PROPRE 31 EN T DITS
Les vers , proprement dits, sont des animaux sans vertèbres, à corps allongé, mou, contractile, articulé ou partagé par des rides transverses , plus oti moins distinctes, et à tête cohérente, c'est-à-dire , unie intimement au corps. Ils n'offrent ni corselet distinct, ni pattes articulées, et ne subissent point de métamorphoses.
Cette définition , qui est de Lamarck, circonscrit les vers, proprement dits 5 dans leurs véritables limites; elle embrasse un assez grand nombre des genres de Linnœus .
c'est-à-dire , tous les vers intestins , plusieurs de ceux des mollusques et quelques-uns de ceux des testacés.
Les vers, proprement dits, se di-
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visenl naturellement, A raison tic leur habitation , en vers extérieurs, c'està-dire, qui vivent dans la terre ou dans l'eau , et en vers intestins ou intestinaux, c'est-à-dire, qui ne se trouvent jamais que dans le corps des animaux.
La manière d'être des espèces de ces deux divisions est si différente , qu'on est tenté d'en former deux classes distinctes; mais les nombreux rapports de levir organisation ne permet pas même d'y penser lorsqu'on les a étudiées.
Plusieurs des animaux de cette classe , tels que le lombric , ou ver de terre , la sangsue , la ta;nia ou ver solitaire , sont connus de tout le monde : mais le plus grand nombre échappe, par leur petitesse ,'Ieur rareté , ou le secret de leur habitation , aux recherches des hommes les plu^ exercés : aussi est-ce parmi eux qu'on
Vers i. ,
a fait, dans ces dernÎL'rs temps, le plus grand nombre de découvertes.
Il y a des vers constamment nus, d'autres qui habitent dans des fourreaux ou des tubes qu'ils se sont construits, soit avec les matières de leur propre transsudation, soit en aglutinant, avec ces matières ou avec de la soie, différens corps autour d'eux. Ceux qui vivent dans ces tubes n'y sont pas tous attachés comme les mollusques testacés dans leur coquille; la plus grande partie en sort et y rentre à volonté. ïl n'y a peutêtre même que les serpules et les spir; orbes qui ne soient pas dans ce cas. I
Parmi les vers qui vivent habituel- I lement dans la terre ou dans les eaux, '* il en est qui ont dos organes extérieurs, et il en est qui n'en ont point. Cette considération à servi à Lamarck pour les diviser en deux sections. Les premiers sont donc plus composés que
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les seconds, comme les seconds le sont plus que les vers intestins. Jls ont des yeux pour la plupart , des mâchoires cornées ou osseuses, des branchies externes et très-remarquables, etc.
Les vers privés des pattes écailleuses ou membraneuses qu'on remarque dans les larves des insectes, des chenilles, par exemple, se traînent on rampent sur le ventre; les uns à l'aide des poils ou soies roides dont ils sont recouverts en tout ou en partie , comme dans les aphrodites, les lombrics , etc. ; les autres par le moyen des deux extrémités de leur corps, qu'ils appliquent alternativement sur le plan qu'ils veulent parcourir , comme les sang-sues , les taenia, etc
Deux ordres de muscles , dit Cuvier , servent aux mouvemens des premiers.
Les uns s'étendent clans toute la longueur de leur corps, et forment quatre fiusceaux principaux , dont deux appartiennent au ventre , et deux au dos. Ces quatre muscles constituent , pour ainsi dire ,1a masse du corps. On les trouve immédiatement au-dessous de la peau. Leurs fibres sont parallèles, mais leur longueur n'excède pas celle des anneaux.
Ils sont interrompus dans les plis de chacun d'eux, par des espèces d'intersections que produit un tissu cellulaire serré. C'est à l'intérieur qu'on reconnoît plus manifestement l'organisation de ces muscles. On voit qu'ils sont séparés par une ligne longitudinale, et enveloppés dans des espèces de poches d'un tissu cellulaire, trè& serré, qui répondent à chaque anneau du corps. Ces quatre muscles produisent les plus grands mouvemcns. Quand ceux du dos , par cxem-
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pie, se contractent en tout ou en partie , ils relèvent la portion du corps à laquelle ils appartiennent. Le même efiet , mais en sens contraire , est produit par l'action contractile des muscles du ventre.
Le second ordre des muscles , des vers , est spécialement destiné au mouvement des épines ou soies roides. Leur nombre égale celui des faisceaux de poils : ainsi, faire connoître l'un d'eux, c'est la même chose que si on les décrivoit tous.
