Vorticelle müguet. — V orlicella convallaria (i
Corps long de 0,05 à o,09, campanulé, à bord ordinairement régulier peu saillant.
On a confondu sous cette dénomination des Vorticelles d’eau douce ou marines et celles qui se produisent dans les infusions ;
(i) Baker. Micr. p. 4^8, PL i3 , fig. I. — Ledermùller. Micr. Pl. 88.
— Roesel. Ins. Belnst. 3, p. 697, Pl. 97, fig. 2-4'7.
Drachionus campanulaliis. Pallas. Elench. Zoopk. p. 54- Vorticella convallaria. Linn. Syst. nat. ed. XII.
— SpaJlanzani. Opusc. phys. lom. I, Pl. II, fig. 12.
Vorticella convallaria. Muller. Inf. l’I. XLIV, fig. 16.
Convallarina convallaria. Bory.
Carchesium ncbnlifcrum. Ehr. l83o-l83l. — Vorticella nebulifera. Ehr , Inf. i838. Pl. XXV. Jig. I.
HISTOIRE HATUREEIiE
leur forme est tellement variable qu'on ne peut guère les dislin» guer que par leur habitation. Nous préférons nommer ainsi les Vorticelles d’eau'douce seulement, celles que Millier décrit comme ayant le corps exactement carapanulé , dont la base renflée est presque aussi large que le bord , et vivant sur les coquilles tluviatiles, sur le Cératophylle et sur les Xe/nna. M. Ehrenberg, au contraire, a nommé cette espèce V .nchulifera^ et a réservé le nom de V. convallaria a celle des infusicuis.
g. Vorticelle des infusions. — Porlicella infusionum(\).
PI. XVI, fig. 5 et g.
Corps long de 0,05 à 0,09, ordinairement ovoïde ou presque globuleux, tronqué au sommet, avec un bord peu saillant.
Cette espèce , extrêmement variable de forme et de grandeur , se développe fréquemment dans les infusions végétales et animales. Je l’ai vue très-abondante dans l’eau d’un appareil d’endosmose , préparé depuis cinquante-quatre heures avec de l’eau sucrée et un morceau de vessie de cochon , le i4 janvier i836, par une température de 6“ à 8“. Leur forme la plus habituelle était presque globuleuse ou comme celle des fleurs du accinium, avec un bord étroit en avant. Leur diamètre variait de o,o55 à 0,078; leur pédicule, très-flexible, était large de 0,002 environ ; leur surface était marquée de stries obliques, croisées assez régulière-
(l) Chabot, pot-au-lait, entonnoir, etc. Joblot. Micr. PI. VII, pl. VIII, pl.X, fig. 21. — Baker. Empl.Micr. Pl. XIII, fig. I. — Micr. made easy. Pl. VII, fig. 7.
Craspedarium corpore subovato. Hill. liist. an. p. 6, Pl. I. Glockenthierchen . Gleichen. Infus. Fl. 28, fig. i. Pl. 29, fig. lo-
Animali a bulbo, Spallanzani. Opusc. pliys. tom. I, Pl. I, fig. 5-8. y^orticella Mans, V. Hamata , V. Crateriforniis . Millier.
V orticella cyathina, V. Fritillina, V. Scyphina, Müll.
Enchelis fritillus. Müll, Inf. Pl. IV, fig. 22-23. — Tricboda diola? Müll.
F orticella hians, V. Wutnus, V. Monadica, etc. — Ecclissanasuta, £, crateriforniis? E. scyphina, etc. Sclirank. Faun. boic. III.
Convallarina. — Craterinn. — Kerobalana- — Ophrydia, — Rinclla. — Urceolaria. — Forticclla. Bory. 182/).
Foi'ticclla convallaria. Ehr. Inf, Pl. XXVI, fig. Z,—V- microsloma, 1. c. Pl. XXVI, fig, 3 .
D£S INFUSOlAEâ.
ment et résultant de la contractilité de l’enveloppe, La plupart montraient à l’intérieur de grandes vacuoles pleines d’eau et manifestement indépendantes. Dans la foule de ces Vorticelles on en voyait qui , plus larges , montraient un indice de division spontanée prochaine. En continuant à les observer , on les voit, au bout de vingt-cinq minutes, sous la forme de deux sphères soudées ensemble, et, vingt minutes plus tard , ces deux sphères sont simplement contiguës. Une de ces Vorticelles laissée à sec sur la lame de verre , mais cependant protégée par le résidu du liquidé évaporé, s’aplatit et laissa voir les vacuoles jdus grandes et lobées ; une alTusion du même liquide la fît contracter en une masse irrégulière ridée , mais après vingt-cinq minutes elle était revenue à sa forme primitive, quoique plus petite d’un tiers.
J’ai vu, au mois de juin iSSy, des Vorticelles semblables, mais plus grandes ( de 0,07 à 0,1 1 ) , dans de l’eau où s’étaient pourries des Spongilles ; j’en ai vu d’autres , au contraire, plus petites, également striées, dans des eaux stagnantes fétides où vivaient aussi des Euglènes vertes, ou dans des infusions de mousse, de foin , etc. Quelquefoil , dans des eaux où je m’attendais à les rencontrer, je ne voyais que des Vorticelles remplies de grosses granulations, mais sans aucunes stries régulières; peut-être y a-t-il réellement plusieurs espèces dans les infusions, mais pai’mi ces formes si variables je ne vois aucun caractère fixe pour les distinguer : tout au plus devrait-on indiquer comme devant être séparée celle qui se développe dans les infusions de productions marines avec de l’eau de mer.
