II. circulation
Le passage du sapg noir à travers les veines^ n'offre, unsi que ces organes, rien de spécial à noter. 'La circulation dans le système de la veine-portê rénale a été décrite sur YAcip. sturio par M. Jourdain (Rech, ^r la veineporte rénale chez les ois^^ les rept.^ les batr. et les peiss. Thèse,
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1860, p. 66, 6t Ann. des $c. nat. ZooL, série IV, t XII,p. 331). La disposition des vaisseaux afférents et efférents offre la plus grande analogie avec celle qui est propre aux Raies et surtout aux Squales , à cause de la réunion des reins sur la ligne médiane chez les Sturioniens et les Spatulaires , comme chez ces derniers (Voy. 1. 1, p. 179-182).
Du cçeur et de ses dépendances. — Le péricarde^ comme chez les Plagiosiomes, conmiunique avec la cavité péritonéale (t. I, p. 159).
Il y a seulement une différence signalée par H. de Baer {Zweiler Bericht von anal. Anstalt %u Koenisberg , 1819 , p. 34) , c*est qne le passage entre les deux cavités ne se fait pas, comme chez les Squales et les Raies, par deux conduits très-étroits résultant de la bifurcation d'un court prolongement infundibuliforme du péricarde. Il a lieu par un canal situé à la face inférieure de l'oesophage et qui se j^rolonge 5008 la forme d'une simple fente. Son mode de terminaison, Touvertare du péricarde étant, au contraire , arrondie, semble , selon Tobservalîon de lï. de Baer, devoir rendre plus facile la sortie du liquide de cette cavité, que son entrée du péritoine dans le péricarde.
A rintérieur de Tenveloppe du cœur, entre le feuillet cardi£tc[ue et le feuillet externe, il y a des prolongements ligamenteux décrits par Tanatomiste que je viens de citer {Zweiter Bericht^ etc.^p* 32), fnais qui avaient été déjà trouvés chez d*autres ppissons par Broi^s^onet, par Tiedemann et par Carus. Le nombre et la situation de ççs fibres ligamenteuses semblent offrir des différences Individuelles ; ipes observations sont, d'accord a^ec celles de Meckel {Anat, comp.y tr. fir* tlX, p. 241).
La forme du ventricule est presque globuleuse (Tiedemann, Anat. Fischherz.^ fig. 12).
Le volume et le poids du cœur sont assez considérables, mais ne peuvent pas être exprimés exactement en chiffre^ par les motifs que j'ai exposés (t. I, p. 186).
La couche externe des parois musculaires du coefur des Acip. sîurio et rùthenus reis^oit, comme chez les autres poissons, une abondante vascnlarisation capillaire fournie par Tartère coronaire (Hyrtl, Voflàufige Anzeige ûber gefasslose Herzen^ in : SUzungsber. Akad. Wieii, 1858, t. XXXIII, p. 572) (1).
(1) Une excepition à cette disposition habituelle des T^isseaux dn cœur des poissons a été récemment constatée par M. Jourdaip {Sur la struct, du eœwr des jioiss. du genre Gode in : C^-rendus Ac. des sc.y janvier 1807, t. LXIV, p. 192). Le oœur des Gades est dépourvu de Télément vasculaire comme celui des Batraciens que M. Hyrtl (mémoire cité) a trouvé complètement privé de vaisseaio. •
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n est revêtu d'une substance éCûspect glandulaire^ de volume variable, suivant qu'elle contient plus 6u mains de liquide, et elle déguise, en partie, la forme de Torgane.
Tout l'historique des observations faites sur cette particularité anatomique, et des hypothèses auxquelles elles ont donné lieu, est présenté par Meckel [AnaL-comp.^ tr. fr., t. IX, p. 216^221). Il a, lui-même, en niant avec raison la structure glanduleuse, émis, comme M. de Baer [Zweit. Bertchi^ etc., p. 33], une supposition non justifiée par des recherches ultérieures. Us ont comparé le tissu lobulaire du cœur au thymus.