Les soies, les poils, les épines, les tubercules , etc. , qui font plus ou moins saillie à la surface du corps de ces animaux, sont manifestement mobiles. Ils rentrent et sortent à volonté. Les muscles qui produisent ces mouvemens ne sont visibles que lorsque l'animal est ouvert, qu'il est privé de son canal intestinal, et que sa peau est retournée. Alors on remarque que
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chaque faisceau de poils est reçu dans la concavité d'un cône charnu dont la base est attachée aux muscles longitudinaux, et dont le sommet se fixe à l'extrémité interne des poils. Toutes les libres qui forment ce cône sont longitudinales, mais enveloppées par un tissu cellulaire serré. Par leur contraction , elles tirent les poils au-dehors et danslesensqu'ellesdéterminent. Cette première sorte de muscles , qui appartient à chacun des faisceaux de poils, pourroit être appelée , dit Cuyier, protracteurs des épines.
Le mouvement par lequel les épines, sorties, peuvent rentrer dans l'intérieur , est produit par une autre sorte de muscles, qu'on pourrait appeler rétracteurs. Ils ont beaucoup moins de fibres que les premiers, aussi leur action doit-elle être foible. Tls sont couchés sur la surface interne des mi>scles longs, à peu de distance
des trous dont ceux-ci sont percés , pour laisser passer les poils; et ils s'insèrent au faisceau même des épines, à-peu-prèsàlahauteurou cellesci doivent entrer dans l'intérieur. On conçoit que lorsque les muscles protracteurs se contractent, ilspoussent au dehors le rétracteur qui, lorsque celui-ci se contracte à son tour, tend à reprendre le parallélisme de ses fibres, et tire ainsi les épines en dedans.
C'est à l'aide de ces muscles et des épines qu'ils meuvent, que ces vers changent lentement de lieu.
Une autre famille de vers, dépourvue d'épines et de soies, n'a pas la môjne organisation musculaire; aussi sa manière de ramper di£fère-t-elle beaucoup de celle des premiers.
Ces vers se traînent à l'aide des deux extrémités de leur corps , qu'ils appliquent alternativement sur le plan qu'ils veulent parcourir. En conséquence , ils ont la tête et la queue ter-
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minées par une espèce de disque y charnu , contractile , qui ressemble un peu à ceux des sèches. L'organisation de ces deux disques , qui font l'office de ventouse ou de suçoir, n'est pas facile à déterminer, car lorsque la peau qui les recouvre est enlevée, on n'y voit que des fibres très déliées, entrelacées diversement. Quoique cet ordre de vers soit très-contractile, on a cependant beaucoup de peine à reconnoitre les muscles qui meuvent leurs corps. En effet, toute leur peau peut être regardée comme un muscle ou, une espèce de sac charnu, à fibres circulaires et longitudinales, qui renferme les vaisceaux, les viscères et les glandes. Cette peau niRSCuIaire est épaisse , et recouverte , intérieurement par un tissu cellulaire très-serré et très-solide.
Lorsque le ver veut changer de lieu, son corps s'appuye sur l'une de ses ex-
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Irémités , à l'aide de la ventouse qui la termine, ensuite il contracte isolément les fibres circulaires de sa peau; alors son corps diminue de diamètre .
et s'alonge. Quand son extrémité libre est parvenue ainsi au point sur lequel le ver a voulu la porter, ill'y applique, et le suçoir s'y colle pour devenir le point fixe d'un nouveau mouvement; car l'animal, après avoir détaché le premier suçoir, mis en usage, le ramène vers le second, à l'aide des fibres longitudinales de sa peau , et ainsi de suite. Voilà le mécanisme de la progression des vers à disques terminaux, dont la sangsue' peut être regardée comme le type.
Le second ordre de vers qui ne marchent qu'en s'appliquant par les deux extrémités de leur corps , comprend le plus grand nombre des intestinaux; ceux-ci ne sont pas aussi contractiles que les sangsues, et leurs mouvemens
sont plu.s lents. Leur tête , au lieu d'être terminée par un disque, est quelquefois armée de crochets à l'aide desquels ils se cramponnent sur les parties qu'ils sucent : tels sont les taenia les échinorinques, etc. La disposition des crochets et leur courbure varient beaucoup.
