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dans le même individu, sont très-nombreux dans la nature. Les hommes, les quadrupèdes, les oiseaux, les reptiles et les poissons, en sont également attaqués.
Les médecins anciens et modernes ont beaucoi^]> écrit sur les taenia qui vivent aux (.iépens des hommes; mais, faute d'avoir appris à connoître leur nature, à fixer leurs caractères spécifiques, on ne peut tirer aucun parti de leurs travaux : on n'y trouve que confusion et incertitude. Plusieurs même, égarés par leur imagination, ont enfanté, à leur occasion, des systèmes entièrement hors de la nature, et par conséquent absurdt s. D'autres se sont établis les colporteurs et les commentateurs des contes populaires les plus dénués de vraisemblance. C'est donc dans les ouvrages publiés depuis que l'histoire naturelle, proprement dite, est venue éclairer la médecine , que
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l'on peut espérer Je trouver des notions certaines sur les tœnia ou sur les vers solitaires de l'homme et des animaux.
Bonnet est le premier qui ait publié des observations satisfaisantes sur les taenia, dans un mémoire inséré dans le premier volume de ceux des savans étrangers, présentés à l'académie des sciences de Paris. Il est le premier sur-tout qui ait découvert et décrit la tête et la bouche de ce ver, que, jusqu'alors, on avoit trouvé plus facile de nier que de chercher.
Linnœus, qui, quelque temps auparavant, avoit publié une dissertation sur le tœnia, où il rapporte des faits qui auroient dû le mettre sur la voie, n'eutpasplustôteu communication du mémoire du savant de Genève, qu'il multiplia ses recherches; et les taenia, revêtus de tous les caractères qui leur sont propres, se multiplièrent pour les
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naturalistes. Chaque édition du Sjstema Naturœ en faisoit connoître de nouvelles espèces.
Depuis la mort de ce grand Naturaliste , MuUer, Goeze, Pallas, Bloch, Batsch el autres, en ont encore considérablement augmenté le nombre ; de sorte que ce genre est aujourd'hui très-nombreux, et le deviendra sans doute d'une manière effrayante, lorsqu'on étudiera l'histoire des vers intestinaux hors de l'Europe : car, il faut le dire à la honte des voyageurs, on ne trouve encore décrite aucune espèce exotique de ce genre, et il y a lieu cependant de croire que les animaux des pays chauds en sont infestés, comme ceux de l'Europe, et même probablement davantage.
Linnœus avoit réuni, par des considérations prises uniquement de leur tête, des vers fort différens par leur manière d'être et leur forme. Cette
réunion étoit tolérable alors; mais elle doit être proscrite aujourd'hui que le nombre des espèces est devenu trësconsidérable. C'est ce qui a déterminé Lamarck, d'après Goeze, Bloch et autres, à séparer des tœnia, proprement dits, qui ne se trouvent que dans les intestins, ceux qui vivent dans des sacs et même au milieu des chairs, dans les iégumens et les viscères, c'est-à-dire ceux qui produisent ces vésicules d'humeurs qu'on appelle hydatides.
Ainsi donc, les tœnia dont il sera question dans cet article, seront seulement ceux dont le corps est plus ou moins long, mais toujours plat, toujours articulé, dont la partie postérieure finit en pointe, et la partie antérieure par quatre suçoirs également éloignés les uns des autres, et au centre de réunion desquels se voit, souvent , un faisceau ou une couronne de crochets rétractiles et cartilagineux.