VoBTicELLE AREUsccLE. — P^orticcUa orhuscula
Animaux longs de 0,06 , campaniformes , oblongs , portés par des pédicules ramifiés , épais , contractiles , hauts de 5 à 6 millimètres , sur lesquels se trouvent en même temps des corpuscules blancs , globuleux , beaucoup plus gros , fixés aux aisselles des rameaux.
Cette Vorticelle très-remarquable par les jolis panaches blancs plumeux qu’elle forme sur les herbes dans les eaux douces et stagnantes, a été particulièrement étudiée par M. Ehrenberg, qui fait remarquer que les pédicules particuliers sont beaucoup plus courts et plus épais que ceux des précédentes espèces; il rappelle aussi que Trembley observa déj à en 1744 que les corpuscules globuleux ou bulbes se divisent spontanément et produisent en vingt-quatre heures 1 10 animaux qui prennent successivement la forme des autres Vorticelles. M. Ehrenberg , qui n’a pu observer
(l) Corallina omnium minima. Ellis. Corail, p. 4l, 22, Pl. j3,
fig. bii cC. Brachionus ramosissimus. Pallas. Elencli. Zooph. p. p8, n® 55.
— Baster, opusc. subs. I, 1. I, Pl. III, fig. I. .abc. f2) Polype à bulbe. Trembley. Phil. Irans tom. XLIV, p. 62^, Pl. I, 7-9-
/i/f anastntica. Linn. ed. X. — Vorticella anastatica. Linn. ed. XII. Brachionus anastatica. Pallas. El. Zooph. p. yg, n" 56.
Zoothamnia ovifera. — Dendrella Mülleri . Bory, 1824. Encycl. Zoocladium arbusculn. Ehr. 2“® mém. i83l.
Zoothamnium arbtisctUa. Ehr. Inf. i838, Pl. XXIX, fig. II.
lui-même le développement de ces bulbes , pense que ce sont des animaux primitivement semblables aux autres qui , au lieu d’éprouver comme eux la division spontanée , se gonflent progressivement jusqu’à ce qu’ils se détachent à leur tour.
4. VoRTicELLE LUNAIRE. — V oHicclla luTiaris. PI. XIV, fig. 12 (i).
Corps hémisphérique , campanule, long de 0,08 à 0,022 , porté ’ par un pédicule simple, membraneux , très-large.
.T’ai trouvé sur des herbes dans la Seine, le 9 novembre i838 , une belle Vorticelle blanchâtre, en forme de cloche à fond arrondi et à bords évasés, large de 0,072, et portée par xm pédicule de 0,01 2 au moins; les cils de sa couronne partaient de l’intérieur et non du bord même, ils paraissaient bien former une double rangée.
A propos de sa K. lunaris , Müller observe que les Vorticelles contractent souvent à plusieurs reprises leur pédicule sans refermer leur couronne de cils , et qu’ alors elles s’étendent de nouveau subitement , tandis que quand elles ont contracté leur couronne elles s’étendent bien plus lentement ; mais il ne pense pas qu’on puisse attribuer cette différence à ce que dans le dernier cas les Vorticelles auraient avalé quelque proie, parce que , ditil , quand des animalcules ont été entraînés dans l’ouverture ou le gouffre des Vorticelles , ils en sont bientôt rejetés sains et saufs ( Müller, p. 3 14).
M. Ehrenberg décrit sa orticella campanula , que je crois analogue à la nôtre , comme ayant le corps hémisphérique , campanule', blanc bleuâtre, avec le bord frontal largement tronqué, à veine saillante, non annelé. C’est , dit-il, la plus grande espèce du genre ; elle est large de 0,22 , bien visible à l’œil nu, et forme sur les plantes aquatiques une couche épaisse bleuâtre.
Le-même auteur nomme pntelUna une espèce à corps moitié plus petit 0,09 , mais beaucoup plus évasé , et à bord trèslarge souvent évasé. 11 l’indique comme vivant dans l’eau douce
(1) Vorlicella lunaris. Milll. Tnf. PI. XLIV. lîg. l5. — patcllina. Midi. Zool. clan. Pl. 35, fig. 3.
Carchesiuni fasciculatum. Ehr. l''' inérn. i83o. — f^orlicclla rnmpaiiula cl W . patellina, Ehr. Inf. Pl. XXV, fig. 4 , et Pl, XXVJ, fig. 11.
sur les racines des Lemna , et dans l’eau de la mer Baltique ; mais nous pensons que sous ce nom il a confondu notre V. lunaire avec une autre espèce.
’ 5. VorUcella fasciculata (Müller, PI. XLV, fig. 5-6).
■ Müller de'signe sous ce nom une Vorticelle verte qu’il a observe'e au premier printemps sur les Conferves formant des masses gélatineuses d’une couleur très-foncée ; il la décrit comme ayant le corps campanule , rétréci à sa base , avec le bord un peu réfléchi , et un pédicule très-long et très-délié , ce qui la distingue de la précédente. M. Ehrenberg en i83o avait donné pour synonyme de cette espèce son Carchesium fasciculatum dont il fait auourd’hui les V orticella campanula et patellina ; il ne tenait pas compte alors de la couleur verte signalée par Müller ; il avait au contraire, en i83i , donné le nom de Carchesium chlorostigma , qu’il inscrit avec le même nom spécifique parmi les Vorticelles , en citant comme synonyme douteusela Vorticelle deMüller. «Elle
а , dit-il , le corps long de o, 1 1 , ovoïde-cdnique , campanule , annelé , avec un ovaire vert et le bord frontal étalé. Elle recouvre quelquefois d’une belle couleur verte les herbes et les joncs des fossés dans les prairies près de Berlin. » C’èst une des espèces que M. Ehrenberg a figurées avec un intestin complètement distinct, en assurant qu’il l’a vue une fois (einmal) ■ il lui donne aussi dans son dessin un pédicule très-épais.
