‹ Histoire naturelle des poissons; ou, Ichthyologie généraleChapitre 23 sur 291 · REPRODUCTION · texte numérisé non relu

REPRODUCTION

Les Sturioniens diffèrent beaucoup, par leur mode de reproduction, des Chimères auprès desquelles on les avait longtemps laissés. Ils n*ont, en effet, ni leurs appendices génitaux extérieurs^ ni leurs organes génitaux internes compliqués (t. h p. 680-683). Ils ressemblent bien plus aux poissons osseux; mais en raison du mode de réunion des canaux séminifères et des oviductes avec les organes urinaires, ils sont très-analogues aux autres Ganoîdes (voy. p. 9-11 où j'ai présenté des détails suffisants sur les organes eux-mêmes).

Semblables à la plupart des poissons de la famille des Salmonoïdes et aux \loses, les Esturgeons, anadromes (1) comiD^

(1) Contrairement à ce que font les Anadromes (de ovo, en arrière, et SpofAo^, course), les Anguilles descendent des rivières et vont à Is o>^ pour 8*y reproduire. Schonevelàe (Ichihyohgia ducat, slewict^ 1624, p* 'fj De anguiUa) parait être le premier qui, pour exprimer cette diffiârence, ait dit qu'elles sont catadromes (xatoi, en bas, et Spo|M«, course).

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ces derniers^ quittent, à Tépoque âû hrai, les mers où ils vivent poor pénétrer dans les golfes du dans les fleuves qui s*y jet* trat, et s'ils habitent de grands lacs, ils remontent le cours des eaux tribulaifés de ces lacs (1).

Pallas dit, en parlant de TEsturgeôn nommé Ae. stMatus (Yoy. trad. fr. Gauthier Lapeyronie, t. YIII, Append., p. 98) : Cette espèce kibite la mer Caspienne et remonte, au mois de mai, par grandes troupes, dans les fleuves. Il dit encore (t. III, p. 443) : Le vrai Esturgeon (Ac. sturio^ Est. ordin. ou commun) remonte directement dans les fleuves et n'entre jamais dans les golfes; c'est la raison pour laquelle on n'en prend avec les bidûuga [Ac. hiuo) que. dans les villages établis i remboucbure du Volga ou sur le fleuve même. Il est si rare,» ajoute Pallas, d*en pécher dans les golfes^ que le péchem* qui en prend un dans sop filet, le garde pour lui.

C'est surtout dans les descriptions des différentes espèces {ZoagraplUa rû8S(Huiatica^ Anim. monocwriia^ p. 83-109), que ce zoologiste a décrit les:longs voyages accomplis chaque année par les Esturgeons. De la mer Gaspienney de la mer Noire, de la mer d'Azof, du lac Aral et des autres grands lacs de la' Russie qui, autrefois, communiquaient avec la' mer Caspienne et la mer Noire, ils remontent dans les fleuves, souvent à de grandes distances des embouchures.

Les déiaiis donnés sur les pèches par Pallas dans les passages de ses Voyages que je viens -de citer «t dans d'autres disséminés au milieu de nombreux renseignettients de toute nature, démontrent les précieux avantageai de la pèche des EgturgtoBS pd«r l6S^t>0èples des différentes perdes ^e la Russie traversées par dès fledves dont l'exploitation est habilement conduite.

Ainsi, les bandes sont quelquefois tellement serrées qu'un seul des Vatagas ou villages de pécheurs qui s'établissent au bord des fleuves, & l'époque où le poisson passe, peut prendre, pendant les quinze jours que dure la moMée, j^osqu'è seize ou vingt mille Sterlets [Adp. ruihenus)^ mais la moitié seulement de ce nombre, quand les vents ne sont pas favorables (Pallas, Yoy. tr. fr., t. III, p. 44^.

Les mêmes habitudes sont observées dans l'Amérique du

(1) Dans mon cours de 1865, au Muséum, je me suis particulièrement attaché à rétude des poissons voyageurs et j'ai résumé les leçons relatives ^ ce svjet pour VAnmaiire 9<^enHfi^ publié par M. Dehérain, 0« année, i

Nord> et Gatesby en a fah ii^nkion {N(U. Aùl. Carolina^ 1. 1, AccouM ofCar. p, XXXIII). Aux approches du printemps, dit-iU les Esturgeons quittent le. fond de la mer et entrent dans les rivières, montant lentement vers les endroits élevés pour y pondre leurs œufs, et les rivières sont remplies de ces poissons. '

Les grands lacs des régions septentrionales de TAmérique du Nord contiennent beaucoup dlespàces^ dont Tascension dans les rivières a lieu au printemps, quand les glaces se rompent et que le^ eaux des lacs deviennent vaseuses. Quelques renseignements ont été donnés sur ce sujet par Richardson (Faunabor.-amer:^ Fishes^ p. 279). Lapècbe n'y est pas pratiquée bomme en Russie et Ton est, bien loin, par conséquent, dans ces contrées, .de tirer, d'une si abondalnte population au moment où elle émigré, les profits considérables qu'elle procure aux habitants de l'ancien monde.

Chaque année, les fleuves qui ont leur embouchure dans la Raltique^ la mer du Nord et la Manche, reçoivent les Esturgeons et les rendent aux çaux salées aprèâ racoojiipUssemeat de l'acte de lai fécondation. Us habitent lés «aux de l'hémisphère boréal; mais. au-dessous de la Manche v ils soat moins abon^ dants lie long des cites d'Europe. Cependant, il y en a dans l'Océan ; et la Méditerranée» ainsi que l'Adriatique, sont babi* tées par des espèces qu'on rencontreyau milieu des aauxdouces, à certains moments de l'année. ' < >

Us s'^gagent quelquefois dans les affluents. des.fli^ves et y remontent très«*haut.> On en a pris dans la Moselle « à Sierck , au-dessus de Meta, près de lafrontièrë du Luxembourg (Holaiàdre, Faimede ia Moselle, 1836^ p^ 363). Je me «ouviens« dit Sonnini [HisL nat. poiss.^ t. lY, p. 343), d'en avoir vu pd^har un k Pont-à^M'Ousson, à cinq lieues de Nancy (1). Dan4 1^ Loire, on a pris un individu, pesant 40 kilog.; aux Ponts^o-Cé^ près Angers, enlSlD (MiUet^ FMne de Maiw-^tr-Loire^ t. Il, p. 101).

Les (Bufs sont fort abondants. Pallas , par le procédé' des

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