VERS EXTERIEURS
NEREIDE, Neueis, Linnœus.
Corps allongé, articulé, à anneaux noml)rcux , garnis, de chaque côté , d'une ou deux rangées de houppes de soie, avec des mamelons courts, et en outre de branchies latérales en houppes ou en pinnules. Des mâchoires solides, et par paires à la bouche. Deux à huit filets simples à l'extrémité antérieure du corps.
Les néréides sont des vers marins qui ont été appelés scolopendres marines par les auteurs français. Elles peuvent , en effet , leur être comparées, car elles sont longues et applaties, composées d'un grand nombre d'anneaux , accompagnés d'un, deux
OU trois pieds de chaque côté; comme elles, elles se contournent de toutes manières, lorsqu'on les saisit, et courent, ou nagent avec une grande vélocité ; comme elles enfin , elles se cachenthabituellement, et saisissentleur proie au passage. Mais les néréides font plus que les scolopendres. Elles se filent un léger réseau de soie dans les inégalités des rochers, des madrépores, des huîtres, ou autres coquillages à surface raboteuse; se font des trous dans la terre qu'elles garnissent de même, et qu'elles prolongent, quelquefois, au-dessus de la surface , en aglutinant à leur réseau des corps étrangers. C'est de ses retraites que les néréides saisissent leur proie en faisant rapidement sortir , par élancement, la partie antérieure de leur corps qui étoit contractée. Bosca eu souvent occasion d'observer leur manœuvre.
Ce sont principalement des jeunes vers
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OU des polypes qui kur servent de nourriture.
II 3^ a tout lieu de croire que les néréides augmentent le nombre de leurs anneaux , à mesure qu'elles avancent en âge, car Bosc a observé de grandes variétés à cet égard; et presque toyjours les plus grosses, dans la même espèce , en avoient le plus.
Lorsqu'on coupe une néréide en deux OH trois morceaux, les fragmens continuent de se mouvoir pendant quelque temps , mais meurent ensuite , excepté la tête , qui est restée assez long-temps en action , sous les yeux de Bosc, pour qu'il soit fondé à croire qu'elle peut se conserver en vie et reproduire un animal complet.
Linnicus a divisé ce genre en deux sections; la première comprend les néréides qui ont des mâchoires, et la seconde, relies qui ont une trompe.
Cette division. ])orlaiit sur des parties
DES KERLIDE-. l6l
qui servent à la inanducatioii, iiitîiqiH' une org-ani^ation et une inaiiièie de vivre dilïérentcs, et ï^emble commander l'établissement de deux genres au moins. Lînnœus, de plus, a établi un genre sons le nom de térébelle , qui, d'après les caractères qu'il lui assigne, ne diffère des néréides que par le défaut de dents et la présence de cils aux tentacules de la bouche. Les premiers caractères sont les plus importans, et conviennent à la seconde division de SCS néréides. Aussi Bruguière, frappé de la difficulté d'établir d'une manière positive la ligne de démarcation des térébelles avec les anphinomes et les néréides , et considérant que les animaux qui le composent ont la même organisation générale , et absolument les mêmes moeurs, l'a supprimé, et en a distribué les espèces dans ces deux i genres. Avant lui , Pallas les avoil ' réunies avec les aphrodites. Lamarck
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a cûijsci'vé le genre térél)elle de Liunœus , en y reunissant plusieurs de ses néréides, et on voudroit pouvoir suivre son exemple; mais les observations de Bosc , sur plusieurs espèces, portent à croire que cci^ deux genres sont encore très -imparfaitement connus, et qu'on ne sera en état de les diviser, convenablement, que lorsqu'on connoîtra la forme de leur bouche, seule partie dont on puisse tirer des caractères certains pour l'établissement des nouveaux genres qu'on devra peut-être en extraire. En conséquence, on adoptera ici, provisoirement, la manière de voir de Bruguière, et on commencera à exécuter le vœu ci-dessus, en établissant, sous le nom de polydore, un genre qui a tous Içs caractères secondaires des néréides ou des térébelles de Linnaîus, mais dont la bouche est disposée d'une manière diiTércnte.
Quant au caractère tiré du fourreau
Zoophtjle.\
DES NÉRÉIDES. iG.l
membraneux dans les térébcUes de Lamarck , Bosc affirme qu'il ne peut pas être employé , parce que beaucoup de néréides, absolument néréides sous tous les autres points de vue, le forment également, et qu'il est si mince dans quelques espèces, qu'il se déchire sans qu'on l'appercoive.
' La description absolue de quelques espèces nouvelles découvertes par Bosc , pendant son séjour sur les côtes de l'Amérique septentrionale, complétera ce qu'on peut désirer de savoir sur les généralités de ce genre.
