‹ Histoire naturelle des polypes composés d'eau douce, ou des bryozoaires fluviatiles;Chapitre 12 sur 27 · G4 HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

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produit surtout par deux longs cordons musculaires qui s'attachent en haut à la base des tentacules, et en dessous très-bas aux parois du polypier. Ce sont les long rétracteurs. Lorsque l'on fait sortir par la pression un animal du polypier, ce cordon est ordinairement contracté comme un ligament élastique et prend des formes très-différentes. Par suite de ces attaches, lorsque ces muscles se contractent, l'animal rentre brusquement dans l'intérieur du polypier.

Les parois n'étant point transparentes, nous n'avons pu nous assurer s'il existe ici, comme dans les paludicelles , un court rétracteur.

Système nerveux.

Nous avons remarqué sur la cavité buccale, un organe arrondi demi transparent, que l'on peut considérer, à cause de sa situation, comme représentant l'anneau nerveux. Nous l'avons observé aussi dans l'alcyonelle, mais pas dans le paludicelle. {Fixj. 5, Z. Z.)

Système reproducteur.

Le genre qui nous occupe se reproduit par bourgeons et par œufs. Il est probable qu'il s'y trouve des sexes distincts ; cependant nous n'avons point observé des spermatozoaires. Dans les alcyonelles, on voit souvent les zoospermes se mouvoir librement autour du canal digestif, lorsqu'on examine un individu tout épanoui. Mais nous n'avons jamais vu les frédéricelles sortir aussi loin de leur loge , et c'est peut-être là la raison pour laquelle nous n'avons point observé des animalcules spermatiques.

L'ovaire est très-distinct et se reconnaît facilement par la présence des œufs. Nous avons eu du doute pendant assez longtemps sur sa situation, parce que les individus expulsés complètement du polypier montraient ordinairement les œufs attachés sur le côté à la hauteur de l'estomac. Nous étions disposés à croire que c'était la véritable situation de l'ovaire,

lorsqu'à la fin nous avons observé sa véritable place dans quelques individus. L'ovaire est situé en dessous de l'estomac comme dans les alcyonelles, et c'est par la contraction des muscles, après la rupture de la peau, que les œufs étaient toujours enfoncés en avant.

On trouve dans l'ovaire des œufs à tous les degrés de développement. M. Gervais a fait connaître ces œufs dans la séance de la Société philomatique du 50 novembre 1859 *. Ils sont entourés d'une membrane propre de l'ovaire comme dans les oiseaux, et lorsque l'œuf atteint un certain degré de développement, la membrane se déchire, et l'œuf devient libre. L'on voit souvent que les œufs restent attachés aux parois du polypier, et c'est alors sur le vieux polypier que commence le nouveau au printemps suivant.

Ces œufs sont beaucoup moins nombreux que dans les alcyonelles.

L'œuf varie en couleur selon son degré de développement. Il est d'abord, dans l'ovaire, blanc transparent et de forme sphérique. Plus tard, il prend la forme ovale lorsqu'il est encore incolore, et en approchant du terme de son accroissement, il se colore d'abord vers les bords, et insensiblement jusqu'au milieu. La couleur est d'abord d'un brun chocolat; elle devient de plus en plus foncée et s'approche à la fin du noir. L'on voit que l'œuf alors présente une légère échancrure sur un de ses bords; il devient réniforme et prend l'aspect d'un haricot. L'on ne voit h aucune époque un bourrelet autour de l'œuf, ce qui permet de distinguer toujours les frédéricelles des alcyonelles.

Nous avons trouvé des œufs depuis le mois de juillet jusqu'au printemps suivant.

L'œuf se compose d'abord d'une membrane cornée, qui offre assez de résistance et qui protège puissamment le contenu. C'est la membrane qui donne la couleur à l'œuf et que l'on aperçoit à l'extérieur. En dedans, l'on trouve une seconde membrane molle qui renferme dans son intérieur une grande quantité de cellules. La réunion de ces cellules forme le vitellus, et la membrane qui les entoure, la membrane vitelline.

1 Journal l'Institut, p. 435.

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Les globules du vilellus, soumis à un fort grossissement, nous ont paru doués d'un mouvement propre, que l'on pourrait comparer au mouvement de trépidation que l'on observe dans les zoospermes.