Il est très-remarquable que chacun deces modes de mouvemens appartient à une des divisions de Lamarck.
L'organisation des nerfs des vers
• présente, dans quelques espèces, un
système très-distinct, et dans d'autres
elle devient si obscure, qu'on a peine
à en reconnoître l'existence.
Dans l'aphrodite , on voit immédiatement derrière les tentacules, placées au-dessus de la bouche, un gros ganglion nerveux qui est le cerveau. Il a la forme d'un cœur, dont la partie la plus large et bilobée, et regarde en arrière. Il donne naissance à deux cor-
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dons qjii se réunissent et se séparent quatorze fois, et donnent, chaque fois, naissance à des faisceaux de nerfs qui vont porter la sensibilité à toutes les parties de l'animal.
Dans les sangsues, le système nerveux est formé par un seul cordon , composé de vingt-trois ganglions qui remplissent les mêmes usages que ceux de l'aphrodite.
Dans le lombric il n'y a qu'un gros cordon , dont les ganglions sont ù peine apparens , mais qui part d'un cerveau formé de deux tubercules rapprochés.
Dans les néréides et les amphinomes on trouve, sous la peau du ventre, un cordon longitudinal qu'on
1 pourroit regarder comme nerveux,
I mais où on ne remarque pas de filets
i latéraux.
Dans l'ascaride, il paroît qu'il y a
, deux cordons nerveux qui se réunis-
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sent au-dessus de l'œsophage. D'abord on n'y remarque que quelques points granuleux; mais ils augmentent graduellement , à mesure que les nerfs descendent , de manière qu'il est garni , vers le milieu du corps , de gros ganglions carrés , fort rapprochés, qui diminuent de même jusqu'à l'anus.
On n'a pas encore pu découvrir les nerfs dans les douves , les échinorinques et autres vers intestinaux; mais l'analogie conduit à croire qu'ils existent et suivent une marche analogue à celle qu'ils ont dans l'ascaride.
On peut voir, dans les leçons de (^uvier, les détails de cette organisation , qui, ainsi que l'observe ce savant , donne un cerveau particulier à chacune des articulations des vers qu'on vient de passer en revue, et sans doute de leurs congénères. On doit conrliire de cette remarque, que ]o^:
Ters n'ont pas un centre unique de vie, comme les autres animaux, que leur vitalité est répandue dans tout leur corps; et, en effet, on sait qu'ils ont, pour la plupart, la vie très-tenace, qu'on peut les couper en plusieurs morceaux sans qu'ils meurent, et qu'il faut presque anéantir leur organisation pour les faire arriver au terme où tendent tous les êtres animés.
Les organes des sens sont extrêmement peu prononcés dans les vers.
Quelques-uns ont des yeux , comme on l'a observé ; mais ils sont immobiles, et très-petits. Le sens du goût doit 1 exister, mais d'une manière très-obsj cure. On ignore s'ils ont d'autre sens ; ou mieux; il y a lieu de croire que tous leurs autres sons se confondent dans H celui du toucher.
Les moyens de respiration des vers varient beaucoup dans les espèces; mais elle est, en général, partout ])a- Vers.l. ,3
l40 niSTOlRE NATl-RELLE v
sée sur deux seuls principes : dans les uns, tels que tous les intestinaux et les sangsues, les poumons consistent en un ou deux vaisseaux longitudinaux, tantôt simples, tantôt étranglés , desquels partentà chaque articulation, de chaque côté, tantôt deux, tantôt un plus grand nombre de tuyaux, qui vont aboutir à la peau , à des trous qu'on appelle trachées. Dans les autres, dans ceux qui vivent dans la mer, les poumons ont souvent la même forme, mais leurs tuyaux latéraux vont aboutir à la peau à un organe souvent trèscomposé, qu'on a appelé des branchies, dont l'usage est le même que celui des branchies des poissons, c'està-dire, qu'il sert à réparer, de l'eau, l'air nécessaire à la conservation de la vie des animaux qui en sont pourvus.
Ces organes ont été décrits extérieurement par les naturalislcs , et on les mentionnera à chaque genre ; mais ils
ne l'ont p;is été par les nnatonii^tcs , et on ne peut en parler ici plus en détail.
Le cœur, dans les vers, où il a été observé, se trouve ordinairement à la partie antérieure du corps. Il en part un ou deux vaisseaux principaux qui s'étendent dans la longueur du corps , et donnent des rameaux à toutes ses parties. Son mouvement de systole et de diastole est très-visible dans les grandes espèces, et même dans le lombric ordinaire.
