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clusions le plus souvent erronées sur ce que nous considérons comme les idées et croyances religieuses des populations primitives.
La situation mentale de ces populations en face des choses est en réalité toute différente de la nôtre. Le \ sauvage qui bat son fétiche n'agit pas le moins du ■ monde en vertu d'un principe, d'une théorie, non plus que l'enfant qui frappe la porte qu'il ne peut ouvrir, que le chien qui mord la pierre qui l'a blessé. Il n'y a dans tout cela rien qui ressemble à une tentative d'explication du monde. Le sauvage anime tout ce qui existe de la vie qui lui est propre par la raison très simple qu'il ne le peut concevoir sous une autre forme. Tout ce qui est est, comme lui, vivant, voulant, passionné, égoïste. C'est 1 âge par excellence du subjectivisme inconscient et par conséquent dominant. L'homme se retrouve lui-même en toute choses, parce qu'il est encore incapable de l'effort intellectuel qu'exigerait une conception différente. L'observation et l'analyse pourraient lui fournir le- catalogue des diversités qui caractérisent les choses et les distinguent de l'homme malgré les rapports plus ou moins intimes qui les y rattachent ; mais l'observation et l'analyse sont des facultés dont la puissance ne va pas encore chez le sauvage jusqu'à contrebalancer l'effet de certaines apparences.
Dès le principe l'homme a vu et compris que l'un des caractères les plus manifestes de la vie, c'est le mouvement. Tout ce qui a le mouvement a donc la
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vie, les animaux, les fleuves, les vents, le soleil, la lune, les végétaux aussi, dans une certaine mesure, puisqu'ils grandissent, qu'ils fleurissent, qu'ils perdent et reprennent leur feuillage. On peut concevoir que par extension il étende la vie à toute choses. Mais il n'y a pas même besoin de cette supposition pour expliquer le fétichisme.
Il se produit dans la vie de l'homme et surtout du sauvage deux faits qui ont sur ses conceptions tine influence très considérable; c'est le rêve et l'extase, I là vision morbide. Ils ramènent devant ses yeux les « âmes » des hommes et des choses. Ils lui donnent tout d'abord, sans qu'il la cherche, la clef de tous les systèmes de la métaphysique future. Cette clef c'est le dédoublement de l'être vivant, la distinciion du corps et de l'esprit. Là est le point de départ et le fondement de toutes les théories spiritualisles, dont s'enorgueillit l'enseignement officiel.
Sans doute le sauvage ne songe pas à ces conséquences. Mais il voit l'image des choses, de toutes les choses ; cette image c'est leur esprit, c'est leur âme. Ainsi souvent il voit défiler devant ses yeux la foule des êtres et des objets qui ont une place quelconque dans ses préoccupations, dans ses souvenirs. Les morts mêmes ne sont pas exclus de cette revue. C'est donc que les morts aussi sont vivants, au moins parleur âme. S'ils n'existaient plus, comment les verrait-on ? Le genre de vie qui les anime peut n'être pluô absolument celui dont ils vivaient autrefois, mais