Au printemps, la membrane cornée de l'œuf se divise en deux valves qui s'écartent d'un côté pour laisser passer le jeune polype qui s'est formé dans l'intérieur. Ces valves servent en premier lieu de polypier, mais ensuite la peau prolonge celle première ébauche du polypier, et elle acquiert de la consistance , surtout par les grains de sable qui viennent s'y incruster. (Voyez, pour le commencement de la formation du polypier, les fig. 11 à 16.)

Il nous parait inutile de nous étendre davantage sur l'organisation des frédérieelles. Nous avons fait connaître les principaux traits anatomiques et les différences qu'ils présentent avec les genres voisins.

§ III. Genhe ALCYONELLE.

L'alcyonelle a été signalé pour la première fois par Pallas. 11 la désigna sous le nom de Tulmluria fungosa, et c'est sous cette dénomination que l'un de nous en a trouvé un bel échantillon dans le 3Iuséum d'histoire naturelle de Vienne (Autriche). M. Diesing lui a assuré que ce polypier provient de la collection du célèbre voyageur russe.

Pallas pense que c'est le même que Rôsel a trouvé attaché aux feuilles de plantes aquatiques et qu'il est ramifié dans le principe. Il en a vu les œufs *.

Le peu de mots qui se trouvent dans les mémoires de Réaumur 2 sur les polypes d'eau douce et leurs œufs, se rapportent probablement aussi au genre alcyonelle, surtout quand on rapproche de ceci les paroles de Back 5. Le naturaliste suédois dit avoir vu chez B. De Jussieu à Paris, deux sortes de polypes dits composés.

Bruguière a observé ce polype et le désigne sous le nom d'Alcyon fleuviatile, à cause de la ressemblance que présente le polypier desséché avec celui des Alcyons *. II provenait des eaux de la fontaine de Bagnolet, près de Paris. C'est sous cette même dénomination qu'il en est fait mention flans le Dict. des sciences naturelles ( 1 80 i ) 3.

Lamarck recul , plus tard, de ces alcyons iluviatiles provenant de la mare d'Auteuil. Il en a fait le genre alcyonelle, et cette dénomination lui est restée 6.

Lamouroux prétend avoir trouvé ce polype dans les environs deCaen7.

1 Nov. comment. Acad. scient. Imper. Petropolitanae , t. XII , 176$.

2 Reaumiir, Mémoires pour servir à Chist. des insectes, U VI, préface.

3 Baek, Abhand. der schwed. Akad., t. VIII. * Encycl. méthod., vers, 1789.

5 Dict. des se. nat., art. alcyon.

6 Hist. nat. des anini. sans verlèbr. Paris, 1 815-1822.

7 Hist. des polijp. corallig., un vol. in-8°. Caen, 1816.

Jusqu'alors on ne s'était guère occupé que du polypier, et l'on ignorait complètement l'organisation de l'animal.

Un mémoire sur l'histoire naturelle de l'alcyonelle fluviatile fut présenté à l'Académie des sciences de Paris, en 1827, par M. Raspail. Il est inséré dans les Mémoires de la Société d'histoire naturelle *. Pour la première fois, l'alcyonelle est soumis à un examen vraiment scientifique. M. Raspail décrit ses principaux organes, il en décrit les œufs avec beaucoup de soins, et l'alcyonelle dégagé de ses enveloppes, se montre assez compliqué pour que l'on songe à lui assigner une tout autre place dans l'échelle animale. Il est presque inutile de répéter que c'est à tort que Raspail avait voulu faire des différences d'âge de l'alcyonelle les différentes espèces de polypes décrites par les auteurs. Ce qu'il peut y avoir de vrai dans ce rapprochement, c'est que quelques plumatelles des auteurs ne paraissent être réellement que de jeunes alcyonelles.

Meyen 2 et Gervais 5 ont étudié aussi l'alcyonelle et ont enrichi l'histoire de ces polypes de plusieurs faits importants. Le premier décrit des œufs mobiles dont il a vu sortir les petits , mais c'est à tort qu'il prend des œufs pourvus de coque pour des corps parasites.

Plusieurs autres auteurs font encore mention de ces polypes, mais sans signaler de nouvelles observations.

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