‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 122 sur 179 · I. Ophrydie versatile. — Oplirjrdia versatilis (i · texte numérisé non relu

I. Ophrydie versatile. — Oplirjrdia versatilis (i

Masses sphériques (de 9 à 5omill. ), gélatineuses, verdâtres.

(1) Vorticella versnlilis , Miiller , Inf. Pl. XXXIX , f. l4'i7 j p. 281.

Lima prumformis , Schrank , Faun. boic. III , 2 , p. 3l3. Coccochloris stagnina, Sprengel. — Katzing , Linn. i833, p. 38o , pl. III , f. 22.

Urceolaria vertatilis , Lamk., an. s. vert. l. II, p. 52, 2® éd.. Ophrydia nnsitla , Bory , Encycl. p. 583.

Ophrydium versatile , Ehr. Inf. i838 , Pl. XXX, fig. i , p. 2f)3.

HISTOIRE HATURELLE

hyalines, flottantes ; pax’aissant, si on les regarde à la loupe, traversées et comme hérissées d’innombrables rayons verts trèsdéliés près de la surface. Vus au microscope , ces rayons sont formés de petites lignes courtes , rangées sur trois ou quatre rangs à la périphérie, comme autant d épingles sur une pelote , mais éparses sans ordre, et le plus souvent contractées dans le centime.

Ces petites lignes sont des animaux distincts , qui pendant qu’ils sont engagés dans la masse gélatineuse, ont pour la plupart le corps cylindrique, allongé ou fusiforme, obtus en avant , aminci en arrière ; quelques-uns rapprochent tellement la partie antérieure de la postérieure , que le corps devient plus épais et trois fois plus court ; mais bientôt ils s’allongent lentement ; peu à peu ils abandonnent leur prison, et contractant leurs extrémités, ils prennent une forme cylindrique, trois fois plus courte que la forme allongée ; ils font sortir alors leurs cils rotatoires , et sous leur nouvellefigure , qui n’a aucun rapport avec l’ancienne , ils nagent çà et là vivement ; leur corps désormais toujours cylindracé , a son bord antérieur un peu réfléchi et son axe souvent avancé en une petite papille saillante. Müller, d’après l’apparence d’un halo entourant le corps , soupçonne que l’animal est tout entouré de cils. Cet auteur trouva au commencement de septembre, dans le même marais, plusieurs sphères remplies d’animalcules ainsi disposés en phalanges sei'rées.

M. Ehrenberg , qui le premier a bien étudié la forme des Ophrydies, les décrit comme des corpuscules allongés, verts, amincis aux deux bouts , agrégés en im polypier presque globuleux , glabre , hyalin , libre ou fixé , de grosseur variable depuis celle d’un pois jusqu’à celle du poing , et d’une consistance très - analogue à celle du frai de grenouilles. 11 les a trouvés à Berlin en toute saison , même au mois de décembre , sous la glace , et en a vu des boules de 4 à 5 pouces de diamètre soulevées périodiquement à la sui’face des eaux par le développement des gaz dans l’intérieur, et poussées sur la l ive par les vents. Les animalcules forment à la périphérie une simple rangée, comme dans le Volvox; mais, comme ils sont très-serrés, beaucoup d entre eux venant à se retirer les uns derrière les autres, il peut en résulter 3 à 5 rangées. Dans le principe , dit-il , toutes les cellules gélatineuses paraissent liées au centre par un filament, lequel vient plus tard à disparaître , laissant la boule creuse au

luilieii et remplie d’eau. Déjà, en i83o,il avait fait avaler de l’indigo à ces animaux; en i835 il indiqua leurs organes génitaux. 11 dit avoir constaté leur multiplication par division spontanée, et il les représente avec une couronne de cils vibratiles en avant , et d’autres cils dirigés en arrière et insérés sur un seul rang tout autour du corps , au quart postérieur de la longueur. Ces animaux, dans leur plus grande extension, ont 0,228; ce doit être aussi la longueur des cellules , et par conséquent l’épaisseur de la couche gélatineuse externe des boules. L’auteur dit n’avoir pu voir encore directement le bord très-diaphane de ces cellules , mais il a souvent vu les animaux faire saillie au dehors.

4e Genre. UROCENTRE. — Urocentrum, Nitzsch.

