C. Plcesconie Caron. — Plœsconia Charon. — PI. X, fig. 8-i
Corps irrégulièrement ovale (la largeur excède les 5/3 de la longueur;, tronquéen avant, plus étroit en arrière, marqué de côtes ir-
PES INFUSOTRES.
ivguliriTs tri's-prononcécs, fjiii l<* rondontonmmpplissônii prismatiqiip ot épais, on en coque de navire; la rangée de cils presqn'an bord , peu recourbée en dedans, et dépassant le milieu de la longuetir , des cirriies assez longs , droits en arrière , point de cirrhes corniculés en avant. — Long de 0,065 à 0,07.
Cette espèce, extrêmement commune dans l’eau de mer conservée, est vraisemblablement celle queMüller a décrite sous le nom de Trichoda Charon , mais non celle qu'il a figurée ; il la dit (rés - abondante dans l’eau de mer déjà fétide; de mon côté, je l’ai observée sur les côtes de la Manche , en octobre i835, et dans l’eau de la Méditerranée que je conservais depuis vingt jours, le 3 avril 1840. Elle est bien reconnaissable à ses côtes très-prononcées, comme des plis allant aboutir en convergeant à l’extrémité postérieure qui est un peu rétrécie ; le bord saillant qui porte la rangée de cils présente à son point de départ, en avant et à droite (quand on le voit par-dessus) , une échancrure profonde qui, en raison de la forte réfringence de ce bord, fait paraître le corps tronqué en avant. Les cils vibraliles, très-longs et très-déliés , dépassent beaucoup le bord externe, dont leur insertion est d’ailleurs assez rapprochée; je n’ai pas vu de cirrhes cor-' niculésvers l’extrémité antérieure; mais seulement des cirrhes presque droits , longs , irrégulièrement distribués vers l’extrémité postérieure , et le long du bord droit. Cet Infusoire, blessé par une compression trop forte, a présenté la singulière déformation dont je donne la figure (PL X, fig. 1 3); il continuait à se mouvoir avec une extrême agilité , mais il ii’offrait plus aucune trace de sa cuirasse et de ses cirrhes postérieurs.
Müller définit sa Trichoda Charon par ces paroles : « T. en forme de nacelle, sillonnée, chevelue en avant elen arrièi’C.» 11 la décrit ensuite comme ayant le corps ovale , creusé en dessus d’une fossette longitudinale qui contient les viscères , et replié sur les côtés, lesquels, vus à un fort grossissement, sont sillonnés ; puis il ajoute qu’en dessous ou à la face dorsale, il est convexe, sillonné , offrant une poupe arrondie , garnie d’une touffe de poils infléchis , pendants, et une proue plus étroite munie de quelques soies dressées. Cet auteur a vu , quand l’animal monraitpar suite de l’évaporation del’eau, les cils seuls disparaître, et les poils, ainsi que les sillons du corps, persister tandis que le corps même se dissout à peine ; mais cela lient , je pense , à ce que l’eau de mer en s’évaporant laisse
une soUilion saturee de sels déliquescents, bien propre à conserver intacts les Infusoires; car j’ai vu moi-même, dans cette circonstance, toutes les Plœsconics marines, et d’autres espèces non contractiles , conserver assez bien leur forme : dans l’eau douce , il en est tout autrement. *
Müller a pris pour un ovaire une expansion sarcodique {huila pellucida) d’une de ses Trichoda Charon-, et dans d’autres, il a vu une grande vacuole qu’il nomme aussi huila pellucida, vide et incolore , occuper soit la poitrine, soit une partie du ventre; au bout de deux mois, il en vit un qui contenait une bulle opaque, jaunâtre ( huila farda et Jlavida'). Cet Infusoire , dit-il , se rompit instantanément, comme un pétard d’artifice, et le corps tout entier se décomposant en molécules, il ne resta que la bulle, à l’intérieur de laquelle on voyait un globule assez grand rempli de granules. Müller conséquemment veut y voir un ovaire que cet Infusoire portait sous sa poitrine, à la manière des Cloportes; mais il est bien plus probable qu’il n’y a eu dans tout cela qu’un phénomène de décomposition par diffluence, après lequel restait une masse de substances précédemment avalées par la Plœsconie.
