‹ Histoire naturelle des poissons; ou, Ichthyologie généraleChapitre 24 sur 291 · II · texte numérisé non relu

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(1) Aa reste, <m n'est pas de TEsturgeon, oomme le croyait Paat Jovjb {De romanis piscibus^ cap. IV, feuille C 2 éd. d'Anvers, 1522), qu*il est question dans les vers 135-14i d*Âasone (MoseUa) :

nuDC pecus aequoream celebrabere magne silure

Cuvier Ta bien démontré dans ses notes sur Pline Gib. IX, 17 éd. Lenaaire, curante Ajasson de Gransagne, note 4, p. 37, et Zoologie de Pline, trad. par le même, t. Il, note, p. iSO).

BEPBI»DCnO!<; àllidHMnSlIBw TO

pesées (1), en a eâtimé trois millions. Chez i|ne femelle de TEst. ordinaire (Ac. sturio)^ prise, an 1800, dans la Seine^ à Neuilly, près Paris, les ovaires en contenaient 1,467,886.

Avec les œufs , on fait le Caviar (du grec volgalre xauiop qui a la même signification). Ce condiment si apprécié, des Russes et qu'on exporte on très-grande quantité^ surtout en Allemagne, en Grèce et en Italie, est une ^alai(>on dont la saveur acre et piquante, et Todeur l^èrement ammoniacale, sont pea agréables ppur ceux, qi^i n'en ont pas. l'habitude; mais on s'y accoutume assez aisément, et elle devient Taccompagnement obligé d*un grand nombre de mets, comme la sauce aux anchois chez certains peuples^ septentrionaux.

11 y a quatre manières priacipale9 de. préparer ^U caviar et dont Pallas [Voyages^ tr. ir., t. III, p. 452) a donné la d^criplion. Le soin arec lequel les œufs sont d'abord salés, puis foulés et débarrassés de Teicès de sel produit une telle drfférence dans la qualité que le prix du caviar en sac, très-préféré aux autres sortes, se paie une fois plus cher. Pressé, par petites quantités, dans des sacs de toile, il est bien mieux dépouillé de ses impuretés' et desséché. Hipp. Cfoqnet [Faune dnmédecUUyU III, p. 408417) a publié*, èur ce sujet, un article intéressant où il énumèrè les cdvîars fabriqués avec <ies œufs^e diiïërentes espèces de poissons. Il y discute, en même temps, les inoonvénients que présente l'usage habituel d'une substances) forteijient imprégnée de sel.

On mangue de reâseignemeitts sûr les divises phases du développement des jeunes animaux qui .descendent k ta mer pour ne remonter que* plus tard, dans les eauix douces, h l'époque où,. devenus aptes à se reproduire, ils vont chercher au milieu des eaux vives et courantes des fleuves et des rivières, les ooaditkKDfie nécessaires k ruocomplissémfent dQ) acte''de<la' gëuèration. . . n

On n'a pas de données précises sur la marche de la croissance qui doit se prolonger beftuboup, & en Juger par la trèsgrande taille à laquelle peuvent parvenir ces poissons, qui sohif doués d'une remarquable longévité. .

Comme exemple du volume énorme auquel les Esturgeons

(i) Le poids de la masse déà osnâ éfàUt ebnttu, il deyiênt facile d*en estimer le nombre. On compte ceux qui composent une- très-petite quantité exactement pesée, et Ton multiplié le nombre trouvé par le chiffk-e du poids total. Si, dans 1/2 gramme, il y a, comme je Taî récemment constaté sur un Grondin {Trigla gurnardus, Linn.), 670 œufs, ou 1340 dans un gramme, ^ masse pesant 9019 grammes, j*en ai conclu qu*elle renfermait 9,606,080

80 CAN0l9B8 aMma06Tte;.ACI»BllSÉRlDÉS.

peuvent parvenir, je citerai celui de 2,310 livres, péché, an rapport de Pallas (Voyages, tr. fr., t. III, p. 4S0), en 176B, près de Bogatoi-Roultouk. U avait 7 aunes 1/2 de Irag (8*?.93j. Certaines espèces, le Sterlet en particulier (Aàp. rutÀentis), aVrivent jamais à de fraudes dimensions.

Les très^gros individus sont rares dans tes ooUections. Les plus grands que le Muséum possède, et qui proviennent de l'océan Atlantique, soit des côtes européennes^ soit des côtes américaines, ont près de S mètres ou même davantage.

