I. Kondylostome raillant. — Kondj'losloma païens. — PI. XII
fig. s.
Corps blanc ou coloré par la proie avalée ; long de 0.90 à l,o0, tantôt veriniforme , tantôt fusiforme, à extrémités raccourcies.
J’ai trouvé aboiulamment cet Infusoire dans l’cau de la Métii-
terranëe , au canal des Elangs, à Celte, le lo mars 1840; je l'ai conservé vivant, depuis cette époque, avec d’autres animalcules, des Rhizopodes et des Entomosti-acés , dans des flacons d’eau de mer, où la végétation marine s’est établie et maintenue, J’ai pu transporter successivement de Toulouse à Paris et cà Rennes, presque sans dommage pour le contenu, ces mêmes flacons tapissés d’Ulves, de Géramiaires naissantes et de Bacillariées.
Les Kondylostomes , plus ou moins nombreux dans divers flacons, sont quelquefois effilés, quelquefois plus courts et trèsgonflés par des animalcules qu’ils ont avalés tout entiers. 11 m’a paru que leur forme, natui’ellernent très-variable, est modifiée suivant la saison et suivant l’altération du liquide. C’est pourquoi je suis porté à croire que c’est bien le même animal que Müller a décrit sous les noms de Trichoda païens (Müll. Infus. PI. XXV, fig. 1-2, p.i8i), et de ^ orticelln cucullus (Müll. Infus. PI. XXXVllI, fig. 5-8 , p. 2G4 ). Sa Trichoda patula , que nous avons rapportée aux Bursaires, a également de très-grands rapports avec les Kondylostomes.
Müller décrit sa Trichoda païens comme étant allongée, cylindrique, présentant en avant une fossette dont les bords sont ciliés; il ajoute que la partie antérieure du corps est couchée, et qu’il se meut avec vivacité en avant et en arrière, alternativement. Sa. ^ P^orlicella cucullus, qu’il a trouvée rarement dans l’eau de,mer, est , dit-il , « un des plus grands Infusoires; elle est visible à l’œii nu , conique , allongée , ou en forme de chausse de docteur, de couleur un peu fauve (ce que nous attribuons à sa nourriture); l’extrémité la plus large ou l’antérieure est obliquement tronquée et ouverte ou excavée, un de ses bords étant échancré; dans l’ouverture sont' des cils rotatoires difficiles à • voir ; l’extrémité postérieure est amincie peu à peu et close. » (L. cit. p. 2G4.)
M. Ehrenberg avait trouvé dans l’eau de la mer Baltique , à Wismar, en août i833, un Infusoire, long seulement de 0,12, et qu’il rapportait avec raison à la Trichoda païens de Müller, dont elle aurait été un jeune individu; ce qui nous paraît le prouver, c’est qu’il y observa, dans l’intérieur, ce corps glanduleux en chapelet, que nous avons vu dans les Kondylostomes de la Méditerranée; mais cet auteur voulut à tort réunir en une seule espèce cet Infusoire marin et un Infusoire d’eau douce, long deo,)8ào,22, (jn’il avait vu précédemment (2!) avril 1832)
ol8 HTSTOinE NATURELLE
à Berlin , el il en fiL une espece douleuse d'Urolepius (U? patent^ Ehr. 3' Mé:u. i833, p. i3/^). Depuis lors il a changé ce nom on celui dîOjrj'lricha caudala {E\\): . Inf. iB38, pl.XL, fig. XI, p. 3Go), el il en a donné une figure qui est bien celle d’un Oxytrique.
( Voyez p. 420. )
URCÉOLARIENS.
Animaux de forme variable , à corps alternativement turbiné ou hémisphérique , ou globuleux , par suite de sa contractilité très-grande; cilié partout, et pourvu à l’extrémité antérieure et supérieure d’une rangée marginale de cils très-forts , disposés en spirale et conduisant à la bouche , qui est dans le bord même. Tantôt nageant , tantôt fixés momentanément au moyen des cils de l’extrémité postérieure.