Millier a nommé orlicella hians une Vorticelle qui est, sans doute , la même que celle dont nous venons de parler : « Elle est, dit-il, une des plus petites; son corps, en forme de citron , est tronqué au sommet , rétréci à sa base et assez volumineux par rapport au pédicule ; elle vit dans les vieilles infusions et dans les eaux de fumier parmi les moisissm’es de la surface. » Müller rapporte comme variété une autre Vorticelle à corps ovoïde , translucide , rempli de molécules noirâtres , diaphane et bifide au sommet; il la trouva, au mois de décembre, dans des infusions conservées depuis plusieurs semaines. Les orticella hamaia et y . craleriformis du meme auteur sont très-probablement des individus libres de cette espèce , comme M. Ehrenberg l’a annoncé. Plusieurs autres Vorticelles , des Trichodes et des Enchelis de Mttl-
lei’ sont également ces mêmes Vorticelles libres sous des formes diirérentes. Elles ont donné lieu à l’établissement de plusieurs genres de M. Bory.
M. Ehrenberg a formé, sous les noms de convallaria et microstoina , deux espèces avec les Vorticelles d infusions suivant que leur bord est large et étalé ou très-resserré; mais il dit luimême ( Inf. p. 274) qu’il est douteux que ces deux espèces soient suffisamment distinctes, puisque dans la contraction elles se ressemblent ; cependant il prétend les distinguer aussi par leur couleur, sa microsloma ayant une teinte plus grise ou bleuâtre, et paraissant jaunâtre par transparence, tandis que l’autre est claire et blanche. Le même auteur décrit sous le nom de f^oriicella hamaln (Ebr. Inf. Pl. XXV, f. V, p. 278) , une petite Vorticelle à corps long de o,o45 , ovoïde , rétréci aux deux extrémités et obliquement fixé sur son pédicule.
* f^orlicella picla (Ebr. Infus. Pl. XXVI , f. IV, p. 275).
M. Ehrenberg nomme ainsi une très-petite Vorticelle qu’il a trouvée en ,i83i sur la Salvinia nalans , et qu’il distingue de sa nehulifera (notre convallaria, par ses dimensions beaucoup moindres (de 0,022 à 0,046), et par son pédicule très-finement ponctué de rouge.
4® Genre. VAGINICOLE. — F'aginicola.
Animaux de forme variable, ovoïde ou campanulée, ou en entonnoir allongé, plus ou moins semblables aux Yorticelles , mais logés isolément dans une gaine membraneuse cylindrique , urcéolée ou en ampoule , au fond de laquelle ils sont sessiles ou rétractiles au moyen d’un pédicule.
Le corps des Vaginicoles ressemble en général à celui des V orticelles , cependant il est quelquefois beaucouj) plus allongé dans son état d’épanouissement ; il est très-contractile, de fonne très-variable , mais il ne montre pas un tégument réticulé bien distinct. L’étui membraneux qui lui sert de demeure , lui en tient lieu sans doute. Quelques A'^aginieolcs sont pourvues d’un pédicule contraotilc en tire-bouchon; on
en voit fréquemment qui sont en voie de multiplication par ivision spontanée longitudinale , ou même on voit deux individus provenant de cette division et fixés dans le même étui membraneux; or cet étui ne se divisant pas, il faut qu’un au moins des animaux ^devienne libre à la manière des Vorti celles pour chercher un nouveau site. On rencontre aussi des Infusoires ovoïdes contractiles pourvus , à une extrémité seulement , de cils ondulants qui leur servent d’organes locomoteurs, ce sont très-probablement des Vaginicoles devenus libres , mais on ne les a pas vus se fixer et sécréter un nouvel étui.
Muller a connu plusieurs Vaginicoles dont trois sont classées parrni ses Tri diodes, et trois autres parmi ses Vorticelles ; celles-ci ont formé pour Lamardi le genre Folliculine, considéré comme voisin des Bracliions, et les trois premières ont formé pour ce même auteur le genre Faginicole. M. Bory adopta les deux genres de Lamarck en ne laissant qu’à une seule espèce, la Forticella ampulla, le nom de Folliculine. M. Ehrenberg, considérant le fomTeau membraneux des Vaginicoles comme une cuirasse {lorica),a. placé ces Infusoires dans sa famille des Ophrydina avec l’Ophrydie . dont nous avons déjà parlé (voyez pag. 529) , et dont il les distingue parce que leur cuirasse n’est pas spontanément divisible. Il les partage en trois genres , dont le premier, Tintinnus, est caractérisé par im pédicule contractile ; les deux auti'es sont sessiles dans leur fourreau et se distinguent l’un de l’autre parce que les Vaginicola sont l^gés, au fond d’un fourreau sessile et les Cothurnia au contraire sont au fond d’un fourreau pédiculé.
Les Vaginicoles se trouvent dans les eaux pures , douces ou marines , fixées aux plantes ou aux Entomostracés.