Lacrïmaire Protée. — Lacrymaria Proieus. ( Ehr. Inf
pl.XXXl, fig. 17 (2).
Corps ovoïde, obtus en arrière pourvu en avant d’un cou allongé , rétractile. — Longueur totale, 0,18.
Millier l’a trouvée dans l’eau de rivière avec la L. cygne, à laquelle elle ressemble beaucoup , mais dont elle diSere par la rétractilité de son cou moins long et moins délié, et par la contractilité de son corps. Cet auteur signale aussi les cils bien visibles de l’extrémité du cou ; mais il donne mal à propos cette espèce comme synonyme du Protée de Baker. M. Ehrenberg, qui la décrit comme finement plissée en travers, dit avoir vu l’indigo pénétrer dans ses estomacs, en traversant rapidement, par molécules, son œsophage étroit; mais il ne lui a vu ni ovules, ni testicules, ni vésicule contractile.
(1) M. Ehrenberg institua, en i83l , une famille des Ophryocercina pour un seul Infusoire qu’il nomma Ophryocercina ovum (y. pag. 487), mais plus tard il reconnut que ce qu’il avait pris pour une queue et dont il avait fait le caractère distinctif de ce genre , est au contraire une partie antérieure ; en conséquence il reporta cet Infusoire au genre Trachelius , mais en même temps il trouva d’autres formes dont l’organisation se rapportait à celle qu'il avait supposée au genre supprimé ; il fut donc conduit à conserver la famille des Ophryocercina pour le nouveau genre 'Prachelocorca auquel il attribua trois espèces.
(7,) Phialiiia , Bory. — Trichodn Proteus , Midi. Inf. Pl.XXV, fig. i-5.
DES INFUSOIKES.
* Laciymaria guUa. — Ehr. luf. PI. XXXI , fig. i8", et Laer.
ritgosa, 1. c. fig. 19.
Les deux espèces ainsi nommées par M. Ehrenberg nous paraissent peu distinctes : la première a le corps presque globuleux, long de 0,025 , lisse, avec un cou très-long (0,10); l’auteur l’a trouvée en 1 83 1 et ne l’a pas revue depuis : l’autre a le corps presque globuleux, rugueux, long de o,o5 , avec un cou de longueur médiocre (0,08), sans cils visibles ; la*coloration artificielle n’a pas réussi.
* 4. Lacrymaire TERSiTiLE. — Lacrymaria versatilis. — ( Trichoda
versaiilis. Millier, PI. XXV, f. 6-10. —Phialina, Bory.)
Millier a trouvé abondamment dans l’eau de mer, à la fin d’octobre 1781 et au mois de novembre 1783, cet Infusoire qu’il décrit comme ayant le corps fusiforme, et le cou rétractile cilié au-dessous du sommet. 11 se rapproche beaucoup, dit-il, du Tr. Protée, mais il s’en distingue par son cou plus court, moins sphérique au bout , par sa forme pointue en arrière , et par son habitation dans l’eau de mer. Son cou cylindiique , hyalin , peut atteindre la longueur du corps et se raccourcir de la moitié; il est terminé par un renflement globuleux sous lequel s’agitent des cils pendants , et il laisse voir dans son intérieur un canal alimentaire, dit l’auteur.
* 5. LrCRyMiiRE fiole. — Lacrymaria tornaiilis ,'P\. XIV, fig. i.
Corps globuleux, surmonté d’un col plus ou moins long , cilié à l’extrémité. — Long de 0,07.
Sous ce nom , je réunis divers Paraméciens dont la surface est toute ciliée et obliquement striée, et qui se meurent en tournant sur leur axe. Leur cou est rétractile et disparaît quelquefois presque entièrement, laissant voir seulement les cils qui en couronnent l’extrémité.
HISTOIRE NATÜREIiEE
" Geitre ? Stmvolœma , B017. — {Trichoda melilea , Müller, PI. XXYIII, fig. 5-10.)
Cet Infusoire très-remarquable, qui paraît bien mériter de foi'mer un genre distinct , n’a été vu que dans l’eau de mer par Müller, qui le dit très-rare , et le décrit comme ayant le corps oblong , cilié, et le cou dilatable en une membrane sinueuse , et terminé par un renflement globuleux cilié.