Les intestins ne consistent, en général , qu'en un canal , qui est tantôt droit , tantôt contourné sur lui-même, et qui aboutit, d'un côté, à l'estomac ou à la bouche , et de l'autre à l'anus; cet estomac n'est qu'une expansion de l'intestin , quelquefois simple, d'autrefois double, et même multiple.
Les vers sont généralement ovi-
ijS IIIMOIRE SATUiit;LLE
pares et hermaphrodites; mais il en est beaucoup d'androgyncs. Plusieurs jouissent de plus de la faculté de régénérer leurs parties tronquées , même plusieurs fois. On a même prétendu que , coupés en deux ou plusieurs morceaux , chaque morceau devenoit un animal complet ; mais , comme on le verra dans les généralités des genres, ce fait, qui n'a été appliqué qu'à deux ou trois de ces genres, n'est pas encore prouvé d'une manière irrécusable.
Les organes de la génération sont , dans la plupart des vers , d'une trèsgrande simplicité ; dans d'aulres , ils sont plus compliqués. Ce sont ceux des hermaphrodites. Ils consistent en deux ovaires et un utérus pour les parties femelles, et une ou deux verges, avec des vaisseaux spermaliques, pour les organes mrdes. Dans quelques espèces la verge paioît sortir en
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se déroulant comme les cornes des hélices. Les œufs écloseiit, soit dedans , soit dehors du sein maternel.
Dans les vers androgynes , on ne trouve pas d'organes milles de la génération ; mais on voit des œufs, soit dans les ovaires, soit nae^eant dans nue liqueur particulière. Tels sont la plupart des vers à branchies et les tœnia. Ces animaux paroissent donc se suffire à eux-mêmes , ainsi que les mollusques acéphales.
Tous les vers qui vivent dans les eaux et dans la terre, 'pondent leurs œufs au printemps. Ceux qui se trouvent dans le corps des animaux peuvent , sans doute, produire , en tout temps, puisqu'ils existent dans une température perpétuellement égale.
On est fort peu avancé dans l'obser- /\alion des faits qui concernent cette partie de rhisloiic des vers; on doit en recommander l'étude à ceux que
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icur posiliun met à portée de .s y livrer.
11 ne l'aut pas un grand degré de chaleur pour faire mourir les vers; mais ils soutiennent aisément un très-grand froid. Ils ont cela de commun avec tous les animaux à sang froid. Ils sont^ en général, très-sensibles aux divers cliangemens de l'air, et cherchent, en s'élevant ou s'enfonçant dans l'eau, ou la terre, à se tenir toujours à la même température.
L'état électrique de l'air a aussi une action puissante sur eux; et ils succombent souvent à son intensité ou à sa durée.
Les vei^s marins, et même les lombrics, jettent souvent pendant les ténèbres un éclat phosphorique, ce qui, mdique une organisation particulière.
C'est, en partie^ à eux qu'on doit la lumière que répand l'eau de la mer.
Celle propriété cesse à la mort de l'a-
D ES V ERS. 1 5l
nimal. Elle est donc un produit de sa vitalité. On n'a pas encore d'opinion, l'ondée, sur les causes de cette phosphorescence.
La couleur des vers, qui ont des branchies, est quelquefois éclatante et métallique; celle des vers intestins est toujours pille. On conçoit bien la cause de celle de ces derniers; c'est un véritable étiolement ; mais celle des premiers est encore un mystère.
Les vers intestins , dont il a déjà été question plusieurs ibis, intéressent si fort Ihomme, qu'ils exigent qu'on en parle ici d'inie manière parliculièie.
routes les classes du règne anmial .-.,iil la proie des vers intestins; cependant celle des animaux à sani^ blanc semble être plus épargnée. Les poissons soiit les plus tourmentés.
Lliommc , dès sa naissance, est aitaqué par les vers intestins. On a
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mr;me vu des enfans en rendre avec leur méconium. Les uns vivent en troupe dans ses intestins, les autres en moins grand nombre; mais il n'en est point qui puisse n'y être que solitaire, comme le nom des espèces du genre taenia l'indique. Ces derniers sont souvent plusieurs ensemble , chez l'homme comme chez les animaux.
Les divers genres des vers intestins ont tous une manière propre d'agir sur l'homme. On en verra le détail dans les généralités qui précèdent chacun de ces genres.
