‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 3 sur 59 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

ceux qui paraissent s'en écarter et dont rexplicalion ne semble possible que par rintervention arbitraire d'une puissance capricieuse et supérieure aux lois de la nature, il faut d'abord être arrivé à concevoir le monde comme un ensemble de phénomènes régis par des lois ; il faut savoir distinguer de la nature le dieu qui la violente.

Or c'est précisément celte distinction qui manque le plus aux premiers âges de l'humanité. Les sauvages qui nous paraissent les plus superstitieux peuvent fort bien n'avoir aucun sentiment religieux, et n'en ont aucun en effet, tant que leur conception du monde ne s'élève pas jusqu'à distinguer le surnaturel du naturel.

Cette distinction, c'est nous qui la faisons, quand nous éludions les pratiques et les mœurs des races inférieures. Nous qui avons pris l'habitude de classer sous des formules plus ou moins généralisées les ré sultats de nos observations et qui avons ainsi con- | stitué les catégories où nous faisons rentrer tout ce • qui nous paraît conforme ou contraire à la conception que nous nous faisons du monde, nous partageons également en deux catégories, d'après nos idées | propres, les idées et les pratiques des sauvages. Nous classons d'un côté celles qui se rapportent à ce que nous appelons le naturel, de l'autre celles qui se rapportent à ce que nous nommons le surnaturel, et de ce classement qui nous est propre et n'a de sens que pour les nations civilisées, nous tirons des con-

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