** Genre Phialina, Ehr. Bory. — {Trichoda vermicidaris , Müller, Infiis. PI. XXYIII , fig. 1-4 (1).)
On devra peut-être aussi considérer comme type d’un gem-e distinct, en raison delà brièveté de son cou, la Trichoda vermicularift de Müller , trouvée par cet auteur dans l’eau de rivière , et décrite comme ayant le corps cylindracé oblong , avec un cou court cilié au sommet comme celui de la Tr. Protée , mais différant de celle-ci par la brièveté du cou et par la contractilité du corps, qui change fréquemment de foi’me sans cependant cacher entièrement le cou ; elle en diffère en outre par ses dimensions plus considérables et par son mouvement plus lent.
M. Ehrenberg admet le genre Phialina en le caractérisant autrement que M. Bory,. fondateur de ce genre, et surtout en lui donnant pour caractère cette brièveté du cou et la position de la bouche latérale près de l’extrémité du cou, et celle de l’anus terminal ; cet auteur prend pour type un Infusoire qu’il décrit comme ayant le corps ovale-cylindrique, long de 0,11, s’amincissant peu à peu en avant, blanc, avec un cou très-court. « Le mouvement vif de ses cils , dit-il , est analogue à celui des cils de la Trichodina grandiiiella {Halteria) .» Il lui a fait absorber de la couleur en
(i) Phialina hirundinoides , Bory, Encycl. 1824. Phialina vermicidaris , Ehr. Inf. PI. XXXVI, üg. 3.
le laissant toute une nuit dans l’eau colorée. M. Ehrenberg a décrit sous le nom de Phialina i^iridis (Inf. PI. XXXVI, fig. 4-, p. 334) une autre espèce qui, dit-il, se i-approche plus encore que la précédente de la forme d’un Echinorhynque. Elle a le corps ovoïde , lagéniforme , vert , rétréci brusquement en avant et insensiblement en arrière , et présente un cou ti’ès-court avec une couronne de cils. Sa longueur est de 0,09 ; elle n’a pu avaler de couleur ainsi que l’autre ; elle a été observée dans les eaux douces près de Bei’lin.
2« Genre. PLEURONEME. — Pleuronema.
An. à corps ovale oblong déprimé, avec une large ouverture latérale d’où sort un faisceau de longs filaments flottants et contractiles.
Je proposai ce genre en 1836 (Ann. sc. nat., avril 1836), pour un Infusoire qui , en l’aison des particularités de sa structure, me paraissait tout à fait nouveau j depuis lors j’ai reconnu que c’est le même qui , imparfaitement étudié, a été nommé Paramecium chrysalis par M. Ehrenberg. Je persiste néanmoins à en faire un genre distinct , car il n’a rien de commun que sa forme oblongue avec les Paramécies , et le faisceau de longs cils ou filaments contractiles qui lui servent à s’amarrer le distingue de tous les autres genres ; il n’offre d’analogie sous ce rapport qu’avec le genre Alyscum (Voy. p. 391). Sa surface est finement réticulée, ou bien elle présente des séries régulières de gi’anules d’entre lesquels sortent des cils rayonnants assez longs, qui paraissent servir à l’animal uniquement pour se mouvoir dans le liquide, mais non pour produire des tourbillons comme les cils vibratiles des Paramécies et des Kolpodes , qui amènent la nourriture à la bouche. Aussi ne puis-je considérer comme une vraie bouche servant à l’introduction des aliments solides cette large ouverture latérale par laquelle sortent les filaments. Cependant je dois dire que M. Ehrenberg a repré-
HISTOlnE NATURELLE
sente son Paramecium chry salis avec de nomljreuses vacuoles remplies d’indigo.
J’ai trouvé fréquemment dans les eaux douces des Pleuronèmes de formes un peu différentes, mais que je crois d’une même espèce; cette année aussi j’en ai trouvé une autre espèce bien distincte dans l’eau de mer.
I. PxEüRONÈME épaisse. — Pleuronemu crassa. — PI. VI, fig. i, et
PI. XIV, fig. 2.
Corps ovoïde oblong , un peu déprimé , et quelquefois un peu plié obliquement, arrondi aux deux extrémités. — Long de 0,06 à 0,0S.