Nous inscrivons ici , d’après M. Ehrenberg, ce genre qui fut établi par M. Nitzsch avec une des espèces du genre Ceicaria de Miüler, de ce genre qui contenait des types si divers. M. Bory voulut faire de cette même espèce son genre Turbinelle , compris dans sa famille des Cercariées avec les Zoospermes et plusieurs genres formés des diverses Cercaires de Müller ; il le caractérise ainsi : « Corps subpyriforme , obtus aux deux extrémités , avec un sillon en carène sur l’un des côtés ; queue sétiforme , implantée et très-distincte du coi-ps. » M. Ehrenberg , en 1831 , avait inscrit ce genre dans sa famille des Monadina , en le caractérisant par la forme anguleuse de son corps conique et muni d’une queue, « mais , dit-il , sa structure , souvent observée depuis , l’a conduit à le ranger avec les Vorticelles , quoiqu’il avoue n’avoir point vu directement l’intestin caractéristique. » Il lui atü’ibue des cils vibratiles ^ servant à la fois pour la locomotion et pour attirer la proie , des estomacs qui ont pu être colorés artificiellement , et un seul orifice pour l’appareil digestif ; un ovaire jaunâtre peu distinct et une vésicule contractile. Il a d’ailleurs observé la division spontanée transverse, mais il n’a pas vu les tleux points noirs que Midler indique comme pouvant être des yeux ; il en conclut que cet auteiu, qui de sou côté n’a point aperçu la couronne

frontale de cils, a pu confondre quelque jeune Rotateur ou Systolide. Quant à nous , nous n’avons rencontré rien qui se rapporte aux figures et à la description de cet auteur , si ce n’est notre Ervilie.

Urocentre toupie. — JJrocenlrum lurho, (Ehr., Inf., PI. XXIV,

fig- 7) (0-

Corps hyalin, ovoïde, triquètre , avec un pédicule égal au tiers du corps. — Long de 0,09 à 0,06.

Il vit entre les Lemna ; M. Ehrenberg le représente avec un corps analogue a celui des Vorticelles. Millier décrit ainsi sa Cercaria turbo : « An. sphérique ovale , hyalin , comme formé de deux petites sphères soudées , dont l’inférieure, un peu plus petite, est terminée par un piquant ou une soie roide moitié plus courte que le corps; à l’extrémité supérieure', une ligne transverse représente un opercule. A un grossissement plus considérable , et non sans difficulté , on distingue trois angles ; il est muni d’un globule diaphane dans chaque sphère , et d’un autre plus petit à la base du corps , ou même quelquefois de plusieurs globules. Dans la ligne transverse du sommet j’ai aperçu de chaque côté un petit point très-noir. Est-ce un œil?» (Müll. , loc. cit. , pag. 228.)

XX" Famille.

VORTICELLIENS. Forticellina.

Animaux à corps brusquement contractile et de forme très-variable , tantôt s’épanouissant en cône renversé , ou en forme de cloche , ou de vase , ou de coupe, ou comme une corolle à limbe entier ; tantôt se contractant en globule ou en ovoïde oblong et plissé ; et cela pendant la première période de leur vie , durant

(I) Ccrcaria Turbo, Müllcr, Inf. Pi. XVIH, f. l3-l6. Uroceulrum T urbo, Nilzscli, Beylr. 1817, p. TurbiucLln maculigera, Bory, Encyc. i8a4' P- 760.

laquelle ils sont fixés à un support par leur base : ils sont alors munis d’une couronne de cils vibratiles autour d’un limbe plus ou moins évasé. Cette couronne de cils est entièrement rétractile avec le limbe qui la porte , et se trouve cachée dans l’intérieur quand l’animal se contracte ; elle est d’ailleurs interrompue par la bouche , à laquelle elle se termine en se contournant d’un coté.

La plupart de ces animaux pendant une seconde période de leur existence abandonnent leur support pour nager librement dans le liquide sous une forme toute différente; ils sont alors très-allongés, cylindriques ou en forme de barillet , et se contractent par intervalle en devenant plus courts , presque globuleux ; leur couronne de cils demeure alors toujours cachée , mais des cils ondulants qui se sont développés autour de l’extrémité postérieure sont désormais leurs seuls organes locomoteurs.

