V. Sturionbs {A. Heckeli. — A. sturio
c. Téguments rendus rudes par de petits grains osseux pointât; barbillons comprimés en forme de bandes et munis d*an rebord mince; lèvre inférieure divisée et réduite à un petit lobe au niveaa de chaque angle de la bouche :
VI. HusoNEs (il. brevirostrU, — A. rubicundus. — A. macrostomui*
— A, dauricus* — A. huio).
Vingt-deux ans plus tard, Heckel et M. Kner (Die SUs^wasserfische ostreichischen Monarchie^ 18S8 , p. 328-371) ont suivi le môme système de classification ; mais ils ont, avec raison, fait rentrer dans le groupe des Antacei Tespèce dite Acip. Heckeliû
1846 et 1850. Le prince Ch. Bonaparte (Conspect. syst. ichth,, 1880, f") partage Tordre des Sturiones en 2 familles (Yoy.^p. 13, ce que j*ai dit de sa classification des Ganoîdes) : 1 Polyodeth tidœ^ sous-fam. Polyodontini \ 2 Acipenseridœ^ 2 soas-fam. : Acipenserini, Scaphirhynchini.
Selon sa manière de voir, la sous-famille des Acipenserini se compose ainsi pour les espèces européennes :
I. LiONiscus, Fitz. (L. glaber), — II. Antaceus, Marsigli [A. schypdf A. Guldenstadiii). — III. Helops, Fitz. {H. sUllatus). — IV. Stbru- Tus, Rafin. [Acipenser, Fitz.) {S. ruthenus. S, Gmelini).--\. Aci- PEWSER, Linn. (Sturiô, Fitz.) {A. $turio, A. latirostrU, A. Naccarù)'
— VJ. Huso, FiU. (H, dauricus, H. ichthyocolla).
1881. M. Gray (List, spedm. fUh. hriU Mus. (Part. I, Chûndroptergii, p. 3-20) partage la section des Sturiona en 2 familles :
I Acipenseridœ^ où sont complètement adoptés, sans aucune modification, les groupes de Fitzinger et Heckel ;
II Polyodontidœ.
Les bases de la division proposée par Fitzinger et Heckel , sont généralement admises aujourd'hui, et je les accepte. À Texemple du prince Gb. Bonaparte, on pourrait coBsi*
CU88IFICATI01I BBS ACIPf NSÉRIDiS. 87
dérer la fiimiUe des Acipensëridés comme se composant de 7 genres : 6 parmi les Esturgeons proprement dits, séparés en î groupes auxquels je donne les noms de Mésocentres et d'Opisthocmtres^ diaprés la situation de Tépine des écussons dorsaux, soit au milieu de la crête, soit à son extrémité postérieure, et le 7" auquel appartient le Scaphirhynque.
Cependant, je ne trouve pas que les caractères qui motivent la répartition des Esturgeons en six groupes aient une valeur telle que chacun des groupes puisse être élevé au rang de genre. Ce sont des sous-genres comme les deux zoologistes de Vienne Font admis, puisqu'ils ont laissé à toutes les espèces la même dénomination générique.
Avant eux (voy. plus haut Texposé des classifications des Acipenséridés], Rafinesque et MM. Brandt et Ratzeburg, en prenant des points de départ différents, avaient fiait des coupes secondaires, mais ils n'ont, également, admis que le genre Xcipenser.
He conformant à cette manière de voir, j'admets le classement suivant :
Division de la famiUe des Acipensëridés en deux genres.
I ronde, non enveloppée par des écnssons osseux; des évents 1 Acivensie.
plate, tonte couverte d'écussons, terminée par un fllaiaent; pas d'évents 3 ScAPHiaBTNcitrs.
h Gekrb esturgeon. ACIPENSER (1), Artedi.
GARACTtRES. — - Mu^esu allongé et conique ou, plus rarement, court et arrondi ; des évents ; branchies operculaires et branchioles ou branchies des évents ; lèvre inférieure presque toujours divisée au milieu ou même réduite à un petit repli catané à chaque angle de la bouche ; queue non déprimée et non revêtue, sur toute sa surface, par des boucliers osseux ; dorsale, toujours unique, reculée et opposée à Tanale qui est plus courte et se termine, le plus souvent, au niveau du bout postérieur de la base de la dorsale, mais cependant la dépasse quelquefois ; ventrales insérées au-delà du milieu du corps.
Le genre Esturgeon renferme un grand nombre d'espèces. Pour celles qui habitent les côtes et les fleuves de TÂmérique
(1) Yof ez pour Torigi ne des deux dénominations, p. 19, note 3.
88 6A!«0tDEft CHONDROSTÉS. ACIPENSiRIDi^.
du Nord, je m^en suis convaincu par Texamen que j*ai pu faire d*une collection considérable envoyée en communication au Muséum par le musée de Cambridge (Massachusetts), aux Etats-Unis, placé sous la direction de M. le professeur Agassiz. Je suis arrivé à la même conclusion par Tétude d'espèces russes et danubiennes bien distinctes des cinq qui, selon M. Golowatschow (Not. sur q.q. esp. du genre Acip. in : BiUlet. Soc. imp. nat. Mo8Cou,iS&l,i. XXX, 2« partie, p. 833), seraient les seules « réellement fixées sur leur vraie base et à leur juste valeur (il. sturio, Linn., il. Ai»o, Linn., il. stelUUus, Pall., il. ruthenuSf Linn. et il. GuldenstadtiU Brandt). »
Dans les déterminations spécifiques, il faut tenir compte de modifications dues à Tftge des sujets observés, mais on en a peut-être un peu exagéré Timportance. Ainsi, j'ai déjà fait remarquer (p. 49) en me fondant sur Taspect que présentent des sujets à armure très-développée, longs de 2 mètres et audelà, conservés dans les collections du Muséum, qu'on paraît avoir généralisé à tort Tobservation faite sur Y Acip. (Huso) ichthyocolla qui, à mesure qu'il vieillit, perd les boucliers du rostre, et, en partie, ceux du tronc.