Comme nous pensons que la couleur verte des Vorticelles est variable suivant les saisons, et qu’elle dépend de leur nourriture bien plus que de leurs œufs, nous rapportons à la Voriicella fasciculata de Müller la nutans du même auteur (Müller, Inf. , pl. XLIV, fig. 17), qui a la même forme, le pédicule également mince , mais qui a été observée , au mois de septembre , sur les feuilles de Slratiotes.
M. Ehrenberg, malgré la forme indiquée par Müller, la cite comme synonyme de sa patellina.
б. Vorticelle citrine. — Korticella cilrina. Pl. XVI his, fig. i.
Corps de forme très-variable, souvent campaniformc ou presque conique , à bord élargi , saillant et diversement contourné ou difforme. — Long de 0,03 à 0,11.
J’ai fréqueiniiient observé , sur les herbes des bassins et des
tonneaux d’arrosage du Jardin des liantes, à Paris, une grosse Vorlicelle dont la forme extrêmement variable n’ofl'rait l ien de caractéristique, si ce n’est un bord large et contourné comme celui d’un bonnet de laine ou d’un chapeau de feutre mou. Son tégument était distinctement réticulé, et quand elle était près de mourir on voyait à sa surface des granulations régulières de 0,002 environ. Le pédicule est membraneux , moins épais que celui de la Y. lunaire , mais beaucoup plus que celui de la Vorticelle des infusions. Sa couronne de cils paraît bien double , mais les cils des deux rangées paraissent naître en dedans , à la même distance du bord. Les cils de la cavité buccale sont très-visibles.
Millier donne delà Vorticelle citrine (Müll., Inf., pl. XLIV , 6g- ï‘7» P- des figures très-imparfaites et qui paraissent avoir été dessinées de mémoire; sa phrase spécifique : « V. simple , multiforme , à orifice contractile et à pédicule court , » est tout à fait insignifiante. Sa notice descriptive est un peu plus satisfaisante : après avoir dit quelle est assez distincte de la Trichoda bomba , avec laquelle elle a plusieurs traits communs , il ajoute que le corps est polymorphe, surtout après avoir quitté son pédicule, rempli de molécules jaunes verdâtres , plus grand que ne sont les autres Vorticelles pédicellées , ou cylindracé d’égale épaisseur, ou pyriforme aminci à la base, qui est trèsdiaphane.
On ne peut s’empêcher de rapporter à cette même espèce la F", sacculus et la P^. cirrata du même auteur, qui sont des Vorticelles détachées de leur pédicule. La première (Müll., Inf., pl. XXXVII, fig. 14-17), dont M. Boryafait une Urcéolaire , est indiquée par Millier comme voisine de la V. citrine , mais obtuse et jamais pointue en arrière : or nous savons que ces différences s’observent très-certainement chez notre espèce ; la deuxième (Müll., 1. c., fig. 18-19), caractérisée par un cirrhe que l’auteur a représenté de chaque côté de l’extrémité postérieure , a fourni à M. Bory le type de son genre Kerobalane. Müller dit lui-même qu’elle ressemble à la précédente, mais il n’a pu voir les cils de l’ouverture, et il s’est mépris sur la disposition des cils postérieurs.
M. Ehrenberg avait déjà, en i83o , décrit et figuré sous le nom de Vorticelle citrine une espèce qu’il dit fort abondante dans presque toutes les infusions végétales recouvertes d'une pellicule; il lui assigne une longueur de 0,1 25, et la représente dans un de
ses dessius ( niém. , i83o , pl. V, fig. B 5 ) avec un large intestin , plus large même que les estomacs , et uniformément rempli de matière colorante. Plus tard , en i838 , cet auteur décrit celte même Vorticelle comme longue de o,o6 à 0,12, et se trouvant rarement en petits groupes sur les Lemna. Les figures qu’il en donne (Infus. , pl. XXV, f. II, p. 271) sont aussi un peu différentes ; il la caractérise par son bord frontal dilaté et dépassant beaucoup le «corps.
* 7. Vorticelle kêbelifère. — Vorticella nebulifera (Millier, inf., pl. XLV, fig. I ).
Millier nomme ainsi une Vorlicelle simple, à corps ovoïde, rétréci à sa base , à bord saillant , qu’il a trouvée en amas nuageux sur la Conferva polymorphea de la mer Baltique. C’est , je crois , la même qui , en voie de multiplication par division spontanée , a fourni à cet auteur le type de sa Vorticella gemella ( Miill., Inf., pl. XLVI , fig. 8, 9 ) , observée sur le têt des Entomostracés marins.
M. Ehrenberg a appliqué la même dénomination à une espèce d’eau douce , qui en doit être bien distincte et à laquelle nous croyons devoir conserver le nom de V comallaria.