Les Vorticelliens sont à la fois très-abondants et très- faciles, à reconnaître , mais très -difficiles à bien observer en raison de leurs fréquents changements de forme et de leurs brusques contractions. Ils montrent une bouche bien distincte , et , chez eux surtout , on peut bien reconnaître le mode d’introduction des aliments dans les vacuoles de l’intérieur. Les cils de leur limbe, qui sont si faciles à reconnaître avec les microscopes dont nous nous servons aujourd’hui, ont été mal vus par la plupart des observateurs ; M, de Blainville affirma que ce sont seulement quelques cils symétriques; M. Raspail voulut même nier absolument l’existence de ces cils ; c’est que, en cfîet , leur ténuité est telle qu’on ne les voit d’abord que quand i juxtaposés ou réunis en faisceaux , ils interceptent

HISTOIBE NATÜREILE

davantage la lumière et particulièrement aux deux côtés du bord supérieur. Le tégument des Vorticelliens est contractile et réticulé comme celui des Paraméciens et des Bursariens , mais il paraît encore plus résistant , car les exsudations de sarcode ont lieu surtout par la face supérieure qui se gonfle quelquefois comme une membrane et qui est tellement diaphane qu’elle a souvent échappé à l’œil des observateurs : aussi a-t-on décrit les Vorticelles comme complètement excavées en forme de coupe ou comme ayant une large bouche bordée par la couronne de cils vibra tiles. C’est M. Ehrenberg qui, le premier, a su reconnaître la vraie forme des Vorticelles dans les deux phases de leur existence , et la position de leur bouche , mais ne pouvant leur voir que ce seul orifice il a voulu conformément à son idée sur les Polygastriques leur attribuer un intestin recourbé dont les deux extrémités aboutiraient au même orifice ; de là vient le nom de cjclocœla , par lequel il désigne la section qui les comprend dans sa classification. Et cependant rien n’est plus aisé que de se convaincre du mode de formation des vacuoles ou vésicules stomacales au fond de la bouche , et de la complète indépendance de ces vésicules , les unes par rapport aux autres , quand elles ont été transportées dans l’intérieur de la masse du corps par suite de l’impulsion sans cesse renouvelée au fond de la bouche et des contractions brusques et fréquentes du tégument. Cet auteur luimême , comme nous l’avons dit précédemment (pag. 65 et 78) , n’a pu représenter dans ses derniers dessins l’intestin qu’il avait supposé d’abord. A la vérité chez les Vorticelliens, plus que chez aucun autre typed’lnfusoires , la cavité produite au fond de l’ouverture

buccale par l’impulsion incessante du tourbillon , est prolongée comme un commencement d’intestin ; il y a d’ailleurs à l’origine de ce tube des cils vibratiles comme dans le tube digestif de certains animaux inférieurs ; mais ce n’est point un vrai intestin , puisque les parois sans membrane sont toujours susceptibles de se souder, de manière à le faire disparaître totalement ou en interceptant , au fond, une vacuole indépendante remplie d’eau et d’aliments. Quant à un orifice anal supposé chez ces animaux, on conçoit qu’il n’existe pas plus , d’une manière absolue , qu’un intestin permanent ; mais si des substances d’abord ingérées dans le corps des Vorticelles , peuvent en être expulsées par une ouverture temporaire, il est clair que ce ne peut être qu’à l’endroit même où. la substance molle intérieure est en contact avec le liquide environnant, sans être protégée par le tégument.

M. Ehrenberg nomme testicule et vésicule séminale et œufs , chez les Vorticelliens comme chez les autres Infusoires, cette masse demi -transparente et cette grande vacuole contractile et ces granules dont nous avons déjà parlé. Nous nous bornons à répéter ici que chez tous ces animaux on observe la formation spontanée de vacuoles nombreuses et variables remplies d’eau , quand ils sont comprimés entre des lames de verre et près de mourir ; et , que chez eux aussi se voient souvent des exsudations de sarcode.