J’observai cet Infusoire à Paris, au mois de janvier i836, dans l’ean rapportée de l’étang du Plessis -Piquet, avec des Hydres, un mois auparavant ; et j’ai continné à Py observer durant plus de cinq mois. Il est tout entouré de cils rayoïmants dont l’épaisseur est à peine de 0,0003, et dont la longueur est de 0,0 1 ; sa surface est marquée de stries granuleuses assez régulières ; vers le tiers antérieur, il présente une grande ouverture latérale de laquelle sortent huit à douze longs filaments infléchis en arrière , épais de 0,0016 à leur hase , et susceptibles de s’agglutiner aux corps solides et de se contracter. A l’intérieur se voyaient quelques vacuoles ne contenant que de l’eau.
Le 25 novembre i838, dans l’eau de la Seine conservée avec des Callitriches depuis 16 jours, j’observai d'autres Pleuronèmes dont la forme était un peu plus raccourcie ; les stries de la surface étaient moins marquées et les filaments paraissaient sortir du contour de l’ouverture plutôt que de l’ouverture même ; quelquefois même ils paraissaient naître de l’extrémilé postérieure, d’où ils revenaient en avant pour flotter avec ceux qui partaient de l’ouverture. Les vacuoles très-grandes et très-nombreuses de ces Pleuronèmes étaient ordinairement diaphanes et remplies d’eau seulement, mais quelquefois aussi leur centre était occupé par une petite masse d’apparence spongieuse , par une sorte de nucléus qui semblait avoir occasionné leur formation ; je ne puis penser que ce soient là des substances avalées.
Je crois que c’est le même Infusoire que M. Ehrenberg a déci'it
en 1 838 sous le nom de Pnramecium cUrj-salis (Infus., PI. XXXIX , fig. 9 , p. 35g ), en lui attribuant des cils très-longs à la bouche, lesquels font l’effet d’une membrane agitée en ondulant ; mais ce ne peut être le même qu’il avait représenté d’une manière fort différente en i83o ( i" Mém., pl. IV, fig. 2) , avec un pli oblique très-prononcé, avec une lèvre saillante ou trompe hémisphé-. rique, et avec 120 estomacs remplis d’indigo. La longueur qu’il lui attribue, o,ii3, est d’ailleurs presque double de la longueur du nôtre. Il lui donne pour synonyme le Paramecium chrj’salis de Millier, qui est encore autre chose, puisqu’il vit dans l’eau de mer.
2. Pleüronème marine. — Pleuronema marina, — Pl. XIV, fig. 3.
Corps ovoïde très- allongé , un peu déprimé , terminé en pointe très-obtuse , finement strié , ayant une large ouverture latérale vers le quart antérieur , avec des filaments très-longs , partant les uns du bord de l’ouverture, les autres de l’extrémité postérieure. — Long de 0,10.
Le 28 mars 1840, dans de l’eau apportée de la Méditerranée depuis quinze jours, j’observai, à Toulouse, cet Infusoire, bien distinct du précédent par sa forme plus allongée et par son habitation; j’ai pu me convaincre que tous les filaments ne partaient pas du bord de l’ouverture, quoiqu’ils vinssent tousse réunir en C8t endi’oit.
3« Genre. GLAUCOME. — Glaucoma.
An. à corps cilié ovale déprime plus large et arrondi en arrière, avec une bouche très-grande située latéralement vers le tiers antérieur de la longueur , et munie d’une lèvre vibratile longitudinale.
Le genre Glaucome , bien caractérisé par la lame ou valvule vibratile dont sa bouche est garnie , a été institué par IVI. Ehrenberg pour un des Infusoires les plus communs et les plus faciles à rencontrer dans les infusions , soit artificielles, soit naturelles. Le Glaucome a été vu de tous les micrographes, qui en ont fait un Cyclide ou un Vol-
vox en le caTactérisant seulement par sa forme extérieure et par son mouvement. M. Ehrenberg, qui d’abord l’avait cru dépourvu de ciLs , a, dans son dernier ouvrage, indiqué les rangées longitudinales de cils dont il est couvert ; il lui a attribué des estomacs , un anus à l’extrémité postérieure , et conséquemment aussi un canal digestif , et il l’a placé dans sa famiUe des Trachéliens. Il a aussi observé mi testicule et une grande vacuole étoilée qu’il nomme la vésicule conti'actile. Il l’a vu se diviser spontanément en long et en travers ; ce dernier mode est le seul que nous ayons vu.