Les Urcéolariens composent dans la classe des Infusoires une famille bien distincte, quoique liée par des rapports très-évidents avec les familles des Bursariens et des Vorticelliens, entre lesquelles elle fait le passage. Ce sont encore des types bien complets parmi ces animaux , dont l’organisation est si simple.- On leur voit une bouche précédée d’une longue rangée de cils en spirale , qui, en s’agitant, produisent dans le liquide un tourbillon destiné à amener les aliments au fond de la bouche. On voit à l’intérieur les diverses sortes de vacuoles , celles qui se forment successivement pour contenir les aliments , et celles qui , formées spontanément près de la surface, ne contiennent que de l’eau et disparaissent en se contractant brusquement : ils ont aussi des organes problématiques glanduleux . Leur surface ordinairement ciliée
est marquée de stries i^ranuleuses fines ; leur multiplication par division spontanée transverse a été observée dans les Stentor seulement; quant aux granules que chez eux, comme chez d’autres Infusoires, M. Ehrenberg a voulu nommer des œufs , nous ne pensons pas qu’on puisse avoir une opinion fondée à ce sujet.
Les ürcéolariens ont été compris par Müller dans son genre Vorticelle à l’exception de Y ü rocentrum qui est sa Cercaria turbo. Lamarck , en créant le genre Urcéolaire , indiqua une séparation bien importante à fiiire parmi les Vorticelles , mais il ne sut pas distinguer dans les dessins de Müller les vrais Urcéolariens. M. Bory, en instituant une famille des Urcéolariées qui répond à peu près à la nôtre , et qui comprend les genres Stentor et Urcéolaire , y laissa également quelques Vorticelles détachées de leur pédicule et décrites comme des genres distincts ; il en éloigna beaucoup au contraire le genre U rocentrum ‘ dont il fit son genre Turbinella. M. Ehrenberg , de son côté, a bien distingué le Stentor , mais il l’a placé dans sa famille des Vorticellma avec le genre Uro~ centrum, et les ürcéolaires que malheureusement il a confondues dans son genre Trichodina avec l’Haltérie, qui est un vrai Kéronien. En même temps , dans une famille parallèle , celle des Ophrydina ou des Vorticelles cuirassées , il a placé , avec d’autres Vorticelliens, les Ophrydies , qui sont véritablement des Urcéolaires engagées dans une masse gélatineuse sécrétée par elles , et non des Vorticelles cuirassées.
Nous divisons ainsi les ürcéolariens en quatre genres , dont un douteux ; ceux dont le corps turbiné ou en trompette est cilié partout, forment le genre Stentor; ceux dont le corps n’est pas cilié partout,
UISTOinE NATUBKLLE
seront des Urceolavia s’ils sont sans queue et toujours libres ; des Ophrjdia si également dépourvus de queue ils sont engagés dans une masse gélatineuse pendant une partie de leur vie. Enfin s’ils ont une queue ils formeront le genre Urocentrum , que nous admettons avec doute d’après M. Ehrenberg.
Les Urcéolariens se trouvent tous dans les eaux douces , stagnantes ou tranquilles , entre les herbes : les Urcéolaires s’y trouvent courant ordinairement au moyen de leurs cils dorsaux sur les Polypes d’eau douce (Hydres) , dont ils paraissent être les parasites.
1®"^ Genre. STENTOR. — Stentor.
An. à corps cilié partout, éminemment contractile et polymorphe; susceptibles de se fixer temporairement au moyen des cils de leur extrémité postérieure , qui est amincie , et alors prenant la forme d’une trompette dont le pavillon est fermé par une membrane convexe et dont le bord est garni d’une rangée de cils obliques très-forts , laquelle vient , en se contournant en spirale, aboutir à la bouche qui est située près de ce bord ; ou bien nageant librement au moyen des cils dont toute leur surface est pourvue et passant alternativement de la forme d’une massue ou d’un fuseau à la forme globuleuse en se contractant.