M. Ehrenberg a décrit et figuré de plusieurs manières un Euplœa ou Euplotes Charon vivant dans l’eau douce, et qu’il regarde comme identique avec la Trichoda Charon de Müller, mais que , dans aucun cas, je ne puis rapporter à aucune des espèces que j’ai vues. Il l’a décrit d’abord (i83o i'"’ mém. PI. VI, fig. 2. Erlaut. derKupf, p. 102), comme nageant sur ledos qui est revêtu d’un bouclier diaphane, muni en dessous d’une double rangée de crochets dont il se sert comme de pieds , portant en arrière environ cinq soies plus fortes et plus longues , et en avant , quelques autres soies plus fines ; ayant une bouche formée par une très-grande fente latérale ciliée, qui occupe toute la longueur du côté droit et offre au milievi un orifice particulier plus petit pour l’entrée de l’œsophage ; c’est à son extrémité postérieure , et un peu de côté, qne se trouvel’anus. En i833, il rectifie, d’après de meilleures observations, dit-il, la première description, quant au nombre des divers appendices , et il ajoute ce qu’il nomme organe de fécondation; ses figures montrant déjà la rangée de cils un peu moins prolongée. en arrière , et les crochets qui servent de pieds moins nombreux et moins régulièrement placés. En i838, enfin, il le décrit comme ayant une cuirasse ovale, elliptique, un peu tronquée obli- (fuement en avant, et avec 6 à 7 stries dorsales granulées, 738 cro-
DES infusoip.es.
chets servant de pieds (Krnnenfüssc) , 5 styles presque semblables, et 20 à 40 cils ; ajoutant qu’il n’a pas vu de soies (Borslen). Les nouvelles figures ( Jnfus. l’I. XLIl , fig. 10) ne montrent plus du tout la double rangée de cirrhes ou crochets servant de pieds, et indiquent les stries dorsales comme autant de rangées de perles, ce qui est totalement différent de ce que je puis voir ; quant à la langée de cils, quoique très-inexactement exprimée , elle n’est plus trop longue.
7. Plcesconie VOISINE. — Plœsconia ajfinis. — Pl. VI, fig. 7.
Différant de la Pl. Caron, seulement par son habitation dans l’eau douce, et par sa forme plus étroite en avant , un peu plus ronde et moins plissée en arrière. Il m’a semblé aussi que le rebord saillant qui porte la rangée de cils n’est pas échancrée de même à l’origine. — Longueur, 0,068.
Elle vivait en grand nombre, le 8 janvier i838, dans de l’eau recueillie quinze jours auparavant dans une ornière près de Paris où vivaient d’abord des Hj-datina senta et des Euglènes qui la coloraient en vert. Les Hydalines avaient disparu, et les Euglènes étaient en petit nombre et contractées. Ces Plœsconies comprimées entre des lames de verre m’ont présenté les déformations les plus curieuses (Pl. VI, fig. 7 A 7 c) ; elles s’arrondissaient peu à peu, en cessant de présenter aucun indice de la cuirasse et des cirrhes; mais les cils vibratiles repoussés au bord continuaient à s’agiter. En même temps, ces Infusoires se creusaient de vacuoles très -nombreuses, qui bientôt, en s’agrandissant, venaient à se toucher et à se confondre lentement comme des gouttelettes de graisse sur du bouillon qui se réfroidit.
8 ? Ploesconie arbondie, — Plœsconia suhroiunda. — Pl. XIII, fig. 5.
Corps ovale (la largeur égale les 4/5 de la longueur d’abord ; plus tard elle en est les 3/4 seulement) , épais , trouble , granuleux , sans côtes distinctes ; tronqué et échancré en avant. La rangée de cils courte , éloignée du bord externe et ne dépassant pas le milieu de la longueur; des cils longs et minces aux deux extrémités. — Longueur de 0,041 à 0,0SS.
Cette espèce s’est développée abondamment dans une infusion
niSTOTRi: naturelle
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de foin préparée le décembre iSS.V, et tenue à une température de 10“ à 12“. I.e.2i janvier, il y avait déjà beaucoup de Plœsconies jeunes, arrondies, longues de 0,0/, i; ces Infusoires étaient revus un peu plus gros à diverses époques; le 22 février, notamment, il y en avait de longs de 0,048 à 0,005 , et alors d’une forme moins allongée ; de sorte que le principal caractère, tiré de la forme , pourrait bien tenir simplement à l’âge ou au degré de développement; et si les côtes étaient aussi apparentes que dans la Plœsconie voisine ^ ou dans la Plcesconie Caron , on ne devrait pas hésitera la considérer comme une simple variété,
* 8? Plcesconie rayonnante. — Plœsconia radiosa.
Elle diffère de la précédente par ses dimensions un peu plus considérables (o,o5 à 0,066) par des côtes aussi prononcées que celles de la PI. Caron, et en même temps par des cils très-longs, égaux et étalés en rayons aux deux extrémités.