I. Glaucome scintillant. — Glaucoma scintillans. — PI. VI, fig. i3, PI. VIII , fig. 8, et PI. XIV, fig. 4 (O-
Corps incolore , bouche située plus près du bord antérieur que du milieu. — Long, de 0,04 à 0,07. '
J’ai fréquemment observé cet Infusoire , qui m’a paru très- variable, soit en raison de son développement plus ou moins complet , soit en raison de là nature des liquides où il est produit; ainsi les individus plus jeunes et plus petits (de o,3 à 0,4) ont proportionnellement la bouche plus grande et plus rapprochée du milieu; leur contour est aussi plus régulièrement elliptique. Au mois d’avril 1840, dans un verre d’eau où étaient tombées quelques particules de substances animales depuis dix jours , j’en trouvai qui étaient longs de 0,04, sans cils visibles et sans stries ni l’éticulations à la surface; ils contenaient des globules d’apparence huileuse et des vacuoles. Le 6 novembre i838, dans l’eau déjà corrompue d’un vase de fleurs, j’en trouvai qui montraient au contraire des plis obliques très-prononcés à leur surface , et de très-grandes vacuoles à l’intérieur ; leur longueur étaitdeoj04 ào,o5. En avril et en décembre 1 838, dans l’eau restée
(i) Ovales de Joblot , Micros. Pl. Il , III , V et VII.
Grosse Ovalthicrchcii , Gleichen , Infns. Pl. XXIII et XXVIII. CycUdium buUa , Millier, Inf.
Bursaria bullina , Schrank, Faun. koïc. III , 2, p. ^8. Glaucoma scintillans Inf. Pl. XXXVI, fig. 5.
Glaucoma scintillans, Duj. Ann. sc. nat. i838.
avec des feuilles mortes au fond d’une auge en pierre , j’observ.ai des Glaucomes longs de o,o4, dont la surface montrait sur chaque face quinze côtes longitudinales granuleuses presque effacées ; la bouche, quelquefois saillante, était située au quart antérieur de la longueur ; elle avait deux lèvres longitudinales bien distinctes, entre lesquelles une troisième lèvre , réelle en apparence , semblait quelquefois agitée. (Voyez PI. XIV, fig. 4 4.)
Une infusion de lichen {Imbricaria parietina), préparée le 28 décembre 1 835 , me montrait , le 1 7 février suivant , une foule de Glaucomes, longs de 0,06, creusés de grandes vacuoles et marqués de dix à douze côtes longitudinales granuleuses presque effacées ; leur bouche était obliquement placée au quart antérieur de la longueur ; je leur fis avaler du carmin qui se logea dans des vacuoles repoussées successivement en suivant le contour, jusqu’à revenir occuper l’espace entre la bouche et le bord antérieur ; puis la forme globuleuse des vacuoles s’effacait, et le carmin restait interposé en granules dans la substance du corps. Cette expérience prouve bien que les substances avalées n’allaient pas chercher un orifice extérieur en faisant un si long trajet.
Une infusion de foin, préparée à la même époque, donnait, au bout d’un mois, des Glaucomes longs de o,o3 à 0,07 et de forme très-variable ; les uns ovales, les autres réniformes ou sinueux comme les Kolpodes; d’autres oblongs, presque cylindriques , recourbés en avant de la bouche ; tous montraient douze à quinze stries granuleuses , dont les granules se correspondaient de manière à former des rangées obliques croisées , d’où résultait une réticulation assez régulière de la surface. Dans ces Glaucomes se voyaient aussi des vacuoles ayant à leur centre un nucléus ou globule granuleux, qui paraissait avoir déterminé leur formation.
Dans beaucoup d’autres infusions , j’ai vu des Glaucomes avec leur lèvre vibralile bien distincte, mais j’en ai vu aussi trèssouvent qu’il m’était difficile , sinon impossible , de distinguer des Kolpodes ; leur bouche , plus ronde , un peu saillante , ne montrait que des cils au lieu de la lèvre vibratile : cela, dans certains cas, pourrait bien faire penser que cette lèvre n’est qu’une apparence produite par des cils qui, en se supei’posant, deviennent plus visibles.
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