C'est parce qu'ils vivent très-longtemps que ces poissons peuvent devenir aussi gmnds (l^. '

Je dois à l'obligeance de M. le professeur Wl Peters, de Berlin, la connaissance d'un fait audienlique. Il a dernièrement visité, m*a-t-il 'écrit en août 1868, uii lac d'eau douce en Poméranie, nommé Gôrtand-See, où il à vu de très-vieux Sterlets {Acip. ruthenus) qui ont été transportés dans ce lac par ordre de Frédéric-le-Grand. En faisant remoiiter leur translation seulement aux derniers temps de la vie du. roi , qui est mort en 1786, le^ survivants auraient aujourd'hui 80 ans. M. de Baer a assuré à M. Peters que le Hansm ( Acip: kmo) aitteint l'Age de 2 à 300 ans. ei*

L'expérience que ce dernier me fait connaître est très-intéressante, car elle fournit, au moins pour ce cas en particulier, la preuve que, par suite de l'impossibilité de se déplioer^ les Sterlets du Gdrland^ee ne se sont pas reproduits. Cependant, une femelle de 0^*93 , pesant.7 kilog., examinée , an mois de mai, par M. Peters, avait.des œufs bien développés,^et«mmftle de 0*^.83 et de 4 kilog., avait des spermatozoïdes arrivés à tout leur dévetoppement. De celte observation, il ne fuNirait peutêtre pas encore conclure d'une manière définitive au défaut

(1) Il est peutrétre pejrmis de supposer avec H. BUmcli^ {C.^endus Ac. sc.y 1867, t. LXIV, p. S58, note à ToccasioD d'un crabe gigaotesque du Japon acquis par le Mus. d'bist. nai.) que la xsroissaiioe se conlln^e, mais avec une extrême lenteur, durant tent^Ja vi^oàez les^anfmaol: autres que lee HammiC, les Oia« eMes Josooles* Notoad^cepeadant, oomme je l*ai Ikit observer en parlant des grands Crocodiliens de la ménagerie et des coilecUoos du Hufi. (2« ffoticê9ur la Ménag^ de* R^^i. : Arch. Mm,, ISSi, t. X, p, 4i6), que le développement en grosseur chez les individus qui deviennent &gés, remporte de beaucoup sur leur.aUongement. De là, résnUe i cause de la nécessité de tenir compte des deux modes de développement* quMl est trè&rdifOcile, si ce n'est même impossible, de calculer, d'après leur accroissement, Tàge de ces Reptiles et des animaux dont Texisteace sa prolonge beaucoup.

DlSTRlBimaR GiOGlUraïQlJS. 6i

absolu de reproducUon chez des Esturgeons retenus au milieu d'espaces clos, puisque des expériences accomplies en France et en Suède montrent que des Salmonoîdes placés dans des conditions analogues, se sont cependant reproduits dans des lacs fermés (Bull. Soc. éCacclimat.^ 1889, p. 258, compte-rendu des expériences de M. Goste dans Tétang de Saint-Gucufa, près Paris; voyez, en outre, le même BuUeiin, 1863, p. 261, 332, 1864, p. 374, 378, et L. Soubeiran, JRopp., sur Texposition de Bergen (fitfU. Soc. d^acclim., 1866, p. 194).

Certains changements dus à l'âge surviennent chez les Esturgeons à mesure qu'ils vieillissent. Ainsi , le museau perd un peu de sa longueur proportionnelle, ce qu'il est facile de constater quand on a, sous les yeux, des sujets d'âge différent appartenant à une même espèce. Les écussons cutanés subissent quelques modifications, comme je l'ai dit (p. 84], en décrivant l'armure cutanée des flancs et du dos. Néanmoins, des ressemblances nombreuses restent dans la conformation générale du prolongement rostral et dans tout l'ensemble de l'animal ; elles suffisent pour la détermination des espèces.

On a souvent admis la possibilité de changements qui , en réalité, dénotent des différences spécifiques, et l'on a ainsi méconnu des divisions naturelles et très -réelles dans le groupe si nombreux des Sturioniens. J'en ai acquis la certitude par l'examen attentif de la riche collection d'Esturgeons des côtes orientale et occidentale de l'Amérique du Nord , appartenant au musée de Cambridge (Massachusetts), et dont le Muséum a reçu communication par l'obligeante entremise de MM. Louis et Alex. Agassiz.

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