C’est dans l’eau de Seine gardée pendant cinq ou six mois dans des bocaux avec des Mj'riophj'llum , des Zj'gnema, etc., que j’ai vu fréquemment en hiver cette Plœsconie , qui n’est peut-être qu’une variété ou un âge plus avancé de l’espèce précédente.
9. Plcesconie longirÈme, — Plœsconia longiremis. — > PI. X, fîg. 9
et 1 2 .
Corps très-déprimé , irrégulièrement ovale (la largeur égale les 2/5 de la longueur) , très-dilaté du côté de la rangée de cils , plus transparent dans cette partie , et montrant trois ou quatre côtes larges , grenues , presque effacées. La rangée de cils en écharpe forme un demi-cercle accompagné d’une large bande diaphane et dépasse la moitié de la longueur. — Cirrhes nombreux , trèslongs, flexibles. — Longueur de 0,063 à 0,083.
Cette espèce est très-commune dans l’eau de mer; elle fourmillait dans de l’eau apportée des côtes delà Manche à Paris, depuis un mois , le premier décembre i835 ; d’autre eau du même lieu , apportée le 10 décembre, en était encore remplie le 2 février i836; je l’employai à préparer des infusions avec un 80° de sou poids de gélatine ou un 80' de gomme ; dix jours après , ces infusions contenaient encore les Plœsconies , peut-être plus grosses et
plus arrondies, avec beaucoup d’autres Infusoires qui s’y étaient développés. Cette espece, exposée un instant à l’odeur de l’ammoniaque , s’est décomposée comme le montre la figure 12 ah; elle s’arrondit d’abord en disque, se creusa de vacuoles, et ses cirrbes se crispèrent, puis lesvacuoles devenant toujours plus nombreuses et plus grandes, elle ne présenta plus que l’aspect de la figure 1 2 h.
10. Ploesconie a aiguillon. — Etiploles aciileaia. ( Ebr, Inf. , PI. XLIl, fig. i5. )
Corps ovale oblong , presque carré , à dos convexe , avec deux côtes longitudinales, dont l’une porte au milieu un aiguillon court. — Longueur, 0,062.
M. Ehrenberg a observé dans l’eau de la mer Baltique cette espèce remarquable , qui pourrait bien avoir une cuirasse membraneuse , et devrait alors appartenir à un autre genre ; il lui attribue six à huit cirrhes ou crochets épars à la face ventrale ; il ajoute qu’elle paraît aussi avoir quatre à cinq stylets, et que cependant il n’a pas vu clairement ces détails. 11 suppose que ce pourrait être la Kerona rasielltnn de Mi’dler.
* Le même auteur décrit sous le nom â! Etiploles iurriius un autre Infusoire portant sur le milieu du dos un long aiguillon un peu courbé. Il l’a trouvé dans l’eau douce el dans l’eau de mer; il lui a vu cinq stylets en arrière , et cinq cirrhes en crochet à la partie antérieure; mais il n’a pu lui reconnaître de cils, en raison de la rapidité de ses mouvements.
’* Malgré tous mes efforts, je n’ai pu reconnaître dans trois autres espèces du même auteur : Euploles strialus E. appendiculalus , E. Iriincalus , aucune des espèces que j’ai vues.
Le genre Discocephalus de M. Ehrenberg a été établi sur un Infusoire observé, comme il le dit lui-même, non assez exactement, ni à un grossissement assez considérable (cent fois le diamètre), en 1820, dans l’eau de mer. 11 est représenté nomme formé de deux disques inégaux, garnis do longs cirrhes, et caractérisé par l’étranglement qui sépare ainsi une sorte de tête disco’ide ( Ehr. Inf. PI. XLll , fig. 6 , p- SyS).
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* Genre Ilimanlophorus . Ehr,
Sous ce nom, M. Ehrenberg a institué un genre qu’il avait d’abord nommé , comme Fabricius, Himantopus, et qui contient une seule espèce , Himantopus Charon (Fabr., Midi. Infus. PI. XXXIV, fîg. ‘il) ^Himantophorus Charon (Ehr. Infus. PI. XLII, fîg. 7), vivant dans l’eau de mer et dans l’eau douce; mais que je n’ai pas vue moi-même, à moins que ce ne soit quelque Plœsconie sans stylets visibles, comme la PI. scutum , dont tous les appendices seraient également flexueux.
Millier la décrit comme étant « en forme de nacelle , sillonnée et pourvue de cirrhes dans une excavation ventrale. » Elle rappelle beaucoup , dit-il, sa Trichoda Charon, mais elle est plus grande , et s’en distingue par l’absence des poils ( stylets ) postérieurs et par les cirrhes flexueux , situés à la face ventrale.