On ne peut pas dire non plus, avec A. J.-F.-G. Mayer (AnalecL vergleich, Anat.^ 183S, p. 17), que ce soit une sorte de corps caverneux et spongieux qui, servant à retenir le sang des veines coronaires, pourrait déterminer une érection.
Considérées par Max Parchappe comme des cellules sanguines contractiles, les bosselures lobulées du cœur de l'Esturgeon seraient, suivant lui, plus que de simples réservoirs du sang contrairement à ce que Mayer croyait; ils rempliraient, à la manière des cavités ordinaires du cœur, le rôle d'agent d'impulsion.
« Les artères et les veines cardiaques, dii-il [C. rendus Ae. se, 1848, t. XXVII, p. 25), ne constituent pas exclusivement, ici, le cercle ordinaire et simple au moyen duquel le sang artériel, après avoir traversé un système capiUaire pour les besoins de la nutrition , revient désartérialîsé à Toreillette du cœur. Elles font partie, comme canaux^ d'un autre cercle dans lequel les cellules contractiles occupent la place des vaisseaux capillaires, cercle au moyen duquel une portion notable du saug vivifié par la respiration branchiale est versée par les artères dans les ceUules sanguines, d'où la contraction de ces cellules le chasse, en le poussant par les vaisseaux veineux, jusque dans le sinus qui rapporte à Toreillette le sang veineux du corps. »
Parchappe, dans son étude nulle part mentionnée de cet appareil organique, n*a pas reconnu, contrairement à ce que MM. Stannius et Leydig ,ont démontré, qu'il est une dépendance du système lymphatique. Peut-être, les vaisseaux sanguins y remplissent-ils la fonction qi^e leur attribue la note dont je viens de donner un extrait.
Le travail le plus récent sur ce sujet est celui de M. Leydig (Anat'histolog. Vittersuch.f Fische, p. 22-28).
Il en a conclu, avec M. Stannius (Handb. ZooL, V^ éd., tr. fr., 1849, t. H, p. 109, note  et p. 121, note 3, pais Bandb, ZooL^ Fische^ 2« éd., p. 237, § 101), que la masse comme spongieoae dont le cœur et le bulbe
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artériel sont enumrés appartient an systôme lymphatique. Elle oonsiste en nne trame semblable à celles des glandes formées par du tissn connectif. Ses cavités on follicules sont remplies par un liquide comparable à la lymphe, et par des cellules incolores d*un très-petit diamètre, à noyau et à nucléoles; elles sont analogues aux éléments celluleux des gaoglions lymphatiques. De plus , et c*est là le caractère particulier de Torgane, il y a, dans les follicules^ des ramifications de vaisseaux capilUdres en forme de houppes, constituant des gioméfules qui communiquent avec les vaisseaux coronaires. Us ont été indiqués d*abord par Otto, puis par J. MûUer (Veber der Bau und die GrénMu der GanM. in Archiv. fur Naturg.^ iUS^ t I, p. 141 [tr. fr. Ann. se. naL^ ZooL, 1845, 3« série, t. lY, p. 53], et in : Àbkandl. Akad. BerUn [1844], 1846, p. 140, note 3).
La fig. 3 de la pL I annexée an travail de M. Le^fàigiAnaL-hùtolog. Untenuch,^ FUche)^ représente, sons un fort grossissement, Torgane contenu dans le canal de communication du péricarde avec le péritoine, et qui, pour J. Huiler, était une glande sans canal excréteur, la figure donne bien la représentation de la texture de la masse sponi^ense du cœur, puisque , selon la manière de voir de M. Leydig (p^ 25, § 28), et qui semble exacte, ce n*est autre chose qu'une portion détachée de la masse commune. On voit pénétrer, par le pédicule de rorganOt uo filet nerveux subdivisé à Tintérieur, et une branehe artérielle qui foumit,à chaque follicule un petit rameau dont les diyisions capillaires forment, à son intérieur, un glomérule. En outre, la figure montre, dans d*autres follicules, les cellules incolores qu'ils contiennent.