Les Stentors sont du nombre des plus grands Infusoires, la plupart sont visibles à l’œil nu, ce sont donc aussi de ceux dont bn peut plus facilement constater la structure. On voit bien les stries granuleuses de leur surface, les cils de diverse grandeur dont ils sont pourvus et les vacuoles qui se forment ■au fond de la bouche pour renfermer les aliments qu’y pousse le tourbillon excité par les cils. On peut suivre aisément le chemin parcouru par- ces vacuoles dans l’intérieur du corps, où elles s’avancent en vertu de l’impulsion communiquée par le tourbillon à toute la masse de la substance
d^armie de l’animal, mais sans conserver aucune relation , ni entre elles , ni avec la bouche. En suivant le mode de formation des autres vacuoles pleines d’eau , qui sont d’autant plus grandes et plus nombreuses que l’animal est plus gêné , ou depuis plus longtemps entre des lames de verre, on reconnaît bien qu’elles n’ont aucun rapport avec la génération comme l’a supposé M. Ehrenberg , et enfin , dans ces Infusoires si gi’os , on reconnaît ég^dement que les corps glanduleux et quelquefois moniliformes que l’on voit dans l’intériem’ ne peuvent être des testicules ; c’est dans les Stentors , où on les peut isoler plus facilement, que de nouvelles observations feront connaître leur vraie nature.
M. Ehrenberg , qui place les Stentors dans sa famille des YorticeUines , leur attribue comme à tous ces animaux un intestin recourbé sur lui-même de telle sorte que ses deux orifices se trouvent contigus, l’anus à côté de la bouche, dans la même fossette. Il regarde les stries de leur surface comme produites par les fibres musculaires ; il pense qu’il existe une ventouse^ à, l’extrémité par laquelle l’animal se fixe : « Les organes digestifs , dit-il , sont une bouche en spirale qui sert en même temps d’orifice excréteur et un intestin en chapelet , et conséquemment assez difficile à reconnaître , allant de la houche à tràvers le coi-ps pour revenir se terminer dans la bouche; lequel intestin, toujours rempli seulementen partie , n’est jamais comme mi cordon, et d’ailleurs pourvu de vésicules stomacales , ressemble à une gi'appe recourbée. » (Ehr. Inf. 1838, p. 262.) Cet auteur dit aussi que l’ovaire consiste en une masse de granules blancs , verts, bleus, jaunes , rouges ou brun verdâtre foncés entourant comme un réseau les estomacs , et que la ponte a lieu (toujours?) par la décomposition partielle (par diffluence) de l’animal ; il ajoute que les organes mcàles sont d’une part un testicule rond ou en ruban ou inoniliforme , et d’autre part une simple ou double grande vésicule contractile ronde qui est un organe éjaculateur ; il attribue au Stentor les deux modes de division spontanée longitudinale et transverse , et termine en disant
que les yeux, l«s nerfs et les vaisseaux ne sont pas oonnus.
Nous n’avons pas besoin de combattre de nouveau les opinions du célèbre inicrograpbe de Bei'lin , nous l’avons fait suffisamment dans notre première partie en citant (pag. 66) les observations contïadictoires du docteur Focke.
Les Stentors se trouvent exclusivement dans les eaux douces stagnantes ou tranquilles entre les herbes, ils sont presque tous colorés en vert , en noirâtre ou en bleu elair.
I. Stentor de Muller. — Stentor Mülleri. — PI. XV, fig. i (i).
Corps long de 0,8 à 1,2 quand il est étendu , et en forme de trompette , long de 0,25 quand il est contracté et de forme ovoïde , blanc , demi-transparent ou coloré par sa nourriture ;• ayant une frange latérale de longs cils , depuis la bouche jusqu’au milieu dn corps , et un cordon glanduleux en chapelet à l’intérieur.
Cet Infusoire remarquable a été vu de tous les micrographes ; je l’ai retrouvé, le 26 janvier, dans le bassin du Jardin des Plantes à Paris, sur les herbes mortes, et plusieurs autres fois dans les étangs des environs. Müller , qui le nommait orticella stentorea , crut avoir vu un filament tendu dans l’intérieur et servant à la contraction. 11 dit avoir trouvé ordinairement les Stentors réunis trois ensemble et accrochés à une masse muqueuse en cupule, dans laquelle chacun d’eux se retirait à volonté. M. Ehrenberg dit que si l’on conserve longtemps ces animaux dans un tube de verre,
(i) Baker, Micr., p. 429 , Pb l3, f. I. — Rœsel , Inseckt. Bel. III , f. 5g5, Pl. 9j , f. 7.
f'f^hiie Tunnel-Uke Polypi , Trembley , Phll. trans., 174^ > P-
Ledermüller, 1760, Pl. 88. — Trompettcnthicr , Eichliorn , I\Iicr., p. 37 , Pl. 3, f. F. Q.