M. Ehrenberg distingue aussi son genre Himantophore par l’absence des styles et par ses crochets {uncini) trèsnombreux ; il décrit l’Himantophore caron , comme ayant le « corps diaphane , plan , elliptique , un peu obliquement tronqué en avant , avec de petits cils et des crochets longs et grêles. » Ces crochets , servant de pieds , forment une large bande sur la face ventrale, où ils sont presque disposés par paires. De ce côté est aussi une rangée de cils allant de la bouche fort loin en arrière. De nombreuses vésicules stomacales se voient à l’intérieur. Au bord postérieur se trouve une grande vésicule séminale contractile , et le long de la rangée de cils une série de taches glanduleuses.
2* Genre. CHLAMIDODON. — Chlamidodon. Ehr.
Animal de forme ovale aplatie; pourvu de cils et de crochets à la face ventrale, et ayant une bouche entourée d’un faisceau de baguettes ou de dents droites.
Une seule espèce, Chlamidodon Mnemosy ne {^hr. Inf.
DliS INFUSOIRES.
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PI. XLII, fjg. 8), dont nous donnons la figure d’après M. Ehrenberg (PI. XIII, fig. 8), constitue ce genre bien remarquable, créé par cet auteur et placé dans sa famille des Æuplota, en notant qne c’est une Oxy trique cuirassée et dentée. Cet infusoire , long de 0,11, est vert ou hyalin, élégamment bigarre de vésicules roses; il vit dans l’eau de la mer Baltique.
3' Genre. DIOPHRYS. — Diophrjs.
An. de forme discoïde irrégulière , épais , concave d’un côté et convexe de l’autre , avec de longues soies groupées aux deux extrémités. Sans bouche.
I. Diophrys marine. — Diophrj-s marina. — Pl. X,fig. //, a-b.
Corps ovale , avec une excavation longitudinale , terminée en avant par cinq grands cils vibratiles , et en arrière par quatre ou cinq soies très-longues, géniculées. — Longueur, 0,043.
Cet Infusoire , si remarquable par sa forme et par ses appendices , se trouvait , au mois de mars 1 84o, dans Peau du canal des Étangs, à Cette. 11 diffère considérablement des Plœsconies, et cependant plusieurs des figures données par Müller, pour sa Kerona paiella (les fig. i4, i5 et i8 , PL XXXIIl), présentent de même des appendices en deux groupes terminaux, aux extrémités d’une excavation longitudinale, et surtout les cirrhes postérieurs génicnlés on infléchis en angle au milieu de leur longueur. .
4‘ Genre. COCCUDINE. — Coccudina.
An . à corps ovale , déprimé ou presque discoïde , souvent un peu sinueux au bord; convexe, sillonné ou granuleux et glabre en dessus ; concave en dessous et pourvu de cils vibratiles et de cirrhes ou appendices corniculés servant de pieds. Sans bouche.
Les Infusoires réunis dans ce genre sont très-imparfaite-
lUSTOlKE NATIIHELLE
ment connus : ils sont intermédiaires entre les Loxodes et les Plœsconies, comme ayant les appendices de cellés-ci et la forme générale de ceux-là ; mais c’est là tout ce que nous savons sur leur organisation. On ne leur voit pas de bouche; on distingue seulement à l’intérieur des granules irréguliers et des vacuoles remplies d’eau. Ils se servent de leurs cirrhes pour marcher sur les corps solides, comme des insectes ou des petites araignées ; aussi doit-on penser que Joblot a voulu désigner sous cette dernière dénomination quelques Coccudines.
Ce nom de genre a été créé par M. Bory, qui le donna . mal à propos à la Plœsconie patelle en même temps qu’à de vraies Coccudines. M. Ehrenberg ne l’a pas admis et il a ' laissé parmi les Oxytriques et les Plœsconies ou Euplotes les espèces qu’il a connues, et que déjà précédemment Muller avait classées parmi les Trichodes ( Tr. cicacla , Tr. cimex').
Leur multiplication a lieu pai' division spontanée transverse.
I. CdccruiiSE X COTES. — Codeudina cosliita. — PI. X, fig. i.
Corps ovale , ol)liijuetnent rétréci et sinueux en avant, convexe et sillonné en dessus, ou présentant ciiu]à six côtes très-saillantes, ' tuberculeuses ; appendices groupés aux deux extrémités ; les antérieurs plus minces^ vibratiles. — Longueur, 0,027.
Je l’observais, au mois de décembre , dans de l’eau de marais (du Plessis-Piquet), conservée depuis le mois d’août avec des débris ’ » de végétaux,