I. Coleps hérissé. — Coleps hirtus. — PI. XVI, fig. lO
Corps ovoïde , oblong ou cylindracé , grisâtre , long de 0,03 , terminé en avant par une couronne de 10 à 12 dentelures qui correspondent à autant de rangées symétriques de nodules anguleux saillants , et terminé en arrière par deux pointes symétriquement placées au-dessous de Taxe-
Cet Infusoire se trouve très-fréquemment et abondamment dans l’eau de Seine parmi les Myriophylles et les Zygnêmes; et surtout quand cette eau a été conservée pendant plusieurs mois dans des bocaux où la végétation se continue ; il nage plus lentement que les Paramécies ; on en voit souvent qui sont en voie de se multiplier par division spontanée transverse. Quand on tient entre des lames de verre ce Coleps , comprimé ou simplement gêné , on voit sortir de l’extrémité antérieure ou de quelque déchirure latérale des expansions de sarcode transparent. On reconnaît bien alors que l’enveloppe tuberculeuse est décortiposable comme le reste , et quelle n’a qu’une solidité apparente.
Müller a décrit sous le nom de Cercaria hirla (Müll. Inf. p. 128, Pl.XIX, fig. 17.18), un Infusoire bien voisin de celui-ci, et ayant comme lui deux pointes courtes que l’auteur a crues être mobiles; mais il l’indique comme vivant dans l'eau de
mer , où deux fois , à un an d’intervalle , il en trouva plusieurs.
M. Ehrenberg nomme Coleps hirlus (Ehr. Infus, i838, PI. XXXIII, fig. i), un Infusoire d’eau douce, long de 0,047 » 0,060, qui doit être le nôtre, mais il lui attribue une cuirasse re'sistante, formée de petites plaques dont la solidité se démontre par l’écrasement entre deux plaques de verre. Ces plaques, dit-il, forment 19 rangées longitudinales , ou 1 3 rangées transverses, et sont par conséquent au nombre de 247. Cet auteur prétend aussi qu’il y a 19 denticules en avant et trois pointes en arrière. Cependant il donne son Coleps hirtus comme synonyme de la Cercaria liiria de Millier.
Le même auteur nomme Coleps viridis (Infus. 1. c. fig. 2), un Infusoire presque de moitié plus petit que le précédent , à corps ovoïde , vert , terminé en arrière par trois pointes et revêtu de 160 plaques environ , formant 14 à i5 rangées longitudinales ou II rangées transverses. M. Ehrenberg distingue sous le nom de C. elongaius (Inf. 1. c. fig. 3) , un Coleps qui nous paraît être une simple variété du C. hirtus avec lequel il a été trouvé quelquefois ; il est censé en différer par sa forme plus étroite et par le nombre beaucoup moindre (i43) de ses plaques qui forment seulement i3 rangées longitudinales.
Une espèce qui paraît véritablement bien distincte est le C. amphacanthus de cet auteur (1. c. fig. 4) ; elle est caractérisée par sa forme plus courte , un peu plus large que haute ; par les dents inégales qui entourent l’extrémité antérieure et par les trois pointes plus fortes de l’extrémité postérieure ; la surface est annelée et montre 12 à 14 bandes transverses : à l’intérieur se voient 10 à 1 1 grosses vésicules stomacales remplies d’aliments, et quelques autres restées vides qui, suivant l’auteur, appartiennent peut-être à l’appareil génital. Cette espèce , observée comme les précédentes à Berlin, n’a pu être colorée artificiellement par l’indigo. Sa longueur est de 0,09.
Le C. incurvus de M. Ehrenberg (1. c. fig. 5) , long de 0,06 , subcylindrique, un peu courbé, revêtu de 286 plaques trèsconvexes formant 16 rangées longitudinales, ou autant de rangées transverses , et terminé par cinq pointes , est probablement aussi une espèce distincte.
Genre. PLANARIOLE. — Plamriola.
An. à corps lamelliforme , oblong , diversement sinueux et replié au bord , convexe et glabre en dessus , concave et cilié en dessous.
J’inscris provisoirement sous ce nom des animaux trèssemblables aux Planaires par leur aspect et par leur consistance , mais dépourvus de bouche et de tout autre orifice externe , non ciliés partout , mais seulement pourvus en dessous de cils longs et très-fins.
Planariola rouge. — Planariola rubra. — PI. VIII, fig. 1 1.
Corps lamelliforme, rouge , granulé , long de 0,10 ; rétréci en arrière , élargi en avant avec deux plis en forme d’oreilles.
Cette espèce était extrêmement abondante sur les débris de végétaux, dansl’eau du canal desÉtangs, àCette , le l'f mars 1840.
Genre. CHÆTONOTE. — Chœtonotus.
An. de forme oblongue , convexes et hérissés de soies ou d’ écailles en dessus , plans et pourvus en dessous de cils vibratiles très-minces ; terminés en avant par un bord arrondi , près duquel est une bouche distincte , et bifurqués en arrière ou terminés par deux prolongements caudiformes.
Les Chætonotes , par leur forme symétrique , par les soies ou appendices dont leur dos est revêtu , et par leur apparence de tube digestif permanent , s’éloignent beaucoup des Infusoires pour se rapprocher des Systolides avec lesquels M. Ehrenberg leur attribue encore un autre rapport en disant qu’ils se propagent par des œufs peu nombreux et d’un volume relativement aussi considérable que celui des œufs des Rotateurs ; cependant ils diffèrent beaucoup aussi des Systolides , par l’absence de toute armure dentaire et surtout par l’aliscuce d’un tégument résistant , et pai' l’ab-
sence de cette conti'actilité qui est tout à fait caractéi’istique chez les Systolides.
Millier a placé parmi ses Tidchodes la seule espèce de Chætonote qu’il ait connue. M. Bory a réuni cette même espèce avec le Coleps dans son genre Dicératelle. M. Ehrenberg a institué le genre Chætonote en 1 830 , et il l’a inscrite parmi ses Rotateurs (Systolides) dans la première famille , celle des Ichthydiens qui , suivant cet auteur , doivent avoir un organe rotatoire simple , continu , à bord entier ; mais dans le fait , les cils vibratiles de la face ventrale des Chætonotes ne constituent point du tout un organe rotateur.
Les Chætonotes ne se trouvent que dans les eaux douces , parmi les herbes aquatiques ; ils se multiplient quelquefois beaucoup dans les vases où l’on conserve ces eaux avec des lontilles d’eau.