Uydra stentorea , Linn. Syst. nat. X. — Brachionus stcnlorius , Pallas, Elench. zoopli.
Vorticella stentorea, Müller, Pl. XL , III, fig. 6-12.
Linza stentorea , Schrank , Faim, boic., iil, 2 , p. 3î4- — Stentor soli tarins , Oken.
Stentorina Mülleri , llœsctii , Bory , Encycl. 1824.
Stentor Mülleri , Ebr. Infus. i838 , Pl. XXIII , fiÿ. 1.
ils se fixent successivement aux parois , s’entourent d’une couche muqueuse et meurent.
* Stentor Roeselii. (£hr. Inf. — PI. XXIV , fig. 2.)
Sous ce nom M. Ehrenberg veut faire une espèce particulière d’un Stentor long de 0,78 , qu’il a trouvé, le 6 février i835, attaché à des feuilles mortes sous la glace , et qui ne difiere, dit-il, du Stentor de Müller que par son testicule en forme de bandelette sinueuse très-longue et non articulée.
** Stentor cœruleus. (Ehr. Inf. — PI. XXIII , fig. 2.)
Le même auteur distingue comme espèce un Stentor, long de 0,56, qu’il a trouvé sous la glace, attaché aux feuilles mortes , et qu’il a trouvé particulièrement abondant le 26 mai et le 4 juin i832. Ce Stentor ne diffère du Stentor de Müller que par sa couleur bleuâtre et parce que sa couronne de cils est continue au lieu d’être interrompue. Il forme quelquefois des amas si considérables sur les corps submergés, qu’il en résulte une couche bleue.
2, Stentor vert. — Stentor poljrmorphus. (Ehr. Inf. —
PI. XXIV, fig. J.) (i)
Ce Stentor , de même forme que les précédents , en diffère seulement par sa couleur verte et par l’absence de la frange latérale de cils. Sa couronne de cils est interrompue , son cordon glanduleux est en chapelet. Je l’ai trouvé plusieurs fois dans les étangs de Meudon. Müller, qui le trouvait de temps en temps dans l’eau de rivière , s’exprime ainsi : « A la vue simple , c’est un point vert très-agile ; sous le microscope , il prend , en trèspeu d’instants, des formes si nombreuses et si variées que la plume ni les mots ne pourraient en rendre compte. De toutes les merveilles delà nature qu’il m’a été donné de voir (excepté la V orticella multijbrrnis et le f^ibrio paxilUfer) , celle-ci est certainement la plusadmirable : c’est lesuprême artifice de lanature, qui frappe d’étonnement l’esprit et qui fatigue l’œil.... » (Müller,
(1) Vorticcüa potymorpha, MüII, Inf., PI. XXXVI, fig. i-i3 , p. 260.
KISTOIKE NATURELLE
p. 260). Cet auteur dit aussi avoir vu plus d’une fois l’animal vivant se décomposer en molécules , tandis que les cils de la partie reslante continuaient à s’agiter jusqu’au dernier instant.
M. Ehrenberg dit qu’elle forme souvent une couche d’un beau vert sur toutes les plantes vivantes ou mortes qui se trouvent sous l’eau des tourbières. 11 l’a également trouvée recouvrant du bois sous la glace. Il ajoute que l’on peut facilement confondre avec le Stentor Mûlleri cette espèce, quand elle s’est décolorée par suite de la disparition des granules verts qu’il nomme des œufs.
3. Stentor multiforme. — Stentor multiformis . — ( Korticella niultiformis , Millier. — Pl. XXXVI, fig. i4-23, p. 262.)
Millier distingue de l’espèce précédente sa y orlicella multiformis, uniquement parce quelle vit dans l’eau de mer, où il l’a trouvée de temps en temps très-abondamment. 11 ajoute , il est vrai , que sa couleur verte est plus foncée et que ses vésicules internes sont plus grandes , après avoir dit qu’elle lui ressemble comme un œuf à un œuf.
