieur qui se divise et s'épanouit vers le bord libre de cette doison. Outre cette série de muscles maininauz , il y en. a une autre de muscles encore plus petits et dont les tendons d'origine et de terminaison naissent de la cloison et s'y perdent en s'unissaaC aux tendons des muscles basilaires.

Tous ces mnsdes, ea quelque sorte enfouis dans le tissu cellulofibrenz de la cloison diaphragmatique, semblent aboutir, les uns et les autres^ par leurs tendons, à un tendon commun médian qui se voit près du bord libre du diaphragme entre les deux séries de lames, et qui, se divisant, se prolonge sur le bord correspondant de la partie libre et flottante de chaque lame.

L'appareil contractile exerce donc une action d'ensemble sur la partie flottante des lames dont Tagitation et le déplacement facilitent le contact des surfaces vasculaires avec le liquide ambiant.

Le développement extraordinaire du système musculaire du diaphragme branchial, dit avec raison Duvernoy, doit compenser certaines imperfections du mécanisme des organes respiratoires des Sturioniens résultant de Tétat rudimentaire de la membrane branchiostëge et de Tabsence de ses rayons, ainsi que du peu de mobilité de roperoule.

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