De tout temps la médecine s'est occupée des moyens de débarrasser l'homme et les animaux domestiques de ces hôtes dangereux, ou pour le moins incommodes; mais ce n'est que depuis peu d'années que les Naturalistes ont fixé , d'une manière pot^itive, la nature des sers intestins.
Quoique Linnacus, et, après lui, presque tous les naturalistes , les aient appelés vers intestins, ce n'est pas seulement dans les viscères de ce nom qu'ils habitent; on les trouve encore sur le foie, la rate, le poumon , le cerveau , et dans la graisse , le tissu cellulaire , même l'intérieur des muscles, comme on le verra aux généralités de chaque genre. Ils sont souvent ou extrêmement nombreux , ou d'une grandeur démesurée. Ils meurent tous peu de temps après qu'on les a tirés du lieu de leur domicile.
La nature semble avoir placé leurs germes en eux-mêmes , leur avoir fourni les moyens de s'y développer , et d'y produire d'autres êtres semblables à eux. Ils ne sont point digérés , quoiqu'ils s'avancent quelquefois dans l'estomac; leur peau coriace et enduite d'une substance muqueuse, leur vie tenace qui lutte . .san.> cesse ,
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contre riictioii digcslivc, les en dc- Icndent.
On a beaucoup disserté sur les moyens que la nature emploie pour introduire des vers intestinaux dans le corps des animaux, sur-tout ceux qui, comme les hydatides, vivent dans le foie , la rate , etc. Les systèmes qu'on a imaginés pour expliquer les faits résultans de l'observation, ont été détruits successivement les uns par les autres ; et un esprit juste, qu'aucune passion n'égare , est aujourd'hui forcé d'avouer son ignorance à cet égard. Il faut donc attendre que quelque personne, zélée pom' les progrès de la science, consacre un certain nombre d'années à des recherches dirigées vers ce but. On peut supposer que les œufs des ascarides, des tccnia, cl autres vers qui ne se trouvent (jue dans les intestins proprement (lits, y ont été apportes du
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dehors ; mais on ne peut faire la même supposition pour les diverses espèces du genre hydatide, dont il vient d'être parlé. C'est donc dans le ventre de leur mère que les animaux prennent les germes de ces hydatides; c'est donc en disséquant de trèsjeunes enfans , et même les foetus des animaux qui, comme le lièvre, sont très-sujets aux vers de ce genre , qu'on peut se procurer quelques lumières.
Les vers intestins sont , presque tous, regardés comme ovipares par les Naturalistes; et, en effet, on leur trouve souvent des œufs. La plupart, comme on l'a dit, sont hermaphrodites; mais cependant il en est quelques-uns qui, tels que l'ascaride lombric , ont les sexes séparés.
On a prétendu que les vers intestins articulés , tels que les la;nia , pouvoient se reproduire par la sépa-
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ration de leurs anneaux. On peut, douter de ce fait; mais il est certairrr que, tant que la tête, jointe aux pre-, miers anneaux, reste dans le corps, il sefiiit une reproduction continuelle des anneaux qu'on enlève. •■
C'est dans les animaux de ce genre, au milieu de chacun de leurs anneaux, qu'on remarque ces singulières rosettes, que Linnseus a appelées des ovaires ; et au milieu desquelles est un trou par où sont censés sortir les œufs.
La bouche , ou mieux les parties qui entourent la bouche , dans les vers intestins, varie beaucoup pour la forme. Les uns l'ont simple, les autres l'ont composée. Comme ce sont d'elles que l'on tire les caractères des genres, il devient superflu d'en parler ici. Il en sera question , eu détail, dans les généralités de cliaque genre.
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Ilestdesvers intestins dontriiomme et les animaux peuvent être clé})arrasscs plus ou moins facilement, par l'effet de certains remèdes et d'un régime suivi. Ce sont ceux qui habitent le canal intestinal. îl en est d'autres contre lesquels tout l'art de la médecine est nul. On conçoit bien que ce sont les hydatides, toujours placées dans des lieux où les remèdes ne peuvent atteindre directement. On trouvera, à chaque article, le résultat de nos connoissances médicales à cet égard.
Tel est, à peu prés, l'état actuel de nos connoissances sur les vers. Elles sont incomplètes , sans doute , ces connaissances : mais on doit espérer que l'esprit d'observation , qui domine en ce moment , les portera bientôt au point désirable.
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