Il est manifeste, à la vérité, que, peu à peu, le museau comparé au reste du corps devient plus court, son développement ne suivant pas la même progression que celui du tronc ; les épines des écussons et des scutelles s'émoussent ou disparaissent tout-à-fait ; le lobe supérieur de la queue, peut-être, n*a plus absolument les mêmes dimensions proportionnelles. Cependant, ces changements admis, je ne crois pas qu'ils puissent amener à défigurer, en quelque sorte, une espèce et qu'on soit en droit de rapporter à la cause que je viens d'indiquer la plupart des dissemblances observées entre les individus, car je ne doute point de la persistance, pendant toute la durée de la vie, de certains caractères essentiellement distinctifs des espèces. Je citerai comme tels ceux que fournissent la forme du museau, abstraction faite, dans un certain nombre de cas, de sa longueur, et la conformation des. plaques £us-céphaliques, des écussons du dos, des flancs et même des deux rangées ventrales, ainsi que des scutelles cutanées; la situation relative des centres soit des plaques pariétales et temporales, soit des frontales antérieures et mastoïdiennes; la longueur de la base de la dorsale comparativement à la largeur du front mesurée au niveau des centres des frontales antérieures; la longueur de la base de Tanale mise en opposition à celle du 4* écusson
GLASSIFICAtlON MÈ ilCIPENSÉRIDÉS. 89
dorsal; oa celle de la base des ventrales relativement à Véten* dae des plaques pectorales; enfin, le rapport entre la longueur et la hauteur du 5* écusson latéral. Voilà, si je ne me trompe, une série de termes de comparaison qui permettent de saisir, Bvec netteté, des différences spécifiques.
Quand on a cherché ainsi, par une étude attentive de nombreux individus, h traduire, h Taide de notes précises, Timpression produite par l'aspect d^animaux dont on saisit tout d*abord les ressemblances ou les différences, on acquiert plus de confiance dans la stabilité des fondements sur lesquels s'appuie la séparation des espèces.
Aussi, est-il permis d*hésiter à croire, avec M. Golowatschow (/oc. dt. : BuUetinSoc. imp. nat. Moscou^ 1887, t. XXX, t partie, p. 539), que le bâtardisme^ suivant son expression, poisse produire dans les formes des Esturgeons « des changements si prononcés qu'il devienne, parfois, très-difficile de s'abstenir d'admettre de nouvelles espèces pour des individus si éloignés de leur type normal (1). »
Division du genre Acipenser en 6 ious^genrês,
Ipinedes,,^„^^„.^. .^„ /nane8;sciiteH8an8 ordre. ... I Buto.
iCTttOMl*««^«^^ilîS i les disposées
dorsaux) *•"«* ^viWéeê ] |gu quinconce . . 2 Acipensir.
situé» k\ Méiocentres, I
I «nombreuses 3 Antaceui,
irextrémité postérieure de la/nulles: lèvre(diTisée au miUen 4 SterUtus, carène ; scu-l inférieure { teiles étoliées < (non divisée ... 8 LiorUseut,
OpltOoemUr**. (nombreuses 6 JMopt.
(t) c L*idée du bâtardisme, toute nouvelle qu'elle puisse paraître, dit le Bttoraliste russe, a pour elle cependant des ar^ments d'une vérité incontestable. La possibilité du bAtardisme entre certaines espèces très-rappfocfaées par leur organisation, doit être admise pourvu que l'on veuille se représenter le mode de propagation de ces animaux ; et si, ce qui est bien admissible, la fécondation des deux espèces s'accomplit à la môme époque, dans des troupes de poissons réunies dans un même lieu, il est fort possible que, parfois, l*œuf d'une espèce se trouve être fécondé par Qoe autre espèce. » Je me borne à exposer l'opinion de M. Golowatschow ^nt la discussion m'entraînerait à soulever la question de la fixité des etpèces. Je dois cependant faire observer que si l'on envisageait, à ce point de vue, beaucoup d'autres genres pour lesquels il ne serait pas plus <lifiicile de supposer des variations dues aux mêmes causes, les zoologistes resteraient, bien souvent, dans la plus grande incertitude sur la valeur ^lle des caractères qu'ils considèrent comme spécifiques.
90 GANOlDBS CRONDROSTÉS. AGIPENSilUBfe.
GROUPE I. — HéiOMatrM (i).
Caractères. — Ecussons dorsaux déclives en avant et en arrière, mais relevés au milieu où, le plus souvent, ils portent une épine.
ISova-GnBB. HUSO, Fitz. et Heck. (I).
Caractères. — Scutelles cutanées répandues sans ordre entre les rangées d*écussons, tantôt simples et sous forme d*épines acérées, dirigées en arrière, tantôt composées et i pointes muUiples ou bien disposées en rosaces épineuses; ba^ billons plats, en rubans, munis, le plus souvent, d'un rebord membraneux quelquefois plissé; lèvre inférieure lai|;emeot divisée au milieu ou même réduite h un petit repli cutané sa niveau des angles de la bouche.
Tableau synoptique des espèces européennes du saus-nenre H«s0.
S /égale à la largeur du museau, et barbiUons dépassaut
g l Torifice de la bouche 1 iehOnyoccOs*
*! {plus courte; ba-
sf se de la D. et égales %FU9ingeri
£\ larg. du front
"^lon^ê; 4* ^^courtquelabasederA. ZNekêUg. son dorsal plus jégaleàUba.
(un peu plus
longue. • AducU99.