Je dois rappeler, comme noavel argument en faveur de Topinion qui rattache la masse lobulaire au système des glandes lymphatiques, les détails que j'ai donnés (t. I, p. 175) relativement à la présence, chez les Plagiostomes, de petits ^^nias de capillaires sanguins dans rintérieur de plusieurs vaisseaux lymphatiques et sur lesquels M. Leydig a fixé Tatten- Hon (1).
(i) Au système lymphatique, H. Leydig (JTMvMre MitthêUung. %ur (M*fwim Geweble^re in : HQller Arehiv fUr Afwt. 1854, p. 333, pi. 12, flg. 4 «t S) rattache certains organes de divers Poissons, et, en particulier, une masse pulpense contenue dans le crâne et dans la portion antérieure du canal rachidien des Esturgeons.
Poor compléter les détails que j'ai donnés sur le système lymphatique dea Elasmobranches (tome I, p. 170-17S), je rappelle que H. Leydig, dans le passage cité, considère comme ayant une structure analogue à cette masse palpease, celle d'apparence glandulaire qui se trouve entre la membrane noqneuse et la tunique mnscnleuse de ToBSophage chez les Raies, et enfin la tobstance de même aspect dont il a constaté la présence dans Torbite 8t sont la membrane muqueuse du palais chez la Chimère.
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Pour achever ce qui concerne la structure du cœur, j'ajoute quelques détails :
1® L'ouverture de communication entre le sinus de Cuvier et Toreillette est munie, de même que chez les Plagiost. [t. I, p. 187), de deux valvules semi-lunaires; attachées, parleurs extrémités, aux principaux faisceaux musculaires de l'oreillette, elles résistent à la pression exercée par le sang au moment où celle-ci se contracte, et s'opposent à ce qu'il rentre dans le sinus.
2* L'ouverture auriculo-ventriculaire a trois valvules ou plutôt, conformément à Tindication du Gâtai, du collège des chirurgiens (DescripL and Ulustr. Catal. of physiolog. séries comparât, anat. Mus. roy. Coll. Surgeons^ Lond., t. II, p. 38, préparât. 908], il y a une valvule qui ressemble & la tricuspide du cœur des mammifères. De nombreuses cordes tendineuses vont de son bord aux parois ventriculaires. Ce sont également trois valvules que mentionnent Meckel [AnaU comp.^ tr. fr., t. IX, p. 227) et Mayer (AnalecL vergldch, Anat.^ p. 17). M. Stannius, au contraire (Handp. Zoot., Fische, 2* éd., p. 236), en signale une quatrième. Gomme M. Rud. Demme [DasarUir. Gefàsssystem Acip. ruthenus^ 1860, p. 3), je trouve, sur l'XdpsturiOy trois prolongements valvulaires bien développés, puis un quatrième rudimentaire et assez peu considérable pour qu il ait été généralement négligé dans les descriptions.
3^ Malgré Tindication fournie par Mayer (loe. al., p. 17) sur la présence d'une, petite cavité du ventricule où s'ouvre l'oreillette, et communiquant, par une fente, avec lé ventricule véritable d'ob natt le bulbe, on ne peut voir, dans cette disposition, la présence de deux cavités ventriculaires. Meckel (voy. notre 1. 1, p. 188) s'est élevé, avec raison, contre une telle hypothèse.
Relativement au bulbe artériel, je dois renvoyer aux détails qui se trouvent dans la discussion des caractères propres à la sous^lasse des Ganoïdes (p. 4-6). Je me borne à rappeler le fait que j'ai déjà signalé (t. I, p. 189) de l'alternance des contractions du bulbe et du ventricule observée par M. G, Brûcke.
Je n'ai point à présenter ici une histoire de la circulation des Sturioniens, et je renvoie, pour ce qui se rapporte au système artériel tant de l'artère branchiale que de l'aorte, au travail très-complet de M. Rud. Demme déjà cité (p. 7) à l'occasion de la branchie de Tévent (Dos arter. Gefâsssysi. vm Acip- f^ thenus avec fig.) et aux détails donnés sur les Plagiostomes
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(t. I, p. 491-494) où la disposition de ces vaisseaux a beaucoup de rapports avec celle que Ton constate dans les Esturgeons. n y a, cependant, chez ceux-ci, une particularité relative à la situation de Taorte. H. de Baêr [Zweiter Bericht anal. Anstalt KônUberg^ 4819, p. 37) a fixé rattention sur ce point, puis M. Hyrtl (Oeber den Arter.Sy^t. des Lepidost in : Sitmngsber. Àkad. Wien, 1852, t. YIII, p. 836) a donné une description plus détaillée d'après les Est. dits Acip. sturio et nUheniu.