Les Vorticelliens ont été presque tous compris dans le genre Vorticelle de Millier : cet auteur ayant laissé seulement les Vaginicoles dans son genre Trichode. Lamarck réformant avec raison ce genre Vorticelle, en sépara sous le nom de Furculaire une partie des Systolides ; puis il créa son genre Urcéolaire qui cor-

HISraiRE NATURELLE

respond comme nous l’avons dit à notre famille des Urcéolariens , 'sauf les quelques espèces que Muller avait mal à propos établies avec des Vorticelles détachées de leur support ; et comprit ce nouveau genre et le genre Vorticelle ainsi réduit dans sa section des Polypes ciliés , rotifères. M. Bory adopta et multiplia les distinctions établies par Lamarck , mais il ne laissa parmi ses Microscopiques que les Urcéolariées et le genre Vaginicole, dans son ordre des Stomoblépharés, les Ophrydies dans son ordre des Trichodés , enfin les Kérobalanes et les Craterines dans son ordre des Gymnodés , ces deux derniers genres étant formés ainsi qu’une partie des Urcéolariées avec des Vorticelles détachées de leur support. Quant aux vraies Vorticelles il les transporta bien loin des vrais Infusoires, dans son nouveau sous -règne Psychodiaire. M. Ehrenberg voulant débrouiller la confusion introduite dans la nomenclature de ces animaux , forma sa famille des Vorticellines pour les espèces nues , et sa famille des Opbrydines qui lui est parallèle pour les espèces cuirassées ou pourvues d’une gaine. Il définit ses Vorticellines : « des animaux polygastriques, enterodélés (c’est-à-dire à tube intestinal distinct) , ayant les orifices de la bouche et de l’anus distincts , mais réunis dans une fossette commune {Anopisthia) , dépourvus de cuirasses , solitaires , libres ou fixes , et souvent agrégés et formant des arbustes élégants par suite d’une division spontanée , imparfaite. » Et il y comprend les genres Stentor , Trichodina (Urcéolaire) , et Urocentrum dont nous faisons notre famille des Urcéolariens , mais il reporte dans sa famille des Ophrydina toutes les Vaginicoles dont il fait les trois genres , Tmtinmis ,

Vagiîiicola et Cothurnia. Ses autres Vorticellines dont le corps est périodiquement pédicellé et souvent rameux , constituent les cinq genres orticella , Carchesiuni , Epistjlis , Operculana et Zoothamnium , dont les deux derniers sont caractérisés parce qu’ils présentent, sur un pédicule rameux , des corps de diverses formes ; ils diffèrent parce que le dernier a une tige contractile en spirale et l’autre une tige non contractile : les trois autres genres ne présentent que des corps uniformes, tous pédicellés ; mais les pédicules de VEpistylis sont roides, inflexibles; ceux des Vorticelles et des Carchesium sont flexibles et contractiles en spirale, ils sont simples pour les Vorticelles et rameux pour les Carchesium qui avaient d’abord été caractérisés parla structure , supposée plus complexe , du pédicule. Nous n’adoptons que deux de ces genres, les Epistylis dont le corps seul est flexible et contractile , et dont le pédicule simple ou rameux est inflexible; et les Vorticelles dont le pédicule simple ou rameux est contractile en totalité ou par parties : ainsi nous comprenons dans ce dernier genre les Carchesium, parce que dans les Vorticelles à pédicule simple ou rameux le corps est tellement semblable qu on ne peut voir qu’un caractère spécifique dans cette différence du support. Quant aux genres Opercularia et Zoothamnium , nous n’avons pu les rencontrer encore avec les caractères que leur assigne l’auteur. Un troisième genre de Vorticelliens est établi par nous sous le nom de Scyphidie pour des espèces sessiles , et enfin un quatrième genre Vaginicole comprend toutes les espèces pourvues d’une gaine membraneuse.

Les Vorticelliens vivent pour la plupart dans les eaux pures, douces ou marines, où ils se trouvent

fixés sur les herbes ou sur les coquilles , sur les Crustacés, tels que les Cyclopes ou sur les larves des Névroptères , quelquefois même sur des Hydrophiles ou des Hydrocanthares ; ils semblent ainsi se fier à ces animaux du soin de les transporter dans une eau sans cesse renouvelée ; cependant il est aussi des Vorticelles et des Scyphidies qui se développent dans les infusions et même dans les infusions fétides, Tous se propagent par division spontanée , longitudinale , et plusieurs ont aussi un autre mode de multiplication dans la formation des gemmes ou bourgeons qui naissent à l’insertion du pédicule.

1®'' Genre. SCYPHIDIE. — Scyphidia.

An. à corps sessile en forme de coupe rétrécie à sa base, très-contractile , couvert d’un tégument réticulé.

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