4. Stentor couleur de feu. — Stentor igneus. — Ehr. Inf. , i838 , p. 264. (Ehr., i835, p^i64.)
M. Ehrenberg observa sur les feuilles de la Hotionia palustris , à Berlin, une couche d’une couleur rouge de cinabre formée de Stentors moitié plus petits que les précédents (longs de 0,87), sans frange latérale, mais avec unecouronne decils non interrompue ; ils contenaient des granules jaune verdâtre, ce qui faisait passer leur nuance du jaune au vermillon. Leur glande ( testicule) était globuleuse. Beaucoup étaient seulement rouges au front , d’autres seulement j aunes , d’autres verdâtres.
6. Stentor noir. — Stentor niger. — Ehr. Inf., Pl. XXIII, f. 3(i).
Corps long de 0,28 , d’une couleur variable du jaune brunâtre
(1) yorticella itigra , Miiller, Inf., Pl. XXXVII, fig. 1-4' — Ecdissa nigrn , Schr.ink.
SieiUoriiia iifundibulum , Bory , F.ncycl., i8’.î4-
DBS INFUSOIRES.
au noirâtre , en forme de cône ou de toupie; sans une frange latérale de cils , mais avec une couronne de cils non interrompue.
Millier, qui le trouva sur des prairies inondées, au mois d’août , et parmi les conferves des fossés, en très-grande abondance , dit que les V. noires paraissent à l’œi! nu comme de trèspetits points noirs nageant isolément à la surface de l’eau, où leur mouvement est vacill.int, presque continuel . Conservées dans un vase de verre , elles se portent exclusivement à la paroi la plus éclairée et s’y fixent bientôt. Souvent elles nagent quatre ou plusieurs ensemble réunies par la queue.
M. Ehrenberg a vu cette espèce tellement abondante , auprès de Berlin, pendant l’été , dans les fosses des tourbières, que l’eau en était colorée comme du café. « A certaines époques de la journée , dit-il , ces Stentors nagent çà et là ; à d’autres époques , ils se fixent sur toutes les parties de végétaux qui se trouvent sous l’eau et qui paraissent couvertes de suie. En nageant, ils ontsouvent une forme de toupie très-pointue en arriéré ; quand ils sont en repos, ils prennent aussi la forme de trompette, et plus ils sont étendus , plus leur couleur tend à passer au brun et au vert olive ; peut-être y en a-t-il aussi de jaunes. Je ne suis pas très-sûr , d’après cela, qiiequelques-uns des individus représentés ici (Pl.XXlII, fig. iii) n’appartiennent à l'espèce rouge. » ( Ehr., 1. c., p, 2G4.)
2' Genre. URCÉOLAIRE. — Urceolaria.
An. à corps non cilié partout , contractile , passant de la forme d’une cupule , d’un disque épais ou d’un urcéole, à une forme globuleuse ; terminé supérieurement par une facejplane bordée d’une rangée de cils obliques plus forts , laquelle, en se contournant en spirale, conduit aune bouche située dans le bord.
Le genre Urcéolaire de Lamarck , formé aux dépens des "V orticeUes de Millier , doit encore être considérablement restreint et dégagé de beaucoup . de fausses espèces établies avec des Y orticeUes détachées de leur pédicule. M. Ehrenberg a placé dans son genre Trkhodina de vraies U rcéolaircs
avec des Kéroniens (Halleria) et des Infusoires douteux (1). Cependant il prend pour type de ce genre la même espèce que nous pour les Urcéolaires. En conséquence les caractères qu’il en donne pourraient être aussi les mêmes , s’il n’avait adopté des idées particulières sur l’organisation des Infusoires. Ainsi sesTricliodines, comme les autres Vorticellincs, doivent avoir un intestin replié dont les deux orifices se trouvent réunis ; ce sont d’ailleurs des animaux dépourvus de queue et de pédicule , dont le corps n’est pas cilié partout , mais ayant un faisceau ou ime couronne de cils vibi-atiles , et dont la bouche n’est pas en spirale, » Or nous reconnaissons au contraire que , dans notre espèce type , la couronne de cils se contourne en spirale pour arriver à la bouche. A cette seule espèce , d’ailleurs , parrai toutes ses Trichodines, M. Ehrenberg attribue un testicule rénifonne, et tout en accordant à plusieurs autres la faculté de se fixer , comme les Stentors , par l’extrémité de lem’ corps, il dit que celle-ci a seule la face dorsale tronquée et plane , comme la face opposée , et munie d’une couronne de cirrhes. Les Uicéolaires sont encore peu connues ; plusieurs vivent parasites sur des Mollusques et des Zoophytes d’eau douce , d’autres ont été observées dans l’eau de mer par Millier seulement ; peut-être ont elles aussi le môme genre de vie.