Ce ii*est pas à la base du crâne , mais dans la substance même de la capsule cartilagineuse , que se trouvent les racines du vaisseau. L*artère épibranchiale de la première branchie passe, aussitôt qu'elle devient libre, dans le cartilage basilaire du crâne et se porte en arriére. Après un certain trajet, il y a réunion avec le vaisseau correspondant du côté opposé. La 2* artère épibranchiale et le tronc commun des 3^ et 4* ne pénètrent pas immédiatement dans le cartilage basilaire où leur entrée a lieu sur la ligne médiane ; il y a entrecroisement, les vaisseaux d'un côté se portant du côté opposé.
Quand elle a reçu la dernière artère épibranchiale, Taorte sortant du crâne, se place dans un sillon et ensuite dans un canal de la tige Tertébrale, qui forme les parois de Tartère. Chez le Sterlet, le canal reste, en grande partie, membraneux.
Cet enclavement de Vaorte est, en quelque sorte, une exagération de ce qui se voit chez différents Squales (Meckel, Anat, camp,, tr. fr., t. IX, p. 259) et chez plusieurs poissons osseux (Brochet, Alose, Hareng, Silure) où Taorte est reçue dans un enfoncement de la colonne vertébrale. (Stannius, Handb. ZooU^ ^ Fische, 2« éd., p. 243).
A rétude des organes de la circulation, se rattache celle des vaisseaux lymphatiques superficiels constituant, dans leur ensemble, le système des vaisseaux latéraux étudiés par M. Hyrtl chez un assez grand nombre de poiss. osseux et sur des Esturg. [Veber die Caudal und Kopf-Sinuse der Fische, etc. in : MûU. Arehiv fur Anat., 1843, p. 224-240, trad. in : Ann. se, nat. Zool, 2- série, t. XX, p. 215-229, pi. VI et VU).
U vaisseau latéral principal ne doit pas être confondu avec le canal latéral dont j'ai parlé plus haut (p. 42). Il suit la môme direction qae ce dernier au milieu du tissu cellulaire sous-cutané, logé <lans la rigole de séparation des longs muscles latéraux de la colonne vertébrale. Il est très-peu vokimineux, à parois minces et uni aux parties environnantes par des connexions intimes. Il a tout le caract^ d*un sinus ayant, en propre, une tunique interne seulement, les entres membranes étant formées par les cloisons fibreuses des musses latôraux et par la peau. De ce vaisseau, sortent latéralement des
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branches qui se portent, les unes vers la région dorsale, les autres vers la région ventrale. Leur nombre n*est pas le même dans tous les poissons. M. Hyrtl en a compté 50 paires chez le Sterlet [Àc^ ruihemu). Les branches latérales offrent des ramuscules qui se divisent de plus en plus et se terminent enfin dans un réseau vasculaîre dont les mailles sont assez grosses pour entourer, chez les poissons osseux, Tespace correspondant à une écaille. Tous ces petits vaisseaux renferment, pendant la vie, un liquide aqueux remplacé par de Tatr quand l'animal est resté hors de Tean. Le liquide est versé dans le vaisseau latéral qui est en communication, par ses deux extrémités, avec le système des vaisseaux sanguins, comme le prouve la possibilité d*injecter tous ceux-ci par le vaisseau latéral. Les communications ont lieu, en arrière, par son embouchure dans le sinus caudal et, en avant, dans le sinus céphaiique qui s'ouvrent, Tun et Tautre, dans le système veineux. (Voy. pour la disposition des vaisseaux lymphatiques superficiels chez les Plagiostomes, notre U 1, p. 174.)