Les néréides sont figurées, pL 55 et 56 de l'Eyclopédie.
jN^é réides à bouclie armée de mdcJioires,
ISéréide cuivrée , Nerels ruprea.
peu dépriinùc , les pcdoncules antéirs en panache ; cinq tentacules presque
«"aies.
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Eunicea cuprea. Savig. Hist. des Annal, p. 45. n. 4- ( In nota).
Voyez pi. 5 , fio-. 1 , 2 , 3 et 4 , où elle est | représentée de moilié de sa grandeur natu- ' relie , et où on trouve sa tète, sa bouche , et une coupe de ses articulations grossies. |
Tète peu saillante , portant cinq tentacu- ' les à sa partie supérieure ei antérieure; les «leux latérales plus petites, toutes portées sur ' des tubercules cylindriques et striés circulairement. Quatre tubercules coniques fort gros- , ses , placés au dessous des plus petites an- j tennes , bouche composée d'une lèvre inte- 1 ieure demi-circulaire fort épaisse ; de deux ' lèvres latérales, également épaisses, séparées de la première, par deux petits corps blancs, triangulaires, dont Tusage est inconnu; et de deux mâchoires latérales, concaves, noires , de substance cornée , et fortement dentées.
Point d'yeux.
Corps composé d'environ dtux cent dix articulations fort convexes, d'une couleur bleue-dorée trcs-brillante, les trois premières portant, de chaque côté, trois tentacules simples, placées au-dessus les unes des autres. Les soixante-dix suixantes ayant, de chaquc colé, un tubercule blanc , de la biise duquel sortent deux pédoncules, l'un , supérieur, presque aussi long que la largeur du corps, portant un pinceau de longs poils bruns inégaux ; l'autre , inférieur , plus court , portant à son S(»iiiuiet quelques poils roides , et à sa base un prolongement vn forme de corne. Tous les autres anneaux semblables, excepté fu'ils n'ont point de pinceaux.
DES kÉ RÉ in ES. l()5
Queue articulée, l^lanche, ayant dos tentacules peu marquées , et à son extrémité un renllement , d'où sortent deux tubercules très-courts.
Longueur moyenne , deux décimètres ; largeur, cinq millimètres.
Cet animal s'éloigne un peu des néréides , par ses caractères et sa manière de vivre ; mais il ne peut cej)endant être rapporté à aucun autre genre. Comme les amphitrites , il se loge dans un tube cartilagineux , enfoncé dans le sable de quatre à cinq décimètres, et prolongé au-dessus de sa surlace de deux à trois centimètres , par le moyen de morceaux de bois, de fragmens de coquilles et autres corps étrangers réunis par une soie très-tenace. Ces tubes sont placés dans les parties de la côte que la mer abandonne dans les basses marées, de manière que l'animal est alternativement sous l'eau et dans l'air. Au moindre danger , il se contracte au fond de son tube , auquel il s'attache par l'exti'émité de sa queue, de manière qu'il est fort difficile de l'obtenir entier , même après l'avoir fouillé avec la bêche. Rien de plus brillant que ses couleurs lorsqu'il est en vie ; lorsqu'il est mort , elles se transforment en un bleu terne. 11 est fort commun dans la rade de Charleston.
Néréide iroiitale, Ncrcls fronialis.
Aplatie, pâle, ponctuée de brun, une ^[rande tache rouge sur la tête, huit pédoncules simples et sélil'ères.
îOG ÎÎISTOiRE !N'ATrnELLE
Eunîcca frojiialis. Savlf^ny , Sysl. des annélides. p. ^5. n. 4- ( In nota ).
Voyez pi. 5 , lier. 5 , où elle esl représentée un peu plus grosse que nature.
ïète plate , bouehe aimée de mâchoires très-courtes , accompagnées de huit tentacules , dont deux plus grosses et jilus longues; quatre yeux, entre lesquels est une tache ronde d'un rouge de brique foncé.
Corps com posé d'environ soixante anneaux aplatis, blanchâtres , ponctués de brun, garnis chacun, de chaque coté, de deux pédoncules qui portent des soies très-courtes.
Longueur, deux centimètres. Largeur, deux millimètres. Cette espèce n'est point rare dans la baie de Charleston ; elle se fait des fourreaux de soie peu serrés, danslesinterstices des pierres , dans les inégalités des coquilles, etc. d'où elle ne sort que lorsqu'elle y est forcée.
Néréide fasciée , IScreis fasciata.
Cylindrique, blanchâtre, fasciée de rouge; sept tentacules simples.
Eunicca fasciata. Savigny , Syst. des annélides. p. ^5. n. 4- ( ^^ t^oià ).
Voyez pi. 5 , fig. 6 , où elle est repiésentée du double plus grosse que nature.
Tète avec des mâchoires; deux yeux; tentacules au nombre de sept, dont mie, c'est la plus longue, sur le front; deux en avant en dessus ; deux en avant en dessous ; et deux latérales, ce sont les plus petites.
Corps composé d'environ soixante anneaux