(O La Trichodina vorax (Ehr. Inf. , Pl. XXIV , f. V , p. 265) a été trouvée parmi des Conferves en i83i , par M. Ehrenberg qui la vit plusieurs fois dans l'étui membraneux des Vaginicoles {Cothumia. imherbis) , qu'elle paraissait vouloir dévorer ; elle a le corps oblong , cylindrico-conique , le front convexe couronné de cils, et le dos aminci , obtus , dépourvu de cils. Sa longueur est de o,o45 ; d’après ce que l’auteur dit des cils qui , au nombre de douze à quinze , ne forment pas une couronne complète , on pourrait penser que c est un Keronien jeune on non suffisamment observé.
Il est plus difficile de se former une opinion sur une autre espèce décrite comme une Trichodine douteuse, Trichodina^ tcntaculata (1. c. PI. XXIV, f. iii) , par cèt aüteur, qui ne l’rt pas revue depuis iS3o, et qui, à cette époque , en vit seulement peu d’exemplaires. Celte Tricliodine do forme discoïde a un faisceau de cinq à si.x cils vibraliles , épais , et un organe rétractile en forme de trompe au milieu des cils.
DES li^USOlKES.
I. Urcéolaire STEU.INE. — Urceolarui stelUna^ — PI. XVI, fig. 3 (i).
Corps en cylindre, très-court, ayant ses deux bases presque planes ; et prenant par la contraction la forme d’un turban ou d'un globule déprimé , ayant le bord de la face antérieure garni d'une couronne de cils qui est interrompue et qui conduit les aliments à la bouche, et la face opposée garnie d’une couronne complète de cils, au moyen desquels l’animal nage librement ou marche à la surface des Hydres. — Diamètre de 0,07 à 0,11.
On rencontre presque constamment cette espèce marchant au moyen des cils sur le corps des Hydres brunâtres. C’est ainsi que Millier les a vues et décrites sous le nom du Cyclidium pediculus , qu’il affirme mal à propos ne se trouver jamais dans les eaux , sinon sur le corps ou les tentacules de l’Hydre. En effet, si l’on a transporté dans un vase l’eau qui contient des Hydres avec les herbes sur lesquelles vivent ces polypes, surtout si l’agitation a empêché les Hydres de s’étendre , on voit nager dans le liquide des Urcéolaii'es sous la forme d’un disque entouré de cils, comme Millier les a représentés sous le nom de orlicella slellina , sans soupçonner que c’est le même animal que son CycUdium pediculus. « C’est, dit-il, un animal très-élégant, orbiculaire, formé d’un disque un peu convexe , farci de molécules , ceint d’une auréole translucide et d’un cercle opaque , lequel est en outre entouré d’une bordure de couleur d’eau, d’où partent des rayons écartés , qui ressemblent à des soies déliées. Par le mouvement de rotation, ces soies disparaissent entièrement, et il ne reste qu’une blancheur autour du globule , comme si un fluide tournait autour.» (Müll. I. c. p. 270.) M. Ehrenberg a bien constaté que
(1) Trembley , Polype d’eau douce , Pl. VII, f. 10-11 , p. 282. Polypenlœuse , Rœsel, Insect. Belust. , III , Pl. 83 , flg. 4, P- 5oi. CycUdium pediculus , Müller , Tuf., Pl. XI, f. iS-iÇ.
ortioella slellina, Müller . Inf., Pl. XXXVIII , fig. 1-2.
Bursaria pediculus , Bory. — ürceolaria parhelia , Bory. Trichodina pediculus et T, slellina , Ehr. Mém. l83o,'l83l, l833, l835.
Nummulella conchyliospermatica , Carus , Nov. act. nal. cur. XVI , Pl. III , r. 9.
Trichodina pediculus , Ehr. Inf. i838 , Pl. XXIV , IV , p. 265.
cet animal marche toujours sur le dos au moyen de ses cils en crochet ; mais il fixe à 24-28 le nombre de ces cils; il lui accorde aussi un testicule réniforme et uije vésicule, contractile simple.
2. * UrcÉolairk discoïde. — Urceolaria discina {Korlicella discina,
Midi., Inf., PI. XXXVIII , fig. 3-5 , pag. 271).
Millier trouva dans l’eau de mer, assez rarement, cette espèce, que M. Ehrenberg regarde à tort, jecrois , comme identiqueavec la précédente. «Elle est orbiculaire, excavée en dessus, dit Millier, convexe en dessous, et farcie demoléculesvésiculaires.et supportée par une anse hyaline difficile à distinguer; le diamètre du disque est double du tronc convexe et triple de l’anse de la base. Le bord ou la périphérie du disque est entouré de cils floltants , lâches. » (Midi., loc. cit.)
3. ’ UrcÊolaire limacine. — Urceolaria limacina {V orticella lima-
cina, Müll., Inf., PI. XXXVI, fig. 16. p. 278).
C’est sur les tentacules et sur le front des jeunes du Planorhis contorlus et de la Bulla fonünalis que Millier a trouvé abondamment cette espèce, qui paraît bien distincte par son habitation et par sa foi’me; elle est sessile, cylindrique, diaphane, et fait sortir de son orifice tronqué deux ou quatre cils difficiles à voir, dit l’auteur ; mais on peut supposer qu'il y a , au contraire , une couronne de cils nombreux autour de la base supérieure, qui est la plus large, et que la base plus étroite par laquelle cet Infusoire stt fixe est aussi munie de cils.
* Urceolaria. — (F’orticella bursata et Vorlicella utriculata , Müll., Inf., PI. XXXV, fig. 9-12, et PI. XXXVll, fig. 9-10.)
Müller fait deux espèces de Vorticelles de ces Infusoires, qui l’un et l’autre sont verts , en forme de bourse ou d’utricule renflée en arrière, tronquée et ciliée en avant, et qui vivent également dans l’eau de mer, La seule différence qu’il Indique, c’est que la deuxième n’a pas comme la première une papille saillante au milieu de la face anterieure ciliée qu’il nomme l’ouverture , et quelle est susceptible d’uii allongement plus prononcé en forme de goulot, en avant, La orticella bursata, que M. bory a voulu
nommer Rinella mamillaris, est , suivant Millier, un des plus gros Infusoires ; elle présente la forme d’une marmite ( alla ) ou d’une bourse tronquée en avant , translucide de chaque côté , et montrant au milieu de cette troncature une papille saillante qui paraît échancrée quand l’animal est en repos.
3' Genre. OPHRYDIE. — Ophrydia.
An. tantôt libres, tantôt engagés dans une masse gélatineuse sécrétée par eux ; et par l’effet de leur contractilité pouvant prendre les formes les plus variées depuis celle d’un fuseau allongé jusqu’à celles d’une urne, d’une urcéole , d’un ovoïde ou d’un globule.
Ce genre , ^tabli par ]\I. Bory pour une espèce d’infusoire qui n’a été vue encore que dans le nord de l’Europe , a été adopté par M. Ehrenberg qui, changeant son nom en Ophrydium , l’a pris pour type de sa famille des Ophrydina , qui sont des f^orticellina cuirassés. Or la cuirasse, qui, chez les Vaginicoles que nous laissons parmi nos Vorticelliens , est une vraie membrane résistante en forme d’étui, n’est ici qu’une masse gélatineuse sans consistance et sans structm'c appréciable. Cependa»t M. Ehrenberg admet que cette masse est le résultat de la soudure des cuirasses gélatineuses des Oplirydies qui se multiplient par division spontanée, avec une rapidité extrême.